Publié par Dreuz Info le 25 septembre 2019

Depuis 1986 se réunissent une fois par mois à Genève les membres du Groupe de dialogue entre Juifs et Chrétiens. Participent à ces rencontres des pasteurs protestants, un prêtre catholique romain, un théologien orthodoxe, un rabbin et une trentaine de personnes.

Au cours des années nous avons posé la question plusieurs fois sur le sens de nos rencontres. Nous devrions nous demander, sans complaisance ni échappatoire, si nous nous sentons assez mûrs pour aborder ensemble les sujets délicats afin de parvenir à une meilleure compréhension réciproque. Jusqu’où peut aller le dialogue ? La confiance mutuelle est-elle assez forte au sein du Groupe pour que nous puissions assumer nos divergences tout en laissant en suspens les points trop délicats ? Le professeur Jean Halpérin, de tradition juive et fondateur de notre Groupe nous donnait le conseil suivant : « Au lieu de nous arcbouter sur nos différences et sur ce qui nous sépare, le temps n’est-il pas venu, dans un monde en mutation, de chercher à découvrir ce qui nous unit, si possible sans complexe de part et d’autre, sans gommer les différences ? »

Au fil des années nous avons renouvelé notre regard sur le sens et la place qu’occupe la Bible dans nos réflexions. La Bible telle quelle reste intangible mais la manière dont nous la traitons a subi des modifications importantes. Dans le document appelé « Les Dix Points de Seelisberg » formulé en 1947 il est question de la Bible sous le point 1. « Rappelons que c’est le même Dieu vivant qui nous parle à tous, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. » Or en1989 notre Groupe a modifié ce premier point de la manière suivante : « Rappeler que c’est le même Dieu qui dans la Bible parle aux Juifs et aux Chrétiens ». Cette phrase sous-entend que la première partie de la Bible n’est pas périmée ni dépassée mais garde son actualité. Elle n’est pas la préface du Nouveau Testament. Elle est la Bible hébraïque. Dans certains textes de la liturgie néerlandaise on désigne la Bible hébraïque par le mot Thora ! Le Nouveau Testament, la deuxième Bible, devrait être remplacé par le mot hébreu « Midrach », qui signifie commentaire, interprétation.

Il est clair que ce nouveau regard sur la Bible enrichit notre connaissance biblique, stimule notre recherche et approfondit nos relations fraternelles avec les représentants du judaïsme.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Pasteur Bernard Buunk pour Dreuz.info.

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