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Publié par Gaia - Dreuz le 20 août 2019

Source : Lefigaro

La popularité du chef de la Ligue est incontestable, mais la situation politique italienne reste complexe et incertaine, explique l’analyste Paul Cébille (Ifop).

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Alors que la crise politique italienne se poursuit, la façon dont les événements vont aboutir demeure difficile à déterminer. Le traitement en France de cet épisode sans précédent dans la vie politique italienne se focalise principalement sur Matteo Salvini, le vice-président du Conseil, mais de nombreux acteurs y participent par ailleurs: Luigi di Maio, le président de la République, Sergio Mattarella, l’actuel chef du parti démocrate, Nicola Zingaretti, Silvio Berlusconi ou encore Matteo Renzi. L’un des grands absents, pourtant incontournable, est le peuple italien.

Revenons donc sur l’évolution de l’opinion publique italienne depuis la formation de la coalition entre le Mouvement Cinq Étoiles et la Lega en 2018 jusqu’à aujourd’hui face à la crise politique. Les données issues de divers instituts de sondage italiens et publiées sur le site du gouvernement nous permettront d’évaluer les raisons principalement évoquées par les Italiens pour justifier l’échec de la coalition nationale-populiste.

La dégringolade du M5S

Le Mouvement Cinq Étoiles était la première force politique d’Italie en mars 2018 (32,7 % des suffrages), mais le mouvement a connu deux baisses de son soutien populaire: une première en mai 2018 au moment de la formation du gouvernement et une autre en novembre 2018, dont il ne se relève relève toujours pas: il stagne actuellement autour des 17 % d’intentions de vote, loin derrière la Lega (38 %) mais surtout derrière le Partito Democratico (PD) et ses 23 % d’intentions de vote en août.

Au moment des législatives de 2018 et de la formation du gouvernement de coalition M5S-Lega, les Italiens n’exprimaient pas d’espoir de voir la situation économique du pays s’améliorer sensiblement. Pour autant, ils aspiraient tout de même à une réduction du déficit public, une baisse des dépenses et donc une baisse de la pression fiscale. Ces aspirations entraient en contradiction avec le programme du M5S qui reposait en 2018 sur une politique sociale de lutte contre la précarité. La mise en oeuvre de ce programme s’est révélée catastrophique pour la crédibilité du mouvement et de Luigi di Maio en tant que ministre du travail. Parmi les mesures phares du M5S, deux se sont révélées majoritairement impopulaires: le «décret dignité» qui cherchait à lutter contre la précarité du travail et le revenu de citoyenneté (revenu comparable au RSA en France). Très rapidement, avant même leur mise en place, l’opinion va juger que ces mesures recèlent des effets pervers: ceux sur les entreprises alors même que les Italiens souhaitent les libérer des contraintes qui pèsent sur elles (réglementaires ou financières), ceux sur les finances publiques et ceux sur la baisse du chômage (crainte de l’assistanat).

Autre dossier qui a précipité la rupture au sein du gouvernement, le M5S s’est opposé à la construction de la ligne ferroviaire transalpine Lyon – Turin. Sur ce point, le parti contestataire se met encore une fois en porte-à-faux avec Matteo Salvini et la Lega, qui sont eux en phase avec les citoyens dont une large majorité s’y déclare favorable (environ six personnes interrogées sur dix). Ces mêmes citoyens (et notamment les électeurs de la Lega) ont fini par perdre confiance dans la capacité du M5S et de Di Maio à gouverner. Interrogés en juillet dernier sur la longue chute sondagière du M5S, les Italiens mettaient cette tendance sur le dos d’une mauvaise gestion des dossiers de la part du parti, de sa propre responsabilité donc, et lui conseillaient avant tout de changer sa façon de gouverner.

Les Italiens soutiennent largement la fermeture des ports aux navires des ONG

C’est très probablement ce mouvement d’opinion qui va concentrer l’attention des Italiens sur l’autre vice-président du Conseil des Ministres, Matteo Salvini, et faire de lui le personnage central de la politique italienne. Mais l’image du leader national-conservateur, que l’on a vu à la rencontre de vacanciers enjoués sur les plages cet été, n’explique pas tout. Les Italiens approuvent aussi majoritairement les principales actions de Matteo Salvini comme ministre de l’Intérieur. On a beaucoup parlé de l’immigration, c’est en effet un sujet important pour les Italiens (à égalité avec la lutte contre le chômage) qui soutiennent largement la fermeture des ports aux navires des ONG (59 %) qu’ils considèrent notamment comme vecteur de trafic d’êtres humains.

S’y ajoutent des mesures tout aussi populaires portées par la Lega, comme l’introduction d’une «flat tax», une réforme de l’autonomie des régions (souhaitée par de nombreux Italiens du Nord) et bien entendu la lutte contre la «caste», à savoir les hommes et femmes politiques qui gouvernaient l’Italie avant 2018.

La Lega, vraiment toute-puissante?

L’évolution des intentions de vote pour la Lega illustre ce propos, elles passent de 17 % en 2018 à 38 % aujourd’hui, en quelques mois seulement donc. Rares sont les partis politiques en Europe pouvant prétendre à une telle popularité. Les récents propos et actions de Matteo Salvini s’expliquent donc tout naturellement, pour peu que l’on se place sur le terrain de la tactique politique.

Mais de quelle façon cette manœuvre est-elle perçue par les Italiens? Dès février 2019, beaucoup sentaient que la coalition M5S-Lega survivrait aux européennes mais qu’elle n’irait pas jusqu’en 2023 et la fin de la législature. Pour autant, six électeurs Lega sur dix et les trois quart des électeurs M5S déclaraient il y a quelques semaines vouloir que la coalition tienne jusqu’au bout.

Six électeurs Lega sur dix et les trois quart des électeurs M5S déclaraient il y a quelques semaines vouloir que la coalition tienne jusqu’au terme de la législature

Matteo Salvini a accepté de retarder le vote de la motion de censure contre le gouvernement de Giuseppe Conte le temps de finaliser la réforme constitutionnelle réduisant le nombre de parlementaires (passant de 945 à 600 élus), une réforme initiée par le Mouvement Cinq Étoiles, soutenue par la Lega et largement populaire auprès des Italiens. C’est aussi une promesse faite depuis longtemps par les différents gouvernements et qui risque de devenir pour les citoyens le symbole d’une classe politique éloignée des intérêts des citoyens.

Là où la patience des Italiens pourrait avoir ses limites, c’est que juste après le début de la crise politique, près de 40 % des personnes interrogées considéraient que la responsabilité de la chute du gouvernement revenait aux deux membres de la coalition de façon égale, contre moins d’un quart qu’elle revenait au M5S seul et près d’un tiers à la Lega seule.

La dissolution semble difficile à obtenir par Matteo Salvini. Le Mouvement Cinq Étoiles risquant de perdre la moitié de ses parlementaires la formation d’un nouveau gouvernement de coalition entre le M5S et le centre-gauche devient de plus en plus plausible, tout en étant périlleuse et impopulaire: une majorité des électeurs M5S et PD s’y oppose et un tel gouvernement maintiendrait dans l’opposition le plus grand parti du pays, la Lega, et ses 38 % d’intentions de vote. Cette situation semble politiquement intenable sur le long terme. À l’inverse, la popularité de la Lega ne doit pas faire oublier que le parti n’est pas majoritaire: Matteo Salvini est populaire mais pas invincible.

À voir les réactions particulièrement remontées de ses anciens partenaires du Mouvement Cinq Étoiles, on comprend que Salvini ne pourra plus compter que sur ses alliés de la droite (Fratelli d’Italia, et peut-être Forza Italia). Mais les Italiens aussi n’ont pas dit leur dernier mot: l’opinion, inquiète pour la stabilité économique du pays, exige du «Capitaine» qu’il trouve dans les plus brefs délais un compromis politique rassurant pour l’avenir, afin de continuer à engager les réformes que les Italiens espèrent.

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