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Publié par Guy Millière le 13 juin 2019

Il faut bien que quelqu’un le dise en langue française. Je vais donc le faire. L’Arabie Saoudite a longtemps été un allié très ambigu du monde occidental. Elle a fonctionné et fonctionne encore très largement sur un mode féodal très fermé.

Elle est une monarchie absolue qui est censée reposer jusqu’à ce jour sur la doctrine wahhabite, qui est une application stricte du dogme islamique tel qu’il est censé avoir régné sur le monde musulman pendant les premières décennies de l’islam. La charia y est, pour l’essentiel, appliquée sans la moindre dérogation depuis des décennies. Les condamnations à mort suivies de décapitation au sabre y sont abondantes. Les étrangers non musulmans n’y ont un droit d’entrée et de présence que très restreint et ne peuvent se rendre dans les villes définies comme les villes saintes de l’islam. Le développement économique y a été longtemps inexistant, la richesse venant seulement du pétrole et d’investissements réalisés en Occident sur la base de la rente pétrolière. Les Saoud sont arrivés au pouvoir grâce à une milice fanatique, l’ikhwan, qu’ils ont ensuite éliminée sans merci. La confrérie des Frères Musulmans a repris le nom de l’ikhwan et l’essentiel de ses principes, al Qaïda aussi, et c’est al Qaïda qui a perpétré l’essentiel des attentats islamiques sur terre jusqu’au moment où l’Etat Islamique a supplanté al Qaïda, en s’appuyant sur les mêmes principes.  L’Arabie Saoudite a financé la dissémination du wahhabisme sur la planète entière à partir des années 1970 et des chocs pétroliers.

L’Arabie saoudite n’a, a priori, rien pour attirer la sympathie, et a pu tout juste apparaitre comme un allié très ambigu du monde occidental.

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Cela dit, une mutation s’est enclenchée sous l’administration Trump, et la visite de Donald Trump à Riyad en mai 2017 a été un moment pivotal.

L’Arabie Saoudite était demandeuse depuis des mois d’une aide américaine face à la montée en puissance de l’Iran et était très inquiète des effets de la politique de l’administration Obama. Le roi Salman faisait face à une action déstabilisatrice des Frères Musulmans qui s’ajoutait à la menace iranienne. Il constatait que le Qatar avait pris la tête de cette action déstabilisatrice, abritait les principaux prêcheurs et dirigeants des Frères Musulmans et se rapprochait de l’Iran tout en nouant des liens de plus en plus étroits avec un pays dirigé par un mouvement lié aux Frères Musulmans, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan. Il savait que l’hiver islamique appelé en Europe “printemps arabe” avait été fomenté par un partenariat Obama-Qatar et avait pour but d’installer les Frères Musulmans partout au pouvoir dans le monde sunnite. Il avait perçu l’intensité du danger pour lui et sa dynastie quand le Président du Yémen avait été renversé et quand Mohamed Morsi, Président Frère Musulman en Egypte, avait envisagé un rapprochement avec les mollahs iraniens. Il avait financé la prise de pouvoir par celui qui est aujourd’hui le Président Abdel Fattah al-Sissi. Il avait amorcé un rapprochement discret avec Israël, principale puissance militaire et économique régionale, pour contrer tout à la fois la menace iranienne et la menace Frères Musulmans. Les émirats du Golfe, sauf le Qatar, avaient commencé à suivre le mouvement.

Donald Trump a répondu à la demande d’aide et, en mai 2017, a posé des conditions précises:

  • l’Arabie Saoudite et les pays arabes sunnites regroupés autour d’elle devaient cesser tout financement à l’islamisation du monde et au terrorisme islamique,
  • ils devaient concrétiser la mise en place d’une alliance sunnite de lutte contre le terrorisme,
  • ils devaient financer bien davantage leur propre défense,
  • ils devaient songer à une mutation économique leur permettant d’envisager l’après pétrole,
  • ils devaient approfondir leur rapprochement avec Israël dans la perspective d’une paix régionale. 

Tous ces points ont commencé à être mis en œuvre. Le roi Salman a confié les opérations à son fils Mohamed ben Salman. On en parle peu, et dans la presse occidentale, en France en particulier, on continue à incriminer l’Arabie Saoudite bien davantage que l’Iran, à tort, car des avancées s’opèrent.

Le financement de l’islamisation du monde et du terrorisme islamique vient désormais surtout du Qatar (et pour partie de la Turquie), pas de l’Arabie Saoudite et des pays regroupés autour d’elle. Le financement du terrorisme islamique vient aussi du régime des mollahs iraniens, qui n’hésitent pas à financer des organisations islamo-terroristes sunnites.

L’alliance sunnite de lutte contre le terrorisme agit peu, mais elle existe. Elle se focalise depuis des mois sur la tentative d’éviter la prise de contrôle du Yémen par les milices Houthi, financées par l’Iran. On accuse en France l’Arabie Saoudite de mener la guerre au Yémen, et on oublie totalement que sans les milices Houthi, le Yémen ne serait pas broyé par la guerre. On oublie aussi que si le Yémen tombait aux mains de l’Iran, celui-ci prendrait le contrôle du Bab El Mandeb, et donc du commerce maritime passant par le canal de Suez. Il est très suspect d’incriminer toujours l’Arabie Saoudite pour la guerre au Yémen, et jamais l’Iran.

Les pays sunnites regroupés autour de l’Arabie Saoudite financent davantage leur propre défense et passent des contrats pour cela avec les Etats Unis.

La mutation économique se met en place, avec pour fer de lance l’Arabie Saoudite qui passe des contrats afin de se doter d’entreprises de haute technologie. Des synergies se créent avec des entreprises israéliennes. Un projet prend forme et consistance, NEOM (neom.com), sur lequel il faudra revenir.

Le rapprochement avec Israël se fait, et quand bien même il n’y a pas pour l’heure de traité de paix ou de reconnaissance diplomatique effective d’Israël par la monarchie saoudienne, l’Arabie Saoudite est au cœur de ce rapprochement.

Bien des étapes restent à franchir. La gestion des choses est délicate, et Mohamed ben Salman le sait. Il sait qu’il doit avancer pas à pas, et que les tenants du wahhabisme strict et les Frères Musulmans sont en embuscade.

Il agit en Saoudien et élimine ses ennemis avec férocité car il sait qu’ils peuvent l’éliminer avec une égale férocité. On l’a vu avec l’élimination à Istanbul de Jamal Kashoggi, qui n’était que très partiellement journaliste et était essentiellement un agent des Frères Musulmans. Quiconque menace Mohamed ben Salman sur le sol saoudien se trouve éliminé aussi.

Mohamed ben Salman et Jared Kushner

Des ouvertures se font peu à peu. Inauguration de cinémas. Autorisation pour les femmes de conduire une voiture. Des contrats se signent. Des pourparlers se mènent et l’Arabie Saoudite participera à la réunion de mise en place du volet économique du plan de paix américain qui se tiendra à Bahreïn fin juin. Jared Kushner est un partenaire privilégié de Mohamed ben Salman, et ce simple fait doit être souligné : Jared Kushner est un Juif pratiquant et un soutien d’Israël et de la politique de Binyamin Netanyahou.

Le pays le plus réticent face au plan de paix est la Jordanie, où le roi est sous la pression des Frères Musulmans. La pression saoudienne sur lui s’exerce de façon à supplanter la pression des Frères Musulmans et s’ajoute aux pressions israéliennes et américaines. La Jordanie est financièrement exsangue et souffre de sécheresse. L’Arabie Saoudite et Israël peuvent remédier à ces problèmes si le roi accepte le plan de paix qui s’esquisse.

La menace régionale est celle de l’Iran des mollahs que les Etats Unis conduisent vers l’asphyxie, en synergie avec Israël et l’Arabie Saoudite. 

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Le discours sur Israël et sur les Juifs tenu en Arabie Saoudite a changé profondément et ce changement est très notable. Les liens économiques qui se tissent avec des entreprises israéliennes font que ce changement sera de plus en plus difficilement réversible.

L’influent journal en langue arabe Asharq al-Awsat, publié à Londres mais appartenant à l’Arabie Saoudite et reflétant les positions de celle-ci, publie depuis mai 2017 des articles hostiles à l’antisémitisme et favorables à Israël. Un article récent, signé Hussein Shobakshi, l’un des principaux rédacteurs du journal, dit ce qui suit :

L’intensité de la haine des Juifs diffusée par les médias, l’art, la littérature et les caricatures politiques [dans le monde arabe] a atteint un degré qui ne peut être ignoré.  Elle est enracinée dans la mentalité arabe… Nous ignorons toutes ces références très positives [aux Juifs présentes dans la littérature musulmane] et utilisons des théories, interprétations et motifs fictifs qui justifient injustement la haine des Juifs”

Tout cela est insuffisant et ne change rien à ce qu’est l’islam et aux haines qui persistent dans le monde musulman, tout cela ne fait pas du régime saoudien une démocratie occidentale (la démocratie est incompatible avec l’islam), mais tout cela indique un changement d’orientation résultant de rapports de force remarquablement utilisés, et tout cela vaut infiniment mieux que les imprécations aux accents génocidaires d’Ali Khamenei.  

Lors du sommet de Bahreïn, dans quelques semaines, l’Arabie Saoudite jouera un rôle crucial, au côté d’Israël et des Etats-Unis.

Les ennemis du plan de paix sont le régime des mollahs que dirige l’abject Ali Khamenei, le Hamas, l’Autorité Palestinienne, la Turquie, le Qatar, la France, l’Allemagne, l’Union Européenne telle qu’elle est.

Est-il étonnant qu’en France on continue à incriminer l’Arabie Saoudite bien davantage que l’Iran et que les informations diffusées soient pleines de mansuétude pour le régime des mollahs, le Hamas, l’Autorité Palestinienne, la Turquie, le Qatar, et pleines de férocité envers l’Arabie Saoudite ? La réponse est : non.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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