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Publié par Abbé Alain Arbez le 5 septembre 2019

L’écriture de ce qui est devenu le texte biblique a été le fruit d’un long processus, depuis l’époque des Juges (11ème siècle avant JC) jusqu’au 1er siècle avant JC. La première liste écrite de traditions orales s’est constituée dès le retour d’exil à Babylone, mais le canon officiel n’a été établi qu’au 2ème siècle après JC, lors de l’assemblée de Yavné convoquée 25 ans après la catastrophe de l’an 70.

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C’est dans ce cadre que prenait forme le judaïsme rabbinique excluant par là-même les traditions issues de la mouvance christique considérée comme dissidente, et donc assimilée aux minim dans la 18ème intention du shemone esre.

Premier parmi les cinq livres du Pentateuque, le recueil de la Genèse est appelé bereshit (= au commencement) parce que le texte démarre avec bereshit bara Elohim : au commencement Dieu crée…

Ce corpus de textes est composé de plusieurs strates rédactionnelles. Il y est question des origines de l’humanité : la création du monde, Adam et Eve, Caïn et Abel, le Déluge et Noé, la tour de Babel…Les 11 premiers chapitres décrivent l’état d’esprit qui règne sur terre avant que ne commence l’histoire proprement dite d’Abraham et de sa descendance. Les textes ne se situent pas au plan historique, mais offrent un message spirituel essentiel sur l’humanité, et il vaut la peine d’en saisir toute l’actualité.

Ces textes ne répondront pas au comment des choses, mais s’attacheront au pourquoi. Quel objectif pour l’humanité sur cette terre ? Que signifie vivre en tant qu’êtres humains ?

C’est toute une réflexion éthique sur la relation à Dieu, et qui démontre combien les enjeux sont conséquents. Si la science nous éclaire sur les contingences de la vie sur terre, la dimension spirituelle a le privilège de nous mettre face à la finalité de nos existences.

Dans l’antiquité, la croyance la plus répandue était que le monde matériel existe de toute éternité. La philosophie grecque régnait à partir des pensées matérialistes d’Héraclite. Platon lui-même par la suite imaginait un démiurge qui met de l’ordre dans une matière éternelle préexistante.

Cette vision est battue en brèche par le texte biblique : le monde est créé ex nihilo par un Dieu qui apporte de la vie là où il n’y avait rien. Une importante distinction apparaît donc entre le créateur et la réalité créée, ce qui signifie que le monde n’est pas Dieu. Cette posture est en opposition frontale avec les mythologies antiques qui enseignaient que les éléments du cosmos sont eux-mêmes divins. Les cultes de la lune et du soleil en étaient l’expression courante à l’époque. Afin d’écarter toute aliénation, le livre de la Genèse procède à une désacralisation radicale : au chapitre 1, 14-18, soleil et lune ne sont que des luminaires créés (meoroth) avec une fonction, celle d’aider les êtres humains à calculer le temps et à organiser leur vie.

Les sept jours de la création selon la Genèse (yom) ne sont pas des portions de 24 heures, mais des étapes rappelant que la création se poursuit car Dieu en accompagne la dynamique créatrice. L’homme est associé à cette progression du vivant, il ne subit pas l’arbitraire d’un destin imposé d’avance. Paul dans son épître aux Romains reprend cette thématique : « Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit dans son travail d’enfantement » (Rm 8.22).

Lorsqu’il est dit que « Dieu se repose le 7ème jour, un parallèle apparaît dans le texte entre shebii (le septième) et shabat (il se reposa). Ce « repos » de Dieu selon la Genèse se retrouve dans le livre de l’Exode, lorsqu’il est prescrit d’observer le temps d’arrêt du shabat (Ex 20.8-11), ce qui a pour but de refuser l’engrenage de Chronos qui dévore ses enfants. Ainsi le temps de vivre doit être garanti au-delà du temps de travail, afin de valoriser la contemplation, le ressourcement, et les relations humaines de qualité.

Au premier chapitre de la Genèse, la formule « Dieu vit que cela était bon » revient à la fin de chaque jour de la création, (tov !) avec un superlatif lors de la création de l’humain le sixième jour (yom hashishi) : tov meod ! très bon… Cette mise en valeur de la création est en opposition avec les croyances majoritaires de l’antiquité pour lesquelles la matière est méprisable. On retrouve ce sentiment de rejet chez les platoniciens, attitude qui se retrouve ensuite chez les gnostiques, courant que l’Eglise primitive dut affronter en le dénonçant vigoureusement.

L’anthropologie biblique est dans une approche positive du matériel et du corporel. C’est pourquoi elle insiste sur la valeur inestimable de la création de l’homme et de la femme, et sur le potentiel des réalités matérielles confiées à l’intelligence de l’homme. « Adam » est un nom générique qui représente l’être humain. Et Paul à Athènes en reprend la perspective  lorsqu’il dit « Dieu d’un principe unique a créé tout le genre humain » (Ac 17.26).

On constate qu’Adam reçoit Eve comme un don de la part de Dieu, et il s’en émerveille. Ce qui implique que l’homme ne peut s’approprier la femme ou la soumettre à son pouvoir. Cela comporte le sens de l’altérité, l’autre doit être respecté. Le texte de la Genèse souligne l’égalité de l’homme et de la femme : ils sont de même origine, avec la même dignité.

Le message est riche de sens sur la relation de l’être humain à Dieu, le rapport à l’autre, à la création et à la marche du monde. Alors que les mythologies antiques imaginent les dieux à l’image de l’homme, avec des intrigues, des jalousies, des vengeances, l’anthropologie biblique voit l’être humain à l’image de Dieu, avec des capacités d’amour, de créativité, de liberté…Mais ce constat plein d’espoir n’est pas naïf, car la liberté implique par définition le risque de laisser le mal gagner du terrain. Et le chapitre 2 aborde toute l’ambivalence de la situation, avec un repère qui délimite les seuils à respecter : « De l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas ! » (Gn2.16-17).

En effet, dans cette optique, l’homme n’a pas la capacité de décider par lui-même du bien et du mal. Compte tenu de sa fragilité, il est appelé à prendre en compte les limites de sa liberté en gestation et à se préserver ainsi de l’auto-destruction. C’est le sens de la menace liée à sa condition « Tu mourras ! » car l’illusion de toute-puissance est mortifère.

L’homme va être tenté de franchir le pas, car le serpent est « rusé » (Gn3.1) et il présente les choses de manière séduisante de sorte que le piège se referme. Il existe en l’homme une part sombre qui a perdu de vue la lumière, avec toutes les conséquences que cela entraîne. Le livre de la Genèse développe trois séquences pour illustrer ce basculement : première étape, le meurtre d’Abel par Caïn, (Gn 4) correspondant au refus du dialogue et de la relation fraternelle. Il est intéressant de noter que Caïn est la figure du laboureur (sédentaire) tandis que Caïn est un éleveur de troupeaux (itinérant). On peut y voir l’opposition entre deux modes de vie, entre deux conceptions de l’existence avec deux systèmes de valeurs différents. Le sédentaire est inséré, il s’enrichit, alors que le nomade a un rythme lié à sa mobilité, il a une perspective plus souple.

La seconde étape est celle du déluge (Gn6) la submersion des eaux représente l’envahissement du mal qui élimine la vie. La troisième étape est la tour de Babel, image de l’orgueil politique, avec un pouvoir qui se divinise, totalitarisme idolâtrique qui opprime les populations, violence arrogante qui bafoue toute dignité humaine. Babel, c’est la pensée unique, et Dieu brise cette uniformité pour rétablir de l’altérité et rendre possibles les relations humaines. On comprend pourquoi la Pentecôte instaure une compréhension mutuelle à travers des langues différentes, mais sans aliéner les participants qui gardent leur identité tout en se retrouvant sur un objectif commun.

Le rétablissement de la relation d’alliance se rétablit avec Abraham (Gn 12) et va se développer à travers une communauté de foi appelée à s’élargir. « Par toi seront bénies toutes les nations de la terre « (Gn 12.3). Les prophètes d’Israël resteront dans cette perspective, avec la parole de Dieu à son peuple chargé de mission : « J’ai fait de toi la lumière des nations ! » (Is 42.6)

Un tournant a été pris car Abraham a eu confiance en Dieu (Gn12.1) « va ! lekh lekha… Va, et c’est pour ton bien ! »

Et il a pu engendrer un peuple. Les décisions inspirées transmettent la vie, et la suite de l’histoire d’Israël en itinérance au milieu des tourments de l’humanité le montrent jusqu’à nos jours. Une de ses figures majeures, le Christ Jésus, a ouvert la porte du monde à venir, car ses actes et ses paroles ont été bénédiction. Il a réactualisé la genèse.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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