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Publié par Magali Marc le 27 mai 2019
Donald Trump et le procureur Bill Barr

Donald Trump a déclaré le 24 mai à RealClearPolitics : « C’est probablement le plus grand canular de l’histoire de notre pays et nous devons aller au fond des choses. Depuis longtemps, on me demande de les déclassifier et je l’ai fait. (…) il s’agissait d’une tentative de démolition du président des États-Unis (…) Nous allons découvrir ce qui s’est passé et pourquoi ».

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Michael Goodwin, paru le 26 mai dans le New York Post.

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Donald Trump tient parole, mais les Démocrates crient au « camouflage »

Trouver le bon moment est vital, et le choix de ce moment explique la décision du président Trump de tirer sur la corde pour finalement ouvrir le sac à malices de l’Administration Obama.

Avec sa note de service donnant au procureur général Bill Barr le pouvoir de déclassifier tout document lié à l’enquête sur la campagne de 2016, Trump a tenu une promesse faite de longue date. Plus important encore, sa décision indique que la guerre de Washington entre dans une nouvelle phase.

Le président prend les grands moyens.

Les Démocrates, qui pensaient que le contrôle de la Chambre leur avait donné le contrôle de l’ordre du jour, devront maintenant faire face à une vive concurrence. Leurs expressions d’indignation sembleront fatiguées à côté des révélations sensationnelles sur les actions de Jim Comey, John Brennan et les autres.

D’après ce que nous savons déjà, il est fort probable que ces révélations prouveront que la Maison-Blanche, le FBI et la CIA ont organisé le plus grand scandale de l’histoire politique américaine en espionnant Trump de façon injustifiée et en tentant de faire pencher la balance en faveur d’Hillary Clinton.

Comme on pouvait s’y attendre, les Démocrates sont furieux de la décision de Trump. Nombreux sont les plus à gauche à lancer des attaques personnelles contre Barr. Ils n’en sont pas encore au même niveau de salissage que contre Brett Kavanaugh, mais cela viendra.

Parmi les suspects habituels, le Représentant Adam Schiff a qualifié l’ordre du président d’« anti-américain ».

Il ne manque pas d’air, lui qui prétend depuis deux ans qu’il a des preuves que Trump était de connivence avec la Russie. Bizarre qu’il ne les ait jamais remises à l’avocat spécial Robert Mueller.

Même si M. Schiff, le Représentant Jerry Nadler et d’autres ont trop présumé de leur situation et sont devenus des stars de CNN en tourmentant Trump, ils ne sont pas responsables de sa décision.

Cette distinction revient à la Présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi.

Après des mois de tango entre le caucus de destitution de son parti et ceux qui considèrent Trump comme un désastre politique, Pelosi s’est rangée du côté des des destitutionnistes en accusant Trump de « camouflage ».

C’était mercredi matin (le 22 mai), et c’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Quelques heures plus tard, Trump a quitté leur rencontre devant porter sur les infrastructures, il a déclaré aux médias que « je ne fais pas de camouflage » et il a mis en marche l’ordre de déclassification publié jeudi.

Cet ordre signifie que Trump renonce à faire adopter une loi importante avant les élections de 2020. Dans son esprit, rendre publics les documents de 2016 constitue une déclaration de guerre susceptible de mettre fin à tout espoir de bipartisme.

Rappelez-vous qu’il a souvent promis de les divulguer, mais ne l’avait encore jamais fait. Il disait qu’il attendait le bon moment, qualifiant les documents d’ultime contrepoids.

En novembre dernier, lors d’un entretien dans le Bureau Ovale, il m’a dit, ainsi qu’à deux collègues du Post, que si les Démocrates, qui venaient de remporter la Chambre lors des élections de mi-mandat, se livraient à du «harcèlement présidentiel», alors ce serait le bon moment.

« Je vais les frapper plus fort qu’ils ne l’ont jamais été », a prévenu le président. « S’ils veulent jouer les durs, ils trouveront à qui parler. Et ils verront à quel point ces documents sont désastreux. »

Pourtant, la patience de Trump demeure un mystère. Comme beaucoup d’autres, j’ai soutenu que la divulgation des dossiers internes et des communications concernant l’enquête sur la Russie choquerait la nation et montrerait que Trump est fidèle à sa promesse de transparence historique.

Une fois il s’en est approché mais a renoncé, apparemment à la demande pressante du sous-procureur général Rod Rosenstein, qui supervisait l’enquête Mueller. C’était bizarre parce que Rosenstein avait un conflit d’intérêts évident, ayant signé la demande finale d’espionnage sur Carter Page. Ce n’est là qu’un des documents qui seront divulgués parce que cette demande a probablement induit en erreur les juges du tribunal de la FISA.

Trump espérait également qu’une fois l’enquête de Mueller terminée, les Démocrates redeviendraient un parti d’opposition normal et qu’il pourrait conclure des accords avec eux sur des questions importantes.

En outre, il avait un penchant pour Pelosi, comme en témoigne son offre d’aider à obtenir des votes du GOP pour faire d’elle la présidente de la Chambre si les Démocrates étaient trop divisés. « Tu sais, elle aime ce pays. Et c’est une femme très intelligente. Elle a fait du très bon travail », a-t-il dit le lendemain des élections de mi-mandat.

Elle aussi, a voulu faire preuve de rectitude morale. « Nous en avons tous assez de la division », a-t-elle dit. « Les Américains veulent la paix. Ils veulent des résultats. »

Après que Mueller eut terminé et n’eut trouvé aucune collusion ou preuve claire d’obstruction, Trump a gardé les documents en réserve, espérant que les Démocrates accepteraient le résultat et négocieraient sur les infrastructures.

Après tout, c’est quelque chose qu’ils ont toujours dit qu’ils voulaient faire, et Pelosi et le leader démocrate du Sénat Chuck Schumer semblaient presque joyeux après une réunion tenue début mai à la Maison Blanche.

Mais la remarque de Pelosi sur le « camouflage » a tout changé en raison des conséquences inévitables qu’elle entraîne. Si elle croit vraiment que le président commet un crime, elle ne laisse aucune autre voie logique à suivre, si ce n’est la voie de l’« impeachment ».

C’est là que Trump a sorti ses gros cannons.

Les Démocrates ne sont pas les seuls à être furieux de la publication prochaine de ces documents. Leurs valets dans les médias sont soudainement en faveur de les garder secrets.

Le New York Times est tombé encore plus bas en déclarant dans un reportage que Trump utilise « les services de renseignements contre ses ennemis politiques ».

Dans son article, David Sanger n’envisage à aucun moment la possibilité que Barack Obama ait enrôlé le FBI et la CIA afin d’empêcher Trump de devenir président, ou que Comey, Brennan et d’autres aient voulu le faire déposer.

Envisager cette possibilité serait pratiquer du journalisme. Une chose que le Times ne fait plus.

Au lieu de cela, la Grey Lady est devenue le valet du Deep State. Les journalistes ont accordé l’anonymat aux forces de l’ordre et aux services de renseignement bien que certains d’entre eux aient certainement participé au complot et aient commis des actes illégaux.

Si le Times avait obtenu ce qu’il voulait, Comey dirigerait toujours le FBI et Peter Strzok et Lisa Page seraient inconnus du public.

Ce qui soulève une autre possibilité : les documents pourraient révéler à quels membres des médias les conspirateurs faisaient confiance.

Ça fera encore plus de transparence.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Sources:

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