Publié par Jean-Patrick Grumberg le 29 août 2019

Ne l’oublions pas, bien des pays européens sont toujours des royautés. Mais l’intervention de la reine Elizabeth dans les affaires politiques est cependant un fait trop rare pour l’ignorer : elle vient tout simplement de sauver le Brexit.

Sa Majesté la reine d’Angleterre n’est pas qu’une « simple figure de proue ». Elle est le dernier rempart constitutionnel de la Grande-Bretagne.

Le 28 août, elle a agi dans l’intérêt de la majorité de la population britannique. Elle a approuvé la demande du Premier ministre Boris Johnson de suspendre le parlement du début septembre à la mi-octobre.

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Cette décision ouvre la voie à la poursuite de Johnson sur le Brexit.

Le peuple britannique a voté pour quitter l’Union européenne en juin 2016, mais comme ailleurs dans le monde occidental, les élites, qui ont réussi à faire oublier que le pouvoir vient du peuple et est destiné à servir le peuple, ont décidé que la populace ne sait pas ce qui est bien pour elle, et qu’il fallait prendre l’initiative, et contrecarrer sa volonté. C’est ce que le parlement britannique a fait au cours des trois dernières années – notamment en choisissant Theresa May, une Première ministre anti-Brexit qui a parfaitement rempli son rôle. Et le parlement a pendant ces trois ans rejeté trois fois un accord avec l’UE.

Boris et la Reine, la Reine et Boris

Maintenant que la reine a permis à l’administration de Johnson de « proroger » le parlement si elle le souhaite, les élites sont en colère et les médias sont déchaînés.

La décision de la Reine signifie que les députés antidémocratiques qui ont bloqué le Brexit pourraient ne pas siéger entre le 9 septembre et le 14 octobre, et n’auront probablement pas assez de temps pour arrêter un Brexit « sans accord » – ou même pour appeler à nouveau une motion de « non-confiance » dans le Premier ministre.

Si cela se produit, la Grande-Bretagne part de l’UE sans accord le 31 octobre.

Une décision historiquement saine

  • A.V. Dicey (The Law of the Constitution, 1885) : « La Chambre peut, conformément à la Constitution, être privée de pouvoir [quand] il y a lieu de supposer que l’opinion de la Chambre n’est pas celle des électeurs. »
  • Edmund Burke : « La vertu, l’esprit et l’essence d’une Chambre des communes consistent à être l’image expresse des sentiments de la Nation. Elle n’a pas été instituée pour contrer le peuple, comme on l’a enseigné récemment, par une doctrine de la tendance la plus pernicieuse. Il a été conçu comme un outil pour le peuple. »

Lorsque la Grande-Bretagne a voté pour le départ, la question référendaire ne demandait pas quel genre de départ préféraient les Britanniques.

Mais le Parlement britannique, complice de l’Union européenne, a continué d’essayer de fermer la porte du Brexit par crainte d’encourager d’autres nations à partir, révélant le fait que les peuples ne sont pas tous très satisfaits de la façon dont l’Europe est dirigée, ou de la direction qu’elle a prise.

En un mot, sachant que plusieurs pays risquaient de vouloir partir, les élites européennes ne se sont pas demandé ce qu’ils faisaient de travers pour ainsi créer cette défiance, mais comment ils pouvaient continuer à agir contre les intérêts des peuples sans que ces derniers nuisent et les dérangent.

Pour endormir les rares politiciens pro-Brexit, l’UE a fait croire que beaucoup d’accords internationaux (l’accès au ciel, le commerce, les réglementations, la protection de l’environnement…) bloquaient ou compliquaient la décision populaire. Elle mentait.

L’Union européenne traite à longueur d’année avec des pays du monde entier qui ne répondent pas à ses normes.

Le cas de l’Irlande

Même le fameux « filet de sécurité irlandais », que la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, la gauchiste Démocrate milliardaire Nancy Pelosi, a cherché à invoquer pour s’opposer à un nouvel accord commercial entre le Royaume-Uni et les États-Unis, est un faux problème.

La réalité est que les échanges commerciaux entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande se déroulent de la même façon que ceux des États-Unis et du Canada : tout se passe normalement, et le restera après Brexit.

L’idée qu’une situation commerciale légèrement modifiée conduirait à un retour en force « des troubles » est un argument qui n’est soutenu que par les globalistes qui voudraient voir Brexit échouer, et pas même par les parties intéressées.

L’homme de la situation

A Biarritz lors du G7, un journaliste a demandé à Donald Trump quel conseil il pouvait donner à Boris Johnson concernant le Brexit. Le président a répondu :

Boris n’a pas besoin de conseil, il est l’homme de la situation », ajoutant qu’après le Brexit, il offrira à la Grande-Bretagne de très gros marchés pour aider son économie.

L’intervention de la reine rapproche Brexit de la réalité le 31 octobre. Bien sûr, vous lirez tout l’inverse dans les journaux. Vous n’entendrez parler que des plaintes, des critiques, et surtout, des tables rondes d’experts britanniques de premier plan (personne ne vous dira que ce sont des experts anti-Brexit) qui expliqueront quel calvaire la Grande-Bretagne va traverser.

Conclusion

Rien ne permet de dire à ce stade si Johnson a toutes les cartes en main pour mener à bien son Brexit, mais Elizabeth lui a offert un énorme Joker pour le cas où le Parlement tenterait d’obtenir un vote de défiance à son égard, comme Corbyn, le dirigeant antisémite du parti travailliste, vient de le faire.

Autre point encourageant : je doute que Sa Majesté ait pris le risque de cette décision si elle pensait que Boris et le Parti conservateur ne sont pas capables de livrer le Brexit.

Je n’aimerais pas être journaliste dans les grands médias ces temps-ci, entre les succès de Trump et la saine montée du populisme, ils vivent l’enfer.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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