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Publié par Manuel Gomez le 27 mai 2019

Suite à nos articles concernant les otages abandonnés par la France en Algérie, notamment entre le 19 mars 1962 (date des accords d’Evian) et fin juillet de la même année, de très nombreux commentaires nous prouvent la méconnaissance quelquefois profonde de ce drame algérien par les générations qui n’ont pas vécu cette époque et pour cause car il a été parfaitement occulté de notre histoire et donc cela peut parfaitement se comprendre.

Aussi vais-je me permettre d’apporter à la connaissance de « ces jeunes » quelques témoignages irréfutables car ils ne peuvent en aucun cas être mis en doute compte tenu des personnalités qui les délivrent.

Le premier témoin de cette triste et effroyable époque est Jean-Pierre Chevènement, éminent homme politique qui ne peut en aucun cas être classé de droite.

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Le 5 juillet 1962 c’est la célébration de l’indépendance dans toute l’Algérie. Journées de liesse populaire qui se transforme en « une folie collective et une chasse à l’européen » rapporte Jean-Pierre Chevènement, à l’époque tout jeune chef de cabinet du préfet, à Oran.

« En sortant du port j’ai failli être enlevé par des ATO (Auxiliaires temporaires occasionnels, une milice au service de l’exécutif FLN, chargée d’assurer la transition).

Ils ont arrêté ma voiture. L’un d’entre eux m’a appuyé le canon de son pistolet mitrailleur sur l’estomac. A un moment il s’est intéressé à quelqu’un d’autre et j’en ai profité pour m’échapper. »

Sans cet instant d’inattention Jean-Pierre Chevènement aurait sans doute été assassiné ce jour-là  car cela a été le cas justement de la voiture qui le suivait, sur la route entre le port et l’aéroport, celle de Jacques Doménéghetty, directeur de l’aéroport civil d’Oran, qui a disparu ce jour-là et dont on n’a plus jamais eu de ses nouvelles, alors qu’il avait en poche un laissez-passer signé par le bureau de Paris du FLN.

Quelques jours plus tard, Jean-Pierre Chevènement sera chargé des relations avec l’ALN (Armée de Libération Nationale). Rencontrant Ben Bella et Boumediène, pour tenter d’obtenir la libération des centaines d’européens enlevés : « J’étais avec le nouveau consul à Alger, Jean Herly. Nous n’avons pu obtenir la libération que d’une vingtaine d’entre eux, sans doute les seuls survivants. »

Qui peut mettre en doute le témoignage de ce futur candidat à la présidence de la République Française ?

A aucun moment la France n’a envisagé de donner l’ordre aux forces armées, présentes sur place, d’intervenir pour mettre fin à ces enlèvements, à ces assassinats. Les rares militaires qui ont pris l’initiative d’intervenir, malgré les ordres, ont été aussitôt déplacés.

Cela a été le cas du général Rollet, chef de bataillon à Alger.

Le 21 mai 1962 il apprend que six européens ont été enlevés dans le quartier de Belcourt. Il ordonne aussitôt une intervention de sa troupe et réussit à sauver deux hommes.

Au cours de l’opération on découvre dans une vigne un charnier avec huit corps d’européens atrocement mutilés. Le lendemain ses soldats déterrent six nouveaux cadavres et le 28 de ce même mois, huit nouveaux corps.

Le général fait un rapport à Paris et en retour reçoit l’ordre de quitter le secteur.

Ses officiers et ses soldats seront consignés jusqu’au 6 août et sa formation dissoute ensuite.

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Les déclarations de De Gaulle sont on ne peut plus significatives. Le 18 juillet 1962 en plein Conseil des ministres, alors qu’on l’informe que 1257 enlèvements ont été comptabilisés, il répond : « Pour la France, à part quelques enlèvements, les choses se passent à peu prés convenablement. »

Et vous ne comprenez pas que l’on puisse détester cet individu !

Au printemps de 1963, le comité international de la Croix-Rouge déclare, dans un rapport officiel, avoir recensé 2500 détenus dont 1300 demandent à trouver refuge en France.

En juin de cette même année un accord est conclu entre la Croix-Rouge et le gouvernement algérien. Il autorise la recherche des disparus européens et musulmans. 1333 détenus seulement seront libérés, après avoir été torturés sauvagement.

Deux ans plus tard, en 1965, l’Association de défense des droits des Français d’Algérie, en partenariat avec le Secours catholique, envoie trois émissaires auprès du gouvernement algérien : réponse « Il n’y a plus de survivants ».

Et pourtant il devait y en avoir, selon le témoignage du président algérien Boumediène en 1971, mais la France ne voulait pas le savoir.

Nous continuerons à vous dénoncer les vérités de cette époque et peut-être comprendrez-vous pourquoi nous sommes si inquiets de ce que devient la France actuellement car nous savons, pour l’avoir chèrement payé, comment son comportement peut être lâche et indigne !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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