Publié par Gaia - Dreuz le 3 août 2019

Source : Liberation

Fait rare alors que leurs investigations ne faisaient que commencer, les deux magistrats chargés d’enquêter sur la mort de Steve Caniço aimeraient que le dossier soit dépaysé. Une requête a été transmise jeudi à la Cour de cassation.

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C’est une décision relativement rare de la part de juges d’instruction. Et qui témoigne du caractère extrêmement sensible des investigations autour de la mort de Steve Caniço. Ce jeune homme de 24 ans est tombé dans la Loire le soir de la Fête de la musique, quai Wilson à Nantes, à l’endroit même où la police a mené une opération brutale, déclenchée vers 4h30 du matin.

Mardi, un premier rapport consécutif à une enquête administrative de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été rendu public, concluant à l’absence de lien direct entre la chute de Steve Caniço dans le fleuve et l’action des policiers. Des conclusions qui ne cessent de susciter la polémique depuis.

Parallèlement, d’autres investigations sont menées, cette fois sous l’égide de la justice. Mardi matin, au lendemain de la découverte du corps de Steve Caniço dans la Loire, le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, a estimé qu’une information judiciaire pour «homicide involontaire» devait être instruite par deux juges du tribunal de grande instance de Nantes. Toutefois, ces derniers ont demandé à être dessaisis, et ce dès le réquisitoire introductif de l’enquête qui leur a été confié… Une décision rarissime, alors que leur travail ne faisait que commencer. D’ordinaire, ce type de décision intervient lorsqu’un élément objectif du dossier vient compromettre la tenue des investigations. Ici, on comprend donc que les juges, soucieux de garantir l’impartialité de la juridiction saisie, pensent qu’il vaut mieux que l’enquête se déroule ailleurs qu’à Nantes.

Par conséquent, les deux magistrats ont adressé leur demande au parquet de Nantes, qui l’a transmise au parquet général de Rennes. Ce dernier a ensuite adressé une requête en dépaysement à la Cour de cassation. La plus haute juridiction française est désormais tenue par un délai d’un mois afin que les différentes parties formulent leurs observations. Une audience se tiendra ensuite, avant que la chambre criminelle ne statue, probablement à la mi-septembre.

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