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Publié par Guy Millière le 17 mai 2019

Mon ami Jean-Patrick Grumberg ayant lancé le thème, je vais redire ici, un peu plus précisément que par le passé, pourquoi j’ai choisi de quitter la France.

Et je dirai juste en préliminaire que j’ai un seul regret : ne pas l’avoir fait des années auparavant. 

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J’ai eu des illusions sur la France. Pendant des années. Je me suis battu pour que la France se redresse. Je l’ai fait très tôt, parce que j’ai été confronté très tôt aux horreurs du gauchisme en France et que j’ai voulu dénoncer ces horreurs. J’ai beaucoup écrit. J’ai agi. J’ai été conseiller d’hommes politiques. Parce que j’ai beaucoup étudié l’économie, l’histoire et la géopolitique, je me suis défini comme libéral, et les hommes politiques en question ont été les seuls hommes politiques libéraux qu’il y ait eu en France : François Léotard, Alain Madelin, et j’ai toujours pour eux une très vive estime. J’ai travaillé avec les principaux penseurs libéraux français. J’ai été président d’un think tank libéral, l’Institut Turgot. 

Parce que j’ai eu ces activités, j’ai rencontré de nombreux personnages éminents, et deux d’entre eux m’ont particulièrement marqué : Margaret Thatcher et Ronald Reagan. 

Parce que la première horreur du gauchisme à laquelle j’ai été confronté (il y en a eu d’autres ensuite) était l’horreur «pro-palestinienne», j’ai très vite dénoncé les dirigeants «palestiniens» en décrivant ce que j’avais vu dans un camp de «réfugiés» au sud de Beyrouth, et j’ai très vite tout fait pour dire la vérité sur Israël. Je ne me suis pas fait beaucoup d’amis, c’est le moins que je puisse dire.

Parce que j’ai vu ce qu’étaient les militants «pro-palestiniens» en France j’ai très vite combattu l’horreur absolue qu’est l’antisémitisme. J’ai pointé du doigt l’antisémitisme de gauche et l’antisémitisme musulman. J’ai perdu une bonne part des amis qui me restaient, et j’ai commencé à recevoir des menaces de mort.

Parce que mes voyages internationaux m’ont conduit aux Etats-Unis, j’ai travaillé dans des think tanks américains (c’est toujours le cas), j’ai découvert la réalité de la société américaine, et j’ai très vite combattu les mensonges haineux de l’anti-américanisme. J’ai noué des liens d’amitié avec des gens tels que Martin Anderson, qui fut le principal conseiller de Ronald Reagan à la Maison Blanche. J’ai traduit et préfacé les Ecrits personnels de Ronald Reagan parce que j’en avais assez qu’on le présente comme un idiot.

J’ai été traité de fasciste : parce que pour les «bien pensants» français, l’homme qui a fait tomber l’empire soviétique et qui a libéré le plus grand nombre d’êtres humains sur la planète depuis la Deuxième Guerre mondiale était un «fasciste» bien sûr, alors que le totalitarisme soviétique, lui, ne l’était pas du tout. J’ai noué d’autres liens d’amitié : avec David Horowitz, co-auteur avec moi de Comment le peuple Palestinien fût inventé*, avec Daniel Pipes, co-auteur avec moi de Face à l’islam radical*, avec Frank Gaffney, vice-ministre de la défense de Ronald Reagan, présenté par les gauchistes américains comme un adepte du complotisme parce qu’il a dénoncé les Frères Musulmans comme une organisation nuisible pour le monde occidental (je pense comme lui, je l’avoue), avec Yisroel Frankforter, rabbin à Miami Beach, un homme remarquable…. 

J’ai pensé qu’un redressement de la France était possible. Je l’ai pensé de toutes mes forces. Ni la diffamation, ni les menaces, ni les coups bas que j’ai reçus ne m’ont fait renoncer. 

J’ai vu que la France continuait à sombrer et que tout y devenait de pire en pire. 

La situation en France est devenue si insupportable pour moi que les dernières années où j’ai vécu en France, je devais m’éloigner de la France assez souvent pour respirer et ne pas m’asphyxier ou me noyer. 

J’allais en Israël. J’allais, souvent, aux Etats-Unis. Il m’est arrivé plusieurs fois de me rendre aux Etats-Unis trois jours seulement et de rentrer en France : trois jours me donnaient le sentiment d’avoir mis la tête hors de l’eau, et j’en faisais des séjours intenses (mon dernier voyage de trois jours m’a conduit au Texas : un soir à Houston, un soir à Fort Worth, un soir à Austin, après passage pour un déjeuner à San Antonio, deux soirs à deux concerts différents, Tom Petty et Carlos Santana, et un soir de rodéo). J’ai fait aux Etats-Unis des séjours bien plus longs, comme professeur en visite, comme chercheur, ou simplement pour le plaisir. 

Les Etats-Unis sont devenus, avec Israël, le pays que je connais le mieux sur la surface de la Terre. J’en ai parcouru chaque Etat, chaque grande ville. C’est le seul pays où je voyage sans carte de géographie et où je ne peux pas me perdre. J’y ai rencontré des milliers de gens et noué des liens proches et chaleureux avec nombre d’entre eux, de New York à Los Angeles, de Miami à Las Vegas, de Chicago à San Francisco. 

J’ai failli m’installer à Miami, puis à Los Angeles. J’ai fini par choisir Las Vegas (j’y dispose des avantages de Los Angeles, sans les inconvénients : impôts écrasants, immigrants illégaux salissant la ville, embouteillages monstres. Quatre heures de voiture au travers du désert Mohave à une heure bien choisie, et j’y suis). Mon épouse est pour beaucoup dans le choix de Las Vegas, et je ne cesse de lui donner raison. 

  • Je vis dans un pays où la liberté de parler, de choisir, d’aller et venir librement existe encore.
  • Je vis dans un pays où les grands espaces ne sont pas balafrés par des grilles et du béton.
  • Je vis dans un pays où les gens sont gentils, ouverts, généreux, heureux de vivre (l’exception à la règle est les gauchistes américains, mais je ne les fréquente pas). 

Quand je suis en France, je me sens désormais à l’étranger

Je ne peux sortir des Etats-Unis sans avoir un douloureux pincement au cœur et je ne peux rester loin des Etats-Unis davantage que quelques jours. Je ne le fais que pour donner des conférences et voir les amis qui me sont le plus chers sur la surface de la Terre et qui ne vivent pas aux Etats-Unis. 

J’aimerais que la France se redresse et que les Français soient heureux. Parce que mes racines sont en France, je ressens de la tristesse en pensant à ceux qui souffrent en France. 

Mais c’est un fait. Je me sens de plus en plus américain. Mes repères sont américains. Et quand je suis en France, je me sens désormais à l’étranger. Je pourrais vivre en Israël si je ne vivais pas aux Etats-Unis. Je ne pourrais, je pense, plus vivre en France.

Je travaille pour deux think tanks américains. Mes articles en anglais ne sont pas boycottés et circulent largement. Le plus récent a été traduit en six langues. Je publie sur Dreuz parce que c’est un site francophone américain sur lequel je suis libre de publier. Intégralement libre.

Je sais qu’aucun journal ou magazine français ne publierait mes articles sans me demander de les édulcorer. Et je n’ai pas du tout envie d’édulcorer.  

Je sais qu’aucune grande maison d’édition ne publierait les livres que je choisis d’écrire, et j’entends ne rien changer à ce que je choisis d’écrire. Je suis un homme libre.

Un grand éditeur parisien m’a dit il y a deux ans : surtout, ne publiez pas un livre positif sur Donald Trump, vous ne serez plus invité nulle part. Cela a été pour moi une raison supplémentaire de publier non pas un, mais deux livres positifs sur Donald Trump. Je n’ai pas du tout envie de mentir. (j’avais proposé à cet éditeur le premier des deux livres que j’ai consacrés à Donald Trump, et il m’avait regardé comme si j’avais prononcé un blasphème dans une église). Je publierai mes livres librement, et je préfère ne pas les publier que de m’autocensurer. Si je ne peux plus publier librement de livres en langue française, je ne publierai plus de livres en langue française. 

Vivre aux Etats-Unis sous la présidence Trump est une expérience extraordinaire. Et quand je lis ce qu’écrivent des correspondants français sur le pays et sur Trump, j’ai le sentiment qu’ils parlent d’un pays où je ne suis jamais allé, et d’un président que je ne connais pas.  

Je vis dans un pays que j’aime et j’ai fait bien davantage qu’y aller. Ce pays a un président que je connais. 

Et si ceux qui écrivent en France sur ce pays et ce président avaient une droiture éthique, ils auraient honte d’eux-mêmes. 

Mais la honte est un sentiment qui semble leur être totalement étranger. 

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