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Publié par Abbé Alain Arbez le 20 août 2019

De nombreux chercheurs estiment que la langue yiddisch s’est constituée dans les communautés juives de Rhénanie au 9ème siècle.

Deux événements antiques avaient historiquement provoqué le départ des juifs de Judée et leur arrivée dans des régions d’Europe : d’abord la violente destruction de Jérusalem et de son temple en l’an 70 de notre ère, puis la dévastation opérée par l’empereur Hadrien en 135 qui après avoir exterminé une partie de ses habitants donne le nom de Palestina à la terre d’Israël. Les anciens Judéens ont d’abord été dispersés dans tout le bassin méditerranéen, puis ils ont gagné les villes d’Allemagne au 9ème siècle ap. JC. Ils se sont installés à Cologne, Mayence, Worms, Spire, Trèves et Ratisbonne.

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C’est dans ce cadre que se forme la langue yiddisch, à partir de l’allemand ancien, avec des termes hébraïques, araméens, et même avec quelques mots issus de langues romanes vestiges d’un parcours d’exil.

Ainsi, le yiddisch présente une parenté avec les dialectes germaniques, et, à la limite, un Bavarois ou un Suisse allemand pourrait en comprendre un certain nombre d’expressions. Si le yiddisch s’est écrit en caractères hébreux, c’est une langue de fusions linguistiques riches, comme le remarque le spécialiste Max Weinreich.

La première inscription en yiddisch date de 1272, c’est une prière présente dans le mahzor de Worms. Quant au premier texte vraiment littéraire rédigé en yiddisch, il s’agit du manuscrit de Cambridge (1382). Toute une littérature composée de poésies et d’extraits de la Bible se développe à cette époque.

Lorsque les communautés juives d’Allemagne se déplacent vers l’Europe centrale au 14ème siècle,  le yiddisch intègre des expressions slaves de la vallée du Danube, de la Bohème-Moravie, mais aussi de la Pologne et de la Lituanie.

Avec l’essor de l’imprimerie au 16ème siècle, les traductions de l’Ecriture sainte en yiddisch se multiplient. Ce sont des traductions littérales, au mot à mot, qui suivent minutieusement le texte hébraïque originel, avec un rythme différent de celui de la langue allemande. Parmi ces traductions intégrales, mentionnons celles en 1544 d’Augsbourg et de Constance, puis en 1560 de Crémone et de Bâle. Des ouvrages sont publiés à Prague, Lublin, Amsterdam. Un des plus connus est celui de Bâle (1622) le tsenerene, rédigé par Jacob ben Isaac Ashkenazi, un célèbre commentateur de la Bible.

Au 18ème siècle, les juifs d’Allemagne et d’Autriche délaissent quelque peu le yiddisch toujours présent dans les milieux populaires, tandis que les élites cultivées sont attirées par les nouvelles idées rationalistes et se réfèrent à l’allemand. Parallèlement, le mouvement hassidique du 18ème siècle met en avant la sacralité de l’hébreu biblique et produit des recueils légendaires tels que les Shivhei ha besht, et des écrits inspirés de la kabbale (rabbi Nahman de Breslau) de grande qualité poétique et irénique.

Au 19ème siècle, marqué par l’essor industriel et l’extension urbaine, le yiddisch devient la langue des milieux populaires juifs. Il est le moyen de communication privilégié du Bund, le mouvement ouvrier juif de Pologne. 3 millions de juifs polonais parlaient yiddisch. Avec les vagues d’immigration vers les Etats Unis, on voit apparaître de nouveaux pôles de culture ashkenaze.

Une nouvelle version du yiddisch se développe à partir de la Lituanie, c’est la klal schprakh avec sa syntaxe, ses règles, qui uniformisent les variantes dialectales antérieures. Cette modernisation de la langue est opérée par Samuel Joseph Finn qui dans les années 1870, avec d’autres spécialistes lituaniens, facilite ainsi la promotion de la littérature juive en yiddisch. Parmi les auteurs les plus connus, Mendele Moicher Sforim, Sholem Aleikhem, Isaac leib Peretz démontrent que le yiddisch n’est pas un simple dialecte de ghetto populaire, mais aussi une langue créative de culture, de recherche et de connaissances.

Au 20ème siècle, Israel Zinberg publie à Vilnius la Geschichte der yiddischer Literatur dans les années 30. Un institut scientifique yiddisch avait été créé à Berlin en 1925, mais avec les événements, il doit s’exiler à Vilnius, puis à New York en 1940. Il était devenu un centre d’études de l’histoire des Juifs d’Europe orientale.

Lorsque la révolution communiste donne naissance à l’URSS en 1917, il existe 150 journaux en yiddisch. Fin des années 20, Staline crée une région autonome juive au Birobidjan, en Sibérie orientale, dont la langue officielle est le yiddisch.

Aux USA, la langue yiddisch a connu un grand développement après la 1ère guerre mondiale. Un de ses promoteurs, Isaac bashevis Singer émigré en 1935, sera prix nobel de littérature.

A la fin des années 30, 3,5 millions d’individus parlent yiddisch en Union Soviétique, 3 millions en Pologne, 800000 en Roumanie, 300000en Hongrie, 180000 en Lituanie. Et 4 millions de juifs américains.

Le yiddisch a pratiquement disparu d’Europe avec la Shoah. A la veille de la seconde guerre mondiale, il est établi que onze millions de personnes parlaient yiddisch. En URSS, entre 1940 et 1950, une violente répression cible les locuteurs yiddisch. En 1948, les institutions sont fermées, y compris les écoles en Lituanie, Biélorussie et Ukraine. Les auteurs yiddisch sont interdits.

Aujourd’hui, on peut estimer à environ 2 millions de personnes le nombre de locuteurs yiddisch, en Europe, aux USA et en Israël.  Il existe depuis quelques décennies un regain d’intérêt pour le yiddisch en tant que mémoire de culture juive de l’histoire ashkenaze. Aujourd’hui, en Pologne, la musique klezmer rencontre un certain succès auprès de la population jeune.

Des échanges célèbres en yiddisch eurent lieu entre Elie Wiesel et Aaron Lustiger archevêque de Paris. Il y avait entre eux une grande estime et une proximité culturelle. Leur appel aux plus hautes valeurs spirituelles dont notre temps a tant besoin n’a pas été souvent entendu : « es is keyn toyb mentsch vos vil nicht hern ! »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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