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Publié par Thierry Ferjeux Michaud-Nérard le 22 mai 2019

Catherine Haddad, Europe Israël news : Maître Loïc Henri : « le Magistrat refuse la reconstitution de l’assassinat de Sarah Halimi afin d’éviter l’implication des 28 policiers présents ce soir là pour leur inaction ».

Pourquoi des policiers présents, alors que Sarah Halimi était en danger de mort, n’ont-ils pas eu le droit d’intervenir ? Un témoin aurait indiqué qu’il ne pouvait engager les forces de police, faute d’avoir reçu un ordre en ce sens. Dénonçant l’absence de réponse de la justice depuis deux ans, des membres de la famille de Sarah Halimi pourraient se résigner à porter plainte. Selon eux, d’autres parties civiles pourraient se joindre à la démarche qui vise à établir clairement les responsabilités et savoir quelles sont les missions de la police en cas de péril imminent, s’il ne s’agit pas d’intervenir lorsqu’ils sont placés face à une situation où une femme âgée est attaquée, rouée de coups, martyrisée  et menacée de mort par un jeune drogué.

Une plainte contre X déposée à Paris pour « non-assistance à personne en péril » permettrait qu’une enquête soit menée sur l’absence d’intervention de la police le soir du meurtre de Sarah Halimi.

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Une explication intéressante est celle donnée à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, le Général Le Ray à propos de l’affaire dite du Bataclan : « Nous avons agi conformément à notre mode d’action habituel – applicable en opération extérieure comme sur le territoire national –, qui veut que l’on n’entre pas dans une bouteille d’encre, c’est-à-dire sans savoir où l’on va, ce que l’on va faire et contre qui !

« En mon âme et conscience, je n’aurais donc pas donné l’ordre à mes soldats de pénétrer dans le bâtiment sans un plan d’action prédéfini. Je peux concevoir que l’on intervienne en appui des forces de sécurité intérieure, qui décident de donner l’assaut parce qu’elles connaissent les lieux et savent ce qu’elles vont y trouver, mais pas que l’on se lance dans l’inconnu. »

Catherine Haddad, Europe Israël news : Maître Loïc Henri : « le Magistrat refuse la reconstitution de l’assassinat de Sarah Halimi afin d’éviter l’implication des 28 policiers présents ce soir là pour leur inaction ».

C’est un signal envoyé : en France, on n’enquête pas sur les circonstances étranges du meurtre de Sarah Halimi. Il est légitime de critiquer les interventions policières qui ont été un échec monstrueux. Mais on sait qu’il y a une frontière à ne pas franchir : remettre en question la réalité des atrocités antisémites de Kobili Traoré par crainte de faire le jeu de l’islamophobie. Le massacre de Sarah Halimi en France ne serait-il pas une sorte de dommage collatéral inévitable de la lutte contre l’islamophobie ? Ce serait un choix délibéré ?

Ceux qui affirment que les Juifs comme Sarah Halimi meurent simplement parce que Kobili Traoré aurait été la victime d’une banale crise de folie islamiste ordinaire liée à la drogue ont tout faux.

Pourquoi mettre systématiquement en question la parole des témoins ? Pourquoi refuser de prendre au sérieux les rapports d’observateurs indépendants qui ont dénoncé le crime antisémite de Kobili Traoré ?

Pourquoi refuser une reconstitution et réclamer des preuves que l’on refuse de voir ? Pourquoi un barrage coordonné qui ne présage rien de bon pour la recherche, l’enquête et l’analyse critique de la vérité du meurtre de Sarah Halimi ? Peut-on faire confiance à la justice pour découvrir la vérité ? Pas vraiment !

En multipliant les expertises centrées sur le trouble mental supposé de Kobili Traoré pour prendre du temps et tenter de faire diversion du crime antisémite, il s’agirait pour la justice de pratiquer « la politique du fait psychiatrique accompli » ! Alors, un chemin largement ouvert vers le totalitarisme islamiste ?

La question du contradictoire reste entière à propos du meurtre de Sarah Halimi. C’est une démarche plus que légitime qui assure le respect de la recherche de la vérité. L’instruction a pourtant été interrogée à plusieurs reprises par les avocats de la famille qui lui reprochent des éventuelles carences ou omissions.

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Les familles dénoncent l’atteinte faite à la réputation, à la foi, et à la conscience de leur mère par la négation de l’acte antisémite. Les parties civiles considèrent que tout cela porte préjudice à l’honneur de la famille de Sarah Halimi. Elles demandent de mettre fin au préjudice fait à l’honneur de la famille depuis deux ans. Elles rappellent l’exigence d’une stricte neutralité judiciaire. Cela pose un problème de déontologie.

Avant, pour vouloir disqualifier quelqu’un, on disait qu’il était antisémite. Après, qu’il était complotiste.

Et maintenant, on dit que Kobili Traoré est la victime (innocente) d’une sorte de folie passagère.

Au moment des violences et du meurtre de Sarah Halimi, l’antisémitisme avait été accueilli par les autorités judiciaires avec bien des réserves, notamment au sein du parquet. Un certain nombre de chercheurs spécialisés en criminologie avaient remis en cause la théorie étrange du parquet, préférant se distancier d’une enquête manquant de rigueur, bâtie sur des suppositions plutôt que sur des preuves et des faits avérés.

Les parties civiles ont eu la sensation d’avoir assisté durant des mois à une instruction politique par une juge travaillant en vase clos. Pas au sens de politique totalitaire, à l’évidence. Mais une instruction d’une version contre les autres, de l’antisémitisme de fait contre l’islamophobie, c’est-à-dire la peur officielle.

Nous avons eu un combat en période électorale sensible entre deux versions ou chacun a essayé de disqualifier le propos de l’autre quant à la qualification de « meurtre antisémite » par l’islamiste Kobili Traoré.

La juge d’instruction aurait simplement dû prouver factuellement son refus de tout reconstitution. Elle aurait dû reconnaître que son enquête avait été limitée (par qui, pourquoi ?) et qu’elle n’avait pas (pourquoi ?) favorisé le contradictoire en privilégiant les rencontres avec la défense et les témoins de la scène de crime.

Cela n’entrait probablement pas dans sa méthode personnelle d’investigation. Qu’est-ce qu’elle aurait pu apprendre de plus des rencontres avec la défense et les témoins de la scène de crime ? On ne le saura jamais. La juge d’instruction ne fait pas l’objet d’attaques personnelles, c’est sa méthode qui est en question.

Mais comment pourrait-elle revendiquer le caractère absolument objectif de son instruction ?

Mais où sont les preuves pour refuser la reconstitution ? Car c’est typiquement avec ce genre de parti pris dans la manière de refuser ensuite le procès, c’est-à-dire, en omettant les éléments pertinents du déroulé de la reconstitution que les proches, dans l’hypothèse où la juge trancherait dans le sens contraire à la volonté de la famille et de la communauté, seront amenés à développer des thèses complotistes à l’encontre de la Justice française, de son indépendance et de sa qualité.

Les débats au procès auraient permis de soulever nombre d’erreurs et omissions de l’instruction.

Les débats au procès auraient permis de critiquer les invraisemblances des rapports des experts.

La famille et la communauté sont étonnées par la demande de non-lieu qui vaudrait relaxe. Mais on ne s’étonne plus des aléas des procédures judiciaires et de comment tout cela fonctionne. Pourtant les parties civiles savent la rigueur de leur argumentation et l’atteinte qui est faite, par la négation de l’antisémitisme, en particulier à la famille de la victime et à la communauté. Elles vont attendre la clôture de l’instruction dans l’espoir du procès qui est attendu. Dans ce cas, il semble que les juges ne vont pas systématiquement dans le sens du procureur. La famille et la communauté ont bon espoir, car leurs arguments sont bons.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard pour Dreuz.info.

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