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Publié par Eduardo Mackenzie le 13 juin 2019

Au cours des dernières semaines, le président Ivan Duque a conjugué le verbe obéir dans tous les temps, les formes et les modes.

Le 6 mai, il a obéi à la prétendue « loi statutaire » de la JEP (Justice spéciale de paix). Le 15 mai, il a obéi au premier et unique verdict de la JEP ordonnant la non-extradition du chef narco-communiste Santrich. Le même jour, il a accepté la démission inopportune du procureur général, Néstor Humberto Martinez. Deux jours plus tard, il a obéi à  l’exigence des FARC et du Parti Libéral de ne pas déclarer l’état de commotion intérieure, comme l’avaient demandé des personnalités proches du gouvernement et des membres du Parti Conservateur pour freiner la vague qui détruit l’ordre public.

Le 24 mai, il s’est plié aux falsifications de Human Rights Watch  contre l’armée colombienne en nommant une « commission d’audit spéciale » composée   de trois avocats (lesquels ignorent tout de l’action militaire) pour « réviser les manuels et protocoles opérationnels de l’armée ».   Le 28 mai, il s’est plié à l’intrigue ourdie par le New York Times en envoyant le ministre Holmes Trujillo faire un rapport devant la direction de ce journal et pour les assurer que Bogota « met en œuvre les accords de paix ».

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Le  29 mai, Ivan Duque obéissait au concept du Conseil d’État qui  a accordé à Santrich le privilège d’être un « aforado ». Copié à la justice espagnole, cette figure privilégie certains criminels: l’ »aforado » n’est pas jugé comme les autres  mortels mais par un tribunal spécial.  Le 29 mai, Duque a obéi  à  la décision de la Cour constitutionnelle qui a rejeté  les seules six objections  qu’il avait formulées vis-à-vis du statut de la JEP. Le 30 mai, il a obéi à la Cour suprême de justice qui a ordonné, sans recours possible,   la « libération immédiate » du mafieux Santrich.  Le 7 juin, le président a obéi à la décision scandaleuse de la Cour constitutionnelle visant à détruire la famille et légalisant la consommation de cocaïne, d’alcool et d’autres drogues dans des lieux publics et privés.

Obéir signifie céder, accepter, se conformer et plier le genou. Le dictionnaire de l’Académie royale espagnole est très précis: il est dit qu’obéir c’est « rendre hommage à la soumission et au respect ».

Les Colombiens ont-ils élu Ivan Duque pour qu’il obéisse ou pour qu’il préside ?   Pour qu’il obéisse ou pour qu’il décide ? Pour qu’il plie le genou ou pour qu’il guide le pays ? Avons-nous voté pour que Duque recule devant des décisions abjectes? Pour qu’il fasse le contraire de ce qu’il avait promis en tant que candidat et obéisse aux pouvoirs qui tentent d’ériger un ordre constitutionnel alternatif ?

Selon la Constitution, le président colombien est élu pour « garantir les droits et libertés  de tous les Colombiens ».   Avons-nous choisi Duque pour qu’il respecte les excès de ceux qui dynamitent les droits de tous ? Avons-nous choisi Duque pour qu’il obéisse à ceux qui cherchent à déposséder les Colombiens de leurs libertés au profit exclusif d’une clique subversive ?

Devant ceci, certains déplorent l’audace des FARC, l’héritage toxique de la présidence de JM Santos et les « sottises » des Cours de justice. Ces critiques sont insuffisantes. Elles laissent échapper le problème principal: que fait le chef de l’Etat pour contrecarrer ces calamités ? D’autres prêchent l’immobilité pour ne pas hâter un processus de  « polarisation du pays ». Mais il n’y a pas de « polarisation ». Il y a égarement et rupture de l’unité nationale.

Le parti au pouvoir répond que tout cela est le prix à payer pour une « politique de paix dans la légalité ». Il explique que l’Etat de droit veut que le président respecte les décisions des autres pouvoirs publics. Mais de quelle « légalité » et de quel « Etat de droit » parlent-ils ? Aujourd’hui, la Colombie vit dans un système politique anormal, sous le contrôle d’un pouvoir non élu et exorbitant qui, sans limites, devient le véritable recteur des destinées du pays. La Colombie est en train de devenir une dictature judiciaire, pas un Etat de droit.

Cette dictature judiciaire – dénoncée en permanence par des observateurs attentifs tels que Fernando Londoño Hoyos, José Alvear Sanín, Jésus Vallejo Mejía et Rafael Nieto Loaiza, entre autres – a mis le président de la République dans les cordes.  Il est maintenant détenteur de pouvoirs au sens relatif. Ses directives sont balayées par d’autres. Il obéit aux décisions de tiers, sans réciprocité.   Nous allons vers la négation de la   séparation des pouvoirs, vers un exécutif soumis au judiciaire et au législatif. L’ordre public a été, donc, sérieusement perverti. Est-ce là ce qu’on appelle Etat de droit ?

Au cours de ses huit années de cohabitation avec les FARC, JM Santos a concentré sur lui les pouvoirs publics. Lorsqu’un nouveau président a été élu, le vrai pouvoir n’a pas été transféré à celui-ci. Grâce à une sordide opération, le pouvoir a été raflé par un bloc inédit: les trois juridictions habituelles – la Cour suprême de justice, la Cour constitutionnelle et le Conseil d’État – plus un quatrième organisme, totalement bâtard, créé par le tandem Santos / FARC: la JEP.

Manquant de légitimité populaire, ces quatre entités  dictent l’ordre du jour à Ivan Duque et au pouvoir législatif. L’ordre juridique colombien a ainsi sauté dans les airs, malgré ce qu’en pensent les avocats du statu quo.

Face à l’impuissance du gouvernement, les problèmes s’aggravent. La campagne diffamatoire contre l’armée et son commandant, le général Nicacio Martinez, ne s’est pas arrêtée. Où sont les contre-mesures ? La puissance de la narco-guérilla augmente rapidement: un tiers des FARC ont repris les armes et 31 groupes de ce secteur opèrent dans les régions de culture de la coca et de l’exploitation minière illégale. Il y a eu hierune nouvelle embuscade meurtrière contre des militaires à Arauca. Des activistes locaux continuent d’être tués par des gangs armés: 470 cas ont été enregistrés entre janvier 2016 et aujourd’hui. Enfin, l’économie nationale stagne, selon Juan José Echeverria, directeur général du Banco de la República.

Mais tout va bien. La rencontre entre le président Duque et Angelina Jolie à la Guajira le  prouve.

La technique d’obéir à outrance est devenue la seule forme de gouvernement d’Ivan Duque. Le 18 mai, la JEP a ordonné la libération du trafiquant de drogue Santrich. Le gouvernement l’a laissé sortir et le parquet a réussi à le re-capturer. Mais comme le trou n’avait pas été colmaté, la pression en faveur de l’impunité a gagné. Le 30 mai, la Cour suprême de justice a réussi à faire sortir ce mafieux de prison. Et il a affrété tout de go un avion pour se rendre à la frontière avec le Venezuela pour montrer où les FARC veulent emmener la Colombie.

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Les assesseurs d’Ivan Duque n’ont qu’une seule phrase à la bouche: « Nous cherchons des solutions dans le cadre institutionnel ». Explication ridicule. Ils appellent « institutionnel » le pilori dressé par Santos / FARC, qui consiste en un système à deux Constitutions opposées: celle de 1991, la seule légitime, plus l’avorton, de prétendu rang constitutionnel, qui émane de l’accord de La Havane signé par Santos et les FARC.

Ce montage irrationnel de deux chartes n’a pas la moindre assise juridique: il a été expressément rejeté par les citoyens lors du référendum national d’octobre 2016.  Alors, de quel  « cadre institutionnel » parle-t-on?

La Colombie traverse une période de commotion intérieure, silencieuse peut-être, mais non moins authentique: le narco-communisme dynamite les institutions. Mais le président Duque ne veut pas voir l’évidence. Au lieu d’améliorer les relations avec Washington, il a envoyé le ministre Trujillo s’entretenir à Moscou avec M. Lavrov.  Au lieu de forger l’unité du pays, avec ou sans le soutien des caciques des partis, Duque parle de tourisme et d’avenir numérique et refuse d’opter pour la solution la plus raisonnable, à savoir : l’article 213 de la Constitution qui fournit une issue. Cet article aborde le problème de la commotion intérieure et donne au chef de l’Etat les facultés nécessaires pour « vaincre les causes du dérangement et pour empêcher l’extension de leurs effets ». Mais, comme Duque estime qu’il n’y a pas de commotion intérieure et que l’économie orange va sauver le pays, le débordement se poursuit. Quelle sera la prochaine surprise? Est-ce qu’ils vont mutiler encore les forces armées ? Personne n’oublie que le Conseil d’État a tenté, en 2009, de retirer 76% des combattants des forces armées et 40% de la marine nationale et d’interdire la présence de soldats de l’armée régulière dans les zones de combat.  Heureusement, Álvaro Uribe, le président de l’époque, n’a pas obtempéré. Face à quelque chose du même acabit, quelle sera la réaction d’Ivan Duque ?

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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