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Publié par Abbé Alain Arbez le 2 septembre 2019

Historiquement, le christianisme s’est développé depuis ses origines autour de deux sensibilités spirituelles différentes. La première vision du monde est fortement influencée par le platonisme et le néo-platonisme, mais aussi par la gnose. Cette weltanschauung est fondée sur l’idée que la perfection, la plénitude de l’être règnent au commencement. La Genèse est comprise comme une création du monde et de l’homme parfaitement accomplie, mais remise en cause par la chute originelle. Il s’agit ensuite de réparer et de reconstituer cette perfection initiale, et c’est à cette logique que la venue du Christ est réduite. Rappelons que pour les platoniciens, l’être humain est une étincelle de divinité tombée du ciel, la matière et la corporéité sont des entraves à cette condition divine qu’il faut retrouver.

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La conception biblique au contraire nous présente la création comme un processus qui va se déployer dans l’histoire humaine. L’arrivée de l’homme dans la création est un heureux événement : « tov meod ». L’illusion humaine de remplacer Dieu conduit à des impasses tragiques. Mais la création voulue par Dieu n’est réalisable qu’avec la participation active de l’homme. Pour les prophètes hébraïques, la perfection n’est pas celle d’un paradis perdu, elle est un objectif à atteindre par le respect des lois de Dieu et la soif de justice. L’œuvre de Dieu en l’homme et dans le monde se réalise donc en vue d’un avenir, ce n’est pas une nostalgie du passé. Aucun prophète n’appelle à un retour au jardin d’Eden !

Le projet de Dieu est en effet d’ordre prospectif et non pas rétrospectif. Et on constate que l’enseignement de Jésus s’est inscrit dans cette visée présente au cœur du message biblique. Le regard que le maître offre à ses disciples se tourne vers l’accomplissement de la création dans l’amour. Il parle de la moisson qui mûrit peu à peu, et de l’heure finale où tout sera manifesté en plénitude, mais où le résultat ultime sera le fruit des comportements humains validés par la justice de Dieu.

Reprenant les thèmes prophétiques de la création nouvelle qui advient, l’apôtre Paul poursuit dans le même sens. La plénitude de l’oeuvre de Dieu se réalisera à la fin des temps, elle n’est pas cantonnée à un commencement, c’est un processus de vie qui se déploie dans le temps – « olam hazè, olam haba » – fruit de la liberté et de la grâce, et auquel chacun de nous peut prendre part.

Dans leur réflexion théologique, les Pères de l’Eglise ont exprimé des approches diversifiées avec des accents différents qui ont eu leur retentissement dans l’histoire de l’Eglise. Les pères de culture grecque – tel St Irénée – ont affronté les gnostiques et ont tenu à rappeler que l’homme n’a pas été créé achevé, mais en potentiel accomplissement : c’est ainsi qu’il existe une synergie entre l’action de Dieu et la participation de l’homme. Les Pères de culture latine, influencés par St Augustin (marqué par le manichéisme et le platonisme) ont durci le profil juridique de la foi afin d’atteindre l’état initial de perfection de l’être humain. Thomas d’Aquin, théologien catholique d’Occident, a tendance lui-même à présenter l’action de l’Eglise comme une tentative de reconfigurer ce qui prévalait à l’origine du monde. Des débats eurent lieu sur la question : Dun Scot a opposé à l’idée de Thomas d’Aquin le fait que l’incarnation n’a pas eu lieu en raison du péché originel, mais avant tout pour réaliser le projet éternel de Dieu : l’union entre l’homme créé et l’être de Dieu incréé. Si le Christ a sauvé l’humanité du cercle vicieux du mal, c’est dans le but que s’accomplisse pleinement l’alliance entre le divin et l’humain. Le 4ème évangile a médité sur ce mystère de l’incarnation autour du thème du logos. Si le Père est à l’oeuvre jusqu’à présent, le Christ aussi est à l’œuvre. Paul reprend cette perspective dans ses épîtres : le Christ est vraiment celui en qui toute la création va trouver son achèvement, il est l’alpha et l’oméga pour interpréter le sens de l’univers en évolution.

Si l’on se base sur la première sensibilité de type platonicien, on a tendance à surestimer les conséquences de la chute originelle et à adopter une vision pessimiste sur l’être humain. Luther, Calvin et Jansénius ont particulièrement développé cette approche. Le risque est de considérer avec pessimisme la nature humaine et le train de l’histoire. On y verra une sorte de dégradation inexorable et le christianisme se donnera pour tâche essentielle de ramener l’humanité à l’ordre primordial en restaurant l’ordre des choses par une morale culpabilisante.

Si l’on se réfère davantage à la dynamique biblique portée par les prophètes israélites, et qui se retrouve dans l’enseignement de Jésus, de Paul, d’Irénée et des pères grecs, on mettra en valeur la fonction recréatrice du Verbe incarné dont le disciple est le partenaire engagé. Paul utilise l’expression de « coopérateur de Dieu ».

C’est sur cette perspective où l’homme tient sa place dans la création avec l’appui de la grâce que le Concile de Trente a contredit les thèses de Luther qui prenait une position plus pessimiste. Cette vision positive n’oublie pas pour autant les exigences éthiques. Mais la création se poursuit, elle est évolutive, les choses ne sont pas jouées d’avance, l’homme a un avenir à réaliser en prenant ses responsabilités, il n’est pas la marionnette d’une divinité sourcilleuse.

Nous sommes là à l’inverse du schéma néo-platonicien. Rien n’est figé, et même la pensée théologique est appelée à s’approfondir dans la fidélité au dépôt initial de la foi. La vie de l’Eglise peut ainsi s’enrichir  des trésors de la révélation, mais cela n’est possible que si l’on évite de figer la portée des Saintes Ecritures, si on ne considère pas la Parole comme un écrit tombé du ciel mais comme un témoignage d’êtres humains inspirés et insérés dans un contexte historique.

La plénitude des temps est encore devant nous, la perfection voulue par Dieu est en voie de réalisation car l’œuvre de l’Esprit écrit notre avenir pour autant que nous y coopérions avec foi, espérance et amour.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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