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Publié par Bernard Martoia le 6 septembre 2019

Nous possédons deux sortes de moralités : l’une que nous prêchons mais ne pratiquons pas et l’autre que nous pratiquons mais que nous observons peu.

Onze années se sont écoulées depuis le dernier grand krach financier et dix années depuis la publication de cet article sur une cause longtemps ignorée. Les articles économiques n’ont jamais eu le vent en poupe en France car le Français est un homo politicus.

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A l’inverse de 2008, l’inventivité de la finance internationale ne sera probablement pas le détonateur du prochain krach financier mais plutôt la dette démesurée des États qui a été encouragée par la politique de « quantitative easing » (rachat des bons du trésor) menée par l’ancien gouverneur de la Federal Reserve Bank Ben Bernanke (2006-2014) et celle suivie depuis 2011 par l’actuel gouverneur de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi.

Dans cet article, vous retrouverez le rôle trouble joué par l’inspecteur des finances Jacques Attali qui était le directeur de la BERD. C’est lui qui a mis sur orbite son jeune confrère de l’inspection des finances  Emmanuel Macron en 2017.

Voici donc l’état des lieux en septembre 2009

  • Le Congrès américain planche sur une loi visant à réduire la spéculation sur les credit default swaps (C.D.S) Ce marché hors cote (over-the-counter) représente la bagatelle de 39 trillions de dollars. Pour fixer les idées, le produit national brut de la planète a été de 60 trillions de dollars en 2008. La spéculation sur ce seul produit dérivé représente les deux tiers de la richesse mondiale produite. On comprend alors l’urgence d’examiner ce trou noir de la finance.
  • L’assureur American International Group (A.I.G) avait la plus grande position sur ce marché hors cote. Le gouvernement fédéral est venu trois fois à sa rescousse en lui accordant la somme extravagante de 173 milliards de dollars ! J’ai évoqué, à plusieurs reprises, ces infusions massives d’argent pour sauver le système financier. (1)
  • Collin Peterson à la commission de l’agriculture et Barney Frank à la commission des services financiers de la chambre des Représentants envisagent deux options pour réduire la frénésie qui a régné sur ce type de contrat qui a participé à la formation de la bulle immobilière. La première serait d’interdire l’accès à ce marché aux personnes qui ne détiennent pas d’actifs à assurer. Dans le jargon de Wall Street, il s’agit d’éradiquer la prolifération des naked credit default swaps. La seconde serait d’exiger des hedge funds qui ont une position supérieure à 100 millions de dollars d’en informer la future autorité de tutelle. Il y aurait aussi la création d’une chambre de compensation. Ce rôle était assumé de facto par l’assureur A.I.G. avec le succès que l’on connaît…

Cette salutaire régulation ne concerne qu’un seul trou noir de la finance. Avec ses 39 trillions de dollars, le marché des C.D.S ne représenterait que 8% du marché global des produits dérivés qui est estimé à 450 trillions de dollars. Cette spéculation folle est sept fois et demie plus élevée que la richesse mondiale produite en 2008. Cela laisse pantois.

Les keynésiens confondent les causes et les conséquences afin de s’exonérer de la terrible responsabilité qu’ils portent dans cette crise financière. Au risque de me répéter, la crise immobilière est due à l’activisme de la banque centrale américaine pour doper la croissance et à la politique de discrimination en faveur des minorités ethniques menée par les démocrates. (les deux causes principales) La dérégulation des produits dérivés a permis à cette bulle d’atteindre une taille gigantesque (conséquence).

La genèse des C.D.S

Fool’s God (3), un livre de Gillian Tett, qui est un reporter du Financial Times, explique comment l’invention des C.D.S par une petite équipe de la banque J.P.Morgan a été corrompue par la cupidité de Wall Street qui a provoqué la catastrophe de l’automne 2008.

Tout commence le 23 mars 1989, lorsque le super tanker Exxon Valdez quitte à 21h12 son terminal pétrolier en Alaska en direction de Long Beach en Californie. Le capitaine obtient l’autorisation des gardes-côtes de sortir de sa route encombrée d’icebergs. A 0h04, il heurte un récif. Commence alors la plus grande marée noire de l’histoire. L’Exxon Valdez transporte 200 millions de barils de pétrole. Un cinquième de sa cargaison va se répandre dans le détroit de Prince William. Pourquoi le navire a-t-il entamé de nuit son dangereux périple ? C’est la question que l’on peut se poser a posteriori. Mais sous le coup de l’émotion suscitée par cette catastrophe écologiste, il faut trouver rapidement un bouc émissaire solvable. La compagnie Exxon est toute désignée.

A Boca Raton, Floride, une première rencontre a lieu entre les dirigeants d’Exxon et ceux de la banque J.P.Morgan. Exxon a besoin d’ouvrir une ligne de crédit de cinq milliards de dollars pour couvrir les dommages collatéraux de la marée noire. J.P.Morgan est réticent mais il ne veut pas laisser tomber son vieux client. Pour conclure ce marché, la banque a besoin de se couvrir contre le risque de défaut de son client. On en revient aux critères de Bâle inventés, l’année précédente, dans cette ville où est sise la Banque des Règlements Internationaux (B.R.I) à la suite de la retentissante crise des Saving & Loans que l’on a déjà oubliée. Comme la banque doit respecter le ratio Cooke de 8% de fonds propres, elle ne peut pas prêter les cinq milliards de dollars sans dépasser ce seuil. Comment faire alors ? Les avocats s’activent pour retarder le plus longtemps possible le paiement. Ils y parviennent.

A la fin de l’année 1994, Blythe Masters, un membre de l’équipe de traders de J.P.Morgan, a l’idée de vendre la ligne de crédit de cinq milliards de dollars à la Banque européenne de reconstruction et de développement (B.E.R.D). Jacques Attali, le conseiller spécial du président socialiste François Mitterrand, en est le premier président après avoir eu l’idée lumineuse de sa création lors de l’effondrement du mur de Berlin. Une catastrophe peut en provoquer une autre. … Si Exxon fait défaut, c’est la B.E.R.D qui épongera sa dette. En échange de la patate chaude refilée, J.P.Morgan s’engage à lui verser une indemnité.

Ce marché étrange ne porte pas encore de nom mais il est promis à un grand avenir. Sa mise au point a été laborieuse. Il a consommé beaucoup de temps et de ressources au sein de la banque. Il faut que le processus soit affiné afin de devenir lucratif. Une brillante équipe de mathématiciens planche pour un produit standardisé qui permettrait à la banque de gagner beaucoup d’argent. Ainsi est créé le credit default swap qui est une forme de standardisation des risques au lieu de l’étude besogneuse au cas par cas du risque. Les mathématiciens parviennent à modéliser le risque encouru par la standardisation. Si quelques prêts font défaut, cela ne devrait pas mettre en péril l’ensemble des transactions, concluent-ils. Les banquiers croient dur comme fer à cette martingale. Ils escomptent gagner sur deux tableaux avec les profits tirés de la tritisation et les revenus générés par le flot régulier des remboursements de prêts.

Bill Demchak, une étoile montante de la banque, va commencer à vendre les C.D.S auprès des investisseurs. Pour mettre la fusée sur orbite, il faut créer une filiale dans un paradis fiscal pour déroger au carcan de la législation bancaire. La station de lancement des fusées s’appellera Special Purpose Vehicle. Elle va assumer 9.7 milliards de dollars de dettes que J.P.Morgan a contractées auprès de trois cents clients. Selon les calculs de ces Mozart de la finance, le risque serait très faible. Il suffit de collecter 700 millions de dollars de primes d’assurance pour couvrir la dette de 9.7 milliards de dollars. C’est l’effet de levier tant recherché par les banquiers pour doper les profits et aussi leurs primes de fin d’année. Tout se tient.

En 1997, l’agence de notation Moody’s donne son aval à l’industrialisation des C.D.S. Wall Street baigne dans l’exubérance irrationnelle (E1I1) de la bulle Internet. J.P.Morgan a réussi son pari en extrayant les risques de ses comptes tout en générant un flux régulier de revenus liés à ces risques, et à libérer ses fonds propres pour les prêter à d’autres clients. Inévitablement, le succès de J.P.Morgan attise la convoitise de ses concurrents qui ne tardent pas à s’engouffrer dans la brèche. Dix ans plus tard, la bulle des C.D.S éclate lorsque le prix de l’immobilier cesse de croître. Les arbres ne montent pas au ciel, comme dit le proverbe de Wall Street. Il reste encore beaucoup de cadavres dans les placards mais le gouvernement fédéral et la Fed croient toujours à une possible réévaluation de ces produits toxiques. La Fed en a racheté des quantités considérables. En l’espace d’un an, son bilan a triplé. Merci Ben ! C’est pourquoi je crois que la Fed est proche du seuil d’insolvabilité. (4)

Séparer les banques d’investissement et les banques de dépôt

Toute régulation entraîne inévitablement une manœuvre pour la contourner. C’est ce que n’ont toujours pas compris nos énarques et nos politiciens. Ils croient que la crise est due à une trop grande libéralisation des marchés financiers. Ce n’est pas en régulant davantage un secteur bancaire, qui l’est déjà trop, que l’on évitera les crises prochaines.

L’école autrichienne préconise une mesure de bon sens avec la suppression des banques centrales et du fractionnement des fonds propres des banques. Toute banque doit avoir 100% de fonds propres. Il faut retourner au système financier d’avant 1913. On n’empêchera jamais la survenance de crises, mais elles auraient beaucoup moins d’effets dévastateurs si l’on rétablissait l’aléa moral. Il faut laisser choir les banques.

La propagande des keynésiens a fait gober au public l’importance capitale des banques pour le fonctionnement de notre économie. D’où l’adage too big to fail qui a été appliqué aux dix-neuf grandes banques américaines ayant fait l’objet d’un traitement de faveur. On voit aujourd’hui l’effet pervers avec la distribution de 33 milliards de dollars de bonus indécents à leurs employés. Les bénéfices sont pour les banquiers, les pertes pour les contribuables américains. … C’est la morale de Wall Street.

Le business d’une banque est très simple. Elle ne sert que d’intermédiaire entre un prêteur et un emprunteur. Une entreprise privée peut se passer de ses services et lever directement un emprunt sur le marché. Quant à la clientèle privée des ménages, c’est effectivement le rôle d’une banque de dépôt de lui offrir un service personnalisé au lieu de lui refourguer un produit financier compliqué dont le conseiller est incapable d’évaluer le risque.

La seule régulation d’envergure serait la restauration du Glass & Steagall Act de 1933, mais pour une seule de ses dispositions. Cette loi fédérale a instauré le Federal Deposit Insurance Corporation (F.D.I.C) qui est un fonds garantissant les dépôts des ménages à hauteur de 10 000 $. Pendant la Grande Dépression, il y avait trop de bank run en raison de rumeurs infondées. Tous les clients se précipitaient pour retirer leur argent. Quatre mille banques américaines firent ainsi faillite. Aujourd’hui, les comptes de dépôt sont assurés à hauteur de 250 000 $. En fait, le F.D.I.C serait incapable de rembourser au-delà de quelques millions de ménages. En France, ce ne serait que quelques milliers de clients qui pourraient récupérer leur argent. On se garde bien de dire la vérité aux Français pour ne pas créer de panique. Les banques européennes sont très loin des ratios de fonds propres exigés par la B.R.I. La solution est simple. Il faut rétablir la règle de 100% des fonds propres des banques. Ainsi serait supprimé l’effet de levier qui est à l’origine de toute spéculation.

La seule disposition du Glass & Steagall Act que je recommande vivement est la séparation des banques d’investissement et de dépôt au sein de l’Union européenne. Laissons la liberté aux banques d’investissement de courir les risques au profit de leurs clients désireux d’en prendre mais laissons la tranquillité aux ménages dans leur placement peinard de compte d’épargne rémunéré à un taux convenable ! Mais le gouvernement se moque des Français en abaissant la rémunération du livret A. Ce n’est pas à lui de fixer la rémunération de cette épargne mais au marché à travers la loi d’airain de l’offre et de la demande.

Reproduction autorisée avec la mention suivante :
© Bernard Martoia pour Dreuz.info.

(1)- Archive du 31 octobre 2008 : « L’élection présidentielle américaine n’est pas le grand oral de l’ENA.
– Archive du 7 janvier 2009 : « Les agences de notation de l’économie de casino»
– Archive du 10 mars 2009 : « Comment rétablir l’aléa moral dans le nouveau système financier international ? »
– Archive du 22 mars 2009 : « A chacun sa vérité »

(2) Le Community Reinvestment Act (C.R.A) de 1977 est une loi fédérale prise à l’instigation de l’administration Carter. Elle a encouragé les banques et les caisses d’épargne à prêter de l’argent à des ménages sur la couleur de leur peau et non pas sur leur capacité de rembourser un prêt, ce qui reste, qu’on le veuille ou non, le seul critère permettant une bonne sélection des dossiers.

(3) Fool’s God : How the bold dream of a small tribe at J.P.Morgan was corrupted by Wall Street and unleashed a catastrophe. Ce best-seller de Gillian Tett est édité par HarpersCollins.

(4) Archive du 6 février 2009 : « La Fed bientôt insolvable ! »

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