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Publié par Gaia - Dreuz le 3 octobre 2019

Source : Lemonde

Les syndicats avancent le chiffre d’au moins 27 000 manifestants présents lors de la « marche de la colère policière », mercredi à Paris.

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Au micro, le policier chargé d’animer le cortège fait chauffer les cordes vocales. Il est 13 heures, mercredi 2 octobre, et la « marche de la colère policière » tarde à s’élancer. Alors on répète les gammes, en attendant. « Qui touche un policier doit être incarcéré »« Rythme infernal, besoin d’une vie sociale ».

Le succès est mitigé, mieux vaut revenir aux fondamentaux. « Policiers en colère, policiers en colère » : le slogan est enfin repris en chœur par la foule dense qui se presse place de la Bastille. En manifestation, la simplicité a souvent du bon.

Il faut reconnaître que défiler dans la rue n’est pas une spécialité maison. Nombreux sont d’ailleurs les fonctionnaires à chercher leurs repères, en interrogeant à la cantonade : « Il y a du monde ? On est beaucoup ? C’est combien beaucoup ? » La préfecture préfère ne pas répondre à cette question métaphysique. Les syndicats avancent, eux, le chiffre de 27 000 participants, un ratio important sur une profession qui compte quelque 180 000 agents (policiers et administratifs compris).

Cinquante-deux cercueils en carton-pâte

Finalement, le chiffre importe peu, c’est davantage la composition éclectique du cortège qui donne à cette mobilisation son caractère inédit. Aux milliers de gardiens de la paix se mêlent également des officiers et des commissaires. Ces derniers n’ont pour la plupart pas tombé la cravate, mais en mêlant leurs pas à ceux des autres, ils confèrent à cette « marche de la colère » une dimension nouvelle : la police va mal, et cette fois-ci même les chefs le disent.

De mémoire de flic fraîchement retraité, Etienne n’avait jamais vu ça. « C’est la première fois qu’il y a un mouvement social comme ça. Je suis venu pour les soutenir, parce que leurs conditions de travail, leurs horaires, l’agressivité qu’ils subissent, tout ça devient insupportable. Heureusement qu’il y a une grande solidarité entre eux, c’est ça qui les fait tenir. »

Au hasard des rencontres, des agents qui pour certains ne se sont pas vus depuis des années se haranguent, s’interpellent, ravis de se retrouver. Deux ex-camarades refont le monde depuis la sortie de l’école de police. Un autre, rigolard, n’en revient pas de croiser son ancien commissaire : « Vous êtes là, patron ! »

L’ambiance est plutôt détendue, l’uniforme a été proscrit – il est interdit de défiler en tenue –, même si certains arborent des brassards « police ». Les cercueils noirs en carton-pâte qui circulent de main en main au milieu de la foule viennent cependant rappeler le contexte lourd qui entoure cette marche. Un hommage aux 52 fonctionnaires qui se sont ôté la vie depuis le début de l’année 2019, triste record.

« Cette vague de suicide a agi comme un électrochoc au sein de la profession, ça a ouvert une boîte de Pandore, et plein de choses sont sorties d’un coup », explique Christian Pous, vingt-neuf ans de maison et secrétaire régional de Champagne-Ardenne du syndicat Unité SGP Police-FO, majoritaire au ministère de l’intérieur.

Pour d’autres, c’est la sursollicitation due à l’enchaînement des « actes » des « gilets jaunes » qui a fait exploser l’équilibre précaire dans lequel se trouvait l’institution. « Il y a un grand ras-le-bol, on manque de moyens, d’effectifs, il y a toujours plus de pression, toujours plus de travail », lâche Jean-Philippe à l’arrière du cortège Alliance-Police nationale, l’un des principaux syndicats de gardiens de la paix.

La vie de famille s’en est ressentie douloureusement pour ce jeune père, qui raille la « prime “gilets jaunes” de 150 euros » concédée par le gouvernement. « Je suis divorcé, avec mon enfant [à charge] un week-end sur deux. A cause de la mobilisation, j’ai raté sept week-ends de garde. Sept… » Un peu plus loin dans le cortège, une banderole résume le sentiment ambiant : « On en a marre des salades, les poulets veulent du blé. »

French police officers attend the « March of Anger » to protest against poor working conditions in Paris, France, October 2, 2019. REUTERS/Christian Hartmann

« On veut la même chose que les gendarmes »

L’institution judiciaire en prend pour son grade. « On essaie de faire notre métier, on interpelle, mais ensuite la justice ne suit pas, la procédure est d’une lourdeur… Finalement les victimes sont désavouées et ça, c’est difficile à vivre pour nous », explique Pascal, imposant gaillard aux trente-deux ans de boutique.

On lorgne également la maison d’en face. « Franchement, les gendarmes ont pris le contrôle du ministère de l’intérieur, ils obtiennent ce qu’ils veulent et nous, ils ne nous écoutent plus », assure Charles, un officier. « Ce n’est pas compliqué, on veut la même chose que ce qu’ont les gendarmes », appuie un commissaire. Une référence aux assurances qu’ont reçues les militaires concernant la réforme des retraites. Les policiers veulent obtenir un engagement ferme sur la préservation de leur statut spécial, en raison de la dangerosité et de la pénibilité de leur profession, avec un départ anticipé possible dès l’âge de 52 ans et une bonification d’une annuité, toutes les cinq années travaillées.

Les gendarmes, justement, se tiennent à quelques mètres de là, chargés d’encadrer la manifestation et d’assurer le maintien de l’ordre. Le risque ne vient pas du cortège, qui défile dans le calme, mais plutôt des grappes de quelques dizaines de « gilets jaunes », qui se sont agglutinés le long du parcours. Parmi eux, Eric Drouet, l’une des figures du mouvement.

Chaque fois, les gendarmes les encerclent pour empêcher tout contact avec les manifestants, au prix de quelques heurts. Une femme qui proteste est vivement tirée par le bras et chute au sol, se blessant au visage. Elle est prise en charge par les mêmes gendarmes. A l’autre bout de la manifestation, le reporter indépendant Gaspard Glanz, spécialisé dans la couverture des mouvements sociaux, s’accroche avec le cordon de tête assuré par les syndicats. Il est finalement interpellé par la police, sur un motif administratif.

Le reste de la marche se déroule dans le calme. La manifestation se disperse vers 17 heures, place de la République. Avec la promesse de revenir, si la situation ne s’améliore pas. Un policier à la retraite, qui refuse de donner son nom, joue les Cassandre : « La police nationale, c’est le dernier rempart de la République ; à l’Elysée, ils devraient faire attention à ce qu’il ne s’effondre pas parce qu’ils sont juste derrière. »

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