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Publié par Abbé Alain Arbez le 9 septembre 2019

La question brûlante des flux migratoires et de la gestion des « réfugiés » n’a toujours pas trouvé de solution réelle. Les discours officiels se suivent dans leurs contradictions pour cacher un déni abyssal de la gravité des problèmes. La référence aux droits humains et à la libre circulation des personnes est constamment invoquée à tort et à travers pour camoufler l’absence de volonté politique des dirigeants face aux afflux illégaux.

Trois paramètres essentiels ne sont pas pris en compte face au mouvement migratoire qui va continuer de s’amplifier : le coût astronomique des prises en charge, la menace sécuritaire et l’absurdité de la transplantation de jeunes africains hors de leur propre environnement social et culturel. Les débats politiques assortis d’exhortations religieuses sont souvent des manœuvres d’évitement des vraies questions.

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Porter secours aux plus démunis au nom des droits de l’homme ou au nom de principes religieux est en soi honorable, mais cela suppose une gestion et une régulation : mais objectivement, c’est d’abord sur place, en Afrique, en Asie, que l’Europe doit apporter une aide aux potentiels migrants en octroyant des moyens significatifs de développement, sous contrôle totalement indépendant des pouvoirs locaux.

De plus en plus, la coexistence entre groupes humains de cultures et d’origines différentes devient ingérable dans nos pays occidentaux aux multiples fragilités liées aux insuffisances de leur système démocratique.

La question sensible des « demandeurs d’asile » – dénomination floue recouvrant surtout des immigrés illégaux – devient un sujet controversé qui ne peut plus être abordé sous le seul angle politiquement correct des « droits de l’homme », selon un concept extensible à volonté.

Si les consciences humanistes sont interpellées par les recommandations des instances internationales reconnaissant la détresse des réfugiés réellement menacés dans leur pays par la guerre, les violences ou la persécution religieuse, il apparaît que le système mis en place par les passeurs et les ONG ne fonctionne pas dans le sens des causes revendiquées, et qu’il ne pourra s’amplifier indéfiniment. Les médias jouent quotidiennement la carte de l’émotionnel auprès des opinions en ciblant des photos impliquant des enfants qui sont pourtant minoritaires dans les embarcations.

Certes, les obligations éthiques d’accueil d’urgence dans des pays disposant de ressources peuvent être invoquées pour certaines situations, mais avec des critères précis et en tenant compte des limites économiques liées aux budgets nationaux.

De ce fait, lorsque certains discours, (angélisme gauchiste ou ecclésiastique) tendent à globaliser par avance les mécaniques migratoires, et à écarter d’emblée de manière compassionnelle tout discernement dans les problématiques, cela veut dire qu’on abandonne toute maîtrise des flux grandissants.  Chacun sait que sous le vocable de réfugiés et d’immigrés se cachent des réalités extrêmement différentes et les afflux massifs sans aucun contrôle hypothèquent l’avenir.

Peut-on continuer de laisser croire à un accueil inconditionnel sans analyser ce qui se joue derrière ces transbordements ? S’il est vrai qu’une proportion d’individus et de groupes fuient des conjonctures de guerre et de persécution, d’autres – l’immense majorité – viennent simplement tenter leur chance dans des économies généreuses où les aides sociales sont – encore pour un temps – attractives et substantielles. Les démocraties doivent secourir ceux qui sont en droit de l’être selon des critères précis, mais l’accueil aveugle de migrants illégaux n’est aucunement une obligation justifiée.

Ainsi, depuis environ une quarantaine d’années, des millions d’individus provenant majoritairement de pays musulmans stagnants ont migré et se sont installés dans les cités des nations européennes de civilisation judéo-chrétienne. Un tel transfert de population allogène en si peu de temps ne s’était jamais produit sur le vieux continent. Les conséquences de ces colonies massives de peuplement en période de dénatalité occidentale n’ont pas été évaluées de manière réaliste par les dirigeants auxquels les citoyens ont cependant confié la défense de leurs personnes et de leurs biens. Un impressionnant remplacement de population est en cours sur fond de menaces multiples. Il suffit de constater cette impression d’étrangeté que l’on ressent dans les rues et les marchés des grandes villes.

Il est par ailleurs évident que nos pays occidentaux – en temps de crise et de resserrement des budgets – n’ont pas les moyens d’accueillir de façon illimitée « toute la misère du tiers-monde » selon la formule rocardienne.

La seule et unique solution d’avenir est d’investir significativement sur place, dans les pays de départ réellement prêts à se doter de structures productives afin d’assurer un avenir décent à leur jeunesse. Avec évidemment de sérieuses structures de contrôle dans l’utilisation des fonds et l’avancement des projets.

Cela revient à multiplier parallèlement les expériences de commerce équitable, afin de donner de nouvelles opportunités aux paysans des pays pauvres concernés et consolider ainsi le développement durable. Des partenariats de solidarité efficaces nord-sud pourraient être développés pour inverser la logique de ces déplacements massifs de populations qui déracinent les individus et déstabilisent les sociétés occidentales atteintes dans leur identité historique.

Il s’agit par conséquent d’exiger des dirigeants européens qu’ils précisent quels paramètres humains, économiques et culturels il faut privilégier pour répondre au défi éthique de « l’accueil de l’étranger ».

Assez fréquemment, les Eglises répercutent des références à l’Ecriture sainte en faveur de cet « accueil de l’étranger » auréolé de spiritualité. On fait appel à de grands principes, en déconnection avec les réalités concrètes du terrain d’aujourd’hui. Or, si l’on transforme en slogan idéologique et affectif les principes de solidarité émanant de la Tradition judéo-chrétienne, le risque est grand de perdre toute maîtrise et de dériver vers des lendemains incontrôlés.

Les textes bibliques sont là pour nous nous éclairer, certes, mais à condition de les contextualiser ! Hospitalité, accueil, entraide, les hommes et les femmes de la Bible savent de quoi ils parlent. Dans un tout autre environnement que celui de nos nations modernes, ils ont migré il y a quatre mille ans du Croissant fertile vers les terres de Canaan. Livrées à l’insécurité permanente, ces régions d’Orient ont longtemps connu toutes sortes de mouvements de peuples dans de grands espaces où sédentarité et itinérance ne correspondaient en rien à la migration massive d’aujourd’hui. Ceux qui se sont installés dans les régions du Proche Orient se sont dotés de règles de vie en commun.

Mais de nos jours, les réalités ont changé, on est dans le cadre d’états-nations référencés par l’ONU, et qui se retrouvent de plus en plus marqués par des cultures religieuses ou politiques exogènes dont l’intégration en Occident n’est pas avérée.

Dans l’histoire d’Israël, on sait qu’à certaines périodes de vaches maigres, des tribus sont parties travailler en Egypte. Dans l’antiquité, ces mouvements de peuples étaient occasionnels. L’épisode fondateur de l’Exode est issu de cette situation du peuple hébreu aux prises avec les conditions de vie du pays d’accueil devenues captatrices de son avenir.

Avec compassion, rapporte l’Ecriture, le Dieu d’Abraham et de Moïse a pris parti pour les Hébreux devenus esclaves, et il les a aidés, non pas à s’assimiler en devenant comme des Egyptiens, mais à conquérir leur propre destin en regagnant librement leur terre, une terre de promesses, dont ils prendraient en mains le développement sur des bases éthiques. A partir d’un pacte, Dieu encourageait ce peuple à s’approprier son histoire et à renforcer son identité spirituelle dans son espace civilisationnel.

C’est donc exactement la démarche inverse de ce qui est préconisé aujourd’hui lorsqu’on intime aux Européens d’accueillir sans conditions tous les migrants qui se présenteront. Dieu a aidé puissamment son peuple à revenir sur sa terre, et aujourd’hui, on voudrait que Dieu encourage les migrants à investir les terres qui leur sont étrangères.

Dans la foi biblique, l’être humain est « image de Dieu », par conséquent le respect de la dignité humaine est à la base même de la charte de l’alliance. On saisit pourquoi la qualité d’accueil de l’immigré en terre d’Israël a été si fortement soulignée dans les Ecritures:

« Tu ne maltraiteras pas l’étranger, et tu ne l’opprimeras pas, car vous avez vous-mêmes été étrangers au pays d’Egypte ». (Ex 22/21)

Et encore :« Cet étranger qui vit chez vous, vous le traiterez comme un natif du pays, comme l’un de vous. Tu l’aimeras comme toi-même ». (Lv 19/33)

Faut-il préciser, pour éclairer les débats d’aujourd’hui, qu’un étranger était accueilli et respecté dans le cadre obligatoire d’une réciprocité qui fait totalement défaut de nos jours. On lit en Ex 12/49 : « La même loi existera pour l’indigène et pour l’étranger en séjour au milieu de vous ! » C’est donc avec un éclairage volontariste qu’il faut comprendre l’appel d’ouverture lancé par Jésus à ses disciples : « J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ! » (Mt 25/35) Sans oublier que ce passage a été rédigé sous cette forme par les évangélistes qui pensaient aux disciples persécutés et obligés de fuir d’un pays à l’autre. L’étranger en question n’était pas un immigrant économique, c’était surtout un frère de conviction pourchassé qu’il fait protéger. Les étrangers n’arrivaient pas en Israël de manière invasive. Si tout étranger s’attendait à être traité dignement – selon les règles religieuses en vigueur – il devait en retour respecter les lois et coutumes hébraïques du pays d’accueil, c’est-à-dire clairement renoncer à imposer à ses hôtes ses propres coutumes. Les prophètes étaient certainement les premiers à dénoncer l’égoïsme des fils d’Israël quand il le fallait, mais ils refusaient aussi avec vigueur toute importation de coutumes allogènes dangereuses pour la cohésion spirituelle des habitants légitimes du pays. Les multiples croyances issues du paganisme étaient en effet incompatibles avec les valeurs de la Tradition biblique, où sagesse et  prophétie refusent que soient idolâtrés le pouvoir, l’argent, le sexe. Ainsi sont interdites toutes formes de magie et superstition, néfastes pour l’être humain, seul le Dieu des pères étant le garant de la justice et de l’harmonie sociale.

Même si des règles de vie en commun instauraient des limites préventives, il n’y avait pas pour autant de xénophobie dans la tradition d’Israël, pensons aux épisodes de Naaman le Syrien ou à Elie chez la veuve de Sarepta.

On le constate, le recours à l’asile existe déjà dans la Bible : Moïse l’a institué en établissant six cités-refuge afin de permettre par exemple à un homme poursuivi pour un meurtre involontaire d’échapper aux châtiments expéditifs. Il parlait par expérience! Le livre d’Isaïe nous donne également un aperçu de ce droit, lorsqu’il est question d’accueillir les malheureux rescapés des massacres du royaume voisin de Moab. (Is 16/3)

Très tôt, après avoir fait l’expérience de féroces persécutions, l’Eglise chrétienne a confirmé et recadré ce recours à l’asile dans son droit canonique et le code de Théodose en garantit les modalités, même si à partir du Concile de Tolède (7ème siècle) de véritables restrictions y sont apportées pour lutter contre les abus.

Concernant l’accueil des étrangers, migrants et réfugiés, au 21ème siècle, l’enseignement de l’Eglise est censé offrir un éclairage utile. Contrairement à certains discours médiatisés, des textes officiels insistent sur l’obligation de faire coexister les droits et les devoirs, afin d’éviter les dérives à sens unique.

Retenons à ce sujet le § 2241 du catéchisme de l’Eglise catholique :

« Les nations les mieux pourvues sont tenues d’accueillir autant que faire se peut l’étranger en quête de la sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine.

Mais n’oublions pas les lignes qui suivent :

Les autorités politiques peuvent, en vue du bien commun, subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption.

L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges. »

Dans ce qui subsiste de nos états-providence, une prééminence idéologique s’est emparée du « multiculturel » qui recouvre tout et son contraire. Une telle prédisposition  à tout accepter compromet l’avenir. Car si l’identité culturelle et spirituelle du pays d’accueil s’efface peu à peu au profit d’un relativisme flou sous un déferlement de coutumes ingérables, l’idée même d’intégration des étrangers perd tout sens. S’intégrer à quoi ?

Au nom du multiculturel érigé en principe, on efface les mémoires culturelles locales et on fabrique des habitants hors-sol, sans racines et sans références. Elles sont nombreuses les banlieues de France, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Italie où ce sont les autochtones qui doivent maintenant se faire « intégrer » par les nouveaux habitants venus d’ailleurs et occupant le terrain avec arrogance. Au nom de bons sentiments dépourvus d’analyse, les Eglises ne parviennent pas à formuler une parole commune incitant à la fois à la générosité et au discernement.

Une légitime inquiétude à la fois sécuritaire, identitaire et économique ne fait que s’accélérer au sein des peuples européens. Nous en avons les signes tangibles dans la nouvelle répartition des options au sein de l’Europe et dans les changements de pouvoir en cours. Les autorités politiques et religieuses concernées auraient tort de ne pas en tirer les leçons.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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