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Publié par Guy Millière le 23 juillet 2019

La gauche israélienne est imprégnée d’un rejet de Binyamin Netanyahou qui peut parfois prendre les apparences de la haine, et qui utilise la diffamation et des moyens juridiques spécieux pour obtenir par la rumeur et par la justice ce qu’elle ne peut obtenir par les urnes (toute personne qui les observe de manière impartiale peut voir que les dossiers présentés contre Binyamin Netanyahou n’ont aucune consistance). Elle semble souhaiter sa chute par tous les moyens.

Le résultat des élections israéliennes du mois d’avril a pu sembler un instant permettre à Binyamin Netanyahou, malgré tout, de disposer d’une majorité et de former un gouvernement.

Le fait que les élections en Israël soient organisées selon un système proportionnel intégral donne à des partis minoritaires un poids démesuré et leur permet d’exercer des pressions et des chantages en vue d’en tirer avantage, et cela a fait que les choses se sont passées autrement. Comme on le sait, Avigdor Lieberman a tout fait pour empêcher la formation d’un gouvernement Netanyahou, et est parvenu à ses fins, ce qui a entrainé une dissolution de la Knesset, et l’appel à de nouvelles élections.

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Avigdor Lieberman pensait être à même d’obtenir de meilleurs résultats, et son calcul semble destiné à être payant, car les sondages montrent qu’Yisrael Beitenu, son parti, est à même d’obtenir un nombre de sièges plus important. Les sondages montrent aussi que le Likoud et les partis susceptibles d’être ses alliés risquent de ne pas avoir de majorité sans Yisrael Beitenu, et que Binyamin Netanyahou, dès lors, ne sera toujours pas à même de former un gouvernement.

Ceux qui veulent sa chute pourraient alors obtenir gain de cause. 

Le cas échéant, ils se réjouiront. On peut raisonnablement penser que leur joie sera de courte durée.

La coalition Bleu et Blanc, qui reste une coalition de circonstance, unie essentiellement par la volonté de faire tomber Binyamin Netanyahou, est d’ores et déjà striée de tensions (et c’est logique : ses membres ont des positionnements très divergents, voire opposés, sur de nombreux sujets, et nul ne peut penser que Benny Gantz, Yair Lapid et Moshe Ya’alon regardent exactement dans la même direction), ne semble pas du tout à même de constituer une majorité alternative. (On peut ajouter que le fait d’avoir recruté pour organiser stratégiquement la campagne Bleu et Blanc, un ancien membre dirigeant des campagnes de Barack Obama en 2008 et 2012, Joel Benenson, n’est pas nécessairement un bon signe).

Une instabilité politique pourrait prendre place, et aggraver une situation déjà délétère.

Les conséquences découlant dès aujourd’hui du fait qu’Israël aient un gouvernement de transition qui ne peut prendre de décisions majeures, et qui est condamné à gérer les affaires courantes, sont lourdes et se font sentir. Une instabilité politique pourrait les rendre plus lourdes encore.

Le plan de paix que l’administration Trump avait prévu de présenter en son intégralité peu de temps après les élections d’avril et la formation d’un gouvernement n’a pas été présenté et ne le sera peut-être pas du tout.

L’administration Trump a travaillé en synergie avec Binyamin Netanyahou pour l’élaboration du plan et ne sait pas qui sera Premier ministre d’Israël au mois d’octobre et s’il est possible pour elle de poursuivre dans la direction esquissée, ou si elle doit songer à renoncer.

Les dirigeants du monde arabe sunnite qui se sont impliqués dans l’élaboration du plan sont confrontés à la même incertitude et se placent en retrait.

Au mois d’octobre, les Etats-Unis seront à un an de l’élection présidentielle de 2020 et Donald Trump, dit-on à Washington, pourrait penser qu’il est trop tard pour faire avancer un projet majeur, ambitieux, mais délicat.  Il le considérera sans doute bien davantage encore si Binyamin Netanyahou n’est plus Premier ministre.

Si, hypothèse improbable mais qu’il est impossible d’écarter totalement, Donald Trump n’était pas réélu, des potentialités immenses d’avancée vers une paix régionale très favorable à Israël auraient été gaspillées.

La situation est d’autant plus absurde qu’au cours des dix années qui viennent de s’écouler, Binyamin Netanyahou n’a pas démérité, très loin de là. Israël est devenu une puissance économique et technologique majeure et a traversé sans dégâts notables les crises qui ont secoué le monde occidental. Malgré huit années de présidence aux Etats-Unis d’un ennemi d’Israël, Barack Obama, et malgré l’hostilité constante des dirigeants de l’Union Européenne, Israël a non seulement résisté aux pressions, mais s’est doté, par une stratégie diplomatique remarquable (qui est entièrement l’œuvre de Binyamin Netanyahou), de nouveaux alliés, sur les cinq continents.  Depuis janvier 2017, Israël a un partenaire amical et bienveillant à la Maison Blanche, et l’alliance Trump-Netanyahou offre des opportunités uniques qui ont déjà porté leurs fruits et pourraient porter leurs fruits davantage encore, mais ne porteront peut-être plus aucun fruit.   

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Il arrive que des peuples fassent preuve d’ingratitude face à un grand dirigeant. C’est ce qui s’est passé au Royaume-Uni lorsqu’en 1945, Winston Churchill, à qui le Royaume Uni devait sa survie, a été battu. Un gouvernement travailliste est arrivé au pouvoir. Un ministre des affaires étrangères lamentable a été nommé, Ernest Bevin. 

Il arrive que des campagnes de haine réussissent. Il arrive aussi que des peuples sachent regarder plus loin que la haine. Je veux penser que le peuple d’Israël saura regarder plus loin que la haine.

Il arrive de plus en plus souvent dans les sociétés démocratiques que la gauche s’efforce d’obtenir par la rumeur et par la justice ce qu’elle ne peut obtenir par les urnes. C’est, partout et à chaque fois, triste et lamentable.

Le slogan de campagne choisi par Yisrael Beitenu est : “Refaire d’Israël un pays normal”. Avigdor Lieberman semble ne pas voir qu’Israël n’a jamais été un pays normal, parce que c’est un pays extraordinaire. Qu’un pays juif ait pu renaitre là où le peuple juif a ses racines est extraordinaire. Le courage de ceux qui ont permis qu’Israël vive face à ses ennemis en 1948-49 a été extraordinaire. Qu’Israël soit devenu une puissance mondiale en sept décennies seulement est extraordinaire. Qu’Israël ait pu avoir à sa tête pendant dix années consécutives l’un des plus grands hommes d’Etat de l’époque contemporaine est extraordinaire. Qu’au moment où ce grand homme d’Etat est au pouvoir arrive à la Maison Blanche le plus grand ami qu’Israël n’ait jamais eu à Washington est extraordinaire. Qu’Avigdor Lieberman ne le voie pas et puisse imaginer qu’Israël a été un pays normal et doit le redevenir est consternant. Que des Israéliens puissent être guidés par ce qui ressemble a de la haine est tout aussi consternant. Que la gauche israélienne se comporte de manière aussi sordide que la gauche américaine et européenne est bien davantage que consternant. Le peuple du pays extraordinaire qu’est Israël vaut infiniment mieux que cela.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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