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Publié par Eduardo Mackenzie le 21 août 2019

Aujourd’hui, la Colombie produit plus de cocaïne qu’hier. La légère réduction de 1,2% du nombre de plantations illégales en 2018 n’est rien devant le fait que  la production effective de cette substance augmente. En 2018, la production de  cocaïne a augmenté de 5,9% en Colombie, selon les Nations Unies. C’est un chiffre effrayant qui aggrave le triste bilan du pays: celui d’être le plus grand producteur de feuilles de coca au monde. C’est ce qui se passe aujourd’hui alors que le président Ivan Duque tente de nous convaincre que sa politique antidrogues est la seule possible.

En réalité, il n’y a pas d’amélioration. Nous régressons, allègrement. La principale calamité n’est pas uniquement l’augmentation de la production de cocaïne. Un autre élément essentiel est l’échafaudage institutionnel et politique qui soutient cette industrie mortifère et qui explique l’augmentation de cette production. Cet échafaudage est de plus en plus perfectionné et le gouvernement ne sait pas comment ôter la moindre brique de cette horrible construction.

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La première année du gouvernement de Duque doit être jugée à la lumière de cette situation, de cette impuissance, de la situation réelle du principal problème de la Colombie : le trafic de drogue. Et non à la lumière des actes mineurs et des annonces du président.

L’approbation d’un plan de développement ou d’une loi de « réactivation » économique est vaine si le pays reste prisonnier de la drogue, en tant que producteur et consommateur, et si les bandes armées qui contrôlent ce commerce se multiplient. Les assassinats de dirigeants sociaux et de membres de la force publique ne cessent pas et la « dissidence des Farc » c’est renforcée. La possibilité d’un nouvel état-major politico-militaire autour de Márquez, Santrich, Romaña, El Paisa et Gentil Duarte, ces chefs des Farc qui ont « fui la paix », selon la formulation d’une certaine presse, se précise. Les cartels mexicains sont infiltrés dans 10 départements colombiens et contribuent à l’augmentation de la violence dans les zones rurales, où la présence de la force publique est rare et fugace. Ils tentent même de s’immiscer dans les résultats des élections régionales d’octobre prochain.

Tout va ainsi car la tâche principale de l’Etat a été laissée de côté par Ivan Duque. Il n’a pas voulu se battre pour réformer la justice, ni pour mener à bien la réforme politique. Il aurait dû commencer par rétablir l’état de Droit en Colombie, mais il ne l’a pas fait. Il estime qu’il doit faire des réformes pour « encourager la croissance » sans voir que le problème majeur est politique : l’effondrement institutionnel et judiciaire perpétré par l’ancien président Juan Manuel Santos.

Duque a choisi la ligne du moindre effort. Il n’a rien fait pour l’abolition ou la modification (même la plus timide) du sinistre pacte final Farc / Santos, rejeté par le pays. Duque a décidé de laisser la JEP intacte (1) et d’honorer les décisions les plus farfelues des organisations non élues, telles que la CSJ (Cour Suprême de Justice) et la CC (Cour constitutionnelle). Cela a permis la fuite du pays de Santrich, un chef des Farc dont l’extradition est réclamée par les États-Unis pour actes de trafic de drogue. La JEP, le dispositif vital de l’Etat-Farc, reste intact. Duque n’a même pas voulu donner son soutien personnel et politique au référendum d’initiative citoyenne organisé par le journaliste Herbin Hoyos pour tenter de révoquer la JEP.

Ivan Duque semble ignorer l’ampleur des pouvoirs et des prérogatives d’un président colombien. Quelqu’un pourrait-il lui dire de lire au moins les huit chapitres de la Constitution colombienne sur le pouvoir exécutif ? Quelqu’un pourrait-il lui expliquer que, dans notre système, le pays ne peut pas être dirigé par les juges et que si quelqu’un impose une telle déviation, le chef de l’Etat doit se lever et faire respecter la Constitution ?

Ivan Duque a aussi ajourné la réforme électorale qui aurait pu donner plus de transparence au suffrage universel et mettre en place le second tour pour l’élection des maires et des gouverneurs, afin d’éviter ce qui s’est passé dans certaines petites et grandes villes,  dont  Bogotá: les coups de main des minorités.

Duque pense que le pays peut continuer sans un procureur (Fiscal) général et sans une justice normale. Et sans Constitution. Celle de 1991 a été mise de côté et celle de Timochenko/Santos est la seule qui compte: c’est elle qui a désorganisé la force publique et permis que la production de drogue continue de croître. Pire,  une justice despotique règne partout et œuvre par le biais d’une terreur psychologique bien dosée contre quiconque se bat pour le rétablissement de la légalité. L’affaire la plus dramatique est celle vécue aujourd’hui par l’ancien président Álvaro Uribe, chef du parti Centre Démocratique. Il est l’objet, encore une fois, de l’une de ces manœuvres obscures, cyniques et embrouillées que la subversion veut imposer comme modèle. L’avocat et journaliste D’marCórdoba résume l’affaire ainsi : «L’ancien président Uribe, qui avait dénoncé le fait que certains secteurs de l’extrême gauche font pression sur d’anciens paramilitaires pour qu’ils fassent de fausses déclarations contre lui, a fini par se retrouver le seul à faire l’objet d’une enquête judiciaire. Il est passé de victime à agresseur pour le compte d’un tribunal qui laisse beaucoup à penser ».

Uribe est victime de centaines d’écoutes téléphoniques illégales. Pour avoir dénoncé cela et révélé l’existence d’un plan visant à nuire à sa réputation et à celle de sa famille, l’ancien président a été accusé de « fraude procédurale et de corruption ». Les interceptions illégales ont été requalifiées de légales et un juge du groupe anti-Uribe veut maintenant le mettre en examen et en prison le 8 octobre. Ainsi va le droit pénal en Colombie. L’annonce selon laquelle l’ancien président sera embastillé a été lancée deux jours après que le dictateur Nicolas Maduro annonçait à Caracas qu’Alvaro Uribe voulait le tuer et qu’il avait envoyé « 32 mercenaires ». Coïncidence ?  

On arrive à de tels extrêmes de méchanceté à cause de l’oisiveté d’un gouvernement qui a ajourné toute réforme visant à protéger les citoyens de tels abus. À quoi sert-il de se vanter que « les investissements ont augmenté cette année» (grâce aux voyages de Duque à l’étranger) si, dans un État sans droits, les profits finissent entre les mains des plus violents ?

Un lucide observateur politique, alarmé, me dit: «Uribe est aux portes de la prison et personne ne s’en soucie. Les parlementaires du CD sont dans d’autres affaires. Le président Duque est de plus en plus distant. Quand ils arrêteront Uribe, est-ce que tout le monde acceptera cela ? Un mouvement national est nécessaire pour épauler Uribe, mais personne ne le promeut. »

De concert avec la CSJ, la JEP attend que le sénateur Uribe soit arrêté et jeté aux oubliettes. Quelque chose de similaire se prépare contre l’ancien ministre et journaliste Fernando Londoño Hoyos. Une certaine cellule du Conseil d’État, obsédée par l’envie de museler cette voix éminente qui met en garde contre ce que le totalitarisme prépare contre les libertés en Colombie, veut lui saisir ses biens. En réalité, la JEP n’a pas renoncé à son objectif initial consistant à frapper les anciens présidents de la République, les entreprises, les hommes d’affaires et les civils qui, selon elle, « ont contribué à la commission d’actes liés au conflit armé ».

En disant que « les forces armées n’appartiennent pas au président », Ivan Duque ne fait rien pour contrecarrer la corruption et la politisation des forces armés installée par Santos. Les résultats sont visibles: un certain malaise et la démoralisation se propagent, ainsi que d’inquiétants accidents: le sabotage qui a couté la vie à deux militaires lors d’un spectacle aérien à Medellín en est un exemple. Il y a des cercles qui exigent  le démantèlement de certaines bases militaires, surtout de l’armée de l’air (FAC). Et le gouvernement se tait.

En même temps, de nouvelles bandes armées agissent dans le Chocó et sur la côte pacifique, par la convergence des guérillas Eln, Farc et autodéfenses gaitanistas. L’ombudsman Carlos Negret explique que 17 nouvelles guérillas, ont rejoint les Farc-Ep et tentent de s’emparer de cultures illicites et de mines illégales dans le Chocó.

En outre, l’insécurité urbaine augmente, les parcs sont désormais des zones de consommation légale de drogues et le sixième front des Farc menace de mort les journalistes, comme cela vient de se passer dans le Valle del Cauca. Deux immenses régions, le Catatumbo et le département d’Arauca, vivent sous le contrôle des Farc et d’autres gangs narco. L’Eln contrôle des franges entières qui se propagent depuis la Colombie et arrivent jusqu’au centre de l’Amazonie vénézuélienne.

L’accord Santos/Farc a souillé le système électoral-parlementaire, qu’on en juge : on dénombre dix criminels des Farc qui n’ont pas été élus par les citoyens mais par les chefs des Farc et qui sont à présent des « membres » su Sénat et de la Chambre de Représentants. Ces individus annoncent que leur objectif est d’imposer le « socialisme en tant que modèle politique ». Le « sénateur » Lozada a gesticulé le 30 juillet que leur intention est de faire de la Colombie un Venezuela 2. On sait bien que la destruction du Venezuela a été faite, et continue de l’être, par le biais de la violence chaviste la plus extrême et la plus massive. Face à l’horrible annonce de Lozada, le chef de l’Etat, Duque, s’est tu. Jadis, les présidents de la République, garants des droits et libertés de tous les Colombiens,  apparaissaient à la télévision pour condamner ces desseins et annoncer des contre-mesures. Duque, au contraire, semble voir ces déclarations comme quelque chose de pittoresque. Au Congrès, l’enquête sur les faits de corruption de l’ancien président Santos (affaire Oderbrecht) est freinée. Ces anomalies stratégiques ne sont même pas mentionnées dans les entretiens accordés par Duque pour évoquer les «succès» de leur première année de gouvernement.

Duque n’a pas tenu sa promesse de lancer un plan massif anti narcotiques. Santos avait suspendu en 2015 la fumigation aérienne du glyphosate sur les cultures de coca. Duque ne l’a pas relancée. L’État se limite à l’utilisation manuelle de glyphosate, avec des résultats médiocres.

Duque laisse courir ces calamités sans bouger le petit doigt. Il est trop occupé à donner au pays plus de « connectivité » et à faire des voyages à l’étranger et à ruiner les excellentes relations avec Washington, dont la construction avait pris des décennies à la Colombie. Son voyage en Chine communiste et les contrats signés à Pékin aident la politique de Xi Jinping en Amérique latine ainsi que Maduro, et représentent  à peine un chapitre de l’étrange révolution diplomatique que prépare Bogotá. Sans parler de certains contacts secrets du gouvernement avec des émissaires du Vietnam.

À quoi sert tout cela ? Un coup sui generis est probablement en cours. Ce sera le coup d’octobre. Tout converge vers cette date. Les élections régionales auront lieu en octobre et l’arrestation du président Uribe est annoncée pour le 8 octobre. Si la subversion réussit son coup de main, elle peut provoquer son propre suicide, grâce à une saine explosion sociale antisubversive. Mais il existe une autre possibilité: que le coup qui se trame contre Uribe ne génère qu’un mouvement de stupeur et de paralysie. Etant donné que le CD est engourdi par la prédication rassurante, ceci est possible. La division et le découragement se généraliseront  et la gauche extrême pourra plus facilement s’emparer des urnes. Bogotá et d’autres villes importantes tomberont alors entre les mains des Farc. Je laisse imaginer au lecteur ce qui va se passer ensuite.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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