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Publié par Pierre Rehov le 16 mai 2019

Il a beaucoup été question des sommes que l’Autorité Palestinienne consacre aux salaires des terroristes emprisonnés en Israël et aux familles des « martyrs », autrement dit des terroristes-suicides et de ceux tués au cours de leur opération meurtrière. Mais lorsque vous parlez à des Palestiniens du détournement des fonds alloués par la communauté internationale, ces dérives ne les troublent guère : le premier terme qu’ils emploient en revanche, est : « corruption ».

En effet, une étude de l’AMAN, un chapitre de Transparency International cofondé par la Jordanie, démontre que la corruption de leurs dirigeants est, selon plusieurs sondages effectués auprès de la population palestinienne, la seconde cause de leur misère. Toujours d’après les mêmes sondages, la première cause serait l’incapacité de  ces mêmes leaders de créer une économie sinon performante, du moins solide. L’occupation israélienne intervient en troisième position.

L’équation à laquelle se livrent Mahmud Abbas et son entourage d’un côté, les dirigeants du Hamas de l’autre, est simple à comprendre. Pendant des décennies, il leur a suffi d’accuser Israël de tous leurs maux pour détourner l’attention des médias, de la communauté internationale et de leur population.

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C’est un exercice auquel se sont livrés également de nombreux pays Arabo-Musulmans. Quels que soient les excès des dictatures en place, il a suffi pendant longtemps d’accuser Israël – et parfois l’Occident – pour maintenir leurs populations dans le calme, tout en détournant et engrangeant des milliards de dollars qui auraient pu améliorer leurs conditions de vie ou leurs infrastructures.

Mais les époques changent, l’information globale est désormais facile d’accès et les populations ne sont plus dupes.

C’est ce qui ressort de notre documentaire court-métrage qui a impliqué deux équipes de tournage : l’une à Gaza et l’autre en Judée Samarie. Désormais, les Palestiniens, excédés par leur situation et au bord du désespoir, n’hésitent plus à accuser leurs dirigeants pour leurs conditions misérables de vie.

A Gaza, les sommes détournées de l’aide internationale et résultant de différents rackets ne servent pas seulement à fabriquer les rockets qui pleuvent régulièrement sur Israël et des tunnels d’attaques – l’on se souviendra que 700 de ces rockets, visant la population civile israélienne, ont été lancés depuis les hôpitaux les écoles et les zones peuplées de Gaza dans la première semaine de mai, entrainant 4 morts et 70 blessés côté israélien, et la mort « accidentelle » d’une femme palestinienne et de son bébé dont la Djihad Islamique a reconnu être  responsable – et des tunnels d’attaques.

Les villas luxueuses et hôtels 5 étoiles fleurissent en bord de mer, les concessionnaires proposent les derniers modèles de Mercedes et de BMW et si la population continue de souffrir, c’est bien plus le résultat de ces détournements perpétuels de fonds par une minorité protégée par les dirigeants, que par le blockhaus sécuritaire mis en place par Israël et l’Egypte. Comme l’indique un Palestinien interviewé dans le film (disponible en langue anglaise sous le titre : « Terror, racket and corruption ») : « Il fait bon vivre à Gaza, mais seulement pour une minorité ».

Un autre se plaint que les hôpitaux et dispensaires n’ont jamais de médicament disponible. « Ils vous disent de revenir en début de mois. Vous retournez le 2ème jour du mois et il n’y a déjà plus rien. Tous les médicaments ont donc disparu en 24 heures ? » Il se trouve que le meilleur moyen d’obtenir des médicaments à Gaza, est par le marché noir.

A Ramallah et à Hebron, d’autres personnes interrogées constatent qu’ils entendent souvent parler de l’aide internationale par les médias et sur internet, mais qu’eux-mêmes n’en profitent jamais. Les infrastructures, selon eux, sont déplorables et aucun effort n’est jamais fait pour les réparer ou les remplacer. Mais les palaces qui émergent dans les quartiers chics de Ramallah et de Hebron sont spectaculaires et feraient rêver des stars d’Hollywood. La nouvelle vile de Rawabi, financée en partie par le Qatar, dans laquelle les fils de Mahmud Abbas ont des parts, devait servir à accueillir des réfugiés. Mais seuls les privilégiés y ont accès, et la ville est pour l’instant aux trois quarts inoccupée. Ceux qui y vivent sont d’ailleurs considérés comme des traitres, car plusieurs entreprises et architectes israéliens ont participé à sa construction.

L’Autorité Palestinienne se plaint de ne pas disposer de fonds suffisants. Mais cela n’a pas empêché Mahmud Abbas de se faire construire une maison pour 32 millions de dollars et d’acheter un jet privé qui aurait coûté près de 50 millions. Dans le même temps, les salaires de190 employés d’une compagnie aérienne fictive « Palestine Airlines » apparaissaient dans le budget de l’Autorité Palestinienne jusqu’en 2017.

Parmi les Palestiniens interviewés, le plus virulent est certainement Ashraf Al Jabari, un homme d’affaires qui vient de fonder le Reform and Development Party, une organisation politique focalisée sur la situation économique de la Cisjordanie. Il accuse non seulement Mahmud Abbas et ses fils de s’enrichir sur le dos de la population, comme Arafat avant eux, mais également l’AMAN de servir d’écran de fumée pour satisfaire l’Union Européenne.

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Il alerte la communauté internationale contre la corruption intolérable qui sévit à tous les niveaux du gouvernement palestinien and suggère que l’Union Européenne exige un audit de tous les fonds alloués à l’Autorité Palestinienne depuis 1994. « Tout le monde est au courant, » affirme-t-il « mais personne ne fait rien »

De son coté, Ashraf Ghanem, un homme d’affaires de Hebron, affirme que toute l’économie Palestinienne est tenue par quatre monopoles, tous dirigés par des proches de Mahmub Abbas. « Il n’y a pas de place pour les entreprises indépendantes en Palestine » se lamente-t-il. « Ils nous écrasent de taxes, mais nous n’avons jamais rien en retour »

Si pendant des décennies les dirigeants palestiniens ont pu exploiter la misère de leur peuple pour enrichir leurs familles et leurs proches, et perpétuer un conflit qui arrange leurs intérêts, il semble que les Palestiniens de la rue ne sont plus dupes. Certains on même remarqué que la vie dans les Territoires est dix fois plus chère depuis qu’Israël n’est plus en charge. Ceux-là ne veulent pas d’un pays où la corruption est la règle.

Le nationalisme, disent-ils, ne nourrit pas nos enfants.

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