Publié par Guy Millière le 27 juin 2019
Jared Kushner

Les amis d’Israël et nombre d’Israéliens ont dit à l’avance que la rencontre de Manama serait inutile et vouée à l’échec dès lors que les dirigeants palestiniens ont décidé de la boycotter. Ils persistent à dire, aujourd’hui qu’elle a eu lieu, que la rencontre a été un échec.

Symétriquement tous les ennemis d’Israël, à commencer par les dirigeants “palestiniens”, les dirigeants iraniens, les dirigeants français, ont pesté contre la rencontre en disant qu’elle allait être un crime contre les “Palestiniens”, et maintenant qu’elle a eu lieu, disent qu’elle a été effectivement un crime contre les “Palestiniens”.

Les uns comme les autres ont tort, pour de motifs très différents.

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Les premiers considèrent que, dès lors que les dirigeants “palestiniens” ne sont pas venus et sont dans une position de refus total, rien ne pouvait se passer et rien ne s’est passé. C’est inexact. Il était prévu que les dirigeants palestiniens ne viennent pas à Manama. D’une part parce qu’ils refusent toute rencontre qui ne puisse pas leur permettre d’incriminer et de mettre en accusation Israël. D’autre part, parce qu’ils n’entendent pas avancer en quoi que ce soit vers la paix, et veulent essentiellement la destruction d’Israël, en tuant au passage autant de Juifs que possibles par des moyens terroristes.

Il était impensable que des dirigeants “palestiniens” mette ne serait-ce qu’un pied à Manama.

Le but de la rencontre était d’évoquer une prospérité régionale et des opportunités pour les Arabes “palestiniens”, sans les organisations “palestiniennes”.

Le but dans le but était de parler d’investissements dans le cadre desquels les pays arabes sunnites, Israël et les Etats-Unis œuvreraient ensemble, sans les organisations “palestiniennes” toujours. Une avancée en direction de ces buts a été accomplie. Des entrepreneurs et des représentants de pays arabes sunnites ont rencontré des entrepreneurs israéliens et américains et ont parlé de prospérité régionale, d’opportunités pour les Arabes “palestiniens”, d’investissements. Sans les organisations “palestiniennes”, et comme si elles n’existaient pas. Le ministre des Affaires du Bahreïn a dit qu’Israël avait pleinement sa place au Proche-Orient et “faisait partie de l’héritage historique de la région”. Si échec il y a, c’est celui des organisations” palestiniennes” et des ennemis d’Israël.

Les dirigeants “palestiniens” et les ennemis d’Israël ont parfaitement vu ce qui se jouait. C’est pourquoi ils ont tout fait pour que la rencontre de Manama n’ait pas lieu, tenté de la saboter, essayé de se mobiliser pour affirmer son caractère délétère, parlé de crime. C’est parce qu’ils ont vu ce qui se jouait que les dirigeants “palestiniens” et les dirigeants iraniens ont menacé les Arabes qui se rendraient à Manama et les ont qualifiés de traîtres, et c’est pour cela aussi que les ennemis d’Israël tels que les dirigeants français ont dit qu’en organisant la rencontre de Manama, l’administration Trump violait le “droit international”. Mais il n’y a aucun crime, bien au contraire.

Ce qui se joue et ce qui se quête au travers du plan de paix Trump, dont la rencontre de Manama est le premier volet, est une paix régionale prenant en compte les Arabes “palestiniens” en tant qu’êtres humains : en les dissociant des organisations “palestiniennes” et en poussant ces dernières vers la marge.

La presse des pays arabes sunnites, Egypte, Arabie Saoudite, émirats (sauf le Qatar), a dit en parlant de la rencontre de Manama que les dirigeants “palestiniens” sont gravement indifférents au futur des populations qu’ils prétendent représenter et sont en train de manquer une occasion unique. Les dirigeants des pays arabes sunnites, Egypte, Arabie Saoudite, émirats (sauf le Qatar) considèrent depuis des mois les organisations “palestiniennes” comme des obstacles. La rencontre de Manama, était destinée aussi et en sous-jacence à mettre les organisations “palestiniennes” dans leur tort, à permettre aux dirigeants des pays arabes sunnites de dire et de faire dire que les organisations “palestiniennes” sont dans leur tort et de permettre aux pays arabes sunnites de se rapprocher davantage d’Israël et d’envisager une paix régionale et un avenir pour les Arabes palestiniens : sans les organisations “palestiniennes”.

J’explique cela en détail dans un long texte qui sera publié dans le prochain numéro du mensuel Israël magazine.

La rencontre de Manama a atteint tous ses buts.   

Le chemin est encore long pour que ces buts se concrétisent, mais une trajectoire prend forme. La prochaine étape sera le volet politique du plan de paix. Les élections israéliennes auront eu lieu d’ici là. Et il est regrettable qu’Israël n’aie pas un gouvernement stable à même de travailler en synergie avec l’administration Trump en un moment aussi important, et que Binyamin Netanyahou ne dispose hélas pas de ce gouvernement stable.

La poursuite de l’endiguement et de l’asphyxie du régime des mollahs fait intégralement partie de la trajectoire.

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L’administration Trump ne veut pas la guerre avec l’Iran, et moins encore une guerre régionale (je dois le souligner au vu de ce que je lis en ce moment dans la presse de grande circulation). Un régime des mollahs endigué et asphyxié peut lui convenir. Un changement de régime en Iran serait infiniment mieux, mais Trump ne mènera pas la guerre pour cela.  Il est très improbable que les mollahs déclenchent une guerre : ils sont haineux et fanatiques, pas suicidaires. Ils feront tout pour que leur régime ne s’effondre pas, mais ils ont de l’argent placé hors d’Iran et n’entendent pas y renoncer. En frappant électroniquement leurs possibilités de transaction financières, Trump a envoyé un message fort.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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