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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 9 octobre 2019

Le retrait de 50 soldats américains de Syrie, annoncé par le président Trump, a déclenché les foudres des Démocrates, mais aussi d’une partie des Républicains, et plus généralement, de l’establishment de Washington et des médias.

Il se trouve que Trump, à mes yeux, fait un certain nombre de bourdes au quotidien : il s’engage dans des petits conflits mesquins avec des personnes qui n’en valent pas la peine, au lieu de mettre l’accent sur ses extraordinaires accomplissements.

Et il se trouve que parmi ses extraordinaires accomplissements, il y a bien entendu le chômage au plus bas depuis 50 ans et l’économie en plein boom, mais surtout sa politique étrangère. Digne des plus grands stratèges et des plus grands dirigeants du monde contemporain.

Sur les quelque 1 000 soldats américains encore présents en Syrie, le président a déclaré qu’environ 50 à 100 opérateurs spéciaux seront transférés vers d’autres bases du pays.

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Voici les explications du colonel (en retraite) Douglas McGregor, auteur du livre Margin of Victory* (les cinq batailles qui ont changé la face des conflits contemporains), sur la formidable décision de Trump de se retirer de Syrie.

 » Le marécage est manifestement très perturbé parce que, le président a fait quelque chose dont je n’ai pas été témoin au cours des 30 dernières années. Il a injecté de la stratégie dans la politique étrangère et de défense américaine », explique McGregor.

Trump a dressé les acteurs régionaux les uns contre les autres

Le conflit en Syrie a créé des unions contre nature de groupes aux intérêts divergents.

  • Le président Trump s’est engagé à éradiquer ISIS et il l’a fait.
  • Il ne s’est jamais engagé, de quelque façon que ce soit, auprès des Kurdes, qui ont pleinement profité de l’aide américaine contre ISIS.
  • Il ne s’est jamais engagé à éliminer ou soutenir Assad.
  • Il est parfaitement conscient que si les troupes américaines étaient attaquées soit par l’Iran, soit par la Russie, soit par la Syrie, un conflit de grande envergure en découlerait.
  • Les Américains n’ont aucun intérêt en Syrie, et n’ont rien à gagner de leur présence, au-delà de l’éradication d’ISIS, qui représentait un danger terroriste majeur sur le sol américain– et la doctrine américaine est de mener le combat sur leur terrain plutôt que sur le nôtre.
  • L’Iran et les Etats-Unis étaient « alliés » à la Syrie pour combattre ISIS. L’alliance était contre-nature.
  • ISIS était dans un premier temps aidé par la Turquie, membre de l’OTAN.
  • Les Etats-Unis d’Obama, qui combattent le terrorisme, armaient des terroristes contre d’autres terroristes.
  • Assad, pour conserver l’indépendance de son pays, a invité deux puissances étrangères à y prendre racine, précisément en contradiction avec son objectif de souveraineté nationale.
  • La Turquie, ennemie des Kurdes syriens, s’est appuyée sur eux pour bloquer l’avancée d’ISIS au Nord-Est.
  • Dans notre combat contre ISIS, nous avons également fait alliance avec les maoïstes kurdes.

Enfin, comble du bourbier dans lequel nous étions fourrés, dans notre course pour trouver des « rebelles modérés », nous avons fini par armer Al Nusra, le réseau d’Al-Qaïda en Syrie. Vous imaginez, les Etats-Unis qui arment Al-Qaïda !

Jouer l’imbroglio, et contraindre les acteurs sur le terrain à exacerber leurs intérêts opposés, voilà le trait de génie de Trump.

Dans le Chigaco Tribune, Steve Chapman, membre du comité de rédaction, rappelle cette réalité pourtant oubliée :

C’était une erreur pour les États-Unis de s’aventurer en Syrie, mais nous avons eu la chance d’éviter des conséquences catastrophiques– contrairement, disons, à l’Irak ou la Libye.

C’était un pari raisonnablement réussi. Mais un joueur intelligent sait quand prendre ses gains et rentrer chez lui.

chicagotribune.com

Trump a renvoyé dos à dos la Turquie et ISIS

  • Trump s’est tourné vers M. Erdogan, qui tente depuis très longtemps d’arracher une partie de la Syrie.
  • Erdogan veut réinstaller des réfugiés arabes sunnites dans le nord-ouest de la Syrie, et créer une sorte de zone de sécurité pour les intérêts turcs.
  • Trump a dit à Erdogan : « Vous pouvez faire ce que vous voulez, mais maintenant vous êtes responsable d’ISIS ». Si ISIS relève la tête, si ISIS revient, c’est votre problème et vous devez le régler ».

C’est un point très important, explique McGregor. Le président a transféré le fardeau de la responsabilité de quelque chose qui est clairement régional, et l’a clairement mis sur le dos de la Turquie.

N’oublions pas, ajoute McGregor, que M. Erdogan est aussi en partie responsable de la mise sur pied d’ISIS. Puis ISIS s’est avéré être un monstre comme Frankenstein, et Erdogan a décidé qu’il fallait le mettre sous contrôle. »

La Russie face à la Turquie

 » Dans le même temps, la Russie a promis à Assad de maintenir l’intégrité territoriale de la Syrie, rappelle McGregor. Comment la Russie va-t-elle traiter avec M. Erdogan, qui a décidé de découper une partie de la Syrie à ses propres fins »

Et puis il y a l’Iran

  • L’Iran veut maintenir sa connectivité avec le Liban et son alliance chiite dans ce pays.
  • Mais comme les Turcs dominent le nord de la Syrie, l’Iran ne pourra plus, ou du moins aura beaucoup plus de difficultés, à se connecter avec le Liban.

 » Le fait est que le président Trump a fait échec et mat tous les acteurs clés de la région en Syrie » conclut le colonel McGregor. « Maintenant, ils doivent s’affronter pour garder le contrôle. »

Et les Kurdes dans tout ça ?

Toute la journée à la télévision, partout dans les commentaires, on entend dire que les Kurdes sont vraiment les seuls alliés dans la région et que Trump les a lâchement abandonnés. En gros, tout le monde rend hommage aux Kurdes syriens et dit que Trump les a poignardés dans le dos.

N’oubliez pas une chose : les médias sont tellement anti-Trump, que s’il marchait sur l’eau, ils se moqueraient de lui et diraient qu’il ne sait pas nager. Et si demain il découvre un médicament qui soigne le cancer, ils diront qu’il a mis les médecins au chômage et les hôpitaux en faillite.

Aussi dois-je rappeler quelques faits pour lesquels les médias font un tel écran de fumée, qu’on finit par totalement les oublier.

  1. Que veulent les Kurdes ? Une seule chose : établir leur Etat, le Kurdistan.
    1. Trump ne s’est jamais engagé à les y aider.
    2. Les Américains ne le veulent pas– ce n’est pas leur combat.
    3. Trump a fait campagne sur la promesse de se retirer de Syrie, pas d’y rester– il tient promesse, ça dérange.
  2. Où se situent les Kurdes, géographiquement ? A cheval sur quatre territoires.
    1. Créer leur Etat, leur objectif ultime, implique le quadruple territoire de la Syrie, de l’Iran, de la Turquie et de l’Irak.
    2. Si Trump était sommé de ne pas « abandonner » les Kurdes, alors il devrait intervenir massivement et directement : contre la Turquie sur le sol irakien, en Syrie contre les Russes et l’Iran, en Iran et en Turquie. Parlez-moi d’une guerre mondiale…
  3. Combien et où vivent les Kurdes, au Moyen-Orient ?
    1. Turquie : 15 à 20 millions
    2. Iran : 10 à 12 millions
    3. Irak : 8 à 8,5 millions
    4. Syrie : 3 à 3,6 millions
    5. Total : 36 à 44 millions.
  4. Soyons raisonnables. L’armée américaine– il restait 2000 soldats en décembre 2018, plus qu’une poignée aujourd’hui– a beau être puissante, je ne crois pas qu’une seule personne puisse prétendre qu’elle peut protéger 36 à 44 millions de Kurdes répartis sur 4 pays…

Et je demande à voir combien, parmi ceux qui aujourd’hui hurlent que Trump abandonne les amis de l’Amérique qui l’ont aidé à combattre ISIS, approuveraient une quadruple intervention militaire…

Souvenons-nous encore que la décision de la Turquie d’occuper un territoire incontestablement kurde près d’Afrin, en Syrie, a failli conduire à une crise majeure lorsqu’Ankara et Washington se sont menacés mutuellement. La Turquie s’apprêtant à créer sa propre zone tampon, les forces américaines pourraient se trouver au milieu d’une guerre plus vaste– et personne ne le souhaite.

Dans un tweet, le président Trump a également rappelé pourquoi la mission américaine devait se terminer.

 » Les Kurdes se sont battus avec nous, mais ils ont reçu des sommes d’argent et de l’équipement considérables pour le faire.

Ils combattent la Turquie depuis des décennies. La Turquie, l’Europe, la Syrie, l’Iran, l’Irak, la Russie et les Kurdes vont devoir régler la situation. »

 » Le départ de l’armée américaine livre les Kurdes aux Turcs »

15 à 20 millions de Kurdes vivent en Turquie. De quoi parle-t-on exactement, j’ai du mal à comprendre, lorsque Trump est accusé d’abandonner les Kurdes ?

Et s’il s’agit du petit contingent de forces américaines basées dans la région kurde du nord de la Syrie, ils sont totalement en sous-nombre dans le cas d’une avancée turque pour conquérir le nord de la Turquie.

Enfin, les États-Unis ne peuvent et ne doivent pas rester en Syrie pour protéger la zone kurde non officielle et semi-autonome connue sous le nom de Rojava : les Kurdes avaient leurs propres raisons de combattre ISIS et n’ont donc pas pour autant mérité, obtenu, gagné des Etats-Unis une protection permanente, en particulier contre la Turquie.

Les Kurdes doivent choisir leur alliance

Colonel McGregor :

 » Avant notre arrivée, les Kurdes communistes maoïstes du nord de la Syrie, qui ont une longue histoire et des relations étroites avec Moscou, étaient toujours intéressés à s’allier à toute personne susceptible de faire avancer leur cause, c’est à dire l’indépendance pour eux-mêmes en Syrie et des attaques contre les Turcs, qu’ils considèrent comme leurs ennemis.

En notre absence, les Kurdes doivent maintenant prendre une décision.

• Faire la paix avec Damas, ce que les Russes leur ont dit de faire, ce que nous leur avons dit en privé de faire, ce que le gouvernement syrien voudrait qu’ils fassent,

• Ou les Kurdes décideront-ils d’affronter les Turcs, seuls ?

Je pense que les Kurdes syriens décideront qu’il est probablement dans leur intérêt d’être du côté de Damas.

Donc, une fois qu’on se retirera, je pense que c’est ce qu’on verra arriver.

Et en effet, les Kurdes et le régime d’Assad sont parvenus à un modus vivendi dès le début du conflit : ils ne se sont pas affrontés, et se sont concentrés sur l’ennemi commun. Depuis lors, ils ont négocié un rapprochement informel.

La Turquie menaçant d’envahir la ville d’Afrin, comme elle l’avait fait précédemment, les Kurdes n’ont d’autre choix que de se concentrer sur cet ennemi bien plus dangereux, et de s’allier à Assad.

Trump fait passer les Américains avant l’establishment

En 2013, le Congrès américain a refusé d’autoriser une intervention en Syrie, lorsque le président Obama leur a posé la question. Ils ont refusé de le faire parce que les sondages montraient que les Américains s’opposaient massivement à l’intervention, à peu près 70-30.

Le président Trump a mis le feu au marécage puant de Washington avec son tweet, tôt lundi matin, annonçant sa décision de retirer enfin nos troupes du nord de la Syrie.

Trump a fait preuve d’une grande bravoure avec cette décision, étant donné les inévitables réactions politiques vitrioliques qu’il s’attendait à recevoir, surtout au beau milieu de la procédure d’impeachment promise par les Démocrates.

Rappelons que le président a fait campagne pour faire passer l’Amérique en premier, et il tient cette promesse, quelle que soit la colère de l’establishment. Il a fait campagne en disant qu’il ne voulait plus des « guerres sans fin », et il tient promesse.

Sa décision mettra fin à risquer des vies américaines pour un combat qui n’est pas le leur, et à gaspiller l’argent des contribuables pour « maintenir l’ordre » dans la politique au Moyen-Orient.

Cela aurait dû être fait depuis longtemps, étant donné que nos objectifs en matière de sécurité en Syrie, l’anéantissement de l’Etat islamique naissant, ont été atteints.

Israël grand gagnant

  • Israël profite largement du retrait américain, car si la Turquie avance sur le Nord-est syrien, il devra affronter l’Iran, qui ne peut pas laisser Erdogan s’installer.
  • L’Iran est intéressé à maintenir ses liens avec le Hezbollah, et ils passent géographiquement par cette région que vise Erdogan.
  • Les Russes n’ont aucun intérêt à faire de la Syrie une plate-forme d’attaque contre Israël, c’est pourquoi ils laissent l’aviation israélienne bombarder les bases militaires et détruire les dépôts d’armement iraniens.

McGregor:

Les Russes et les Iraniens ont été faits mat par les Turcs, et maintenant les Turcs, et les trois autres acteurs avec la Syrie, doivent faire face à la réalité qu’Israël et les États-Unis bénéficient de notre retrait. »

Que disent les critiques

  • Une école de critiques prédit qu’en l’absence de présence militaire américaine, ISIS fera un retour en force.

Il s’agit là d’une préoccupation sérieuse, qui mérite d’être examinée, puisque quelque chose de semblable s’est produit lorsque l’ancien président Obama a retiré ses troupes d’Irak en 2011.

Mais cela ne se produira pas en Syrie.

Comme je l’explique plus haut, et que l’a rappelé à juste titre Trump, une Turquie impliquée aura de fortes raisons sécuritaires de ne pas permettre à ISIS de réapparaître.

Il en sera de même pour les voisins régionaux tels que la Russie.

Et si jamais une menace terroriste devait réapparaître, les États-Unis n’auraient pas besoin de troupes sur le terrain pour intervenir et la combattre par des frappes à distance– ce qu’Obama s’était interdit de faire parce que cela nuisait à l’environnement.

  • L’autre grande préoccupation est qu’en nous retirant, nous condamnerons nos alliés kurdes à mort en les laissant aux mains des forces turques.

Il faut bien comprendre que la Syrie continuera d’être une zone sanglante avec des morts de toutes parts pendant encore longtemps, et il est peut-être vrai que le départ met les Kurdes en danger. Mais seulement s’ils ne se décident pas à faire alliance avec Assad.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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