Publié par Isaac Franco le 8 octobre 2019

Vendredi 24 mai 2019 : Donald Trump informe publiquement qu’il charge son ministre de la justice d’enquêter sur la genèse de l’affaire de sa prétendue collusion avec la Russie, une accusation qui, on se le rappelle, mènera à la nomination du procureur spécial Robert Muller dont le rapport final exonérera le président, au grand dam des démocrates qui voyaient là tous leurs espoirs d’impeachment ruinés. A cet effet, il invite ce même jour Bill Barr à solliciter l’aide des services de renseignement du Royaume Uni, de l’Australie et de…l’Ukraine.

Réaction des Démocrates et de leurs relais médiatiques ? Aucune.

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25 Juillet 2019: Donald Trump aurait trahi son serment et compromis la sécurité de son pays en sollicitant dans un entretien téléphonique l’aide de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour relancer une enquête sur une affaire qui, curieusement, ne suscite, elle, toujours aucune curiosité ou réprobation.

Eclairage sur la dernière tentative de destitution en date du président américain qui met les Démocrates et la grande majorité des médias américains (et européens) dans un état voisin de l’apoplexie.   

La nature du « service » demandé par Trump à Zelensky ce 25 juillet dernier au téléphone: enquêter sur le renvoi de Viktor Shokin, procureur général ukrainien, alors qu’il travaillait sur plusieurs affaires de corruption suspectes dont celle des liens entre Burisma, une société pétrolière ukrainienne privée, et Hunter Biden. En cause, le mandat d’administrateur de Hunter Biden dans le conseil d’administration de Burisma, un mandat royalement rémunéré du printemps 2014 à l’automne 2015 (83.000 $/mois, soit un total de 3 millions de dollars), alors que le bénéficiaire de tant de munificence ne connaît rien de l’Ukraine et des activités liées à l’énergie. Ce qui pose problème? Le renvoi de Shokin est exigé en mars 2016 par Joe Biden, le père de Hunter Biden, vice-président des EU de son état et agissant ès qualité, et chargé d’affaires spécial du président Obama pour l’Ukraine. Une exigence formulée par Joe Biden en personne, assortie d’une menace très explicite: pas de garantie américaine sur un prêt de 1 milliard de dollars au profit de l’Ukraine si leurs autorités ne s’exécutent pas dans les six heures, soit la durée du déplacement à Kiev du vice-président américain. Le genre de « proposition doncorleonesque » qu’on ne peut refuser. De fait, les autorités ukrainiennes se débarrassent derechef de Shokin et enterrent en même temps l’enquête sur le rejeton du vice-président, lequel se vantera publiquement en janvier 2018 de ce haut fait d’armes alors qu’il est l’hôte du Council on Foreign Relations… Une fanfaronnade que personne chez les Démocrates et leur chambre d’écho médiatique n’évoque de bonne grâce. Dame, un vice-président qui abuse grossièrement de son pouvoir politique pour sortir son fils du pétrin, ça risque fort d’achever de ruiner les chances déjà passablement réduites du candidat Joe Biden de représenter son parti à l’élection présidentielle de novembre 2020. D’autant que, au moment même où Hunter Biden devient membre du conseil d’administration de Burisma (qui coïncide donc avec le mandat de vice-président des EU de son père), Mykola Zlochevsky, fondateur de la société, intime de l’ancien président Viktor Yanukovych lui-même proche allié de Vladimir Putin, est accusé par le procureur Shokin de blanchiment d’argent et ses biens saisis en Grande-Bretagne. Il ne rentrera dans son pays, qu’il fuit en 2014, que par la grâce de Youriy Lutsenko, le successeur du procureur déchu sur ordre de Joe Biden…

Biden fils – Burisma – Zlochevsky – Yanukovych – Putin – Biden père.

L’Ukraine, possible voire probable point de départ de la Russia collusion ?

Voilà qui nous ramène à la mission confiée publiquement par le président à son ministre de la justice Bill Barr dès le 24 mai dernier d’enquêter en Grande-Bretagne, Australie et Ukraine sur la genèse de l’affaire de sa prétendue collusion avec la Russie, et au « service » demandé par Trump à Zelensky deux mois plus tard au téléphone. C’est alors qu’apparaît miraculeusement dans ce théâtre d’ombres un (voire deux) prétendu « lanceur d’alerte » selon toute vraisemblance membre de la CIA entré en « résistance » contre Trump, à l’instar de l’échelon le plus élevé de l’organisation qui avait largement trempé dans le Russia Hoax. L’enquête déjà en cours sur les enquêteurs du Russia Hoax et les rapports de l’Inspecteur général Michael Horowitz et du procureur fédéral John Durham, dont les conclusions attendues pour bientôt terrifient les Démocrates, révéleront l’étendue de la possible implication de la précédente administration.  

Nul ne sait vraiment à ce jour si la demande de « service » de Trump à Zelensky était, ou non, assortie d’un quid pro quo et si oui, lequel (crédit retenu, invitation officielle à la Maison Blanche?). Le président s’en défend même si la retranscription de son entretien avec le président ukrainien ne lève pas tous les doutes quant à la possibilité qu’il aurait « usé de son pouvoir à des fins personnelles ». Il restera de cette nouvelle « affaire » que la vérité des uns ne sera jamais celle des autres et que la guerre idéologique qui oppose frontalement deux représentations inconciliables de l’Amérique continuera jusqu’à novembre 2020 et au delà, la procédure de destitution lancée par la speaker de la chambre basse n’ayant aucune chance d’aboutir, une majorité des deux tiers au Sénat étant requise pour la prononcer. Mais pour les Démocrates frustrés des conclusions du rapport Muller exonérant le président de collusion avec la Russie lors des élections de novembre 2016, l’accusation de collusion avec l’Ukraine aux fins de discréditer l’un des trois candidats favoris pour remporter la nomination du parti, vient à point nommé pour entretenir cette stratégie de délégitimation du président lancée et poursuivie sans relâche depuis que Donald Trump a fait acte de candidature en 2015.

Un contre-feu d’autant plus opportun que Bernie Sanders, le second de ces trois candidats à la nomination du parti démocrate, se remet d’une crise cardiaque et que, tout comme Joe Biden, il approchera les 80 ans le jour d’une très hypothétique victoire en 2020. Et qu’Elisabeth Warren, la troisième candidate pressentie, représente avec Sanders l’aile la plus radicale du parti, celle la plus susceptible d’effrayer ceux des électeurs démocrates qui se proclament encore modérés. Et que sans ce parfum de scandale permanent autour des agissements prêtés à Donald Trump, les chances de l’un(e) ou l’autre des trois principaux candidats démocrates de l’emporter en novembre 2020 passeraient de minces à improbables… 

Isaac Franco, Chroniqueur à Radio Judaïca Bruxelles

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