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Publié par Dreuz Info le 9 septembre 2019

Source : Zakhor-online

« Le problème n’est pas de savoir si Georges Bensoussan est coupable mais de savoir s’il dit vrai », Alain Finkielkraut

Dans cette affaire, « L’Affaire (Georges) Bensoussan », j’ai été frappé et, pour tout dire, peiné par l’attitude de Juifs de France, certes minoritaires mais néanmoins bien visibles, ces Juifs étant considérés comme des « notables ». Leur attitude a été comparée par certains à celle d’autres notables israélites (comme on le disait) lors de l’Affaire Dreyfus, plus simplement « L’Affaire ». Parmi ces « notables » d’aujourd’hui, Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah.

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Dans un article sans concession, « Georges Bensoussan : lâché par les Juifs de cour, innocenté par la justice », Sarah Cattan rappelle qu’au moment de « L’Affaire », le Consistoire Central se montra bien timide et que le Grand Rabbin de France, Zadoc Kahn, limita son engagement sous couvert du devoir de réserve. Il est vrai que lorsqu’un Juif est accusé, à tort ou à raison, qu’importe, c’est toute la communauté juive qui l’est, sinon explicitement du moins implicitement, et qui se retrouve désemparée. Ainsi, à tout moment, tout Juif peut être tenu de répondre de la faute, réelle ou supposée, d’un autre Juif. Il n’est pas nécessaire que j’insiste. Il est vrai que les Juifs ne sont pas les seuls dans cette situation qui est généralement celle des minorités, hier et aujourd’hui, là-bas et ici ; mais ils ont été et restent de ce point de vue plus exposés que la plupart. La naissance de l’État d’Israël et le rassemblement d’une partie des Juifs ont apporté une protection à ces derniers mais a augmenté le danger qui pèse sur les Juifs de la diaspora, volontiers accusés des « crimes sionistes », sans compter qu’Israël reste le Juif des Nations.

Georges Bensoussan

Je ne puis décidément cacher que dans cette Affaire, le lâchage de Georges Bensoussan par une partie de la communauté juive – et plus particulièrement par des responsables du Mémorial de la Shoah – m’a particulièrement peiné ; il ne m’a pourtant pas vraiment surpris. Pourquoi ? Georges Bensoussan a servi le Mémorial de la Shoah durant plus d’un quart de siècle. Mais voilà, on aurait aimé qu’il ne s’intéresse qu’à la Shoah et surtout pas aux Territoires perdus de la République (voir « Les territoires perdus de la République. Antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire », publié en 2002, sous le pseudonyme d’Emmanuel Brenner) et à l’expulsion des Juifs des pays arabes (voir « Juifs en pays arabes : le grand déracinement 1850-1975 », publié en 2012). Il y a d’autres livres dérangeants de Georges Bensoussan, dans la France d’aujourd’hui, mais ces deux titres constituent l’essentiel de ce qui est reproché à l’historien. J’ai dans mes documents un épais dossier de presse au sujet de ces deux ouvrages, le premier surtout. Je ne vais pas me perdre en références (consultables sur Internet), simplement, un certain Dominique Vidal ouvre son article dans le numéro de mai 2003 du « Monde diplomatique » par : « Voici un livre schizophrénique » et ainsi de suite. Quand on connaît la manière dont cette vaste enquête a été conduite, on ne peut que serrer les poings en lisant cet article écrit par une personne qui ne fait qu’obéir aux mots d’ordre de ce mensuel et qui n’en a probablement guère quitté les bureaux. Mais j’allais oublier : Georges Bensoussan a « récidivé » et « aggravé son cas », plus récemment, en 2017, avec la « La France soumise. Les voix du refus ».

J’ai très vite senti, d’une manière d’abord diffuse puis de plus en plus précise, que l’on tiendrait rigueur à Georges Bensoussan pour ces livres, d’être en quelque sorte allé mettre son nez là où il n’aurait pas dû… L’historien de la Shoah aurait dû s’en tenir à son sujet, et le Mémorial de la Shoah n’a pas été le dernier à le lui faire savoir.

Georges Bensoussan a été qualifié, et de diverses manières, de trouble-fête, d’empêcheur de danser en rond, d’incitateur à la haine, de porter atteinte au sacro-saint « vivre ensemble ». Et puis à quoi bon se préoccuper du « grand déracinement » ? Pourquoi salir la belle image de la convivialité en pays arabes où, affaire entendue, les Juifs ont coulé des jours plutôt heureux ? La Shoah, pourquoi ne pas s’en être tenu à la Shoah – une « vieille histoire » et une « affaire entendue » – qui ne suscite plus guère de polémique en dehors du cercle restreint des révisionnistes et des négationnistes ?

Au cours de cette Affaire, Georges Bensoussan est « gentiment » écarté de ses activités liées au Mémorial de la Shoah, dont ses fonctions de formateur auprès des policiers, magistrats et professeurs. Il a été accusé d’islamophobie, un mot de propagande destiné à écraser toute opposition selon une méthode qui avait prouvé toute son efficacité (et je ne me laisse pas entraîner à la facilité d’une comparaison) dans l’U.R.S.S. de Staline. Une démocratie comme la France sait utiliser l’air de rien cette bonne vieille méthode, toujours très efficace.

Des responsables du Mémorial de la Shoah lui reprochèrent d’engager la respectabilité de cette institution – et de lui porter préjudice – avec la publication de son enquête sur les Territoires perdus de la République. Ces responsables oubliaient, ainsi que le signale Sarah Cattan, « qu’Alain Finkielkraut l’avait invité au micro de France Culture pour la nouvelle édition des “Territoires perdus de la République”, et que c’est à ce titre seul qu’il s’exprima ». Ce sont donc des propos tenus sur France Culture, le 10 octobre 2015, au cours de l’émission « Répliques », que le tribunal jugea en première instance puis en appel, suite à la relaxe de Georges Bensoussan. On sait que sa métaphore inspirée du sociologue français d’origine algérienne Smaïn Laacher ne fait appel à aucun essentialisme, à aucun racialisme et qu’elle est exclusivement culturelle, contrairement à ce que les ennemis de l’historien se sont efforcés et s’efforcent de faire accroire. Des Musulmans de grande culture et à l’intelligence libre confirmèrent la pertinence des propos reprochés à Georges Bensoussan. Peine perdue. On voulait la peau de l’historien ou, tout au moins, le mettre au pilori. On l’accusa donc d’islamophobie, un mot de propagande particulièrement efficace comme nous venons de le dire.

Étrange affaire. Georges Bensoussan a été un précurseur en désignant les Territoires perdus de la République, une vaste enquête sur le terrain et non un ouvrage écrit dans la quiétude d’une bibliothèque par un idéologue bien décidé à préparer la « Shoah des Musulmans » pour une France Musulmanenrein, une enquête menée par des professeurs de lycées et de collèges sous la direction de Georges Bensoussan (Emmanuel Brenner), par ailleurs auteur de la postface. Lors du procès en appel, l’avocat de la Ligue des droits de l’Homme (L.D.H.) déclara tout de go que les propos reprochés à l’historien étaient « pré-génocidaires ». Et vas-y, hardi-petit ! C’est ainsi, on jalouse aux Juifs jusqu’à leurs souffrances d’où nombre de considérations dans le genre : les Musulmans en Europe vivent ce que les Juifs y ont vécu en 1930, d’où aussi le glissement vers Israël et le jeu des sonorités qui séduit tant les antisiomites (néologisme né de la fusion d’antisioniste et d’antisémite), Gaza / Auschwitz. On guettait donc l’historien qui-aurait-dû-s’en-tenir-à-la-Shoah. La publication du « Manifeste contre le nouvel antisémitisme », dans le numéro du 21 avril 2018 du Parisien, aggrava le cas de Georges Bensoussan. Sarah Cattan, femme de courage, fit part de son étonnement indigné et posa la question : pourquoi le Sépharade (Georges Bensoussan est d’origine marocaine) est-il écarté de l’establishment ashkénaze de la mémoire de la Shoah ? (N’oublions pas que des centaines de milliers de Sépharades ont été assassinés par les nazis). Et Sarah Cattan questionne la vanité sociale d’un certain establishment juif. Peut-il choisir l’arbitraire et trahir par lâcheté, une « lâcheté qui emprunte à ces vieux mécanismes des Israélites français qui auront trahi pour des raisons de classe depuis l’Affaire Dreyfus jusqu’aux missives adressées au maréchal Pétain, en 1940 ? »

Sarah Cattan termine son article en nous entraînant au Mémorial de la Shoah. Elle livre quelques intéressants éléments en toute discrétion, des éléments qui suggèrent la complexité d’un certain imbroglio. Elle évoque la structure pyramidale du Mémorial de la Shoah, une structure qui fait courir le risque à ses responsables (pensent-ils) d’être mis au pilori (après avoir été marqués au fer rouge du sceau de l’infamie) en compagnie d’un « islamophobe », Georges Bensoussan en l’occurrence. Bref, il s’agit de préserver l’institution dont ne peut que saluer par ailleurs le travail remarquable, travail dont Georges Bensoussan aura été l’un des maîtres d’œuvre, notamment par le poste de rédacteur en chef et de responsable éditorial (qu’il occupait depuis 1993) de la Revue d’histoire de la Shoah, revue qui se présente ainsi : « Seul périodique européen consacré à l’histoire de la destruction des Juifs d’Europe, et première revue d’histoire sur le sujet, cette publication est essentielle pour tout étudiant ou chercheur travaillant sur cette césure de l’histoire. Elle entend donner un aperçu des chantiers actuels de l’historiographie du judéocide. La Revue d’histoire de la Shoah ouvre également son champ d’étude aux autres tragédies du siècle : le génocide des Tutsi au Rwanda, celui des Arméniens de l’Empire ottoman et le massacre des Tsiganes. »

Sarah Cattan confirme cette crainte que je portais en moi depuis quelque temps, à savoir que l’homme libre, Georges Bensoussan, était guetté par des groupes postés en embuscade et désireux de le ligoter et de le bâillonner. Je le redis, je savais que sa vaste enquête (« Juifs en pays arabes : le grand déracinement 1850-1975 ») dérangeait, une somme que j’ai lue et relue, une somme nourrie de documents inédits et originaux dont une part importante provient des immenses archives de l’Alliance israélite universelle (A.I.U.). Georges Bensoussan a apporté des notes discordantes, et à plusieurs reprises, dans la sérénade suave qui nous compte l’idylle juive en pays arabes et, plus généralement, musulmans. Voilà qui méritait une sévère correction ! Cette embuscade avait commencé à s’organiser bien avant, avant 2012, date de la parution de ce livre. J’avais quitté la France depuis des années lorsque fut publiée l’enquête « Les territoires perdus de la République », en 2002 donc. Je n’avais guère accès à Internet, alors bien aléatoire là où je vivais, et je ne lisais pas la presse française. J’ai donc été en quelque sorte déconnecté de la France pendant des années. Mais depuis que j’ai rétabli un contact plus soutenu (grâce en grande partie à Internet), je reprends et suis le fil de l’aventure de Georges Bensoussan, l’homme qui a choisi de dire la vérité dans un monde qui veut faire taire certaines voix et pour des raisons que je vous laisse deviner. La publication de cette minutieuse enquête, « Les territoires perdus de la République », commença à rendre Georges Bensoussan suspect. Ce fut son premier « faux pas ». L’enquête plus récente, « Une France soumise » sous-titrée « Les voix du refus » et qui porte en couverture, inscrite sur fond rouge, cette information : Après « Les territoires perdus de la République », cette enquête, avec préface d’Elizabeth Badinter, fit de lui un récidiviste… Encore une note discordante dans la sérénade suave…

Les différends entre l’historien et l’Institution (le Mémorial de la Shoah, en l’occurrence) ne datent pas de l’Affaire Georges Bensoussan (ce que nous dit Sarah Cattan). Mais je ne dispose pas d’assez d’éléments pour les évoquer, d’autant plus que Sarah Cattan reste discrète à ce sujet. Par ailleurs, je sais que la majorité des Juifs de France et que de nombreux non-Juifs supportent Georges Bensoussan. Outre ses qualités d’historien, je salue en lui, et j’insiste, un homme libre, c’est-à-dire un homme courageux, car il faut avoir du courage dans la France d’aujourd’hui pour dire publiquement ce qu’il dit. Je salue en lui un homme qui poursuit son chemin, sans jamais craindre les passages les plus escarpés, un homme qui porte cette belle devise, devise qui signifie aussi et d’abord la fidélité à soi-même – soit la liberté – : Etiam si omnes ego non, devise qui fut aussi celle d’un résistant au nazisme, Philipp von Boeselager, devise radicale de fidélité à soi-même, à une vérité et à la mission qu’elle implique, ce qui revient dans tous les cas à entrer en résistance, en démocratie comme en dictature…

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Dans un article intitulé « Procès Georges Bensoussan : séisme et répliques », Danielle Khayat (magistrate à la retraite) écrit : « Pour ceux qui le pourchassaient, ce gibier était la proie rêvée : un spécialiste mondialement reconnu de l’étude de la Shoah, un Juif par surcroît, et sioniste en plus, qui a osé décrire la condition précaire et misérable des Juifs en terres arabo-musulmanes et ainsi anéantir le mythe de l’âge d’or d’Al-Andalous, le faire condamner comme raciste « islamophobe ». De quoi combler tous les fantasmes des antiracistes qui ont enterré la lutte contre l’antisémitisme – au point de faire disparaître ce mot de leur dénomination, comme l’a fait le M.R.A.P. ». C’est exactement la conclusion que j’ai tirée dès le début de l’Affaire Georges Bensoussan ; aussi ai-je lu ces lignes en manière de confirmation.

L’Affaire Georges Bensoussan aura permis d’étranges rapprochements, comme celui d’islamistes du C.C.I.F., et d’associations fondées pour lutter contre l’antisémitisme, comme la L.D.H. et la L.I.C.R.A.

Parmi mes amères surprises relatives à cette Affaire, une surprise et non des moindres, la suppression sur le site Akadem (l’un de mes sites favoris) d’un entretien Georges Bensoussan et Antoine Mercier. A ce propos, j’avais apprécié la très haute tenue d’un interview d’Antoine Mercier avec le regretté Raphaël Draï. Dans l’entretien Georges Bensoussan et Antoine Mercier mis en ligne le 31 mai 2018, il était question de l’article de Sarah Cattan, « Georges Bensoussan : lâché par les Juifs de cour, innocenté par la justice ». Le lendemain, 1er juin, la vidéo de cet entretien fut supprimée et on expliqua que « suite à des pressions de dirigeants communautaires envers la direction d’Akadem pour réaliser des coupes, la direction a préféré retirer la vidéo dans son intégralité plutôt que de se soumettre à la réalisation d’un montage qui aurait rappelé, etc., etc. ». La vidéo fut donc supprimée tandis que l’enregistrement vocal resta quelques jours en ligne avant d’être à son tour supprimé.

Depuis le début des années 2000, Georges Bensoussan se bat pour faire connaître et reconnaître l’existence des Territoires perdus de la République. Cet historien est pionnier dans la dénonciation d’un antisémitisme bien différent du « bon vieil » antisémitisme, l’antisémitisme arabo-musulman appuyé par divers supplétifs, un antisémitisme pas si nouveau, avatar de cette haine et de ce mépris séculaire que suscite la seule existence du peuple juif, d’Israël. Des faits, et en grand nombre, sont venus confirmer les enquêtes supervisées par Georges Bensoussan.

Ainsi que le souligne Georges Bensoussan, le refus d’affronter la réalité est la chose la mieux partagée au monde, un refus qui n’est en rien limité à un lieu et à une époque. Proverbe hindou cité par Georges Bensoussan : « Racontez-nous de belles histoires et nous vous croirons ». L’accusation d’islamophobie (et autres accusations dans le genre) est destinée à paralyser et à faire taire les timorés, soit le gros de la troupe. Pascal Bruckner évoque à raison un « racisme imaginaire » élaboré par les islamistes pour imposer le silence et, enfin, soumettre.

Chantage intellectuel et conformisme, conformisme prêt à tous les renoncements et à toutes les compromissions pour un peu de tranquillité. Confort et conformisme ne font qu’un. Afin de se protéger, afin de perdurer, le conformisme élabore un monde binaire, un monde qui éprouve, par exemple, quelque difficulté à envisager qu’un opprimé puisse être aussi un oppresseur (tant individuellement que collectivement), que des victimes du racisme puissent être des racistes, etc., etc. Il y a enfin ce refus de désigner le danger comme si le désigner le faisait exister, une attitude naïve, puérile même, et assez répandue. Cacher le danger ne revient pourtant pas à le faire disparaître. La fermeté peut le plus souvent épargner la violence aux uns et aux autres. La fermeté, c’est d’abord savoir nommer et ne pas savoir nommer conduit aux violences extrêmes, à l’affrontement a sangre y fuego. La paix sociale (et autres paix) n’est pas le produit de concessions ou, plus exactement, n’est pas que le produit de concessions. L’homme libre n’a que faire de l’antiracisme et de l’antifascisme instrumentalisés par des coteries qui se sont érigées en garantes du Bien.

Olivier Ypsilantis

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