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Publié par Eduardo Mackenzie le 4 septembre 2019

Le chef du communisme espagnol, Enrique Santiago, ne demande pas à Ivan Márquez de renoncer à son plan de tuer des Colombiens. Selon le conseiller des Farc, ce qui devrait changer, ce sont la Colombie et le gouvernement d’Ivan Duque.

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Il ne demande pas au terroriste Márquez de respecter l’accord que lui-même, Ivan Márquez, avait exigé, négocié et signé à La Havane. Pour Santiago, celui qui devrait respecter ce texte est l’actuel président colombien, Duque, malgré le fait qu’il n’avait rien négocié et qu’au contraire, il avait appelé à voter contre cet artefact  que les citoyens avaient très clairement rejeté lors du référendum de 2016, malgré les pressions énormes exercées par Santos, le président d’alors et par les Farc.

L’avocat des FARC ne considère pas Ivan Márquez irresponsable d’avoir à nouveau déclaré la guerre à la Colombie. L’irresponsable est, selon Santiago, le chef de l’Etat, Duque, qu’il accuse de « violation de l’accord de paix ». À cet égard, le leader du PC espagnol coïncide pleinement avec Ivan Márquez. Santiago est l’un des rares cerveaux des Farc à avoir explicitement soutenu, ces jours-ci, la déclaration de guerre d’Ivan Márquez. La majorité des membres de cette organisation essaient de se démarquer et de cacher leurs intentions. Le chef communiste espagnol, non. Au contraire. Santiago dit que tout ceci était prévisible, que « c’était quelque chose que l’on voyait venir ».

L’article qu’il a publié dans un organe de Izquierda Unida (1) prouve que l’annonce d’Ivan Márquez de poursuivre l’offensive totalitaire n’a pas seulement l’aval de Caracas et de La Havane, mais aussi le soutien public du PCE, parti ultra minoritaire en Espagne. Visiblement, Enrique Santiago aspire à jouer un rôle de plus en plus important dans la direction des affaires de la subversion en Amérique latine.

Santiago se dit «optimiste», mais à une condition: «s’il y a un changement de volonté et d’attitude» du gouvernement colombien. Cet optimisme ne dépend pas, pour Santiago, d’un renoncement d’Ivan Márquez à la « lutte armée», mais de la volonté du président Duque de respecter les concessions aberrantes de JM Santos qui ont laissé la Colombie sans constitution et sans Etat de droit.

Enrique Santiago veut que la déclaration de guerre de Márquez contribue à la « mise en œuvre des accords » et aide même à aller plus loin. Telle est la principale recommandation que Santiago adresse, tant à la structure clandestine de Márquez qu’à l’organisation partisane d’alias Timochenko.

Le conseiller des Farc ment au public espagnol sur ce qui se passe en Colombie. Il dit que le gouvernement colombien « viole systématiquement l’obligation de mettre en œuvre l’accord de paix et tente de perturber ce qui a été convenu et a commencé à être appliqué ». La vérité est qu’Ivan Duque n’a pas modifié une seule virgule de cet accord. Duque a laissé intacte la JEP (justice spéciale de paix), l’organe le plus important du plan Farc / Santos. La JEP a empêché les extraditions de Santrich et de Márquez aux États-Unis et n’a pas voulu enquêter sur l’attitude de 724 autres «ex-combattants» des Farc.

Enrique Santiago embrouille ses lecteurs. Il dit que les zones de démobilisation sont  en cours de démantèlement  et que les «8 000 guérilleros et guérilleras» (pour lui, il n’y a pas de démobilisés, ce mot ne figure pas dans son article) «n’ont pas d’autre endroit où vivre, travailler et rejoindre la société, ils peuvent se retrouver sans couverture légale, économique et juridique à compter du 1er septembre ». Mensonge. Ces camps si onéreux continuent à être construits et financés grâce à l’argent des contribuables. Dans son désir d’approuver l’autre axe central du discours de Márquez, Santiago qualifie l’État colombien de criminel. Il affirme que cet Etat a « autorisé le meurtre de plus de 150 anciens guérilleros et de leurs familles, ainsi que de plus de 500 dirigeants sociaux ». Faux. Jusqu’à la fin du mois de juillet dernier, les autorités avaient capturé 52 assassins présumés d’anciens combattants des guérillas Farc et émis 110 autres mandats d’arrêt à l’encontre des auteurs présumés de tels homicides. Le gouvernement Duque a lancé, en juin dernier, un ensemble de 23 mesures visant à éviter de telles agressions. En août dernier, le bureau du procureur a établi que « la majorité des crimes » commis contre d’anciens combattants des Farc « ont été le fait des dissidents des Farc et des groupes armés organisés », comme la guérilla castriste Eln.

Après avoir démoli l’Etat de droit en Colombie, Enrique Santiago s’est engagé dans une autre tâche: défendre en Europe la nouvelle phase d’atrocités des Farc. Il est vrai que la déclaration de guerre d’Ivan Márquez du 29 août, ratifiée par alias Santrich trois jours plus tard, avec une harangue annonçant une mystérieuse «nouvelle modalité opérationnelle», a brièvement désordonné le camp de la subversion. Les déclarations contradictoires des porte-paroles de ce courant reflètent cette confusion. Timochenko s’est excusé pour la décision de Marquez et a même déclaré quelque chose d’inhabituel: « Nous devons rejoindre le gouvernement (sic) pour ne pas donner de munitions à ceux qui veulent nuire au processus ». Lisandro Lascarro, alias Pastor Alape, a ajouté que le parti Farc « ne voit aucun avenir » au soulèvement armé de Márquez. Gustavo Petro, connu pour avoir reçu des sacs plastiques remplis d’argent d’origine douteuse, a envoyé ce message cocasse: «Au siècle où nous vivons et dans le pays où nous vivons, les armes conduisent uniquement à une alliance avec le trafic de drogue et les économies sombres ». Ivan Cepeda, un autre chef communiste, a suivi la ligne de Santiago: l’offensive armée doit servir à arriver à «un accord avec les guérilleros Eln».

Fait troublant: deux anciens présidents de la République ont également lancé des propositions loufoques. JM Santos veut que Duque accepte Felipe González et Pepe Mujica  –deux anciens dirigeants socialistes qui sont à la base de la paralysie de l’opposition vénézuélienne et du maintien au pouvoir de Nicolas Maduro– en tant que « superviseurs » de la « mise en œuvre de l’accord de paix » avec les Farc. César Gaviria Trujillo demande quant à lui la « mise en œuvre », bien sûr, mais ce qui l’irrite le plus c’est la proposition de l’ancien président Álvaro Uribe d’exclure « l’accord de paix » de la Constitution et la suppression de la JEP.

Le rôle joué par Enrique Santiago montre bien l’étendue et la complexité du soutien offert aux Farc (le parti Farc et les guérillas Farc). Dans cette affaire, il n’y a pas que les Cubains, les Vénézuéliens, les cartels mexicains et le Forum de Sao Paulo. JM Santos fait maintenant ouvertement partie de la galaxie Soros. Considérer le bloc Farc comme un dispositif «résiduel» ou une simple «menace locale », comme le proclame le président Duque, et nier qu’il y a des efforts sérieux pour déstabiliser le pays, alors même que ces acteurs font pression pour que les tribunaux qui ont laissé en liberté Santrich et Marquez mettent en prison, sans aucune raison valable, le 8 octobre prochain, le président Uribe, commettrait un acte d’imbécillité politique que la Colombie pourrait payer très cher.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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1).- https://izquierdaunida.org/2019/08/30/enrique-santiago-reclama-al-gobierno-de-colombia-un-cambio-de-voluntad-y-de-actitud-para-cumplir-con-el-acuerdo-de-paz-y-no-desaprovechar-una-ocasion-que-se-da-una-vez-cada/

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