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Publié par Pierre Lurçat le 16 août 2019
E. Macron faisant la promotion du livre de Harari

L’homme perdant son privilège d’être à part, à l’image de Dieu, n’a pas plus de droit que tout autre mammifère.

G. Vacher de Lapouge

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Dans la première partie de cet article, nous avons vu comment Yuval Harari avait été sacré “penseur le plus important du monde” par un hebdomadaire français et nous sommes interrogés sur les raisons de son succès planétaire. Israélien niant toute originalité au judaïsme et sacrifiant à la mode du dénigrement de son pays, il est en effet devenu non seulement un auteur de best sellers, mais aussi la coqueluche des médias, des chefs d’Etat et autres VIP à travers le monde. Plusieurs personnalités comme Bill Gates, Emmanuel Macron ou Barack Obama ont publiquement vanté ses livres et fait leur promotion. Comment et pourquoi un obscur professeur d’histoire médiévale de l’université de Jérusalem est-il devenu l’hôte de l’Élysée et du sommet de Davos, et qu’est-ce que cela peut nous apprendre sur le monde actuel ? 

Dans ce second volet de notre article, nous voudrions nous attacher à une autre dimension, tout aussi importante, de l’idéologie défendue par Harari : celle qui concerne sa définition de l’homme. Avant d’aborder les conceptions de Yuval Harari, une remarque préliminaire s’impose : notre époque a de plus en plus de mal à distinguer les énoncés scientifiques des énoncés métaphysiques ou idéologiques. Entre  l’affirmation que “l’homme fait partie du règne animal”, et la citation en exergue, selon laquelle “l’homme perdant son privilège d’être à part, à l’image de Dieu, n’a pas plus de droit que tout autre mammifère”, peu de lecteurs savent aujourd’hui affirmer avec certitude que la première est un énoncé scientifique classique (dont on peut cependant discuter la validité, comme tout énoncé scientifique) et la seconde un énoncé purement idéologique, ou métaphysique.

Or, si le lecteur contemporain a du mal à distinguer ces deux types d’énoncés, c’est parce que la science elle-même, trahissant sa mission, s’est érigée en “donneuse de leçons” sur tous les sujets, et est largement devenue, à de nombreux égards, une idéologie, voire même parfois une nouvelle religion. Lorsque des scientifiques sont invités à s’exprimer sur des sujets qui échappent à leur compétence, et notamment lorsqu’ils s’octroient le droit (ou le devoir) d’exprimer leur conception de l’homme, en prétendant savoir mieux que quiconque ce qu’est l’homme, ce qu’il doit être et ce qu’il deviendra, nous ne sommes plus en présence d’un discours fondé sur la connaissance, mais d’un discours idéologique (1).


C’est précisément ce que fait Youval Harari, dans son livre Sapiens et dans les nombreuses interviews et articles qu’il a donnés depuis la parution de son premier livre. Son affirmation “Nous sommes encore des animaux, et nos capacités physiques, émotionnelles et cognitives demeurent façonnées par notre ADN” est un énoncé idéologique, même s’il la présente comme une évidence scientifique. S’il est devenu un véritable gourou, sacré “penseur le plus important au monde” et premier «intellectuel global du XXIe siècle» (expressions qui ne veulent pas dire grand chose), c’est précisément parce qu’il répond aux attentes des médias, d’une partie du grand public et de certains hommes politiques, pour qui « la science » (et tout discours se parant de l’autorité de la science) est devenue la nouvelle idéologie dominante.

Une “Histoire de l’humanité pour les nuls”?

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le succès planétaire rencontré par Harari et la prétention sans limite avec laquelle il prétend écrire l’histoire de l’humanité tout entière et son avenir… Son livre Sapiens est en effet une sorte “d’Histoire de l’humanité pour les nuls”, dont le succès doit être mesuré à l’aune de la volonté de tout savoir sans se fatiguer, caractéristique de notre époque. On peut juger de la profondeur intellectuelle de la “pensée Harari” en lisant sa réponse à un journaliste français : “l’historien du Moyen Age que je suis est en mesure de vous révéler deux scoops : le passé, en général, n’était pas marrant du tout et, surtout, il n’a aucune chance de revenir !”

Cognitivisme et négation de l’homme

Au-delà de son aspect médiatique et superficiel, la pensée de Yuval Harari est aussi marquée par le cognitivisme et par l’idée très en vogue que les neurosciences permettraient de comprendre l’homme dans sa totalité, qu’il exprime dans son livre Homo deus : « peut-être un jour des percées dans la neurobiologie nous permettront-elles d’expliquer le communisme et les croisades en termes strictement biochimiques ». Cette idée, est-il besoin de le souligner, est à mille lieues de la notion hébraïque de l’homme, créature à l’image de Dieu dont la connaissance totale échappe à la science. “On sait aujourd’hui”, affirme-t-il encore avec un aplomb sans limite, “que les fondements de la morale sont apparus des millions d’années avant l’humanité. Les chimpanzés ont des codes éthiques que l’évolution a adaptés pour favoriser la coopération au sein du groupe…”

Selon Harari, l’âme n’existe pas, “puisque les chercheurs qui ont scruté tous les recoins du cœur et du cerveau humain ne l’ont jamais découverte” (2). Son argumentation est celle des scientifiques obtus, comme les décrivait l’écrivain israélien David Shahar à travers son personnage du « savant allemand ampoulé », dans La Nuit des Idoles, lequel soutenait lui aussi l’inexistence de l’âme. « La science prouvait qu’il n’existait rien qui put s’appeler une « âme ». L’âme n’existait pas ; elle n’était qu’une création des poètes, des fondateurs de religions, ou d’un certain genre de philosophes ».

David Shahar 

Au-delà de l’ignorance et du mépris qu’il semble manifester à l’égard du judaïsme, Harari est bien ainsi devenu le porte-parole d’une idéologie aujourd’hui banale, qui fait de l’homme un “paquet de neurones”, ou un “homme neuronal”, titre d’un livre écrit par un spécialiste des neurosciences qui avait connu un grand succès il y a plusieurs décennies (3). Il partage le credo de “l’animalité humaine”, devenu “aussi peu discutable que pouvait l’être naguère le créationnisme” (4). Son rejet de l’anthropocentrisme judéo-chrétien n’a rien d’original, puisqu’il est devenu le coeur de la vulgate scientifique contemporaine, qui repose sur l’idée essentielle de la négation de la spécificité de l’homme, “animal comme les autres”. Le réductionnisme scientiste et la volonté d’abolir tout caractère spécifique de l’homme ont abouti à l’idéologie anti-spéciste, dont les représentants les plus radicaux expliquent que la vie humaine ne vaut pas plus que celle de l’animal.

Homo Sapiens ou créature à l’image de Dieu?

De la biologie post-darwiniste à la Shoah et à l’antispécisme actuel

Or, ce débat ne concerne pas seulement les philosophes, les écrivains et les penseurs qui expriment ces thèses et ceux qui les réfutent. Car les énoncés concernant la nature de l’homme ne sont pas seulement des positions théoriques ou philosophiques : ils ont tendance – comme l’histoire du 20e siècle l’a démontré de manière tragique – à se transformer en réalités, parfois monstrueuses. Derrière l’énoncé que nous citions plus haut, “l’homme perdant son privilège d’être à part, à l’image de Dieu, n’a pas plus de droit que tout autre mammifère” (5), se cache ainsi un des théoriciens de l’eugénisme à fondement racial, Georges Vacher de Lapouge (1854-1936). 

Magistrat et anthropologue, lecteur de Darwin, Galton et Haeckel, il est un des précurseurs des théories racistes qui ont constitué l’ossature idéologique de la politique d’extermination nazie. Selon Zeev Sternhell, Lapouge en France et Otto Amnon en Allemagne sont les deux auteurs qui ont combiné “darwinisme social et racisme”. Après la Shoah, les théories raciales ont été frappées de discrédit. Mais certains auteurs ont néanmoins été réhabilités depuis. Ainsi, Jean Rostand peut écrire que « En dépit de certaines outrances eugénistes, et surtout racistes, Vacher de Lapouge doit être considéré comme un précurseur en génétique”. 

Dans la troisième partie de cet article, nous verrons que la négation de l’humanité de l’homme n’a rien de nouveau sur le plan philosophique. Mais les horreurs auxquelles elle a abouti au vingtième siècle, qui ont culminé dans la Shoah, rendent plus que jamais nécessaire aujourd’hui une réévaluation de l’idéologie contemporaine, qui conteste la notion hébraïque du Tselem, c’est-à-dire la spécificité de l’être humain. Contre cette idéologie, et contre les fausses prophéties de Yuval Noah Harari, il faut faire entendre la voix authentique venue de Jérusalem, celle qui résonne du Sinaï depuis trois millénaires : “Et tu choisiras la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance”.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Pierre Lurçat pour Dreuz.info.

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Notes :

  • 1. Sur l’évolution récente de la science et sur sa prétention à dicter ce qu’est l’humain, je renvoie aux ouvrages de François Lurçat, et notamment L’autorité de la science, Cerf 1995.
  • 2. Voir Astrid de Larminat, “Homo Sapiens et Homo Deus: la nouvelle bible de l’Humanité ?” Le Figaro 8/9/2017.
  • 3. Sur le livre de Jean-Pierre Changeux, L’homme neuronal, je renvoie à l’analyse qu’en fait François Lurçat dans L’autorité de la science et à mon article “Athènes sans Jérusalem, le rejet des racines hébraïques au coeur du suicide de l’Occident”.
  • 4. Étienne Bimbenet, Le complexe des trois singes, essai sur l’animalité humaine, Seuil 2017.
  • 5. Ce texte est cité par l’historien Zeev Sternhell dans une communication au colloque de l’EHESS, “L’Allemagne nazie et le génocide juif”, Seuil 1985. Sur Vacher de Lapouge, voir notamment Pierre-André Taguieff, “Sélectionnisme et socialisme dans une perspective aryaniste : théories, visions et prévisions de Georges Vacher de Lapouge (1854-1936)”, Revue d’histoire intellectuelle, 2000 No. 18.
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