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Publié par Guy Millière le 4 août 2019

J’apprécie les analyses d’Éric Zemmour lorsqu’elles sont pertinentes.

Elles le sont lorsqu’il traite de l’islam, de l’immigration et de la gauche française. Elles le sont souvent moins lorsqu’il parle des Etats-Unis ou du capitalisme. Il lui arrive très rarement de prononcer des phrases qui me semblent inadmissibles. Cela lui arrive cependant. Il a, voici quelques semaines, prononcé une phrase que je n’ai pu m’empêcher de trouver odieuse, et qui me donne l’opportunité de revenir sur un sujet crucial.

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Il a dit ne jamais célébrer le 6 juin car, pour lui, ce n’est pas le début de la libération, mais le commencement d’une action d’invasion et de colonisation de la France. Il a ajouté que le Général de Gaulle partageait cette vision du 6 juin, ce qui est exact. Cette vision est celle de nombre de ceux qui se disent gaullistes, et, au temps où je travaillais dans le milieu politique, j’en ai rencontré beaucoup.

La phrase m’a rappelé les images d’un discours prononcé par le Général de Gaulle sur le sol français en juin 1944, quelques jours après le débarquement. De Gaulle y disait que la France avait commencé à “se libérer elle-même”. En voyant ces images et en entendant ce discours, j’ai perçu une immense insulte adressée aux jeunes Américains et Britanniques morts sur les plages appelées Omaha ou Juno.

J’ai ressenti face à cette insulte un dégout profond.

J’ai compris alors, et je suis désolé d’avoir à le dire à mes lecteurs qui l’admirent (je sais que de Gaulle en France est le dernier grand homme que les Français sont censés admirer et a le statut d’une vache sacrée), que pour ce qui me concerne, je ne pourrais jamais admirer de Gaulle et que je ne serais jamais gaulliste.

J’ai vu en l’insulte susdite une matrice de l’arrogance qu’on n’a cessé de retrouver chez la plupart des dirigeants français, et qui se montre de façon exacerbée chez Emmanuel Macron. J’ai vu en elle une falsification de l’histoire, et une explication de bien des troubles qui ont marqué la France depuis.

Et il me parait indispensable de remettre les faits à leur place.

L’armée française a connu une déroute en 1940, et cette déroute était prévisible. Ce n’est pas glorieux, mais c’est un fait. Le dernier parlement français élu (celui de 1936) a voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, ce qui a conduit au régime de Vichy, qui a été le régime légal de la France pendant plus de quatre années. Et ce régime a été un régime de collaboration. Ce n’est pas glorieux non plus, mais c’est un fait, là encore. Il y a eu au temps de Pétain et de Vichy, comme l’a écrit Henri Amouroux quarante millions de pétainistes. Ce n’est pas glorieux, toujours, mais c’est un fait, toujours.

Le Général de Gaulle en juin 1940 ne représentait rien. Churchill l’a accueilli au nom des valeurs de la civilisation occidentale. Il a permis au Général de Gaulle de parler à la radio le 18 juin, mais l’appel lancé par de Gaulle ce jour-là a été peu entendu. Churchill a tout fait pour que s’organise la résistance française, et Roosevelt a fait la même chose.

De Gaulle est devenu le chef de file de la résistance au temps où elle était de droite (les premiers résistants étaient des patriotes de droite) et a obtenu le ralliement à la résistance de colonies françaises. Il a appelé le mouvement de résistance “la France libre”. Il a déclaré le régime de Vichy “illégitime”.

S’il avait œuvré depuis là pour la liberté de la France, en synergie avec Churchill et Roosevelt, il n’y aurait que des éloges à prononcer à son sujet.

Ce n’est pas ce qu’il a fait.

Il s’est comporté de manière hautaine, insultante parfois, vis-à-vis de Churchill et de Roosevelt qui l’aidaient, pourtant. Ils en ont déduit l’un et l’autre qu’il était imprégné de mépris vis-à-vis de ceux qu’il appelait les “anglo-saxons”.

Mais il y a plus grave.

Il a cherché et obtenu, sans concertation avec Churchill et Roosevelt, la reconnaissance de la “France libre” par Joseph Staline dès la rupture du pacte germano-soviétique. Et il a accepté dès ce moment les conditions de Staline : réhabilitation du parti communiste (qui avait été jusque-là un parti collaborateur) après la guerre, et soutien à un mouvement de résistance communiste en France.

Il n’a ensuite pas seulement soutenu la résistance communiste : il a soutenu la prise en main de la résistance intérieure française par les communistes (Jean Moulin a joué un rôle en cela, et avait des liens avec les services soviétiques) et a donné un rôle prépondérant aux communistes dans le Conseil national de la résistance lorsque celui-ci a pris forme en mai 1943.

Churchill et Roosevelt l’ont considéré comme non fiable et ont envisagé de le remplacer par le Général Giraud. De Gaulle a éliminé ce dernier de manière très trouble, en novembre 1943.

Churchill et Roosevelt, prenant en compte le fait que le régime de Vichy était le régime légal de la France et l’allié de l’Allemagne nazie, prenant en compte aussi le fait que la résistance française en 1944 était dominée par les communistes, ont envisagé de placer la France sous administration provisoire des Etats-Unis, de façon à rétablir des institutions démocratiques stables, et à écarter le danger communiste.

De Gaulle a agité le spectre d’une insurrection communiste en France pour obtenir que Roosevelt renonce à placer la France sous administration provisoire. Il a approfondi ses liens avec Staline, ce qui a conduit au pacte franco-soviétique de décembre 1944, signé six mois après le débarquement, sans l’aval de Churchill et Roosevelt, bien sûr.

Invoquant le fait que la résistance à Paris était largement communiste et que l’entrée immédiate de troupes américaines dans Paris créerait des troubles, il a obtenu du Général Eisenhower que la libération de Paris (due essentiellement aux troupes américaines) apparaisse être le fait de résistants et de troupes françaises, et le général Leclerc, dont les troupes étaient équipées et armées par les Etats-Unis, et qui bénéficiaient du soutien de régiments américains est entré dans Paris, appuyé par un soulèvement de résistants, ce qui a donné l’illusion que ce sont des Français et des résistants (largement communistes) qui avaient libéré Paris. De Gaulle est entré dans Paris et a dit, avec une cynique ingratitude, que Paris avait été libérée par des Français, seulement par des Français, avec le soutien de la France toute entière.

Il a, après la défaite de l’Allemagne, réhabilité le parti communiste, conformément à l’accord passé avec Staline, et conformément aux promesses qu’il avait faites à la résistance communiste. Il a laissé se faire une “épuration” dans laquelle les communistes ont joué un rôle prépondérant, et a formé un gouvernement dans lequel figuraient cinq ministres communistes. Et Maurice Thorez est passé, grâce à de Gaulle, du statut de condamné pour haute trahison par le dernier gouvernement français avant le régime de Vichy à celui de vice-président du conseil des ministres. Les conséquences ont été lourdes : le parti communiste a pesé pendant plus de quarante ans sur la vie politique française et a pu prendre en main de nombreuses institutions du pays. La collaboration a été très largement occultée et presque effacée de l’histoire de France, jusqu’aux années 1970. Le rôle essentiel des Etats-Unis dans la libération de la France a lui-même été largement occulté. De Gaulle a joué Staline et les communistes contre Churchill, Roosevelt et les Etats-Unis.

Les décisions prises sous l’égide du Général de Gaulle en 1945 reposent sur le programme du Conseil national de la résistance, largement tenu par les communistes. Elles incluent de nombreuses nationalisations d’entreprises. Elles incluent la création de l’ENA, dont les décrets fondateurs seront signés par Maurice Thorez lui-même.

De Gaulle s’est écarté du pouvoir de 1946 à 1958, se considérant désavoué par les résultats du double référendum d’octobre 1945 et par la création, ensuite, des institutions de la Quatrième République. Et la France de la Quatrième République a pu s’intégrer à l’OTAN, à sa demande, et bénéficier de l’immense générosité américaine, traduite par le plan Marshall, sans lequel la France ne se serait pas reconstruite et sans lequel les Français auraient crié famine. De Gaulle est revenu au pouvoir en 1958 après avoir obtenu que lui soient votés les pleins pouvoirs dans le contexte du soulèvement d’Alger.

Il dira aux Français d’Algérie qu’il les a “compris”, mais les trahira cruellement. Il mettra fin à la guerre d’Algérie en cédant le pouvoir au FLN, mouvement terroriste soutenu par l’Union Soviétique, abandonnant ainsi les Harkis aux massacreurs, et condamnant les Français d’Algérie à l’exode forcé et à la confiscation de tous leurs biens (il fera aussi massacrer des Français manifestant pacifiques à Alger le 26 mars 1962). Il obtiendra du FLN la possibilité de tester les armes atomiques françaises dans le Sud du Sahara, possibilité payée très cher. Le FLN ravagera l’Algérie et y sera au pouvoir jusqu’à ce jour, avec les résultats que l’on doit constater.

De Gaulle fera que la France quittera l’OTAN en 1966, ce qui nuira à la défense de l’Europe occidentale face à l’Union Soviétique. Il fera fermer les bases américaines en France, sans rappeler une seule fois que les bases de l’OTAN en France avaient été créées à la demande du gouvernement français pour défendre la France en un moment où elle était très vulnérable. Et les Américains quitteront la France sous les insultes des gaullistes et des communistes. Il ne commémorera jamais le débarquement du 6 juin, pour les raisons énoncées au début de cet article. Il ne remerciera jamais les Etats-Unis pour quoi que ce soit, et cherchera au contraire plusieurs fois à leur nuire.

Il enclenchera dès 1962 la “politique arabe de la France” : politique pro-islamique et anti-américaine. Il montrera une hostilité croissante envers Israël, hostilité qui culminera en 1967 par un embargo sur les livraisons d’armes à Israël juste avant la Guerre des Six Jours (ce qui sera particulièrement perfide) et par un discours absolument antisémite qui suscitera la répulsion très justifiée de Raymond Aron. Il mettra la France sur le chemin de l’économie administrée.

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L’empreinte laissée à cause du Général de Gaulle par les communistes dans les institutions, les écoles, les universités, la culture, reste très nette en France. Les effets de la “politique arabe” se traduisent par l’islamisation qui marque la France au fer rouge et est en train de la broyer. L’hostilité de la politique étrangère française envers Israël n’a pas disparu, bien au contraire, l’anti-américanisme non plus, et la politique étrangère française est souvent nauséabonde et immorale. L’économie administrée sclérose la France. L’impact des idées communistes en 1945 a des effets sur de multiples lois et structures françaises.

L’idée que la France a été essentiellement libérée par la résistance reste très présente dans les esprits. L’occultation de la collaboration reste elle aussi très présente, tout comme l’idée que Vichy, ce n’était pas la France.

L’arrogance et l’ingratitude envers les Etats-Unis qui marque tous les aspects de la politique française se constatent à chaque instant et ont des effets très délétères sur la vision du monde de nombre de Français. La vision que les Français ont d’Israël et du Proche-Orient est, pour l’essentiel, effroyable.

L’ombre du gaullisme n’est pas seule responsable, mais elle contribue nettement à empêcher la France d’avoir un mouvement conservateur digne de ce nom, et à même d’affirmer clairement les vertus du libre marché en économie et l’indispensable prééminence des valeurs éthiques en politique étrangère.

Je ne serai jamais gaulliste, non. J’ai dit ici pourquoi.

Quand on me demande qui je trouve admirable dans l’histoire de France depuis un siècle, je dis souvent avec tristesse que je ne puis citer le nom de personne, et que cela explique à mes yeux l’état de la France aujourd’hui.

Voici quelques jours, une statue du Général de Gaulle a été arrachée de son socle à Evreux par des “supporters” de l’équipe de football algérienne : des commentateurs ont dit que ce geste était d’autant plus indigne que le Général de Gaulle a donné l’indépendance à l’Algérie : le geste est effectivement indigne et montre que la barbarie anti-française et anti-occidentale déferle sur la France. Mais il serait plus exact de dire que le Général de Gaulle a donné l’Algérie au FLN, qui en a fait ce qu’elle est aujourd’hui, et d’ajouter que les barbares qui sont en France sont les enfants du FLN tout autant que les enfants de l’islam, et donc, le Général de Gaulle ayant donné l’Algérie au FLN, un peu les enfants du Général de Gaulle.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

PS. Manuel Gomez, qui écrit souvent sur Dreuz, a consacré un excellent livre au sujet, J’accuse de Gaulle. On y trouvera de nombreux éléments que je n’ai pu développer ici. J’en recommande la lecture. Henri de Kerillis a publié en 1946 un livre appelé De Gaulle dictateur, bien plus difficile à trouver. Henri-Christian Giraud, petit fils du Général Giraud a publié en 1988 De Gaulle et les communistes.

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