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Publié par Abbé Alain Arbez le 11 juin 2019

Jean Charlier, connu sous le nom de Jean de GERSON, son village d’origine dans les Ardennes, a marqué son temps par ses qualités pédagogiques de théologien, de prédicateur et de visionnaire.

Une de ses formules célèbres est – à propos de l’Eglise – ECCLESIA SEMPER REFORMANDA…beaucoup s’imaginent que cet adage connu est issu de la Réforme protestante (qui adviendra 130 ans plus tard) alors qu’il émane d’un prêtre catholique soucieux de voir l’Eglise un peu plus conforme aux consignes du Christ.

Il fit ses études au collège de Navarre où il obtint une licence ès arts, en 1384 il fut bachelier en théologie et fut reçu docteur en 1392. En 1395, il devint chancelier de l’Université pour remplacer Pierre d’Ailly nommé évêque du Puy. Le Duc de Bourgogne lui octroya des revenus liés à l’église de Bruges afin de lui assurer de quoi vivre.

Dans l’Université, Jean Gerson eut à cœur de réformer certaines habitudes estudiantines incitant à des dérapages de mœurs, il supprima certains privilèges jugés injustes. Il s’ingénia à recadrer l’usage de la scolastique et à la réorienter vers les vraies questions existentielles en lien avec la foi. Il insista sur la double dimension de la raison et de l’affect dans la spiritualité. Il mit en valeur certains principes de rigueur spirituelle et morale. Il recommanda expressément de ne pas confondre contemplation et extase au risque de graves désillusions. (De distinctione verarum visionum a falsis).

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Il lutta contre les abus d’une religiosité hystérique, dénonça les prétentions superstitieuses et les addictions à la magie (De erroribus circa artem magicam). Il s’éleva en particulier contre les médecins qui pour opérer des guérisons instantanées usaient de médailles où étaient gravées des phrases bibliques censées avoir un effet thérapeutique.

Mais un aspect essentiel de l’œuvre de Jean Gerson a été sa pratique des langues, ce qui met en lumière l’émergence du français comme langage de culture et de connaissances. Dans ses discours et exhortations, il s’exprimait en latin lorsqu’il parlait à des universitaires, mais en français lorsqu’il s’adressait à des gens du peuple. De même dans ses écrits, le latin et le français alternaient selon le thème abordé et les destinataires. Son exemple est typique du bilinguisme de la fin du Moyen Age et montre qu’il ne se contentait pas de viser les milieux instruits.

Sensible aux aptitudes de compréhension inégales chez les auditeurs et les lecteurs, Jean Gerson réfléchissait sur ce qu’il nomme « materia subjecta ». Il entrait ainsi dans une nouvelle philosophie du savoir, qui prenne en compte la subjectivité de l’individu pour s’approprier le sens d’un propos. Il estimait que l’on devait chercher non pas tant « adaequatio rei ad intellectum » que « adaequatio quaedam ad affectum ». Face à certaines interprétations sectaires des écoles de pensée, il privilégiait la simplicité de la foi tout en s’équipant des outils de compréhension permettant un véritable discernement.

Mais une des caractéristiques majeures de l’œuvre de Jean Gerson est sa posture à l’égard des femmes. Il s’est abondamment exprimé sur les rôles sociaux des femmes en tant que sœurs, épouses, mères, religieuses, etc. Il souhaitait clairement que leur spiritualité leur permette d’être indépendantes et dignes. Il écrivit un traité sur la contemplation, dédié à ses sœurs : « La montaigne de la contemplation ». Dans ses idées sur la famille, il manifestait une attention marquée envers les femmes et les enfants. Nulle part dans ses œuvres on ne trouve des clichés négatifs sur la nature féminine, et les accusations contre la femme source du mal, courantes à l’époque, en sont absentes. Chez Gerson, nulle trace de misogynie cléricale ou de préjugés de dénigrement féminin.

Le Chancelier défendait l’honneur des femmes. Ainsi, il prit parti pour les femmes injustement accusées de la mort de nouveaux nés et de petits enfants. Il était viscéralement révolté par les pénitences publiques qui leur étaient souvent infligées. Pourquoi affliger davantage celles qui sont déjà dans lapeine Il écrivait : « Nous supplions au nom de Notre Seigneur Jésus Christ que soit mis un terme à ce scandale et à cette inhumaine cruauté (enormitatem inhumanem ac bestialem crudelitatem), car le joug du Christ est doux à porter ».

Il considérait que les femmes étaient peut-être plus aptes que les hommes à ressentir les plus hautes vérités chrétiennes. Aussi demandait-t-il aux maris de respecter leur vie spirituelle : « Le mari ne doit point empescher sa femme a bien faire. Doit une femme mariée obeir a son mary en quelconque chose qui soit contre Dieu ? Je di que non jusques au mourir ! »

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Ulcéré par le schisme d’Occident qui opposait deux papes revendiquant leur légitimité, Jean Gerson travailla à les amener à se démettre volontairement de leur charge afin de rétablir la paix dans l’Eglise. Sa proposition de démissions pontificales simultanées n’aboutissant pas, Jean Gerson – malgré sa confiance en la persuasion – dut admettre que ses efforts étaient vains et il se rangea du côté de la convocation d’un concile général. Il exposa avec force que le seul vrai chef de l’Eglise est Jésus Christ et qu’une Eglise éloignée de ce chef court à sa perte. (De auferibilitate papae ab ecclesia). Il affirma haut et fort qu’un concile a une autorité plus valable que celle d’un pape (De unitate ecclesiastica). Présent au concile de Constance en 1414, Jean Gerson força encore le trait en affirmant que lors d’un concile général, « même un pape est tenu d’obéir en toutes choses concernant la foi, l’éradication du schisme et la Réformation de l’Eglise dans son chef et dans ses membres ».

Lorsque le Duc d’Orléans fut assassiné sur ordre du Duc de Bourgogne Jean sans Peur, Jean Gerson présida l’oraison funèbre du défunt et il n’hésita pas à dénoncer publiquement la violence. À tel point qu’une foule de partisans excités se lança à sa poursuite et qu’il réussit à s’en extraire de justesse. A la fin du concile de Constance, réfugié en Bavière, Jean Gerson se dédia à l’écriture d’ouvrages et de traités, puis fut appelé à Vienne par le Duc Frédéric d’Autriche qui lui confia des tâches d’enseignement dans son université. Après quoi, Jean Gerson se dirigea vers Lyon où il passa les dix dernières années de sa vie au couvent des Célestins, s’occupant avec soin de l’éducation religieuse des enfants, persuadé, disait-il, que « c’est par eux que la Réforme doit commencer ». Sur sa tombe fut gravée cette phrase qu’il affectionnait particulièrement : « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile ! »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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