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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 3 juin 2019

En nommant Jeff Sessions au poste de ministre de la Justice, Trump avait fait une grosse erreur de casting qui a permis aux transfuges de l’Administration Obama de faire nommer l’enquêteur spécial Robert Mueller. Trump a réparé son erreur avec William Barr, et les Démocrates paniquent : la corruption de la gauche est en train d’être exposée.

William Barr – Bill Barr si vous préférez, a plongé le parti Démocrate dans la panique lorsqu’il a employé le mot « espions » pour qualifier les agents du FBI de l’Administration Obama qui ont infiltré la campagne électorale de Trump. Il a déclenché la rage des médias lorsqu’il a refusé de plier et de retirer son accusation, redoublant d’audace en déclarant : j’ai regardé dans le dictionnaire, et le mot espion correspond parfaitement.

Puis Bill Barr a décidé de lancer une enquête du département de la Justice pour savoir qui exactement a déclenché la fausse affaire russe, qui est impliqué, qui est corrompu, qui a menti, qui a fait illégalement passer des documents à la presse.

A partir de là, les Démocrates sont entrés en panique.

CBS a longuement interviewé celui que la gauche décrit comme non pas le ministre de la Justice, mais l’avocat personnel du président, une façon vicieuse de tenter de déminer les poursuites pénales qui vont pleuvoir.

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Ce qu’a déclaré Barr à la journaliste Jan Crawford de CBS

Sur l’obstruction à la justice

CBS : vous avez affirmé que le président avait le pouvoir d’annuler l’enquête contre le général Flynn et qu’il avait le droit de congédier James Comey [directeur du FBI qui enquêtait contre Flynn] sous son autorité exécutive. Votre jugement est qu’il n’y a pas là d’obstruction à la justice.

En droit, les lois sur l’obstruction ne s’appliquent pas à l’exercice de l’autorité présidentielle de base ou à son autorité officielle.

Nous nous sommes penchés sur cette question, concernant le licenciement de Comey.

L’un des éléments [de l’obstruction] est qu’il faut démontrer que l’acte, objectivement parlant, aura pour effet d’entraver une procédure, et nous ne croyons pas que le congédiement du responsable d’un organisme a pour effet probable de saboter une procédure.

Le rapport Mueller souligne que l’une des motivations probables [du président] était sa frustration lorsque Comey a dit une chose en public et une chose différente en privé, et qu’il a refusé de corriger les faits.

Cela n’est donc pas de la corruption.

Donc, pour chacun de ces épisodes, nous avons réfléchi longuement, nous avons examiné les faits et nous n’avons pas cru que le président pouvait faire de l’obstruction dans ces cas-là.

Vous êtes « l’homme du président »

Lorsque vous voyez certaines des critiques dire que vous protégez le président et que vous êtes son complice, quelle est votre réponse à cela ?

Eh bien, nous vivons à une époque hyper-partisane où les gens ne prêtent plus vraiment attention à la substance de ce qui est dit, mais à qui le dit, de quel bord ils sont, et quelles sont ses ramifications politiques.

Le ministère de la Justice s’intéresse au droit, aux faits et au fond, et je vais prendre des décisions fondées sur le droit et les faits.

Je comprends l’intention du climat politique dans lequel nous vivons, parce que les gens sont plus intéressés à obtenir des gains politiques.

Mais je pense que [les critiques] correspondent au rôle du procureur général [ministre de la Justice] dans une période hyper-partisane.

La Chambre des représentants [à majorité Démocrate] menace de vous condamner pour outrage parce que vous ne leur donnez pas le rapport Mueller complet.

Sur le plan juridique, les documents et minutes du grand jury ont été censurés parce que, quelle que soit la position politique adoptée, il ne m’est légalement pas permis de les rendre publics, même au Congrès.

Vous n’avez pas dit dans votre note de quatre pages [qui résumait le rapport Mueller] que le rapport ne disculpait pas le président pour obstruction. Vous avez été trop indulgent envers le président, en fait, car le conseiller spécial était un peu plus pointilleux sur l’obstruction.

Encore une fois, je n’essayais pas de donner toute la saveur et tous les recoins du rapport.

J’essayais simplement d’énoncer le résultat final, et le résultat final était que Bob Mueller a identifié quelques épisodes de possible obstruction, et qu’il n’est pas parvenu à la conclusion [qu’il y avait obstruction].

Il a présenté les deux côtés de la question, et il a conclu qu’il n’exonérait pas le président, mais qu’il ne trouvait pas non plus qu’il s’agissait d’un crime.

Et je pense que [la conclusion du rapport] était ce qu’il fallait rapporter au corps politique, parce qu’en fait, la majeure partie de ma note explique ensuite comment Rod Rosenstein [numéro 2 du ministère de la Justice] et moi avons pris une décision et les critères que nous avons appliqués pour ne trouver aucune entrave à la justice.

[Mueller] a écrit une lettre dans laquelle il s’est dit préoccupé [par votre note de quatre pages] et a dit que vous aviez causé de la confusion. Ça vous a surpris ?

Oui, bien sûr. J’étais surpris qu’il n’ait pas décroché son téléphone et ne m’ait pas appelé étant donné nos 30 ans de relation, mais…

Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?

Je ne sais pas. Comme je l’ai dit à l’audience, j’ai pensé que sa lettre me snobait et qu’elle avait été écrite par certains de ses collaborateurs. [Bill Barr fait référence à Andrew Weissmann, donateur à la campagne d’Obama, invité à la soirée de célébration de la victoire prévue d’Hillary Clinton à la présidentielle. Equipé de deux diplômes de prestigieuses universités, il est l’un des plus virulents des 19 membres de l’équipe Mueller. Il a été surnommé « pitbull légal » pour avoir provoqué la faillite d’une des cinq plus grandes firmes de gestion financière au monde, Arthur Andersen, et mis ses dirigeants en prison, pour qu’ensuite la Cour suprême annule toutes les charges par 9 voix contre 0 en raison de nombreuses malversations et magouilles dans la procédure de Weissmann.]

Je veux vous parler de votre enquête. Vous suggérez que [l’enquête Mueller] était manifestement insuffisante. Vous avez mandaté un groupe de haut niveau pour s’assurer que cela ne se reproduise pas en 2020.

Là où Barr met en cause Obama

Je veux essayer de reconstruire ce qui est arrivé. Les gens doivent comprendre que l’une des choses ici, c’est que ces efforts en 2016, ces activités de contre-espionnage qui visaient la campagne Trump, n’ont pas été faites dans le cours normal des choses et pas non plus selon les procédures normales, autant que je puisse le voir. Et beaucoup de gens qui étaient impliqués ne sont plus là.

Vous avez utilisé le mot «espion». Vous avez témoigné que vous croyez qu’il y a eu espionnage [de la campagne Trump par l’administration Obama].

Oui.

Dans la campagne Trump.

Oui.

Vous avez été critiqué pour avoir utilisé ce mot.

Je suppose que c’est devenu un mot sale en quelque sorte. Ça ne l’a jamais été pour moi. Je pense qu’il n’y a rien de mal à espionner, la question est de savoir si l’espionnage est autorisé par la loi et s’il est bien fondé, et si c’est le cas, alors c’est un outil important dont les États-Unis disposent pour protéger le pays.

Au sujet de l’utilisation du mot [espion], comprenez-vous – et je sais que certains, d’anciens chefs du renseignement ont dit que le président a rendu ce mot quelque peu péjoratif – que vous donnez l’impression de faire une chasse aux sorcières, et que votre utilisation de ce mot fait croire que vous êtes loyal [au président Trump] ?

Vous savez, c’est une partie de la folie des temps modernes que si le président utilise un mot, tout à coup, il devient hors limite. C’est un très bon mot de la langue anglaise, et je vais continuer à l’utiliser.

Vous dites qu’il y a eu espionnage. Il n’y a pas nécessairement quelque chose de mal à cela.

Non, s’il y a un motif légitime. Ecoutez, je pense que nous sommes tous inquiets de l’influence étrangère dans la campagne. Nous avons raison de l’être parce que le cœur de notre système est le transfert pacifique du pouvoir par le biais d’élections, et ce qui donne au gouvernement sa légitimité, c’est ce processus.

Et si des éléments étrangers peuvent intervenir et l’affecter, c’est mauvais pour la république. Mais de la même façon, il est tout aussi dangereux pour le maintien de l’autonomie gouvernementale et de notre système républicain, que nous ne laissions pas le pouvoir gouvernemental [en place], les forces de l’ordre ou les services de renseignement, jouer un rôle, s’immiscer et influencer les élections.

Quand on parle d’ingérence étrangère par opposition à un abus de pouvoir de la part du gouvernement, qu’est-ce qui est pour vous le plus troublant ?

Eh bien, les deux sont troublants.

Je veux dire ceci : les républiques sont tombées à cause de la mentalité de la Garde prétorienne où les représentants du gouvernement deviennent très arrogants, ils identifient l’intérêt national avec leurs propres préférences politiques, et ils estiment que quiconque a une opinion différente est en quelque sorte un ennemi de l’État.

Et vous savez, il y a [encore maintenant] cette tendance qu’ils connaissent tout mieux et qu’ils sont là pour protéger la société en tant que gardiens du peuple. Cela peut facilement se traduire par la volonté de contrer l’opinion de la majorité pour imposer leur décision en tant que représentant du gouvernement [sortant].

Et vous craignez que cela se soit produit en 2016 ?

Eh bien, je pense qu’il faut l’examiner attentivement, parce que l’utilisation des capacités des services du renseignement et du contre-espionnage contre une campagne politique américaine, c’est sans précédent pour moi, et c’est une ligne rouge grave qui a été franchie.

C’est ce qui est arrivé ?

Des activités de contre-espionnage ont été entreprises contre la campagne Trump. Je ne dis pas qu’il n’y avait pas de fondement légitime, mais je veux voir quel était ce fondement, et m’assurer qu’il était légitime.

Donc…

Donc c’est l’une des principales responsabilités du procureur général [ministre de la Justice], qui est de veiller à ce qu’il n’y ait pas d’abus de pouvoir de la part du gouvernement, et à ce que les droits des Américains ne soient pas transgressés par des pouvoirs gouvernementaux abusifs. C’est la responsabilité du procureur général.

Ce qui attend les Démocrates

Nous avons passé les deux dernières années ou plus à parler de l’ingérence russe dans les élections et de ce qui s’y est passé. Nous parlons maintenant d’enquêter, d’examiner cette enquête, et les personnes qui l’ont menée. En faisant ce virage à 180 degrés, pouvez-vous nous aider à comprendre… je veux dire : quel est le problème ? Qu’avez-vous vu, quelle est la base de tout ça ?

Je ne veux pas que vous en sachiez trop sur les faits, car ils sont encore à l’étude. Mais je pense qu’il est important de comprendre sur quoi reposait le lancement des activités de contre-espionnage contre la campagne politique [de Trump], et c’est ce qui est au cœur de nos libertés [garanties] par le premier amendement.

Quelle était l’hypothèse ? Quel était l’obstacle à franchir ? Quel était le processus ? Qui devait l’approuver ? Y compris la surveillance électronique [de la campagne Trump], quelle que soit la surveillance électronique qui a été effectuée.

Et tout le monde a-t-il opéré dans le cadre de ses attributions ? Pour cela, j’ai choisi un excellent procureur de carrière du ministère, qui est là depuis plus de trente ans, il est maintenant le procureur des États-Unis [en charge du dossier].

Et ce procureur, il a été employé par les ministres de la Justice Républicains et Démocrates pour enquêter sur ce genre d’activités. Et il a toujours reçu les compliments les plus élogieux sur son travail.

Il ne fait donc aucun doute dans mon esprit qu’il va procéder à un examen approfondi et équitable de la question. Et nous travaillons en étroite collaboration avec les services de renseignement, le FBI, la NSA et d’autres intervenants pour nous aider à reconstituer ce qui s’est passé.

Car je veux voir quelles étaient les normes qui ont été appliquées. Quelles étaient les preuves ? Quelles ont été les techniques utilisées ? Qui les a approuvés ? Y avait-il un fondement légitime à cela ?

L’inspecteur général n’examine qu’une petite partie de la question, si j’ai bien compris, à savoir le mandat de la FISA [contre des membres de la campagne Trump] [NDLR : la FISA est une cour secrète qui délivre le droit de mettre sur écoute des individus soupçonnés d’espionner les Etats-Unis sur son sol].

Pas une petite partie, mais il regarde un sujet différent, qui est important, à savoir l’utilisation de la surveillance électronique qui visait Carter Page [membre de la campagne Trump].

(Jan Crawford, nerveuse) : Pourquoi élargir cette enquête ? Pourquoi avez-vous pensé qu’il était nécessaire de vous adresser à John Durham ? [Durham est le procureur nommé par Barr pour enquêter sur les origines de l’espionnage de la campagne Trump]

L’inspecteur général du ministère, Mike Horowitz, dont vous savez qu’il est un formidable fonctionnaire, a des pouvoirs limités.

Il n’a pas le pouvoir d’exiger des témoignages, il n’a pas vraiment le pouvoir d’enquêter au-delà des employés du ministère de la Justice. Sa capacité d’obtenir des renseignements d’anciens fonctionnaires ou d’autres organismes à l’extérieur du ministère est très limitée.

Il n’est pas en mesure d’aller parler avec certains des anciens fonctionnaires qui ont pris ces décisions, s’ils ne sont plus au ministère ?

Non

Où en est l’enquête de Huber dans l’Utah ? Je crois que l’ancien procureur général [Jeff Session, qui a précédé à William Barr et a été totalement sous la coupe de l’ex-directeur du FBI et de ses adjoints, et n’a rien fait de positif durant sa courte présence au gouvernement] lui avait demandé d’examiner la question.

C’est vrai, il avait été demandé à Huber de regarder de près les conditions de délivrance du mandat de la FISA et la surveillance électronique [de la campagne Trump], mais il a pris du recul et a mis cela en veilleuse quand le bureau de l’inspecteur général [Horowitz] a effectué son enquête. Et il était essentiellement dans l’attente au cas où M. Horowitz lui soumettrait une affaire pour qu’elle soit traitée criminellement. Il n’a donc pas été actif sur ce front au cours des derniers mois, et Durham assume donc maintenant ce rôle. Les autres questions sur lesquelles Huber travaille ont trait à Hillary Clinton. Celles-ci sont en train de s’achever et nous espérons être en mesure de les mener à bien.

(Jan Crawford, insistante, toujours très inquiète) : Donc, encore une fois, juste pour que les gens puissent mieux comprendre. Lorsque nous parlons des fondements de cette affaire et des raisons pour lesquelles vous pensez que c’est important d’enquêter contre tout abus de pouvoir du gouvernement [Obama], vous étiez à la CIA dans les années 70. Vous pouvez voir comment cela peut avoir….

C’est vrai, quand j’ai rejoint la CIA il y a presque 50 ans en tant que stagiaire, c’était à l’époque du Vietnam, c’était l’époque des droits civiques, et il y avait eu beaucoup d’enquêtes sur la CIA et les questions étaient les suivantes :

• quand les enquêtes étaient-elles appropriées de la part des agences de renseignement ?

• Le FBI faisait aussi l’objet d’enquêtes. Vous savez, il s’agissait de la pénétration des groupes de défense des droits civiques, parce qu’à l’époque, on s’inquiétait des contacts : des groupes importants financés par les communistes, et d’autres choses du genre.

Beaucoup de ces groupes étaient en contact avec des adversaires étrangers, ils avaient des contacts avec des organisations de façade et ainsi de suite, et beaucoup de règles ont été mises en place, et ces règles relèvent du ministre de la Justice.

La responsabilité du ministre de la Justice est de veiller à ce que ces pouvoirs ne soient pas utilisés pour s’opposer au premier amendement, et m’occuper de ces questions fut une grande partie de mes années de formation.

Le fait qu’aujourd’hui, les gens semblent avoir dans l’idée qu’il n’y a rien de mal à s’engager dans ces activités contre une campagne politique m’étonne, surtout quand les médias semblent penser que cela ne vaut pas la peine d’examiner la question.

Ils sont censés être les chiens de garde de nos libertés civiles.

Qu’avez-vous découvert ? Quelles preuves avez-vous trouvées ? Qu’est-ce qui vous fait penser que moi, journaliste, j’ai besoin d’enquêter là-dessus ? [aucun journaliste, à part John Solomon, Sara Carter et Mollie Hemingway n’enquête sur les complicités de l’Administration Obama avec la mise sur écoute de la campagne Trump]. Je veux dire, qu’avez-vous observé concernant l’été 2016 ?

Eh bien, à ce stade, je dirais que, comme beaucoup d’autres personnes qui sont familières avec les activités de renseignement, j’ai beaucoup de questions sur ce qui s’est passé.

[Quand j’ai été nommé ministre de la Justice], j’ai supposé que j’obtiendrais des réponses à mes questions, et je n’ai pas obtenu de réponses satisfaisantes. Et j’ai maintenant d’autres questions. Et certains des faits que j’ai appris ne concordent pas avec les explications officielles qui m’ont été données.

Jan Crawford, (en panique) : Que voulez-vous dire par là ?

C’est tout ce que je vous dirai, en vérité. Les choses ne collent pas.

Il y a un problème de chronologie ? Je veux dire, vous craignez que des choses se soient produites avant que nous réalisions que l’enquête [sur la collusion de Trump avec la Russie] a été ouverte en juillet ?

Je ne veux pas entrer dans ces détails pour le moment. Je dirai simplement qu’il y a certaines questions auxquelles je pense qu’il faut répondre, et j’ai des raisons de penser qu’il faut revoir tout cela.

Vous avez dit que le délai entre l’élection et l’inauguration était assez étrange. Il a pu se passer des choses étranges. Qu’est-ce qui vous préoccupe ? La réunion à la Trump Tower ?

Je ne souhaite pas entrer dans le détail de ces sujets.

D’accord. Vous avez évidemment vu que les gens craignaient que votre enquête ne mine le moral du FBI. Mais vous avez dit lors d’un récent témoignage au Sénat : « je ne veux pas lancer une enquête sur le FBI dans la mesure où il y a eu des problèmes au FBI, car je ne les considère pas comme des problèmes endémiques au FBI. Je pense qu’il y a probablement eu un échec parmi un groupe de dirigeants à l’échelon supérieur. »

Exact. En d’autres termes, je ne crois pas qu’il s’agisse d’un problème qui sévisse au sein du Bureau.

Je pense que les activités [répréhensibles] ont été entreprises par un petit groupe au sommet de la hiérarchie, ce qui est probablement l’une des erreurs qui ont été commises, au lieu de mener l’enquête comme une enquête normale par le bureau ou le contre-espionnage. Ce sont les dirigeants du Bureau qui ont fait l’enquête. Depuis leur quartier général.

Vous parlez de James Comey, McCabe ?

Je ne vais tout simplement pas entrer dans le détail des noms des personnes à ce stade. Mais je ne considère pas qu’il s’agisse d’une question qui concerne l’ensemble du Bureau. Et je dirai la même chose pour les autres agences de renseignement. Et ils sont très coopératifs pour nous aider.

Ils sont coopératifs ?

Oui.

Vous travaillez avec le directeur du Renseignement national, le chef de la CIA. Le président [Trump] a tweeté et a déclaré publiquement que certains dans l’échelon supérieur, Comey, McCabe, etc. ont trahi. Etes-vous d’accord avec ça ?

En tant qu’avocat, j’interprète toujours le mot trahison non pas familièrement, mais légalement. Et vous connaissez les critères très précis de la trahison. Alors je ne pense pas qu’elle soit réellement en cause dans la situation que nous connaissons. Légalement.

Vous ne pensez pas qu’ils ont commis une trahison ?

D’un point de vue juridique, non.

Où Barr attaque frontalement les élites

Mais vous vous inquiétez de la façon dont ils ont mené l’enquête ?

Oui. Mais vous savez, lorsqu’il s’agit d’un officiel de l’Administration, déterminer l’intention est souvent une question difficile.

Je ne dis pas que les gens ont fait ce qu’ils ont fait nécessairement pour des motifs conscients et néfastes.

Parfois, les gens peuvent se convaincre eux-mêmes que ce qu’ils font est dans l’intérêt supérieur [de la Nation], pour le bien général. Ils ne se rendent pas compte que ce qu’ils font est vraiment contraire au système démocratique et à l’éthique.

Ils commencent à se prendre pour les gardiens de la société, ils se disent qu’ils sont plus informés et sensibles que les autres. Ils peuvent – dans leur propre esprit – avoir ce genre de motivations. Et parfois, ils peuvent regarder les preuves et les faits à travers un prisme biaisé sans le réaliser.

Ces principes, appliqués comme principes neutres, ne devraient pas être utilisés. Mais parce qu’ils ont un parti pris, ils ne le voient pas. C’est pourquoi les procédures et les normes sont importantes, et l’examen est un moyen important de s’assurer que le pouvoir gouvernemental est appliqué consciencieusement et correctement.

Cela ne signifie pas nécessairement que les gens qui ont franchi les limites l’ont fait avec des intentions corrompues ou quelque chose comme ça.

Là où Barr met en cause les journalistes

Mais vous semblez craindre que les hauts dirigeants du FBI aient fait preuve de partialité lorsqu’ils se sont penchés sur la question de savoir s’ils devaient lancer et mener cette enquête [contre Trump].

Il est difficile de lire certains des documents et de ne pas avoir l’impression qu’il y avait un parti pris flagrant [anti-Trump]. C’est même assez affligeant.

Et je pense que s’il s’agissait des Démocrates, nous en entendrions beaucoup parler. Si ce genre de discussions avaient eu lieu, vous savez quand Obama s’est présenté pour la première fois, si les gens [du FBI] avaient parlé d’Obama en suggérant qu’il pouvait être un manchourian candidat pour l’Islam ou quelque chose comme ça [par référence au film «The manchourian candidate», où un homme préparé depuis des années par des puissances étrangères hostiles dans le but de contrôler le pays, devient président des Etats-Unis], vous ne pensez pas que nous en entendrions beaucoup plus parler ?


Je suppose que lorsque vous dites qu’il y a des choses qui ne sont pas passées de façon normale, et qu’elles ont eu lieu en petit groupe, et que ce n’est pas la façon dont ces opérations de contre-espionnage fonctionnent normalement, je pense que Comey et d’autres pourraient dire que c’était une chose si extraordinaire qu’ils devaient la garder très près d’eux. Quelle est votre réponse à cela ?

Cela peut être légitime dans certaines circonstances, mais cela a beaucoup à voir avec la qualité des preuves de ces accusations. Et vous savez que Mueller a passé deux ans et demi, et le fait est : il n’y a aucune preuve de complot [entre Trump et la Russie]. Donc c’était bidon, toute cette idée que Trump était de mèche avec les Russes est bidon.

Avez-vous demandé au président l’autorisation de déclassifier tout le dossier ?

Oui. Ainsi qu’à la direction des agences de renseignement. Et ils nous soutiennent.

D’ailleurs je suis amusé par ces gens qui gagnent leur vie en divulguant [aux médias] des renseignements classifiés, y compris le nom d’agents du renseignement, et qui se tordent les mains pour savoir si je suis quelqu’un d’assez responsable, et savoir si je vais protéger les sources et les méthodes du renseignement.

Comme je l’ai dit, je suis dans le métier depuis plus de 50 ans avant leur naissance, et je sais comment traiter les informations classifiées. Et je crois fermement à la protection des sources et des méthodes de renseignement.

Mais en même temps, s’il y a des informations qui peuvent être partagées avec le peuple américain sans compromettre les sources et les méthodes de renseignement, cette décision devra être prise, parce que je vais participer à la recherche de l’origine de cette histoire. Et je pense que je suis dans une meilleure position que ceux qui me critiquent pour prendre cette décision.

Je sais que vous avez vu certaines des critiques et des pressions qui ont été exercées contre vous [pour que vous ne déclassifiez pas le dossier]. Êtes-vous préoccupé par le fait que mener cette enquête, parler de la déclassification de certains documents – cela mine votre crédibilité ou la crédibilité du ministère ?

Non. En fait, je pense que leur réaction est un peu étrange.

Étrange ?

Bien sûr.

Leur réaction !?

La réaction des médias est étrange.

Normalement, les médias sont intéressés à connaître les faits et à découvrir la vérité. En général, les médias ne se soucient pas tant que ça de protéger les sources et les méthodes de renseignement.

Mais je le fais, je vais le faire.

Là où Barr montre qu’il est une barre d’acier, insensible aux pressions, au chantage, et qu’il ne se laisse nullement intimider

Quand vous avez pris vos fonctions [de ministre de la Justice], vous aviez une bonne réputation à droite et à gauche. Vous n’êtes pas quelqu’un qui était accusé de protéger le président, de permettre au président de mentir au Congrès. Vous vous attendiez que toutes ces critiques vous arrivent ? Et quelle est votre réponse ? Comment vous vivez cela ? Que répondez-vous à tout cela ?

En réalité, je m’y attendais.

Vraiment ?

Oui, parce que je suis conscient que nous vivons dans une période hyper-partisane, et je savais que ce ne serait qu’une question de temps, si je me comportais de façon responsable, et si j’appelais les choses par leur nom et appelait un chat un chat, avant que je sois attaqué. De nos jours, les gens ne se soucient plus de savoir qui a tort ou qui a raison dans une affaire, en dehors de toute autre considération.

Ils ne se soucient que de savoir qui ça aide, qui en tire un bénéfice, « est-ce mon camp ou l’autre ». Tout est mesuré à l’aune de la politique.

Et comme je l’ai dit, c’est contraire à la façon dont le ministère fonctionne, et n’importe quel ministre de la Justice, au cours de cette période, finit par perdre beaucoup de son capital politique, et je m’en rends parfaitement compte. Et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai finalement été convaincu que je devais prendre ce poste et faire ce que je fais, parce que je pense qu’à mon âge et avec ma carrière, cela ne fait vraiment plus aucune différence.

Vous êtes en fin de carrière ? Vous allez sacrifier la réputation sur laquelle vous avez travaillé toute votre vie ?

Oui, car tout le monde meurt, et je ne crois pas en l’idée homérique de l’immortalité, où, vous savez, on va chanter des odes sur vous au cours des siècles à venir. Vous voyez ?

Vous ne regrettez donc pas d’avoir accepté le poste ?

Non.

Pas même aujourd’hui ?

Le coup de massue final

Je préférerais, à bien des égards, revenir à mon ancienne vie, mais je pense que j’aime le ministère de la Justice, j’aime le FBI, je pense qu’il est important de ne pas détruire nos institutions en cette période d’intense esprit partisan.

Je pense que l’une des ironies d’aujourd’hui, c’est que les gens disent que c’est le président Trump qui détruit nos institutions.

Je ne vois vraiment aucune preuve de cela, et je n’ai vraiment pas vu de projet de loi sur la façon dont cela se serait passé.

De mon point de vue, l’idée de résister à un président démocratiquement élu, de tout rejeter sur lui, et de changer les normes au motif qu’il faut arrêter ce président, c’est là qu’on détruit nos normes et nos institutions.

Les réactions

Le journaliste Jonathan Chait du New York Magazine, a parfaitement résumé l’état de choc dans lequel se trouvent les médias et les Démocrates. Voilà ce qu’il a retenu de l’interview dont vous venez de lire des extraits :

Le long entretien détaillé de Barr avec Jan Crawford suggère que la pourriture va beaucoup plus loin qu’une simple manie pour un pouvoir exécutif sans entraves.

Barr a bu profondément la vision du monde de Fox News sur la paranoïa Trumpienne.

C’est le spectacle d’un avocat estimé, complice de tous les instincts autoritaires de son patron.

http://nymag.com/intelligencer/2019/05/william-barr-interview-cbs-mueller-coup-trump.html

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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