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Publié par Manuel Gomez le 21 mai 2019

A chaque période électorale il est souvent fait référence à De Gaulle, à sa grandeur, à sa clairvoyance, à ses décisions et cela quelque soit le parti auquel on appartient, qu’il soit de droite ou d’extrême droite, de gauche ou d’extrême gauche et, bien entendu, du centre (gauche ou droit car le central n’existe pas !).

Ce qu’il y a de particulièrement intéressant, dans ces références à De Gaulle, c’est justement la comparaison que l’on pourrait établir entre lui et Emmanuel Macron ! Vous écarquillez les yeux, étonnés, et pourtant pourriez-vous en toute honnêteté répondre à cette question : Macron est-il un homme de gauche ou de droite ? Et De Gaulle était-il un homme de gauche ou de droite ?

En ce qui concerne Emmanuel Macron votre réponse est immédiate : c’est un homme de gauche qui fait une politique de droite. Il s’agit là d’une constatation qui paraît évidente et ni la gauche ni la droite ne pourrait dire le contraire !

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Mais De Gaulle était-il également un homme de gauche qui faisait une politique de droite, ou le contraire ?

Je vois déjà les vieux gaullistes s’écrier, outrés : « Vus divaguez, le général était un homme exclusivement de droite et toute sa politique l’a prouvé ! »

Ne revenons pas sur sa prise de pouvoir dès la libération de la France, faite exclusivement avec l’aide du parti communiste et des partisans communistes.

Ne revenons pas sur bien d’autres décisions politiques favorables aux communistes et à la gauche en général.

Mais revenons sur un point de détail assez secret, très occulté, qui permet tout de même de se forger une opinion sur les pensées encombrées du général en question.

Il s’agit, c’est assez ancien mais l’on s’en souvient, de la fuite à Baden-Baden du général le 29 mai 1968.

Bien des choses ont été dites et écrites sur cette fuite, si c’était une fuite ?

Revenons à ces journées d’émeutes estudiantines de Mai 68 devenues populaires en fin de parcours puisque récupérées par la CGT et par le parti communiste.

Jusqu’au 27 mai 68, de l’avis quasi général le régime et De Gaulle n’étaient pas menacés mais, dès le 27 mai le changement est radical. Le parti communiste et la CGT décident de concentrer sur Paris un rassemblement de masse.

Le général en est averti et il craint de se trouver confronter à une situation quasi identique à celle d’octobre 1917 en Russie.

Prétextant une journée de repos à Colombey-les-Deux-Eglises, De Gaulle quitte l’Elysée et disparaît, abandonnant Georges Pompidou, seul face à la colère de la rue puisque la plupart de ses ministres se sont éloignés également, effrayés par le coup de force communiste qui semble se préparer.

Le chef de l’Etat, accompagné de son épouse et rejoint par son fils Philippe et sa famille, est parti en hélicoptère à Baden-Baden s’abriter auprès du général Massu, commandant des Forces françaises en Allemagne.

Une fuite ? Certes pas. Une opération psychologique ? Non plus. Alors une manœuvre stratégique préparant une contre-attaque, après l’échec de Grenelle et les appels à un « gouvernement populaire » par le PC ? Cela semble plus probable, connaissant le général.

Avant son départ, De Gaulle a fait passer un message à l’Ambassadeur de l’Union soviétique à Paris, Youri Doubinine, par l’intermédiaire de l’un de ses hommes de confiance, Léo Hamon, vice-président de l’association France-URSS.

Et, comme par hasard, la veille de l’arrivée de De Gaulle à Baden-Baden, le général Massu reçoit secrètement le maréchal Kochevoï, commandant en chef des troupes soviétiques en Allemagne de l’Est et passe la soirée en sa compagnie, jusqu’à 1 h du matin, et il repartira le 29 dans la matinée.

Et toujours, comme par hasard, l’Ambassadeur soviétique Doubinine informe aussitôt la direction du Parti Communiste Français, par la voix du responsable de la commission internationale du Parti, Gaston Plissonnier, que la ligne rouge ne doit en aucun cas être franchie et que le Parti Communiste et la CGT doivent être neutralisés afin de ne pas prendre le risque (indiqué par De Gaulle) d’une intervention de l’OTAN.

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D’ailleurs De Gaulle a pris ses précautions et donné le feu vert pour une opération « Banque de France », destinée à préparer un trésor de guerre, d’un montant très élevé en or et en billets, nécessaire à son action future. (Confirmé par Gérard Pic, direction du personnel du ministre des Finances).

Donc, avant même son départ pour l’Allemagne, De Gaulle se donnait les moyens financiers de s’opposer à un « comité révolutionnaire » mis en place par les communistes et la CGT.

De Gaulle en personne l’écrit : « La ruse doit être employée pour faire croire que l’on est où l’on n’est pas, que l’on veut ce qu’on ne veut pas. La surprise, il faut l’organiser, non seulement grâce au secret mais aussi par la dissimulation des préparatifs. »

Les communistes et la CGT se sont fait « rouler dans la farine » en cette fin mai 68 et ils auraient dû se souvenir qu’une décennie plus tôt, en 1958, l’Algérie française s’était également fait « rouler dans la farine » par ce même De Gaulle.

Alors De Gaulle ? De droite ou de gauche ? Et Macron ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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