Publié par Dreuz Info le 16 septembre 2019

Après avoir pas mal échangé avec mes amis tunisiens, appartenant à différentes classes sociales, et après avoir fait la part des choses, il apparaît que le candidat arrivé en tête, Kaïs Said, 16%, qui se prétend « anti système », expression bateau qui ne veut pas dire grand chose surtout pour un candidat à des présidentielles, est un conservateur pur et dur, opposé avec véhémence à l’homosexualité et totalement contre l’égalité des femmes dans l’héritage, selon les principes de la Sharia. Il « serait » également proche du parti « Hazb Ettahrir », branche du mouvement panislamiste international du même nom.

Pour contribuer à Dreuz.info en utilisant votre carte de crédit sans vous inscrire à Paypal, cliquez sur ce lien Paypal.Dreuz, et indiquez le montant de votre contribution.

Le porte-parole de « Hazb Ettahrir », Ridha Belhaj, avait déclaré en 2011, que les orientations politiques de son parti reposent sur la souveraineté de la Oumma, sur le Califat comme meilleur régime et sur la Sharia comme meilleure Constitution. Il avait ajouté que la démocratie est « une question factice qui ne doit pas susciter l’attention, une illusion entretenue par le capitalisme mondial »; il avait précisé à l’époque, qu’une fois au pouvoir, le parti interdirait les autres formations politiques. Il s’était déclaré, en revanche, en faveur du respect des droits des minorités. Comme ses propos n’ont jamais été démentis on peut penser qu’ils sont toujours en vigueur.

Le candidat arrivé en troisième position, 13%, Abdelfattah Mourou, n’est autre que le candidat de l’autre parti islamiste « En Nahda ».

Autant dire que Nabil Karoui arrivé deuxième avec 15%, et toujours emprisonné au soir du 15 Septembre, représente donc aujourd’hui le seul espoir pour une Tunisie démocratique.

Avec un score aussi fort pour les deux partis Islamistes on peut se demander quel sera le résultat des élections législatives puisque la Tunisie est maintenant un régime hybride mais plutôt parlementaire.

L’autre inquiétude vient de la très faible participation électorale, 45%, ce qui moins de 10 ans après la révolution qui a chassé Ben Ali montre, au mieux, un désintérêt de la majorité des Tunisiens pour le processus démocratique.

Eddad Aber

Parce que Dreuz est censuré pour le crime de désaccord avec la gauche, suivez notre fil Twitter, et retweetez-nous. C’est un important geste de résistance pour faire circuler vos idées.

Soutenez Dreuz en partageant cet article

Partagez ce message !

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz