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Publié par Gaia - Dreuz le 10 octobre 2019

Source : Atlantico

Le document de travail destiné aux participants du « synode des évêques pour l’Amazonie » nous propose une nouvelle religion, un nouveau messianisme, « amazonien », néo-rousseauiste et même, carrément, d’inspiration païenne. Analyse (partie 1/2).

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epuis qu’il a été publié à la mi-juin 2019, le document de travail destiné aux participants du « synode des évêques pour l’Amazonie », intitulé « Nouveaux Chemins pour l’Eglise et pour une écologie intégrale », a fait l’objet de commentaires déjà nombreux. Essentiellement d’opposants, qui l’ont vivement critiqué, tel le Cardinal Brandmüller ou le Cardinal Burke; en revanche, les auteurs du texte se font extrêmement discrets: ce n’est que récemment que l’on a su que leur chef d’équipe était Paulo Suess, un représentant de la « théologie de la libération » âgé de 81 ans et ce que je vais exposer fera mieux comprendre pourquoi une sorte de conspiration du silence a entouré la préparation du synode. 

On a certes entendu ici ou là des journalistes nous expliquer que cette réunion romaine, qui se déroulera du 6 au 27 octobre 2019, allait permettre – enfin, disent-ils – de commencer à généraliser le mariage des prêtres et l’ordination des femmes. On est en l’occurrence dans le vieux refrain de la nécessaire modernisation de l’Eglise catholique. Et le groupe d’activistes qui entend mener à bien les objectifs du synode, attend certainement de la réunion qu’elle débouche sur ces résultats. Cependant, il ne s’agit que d’une partie de ce qu’on ne peut pas appeler « agenda caché » puisque tout est exposé sous nos yeux. Le document dépasse largement le contexte des habituelles discussions sur l’aggiornamento de l’Eglise de Rome. On est visiblement sorti d’une interprétation, même très large, du Concile Vatican II et de ses suites.  

Il faut lire in extenso ce document pour se rendre compte que l’on a basculé dans autre chose. On n’est plus dans la « réforme du catholicisme ». Pour le dire sans détour, on n’est même plus dans le christianisme. Le document nous propose une nouvelle religion, un nouveau messianisme, « amazonien », néo-rousseauiste et même, carrément, d’inspiration païenne. 

Cela crée une situation inédite. Apparemment, une mutation a eu lieu, dans une partie de l’Eglise catholique, qui produit quelque chose de complètement étranger, non seulement à la tradition de l’Eglise mais au christianisme lui-même: aucun protestant fidèle à sa dénomination ne peut adhérer à ce texte plus qu’un catholique ou un orthodoxe fidèles à la foi de leur baptême. En 1986, le Vatican, par l’intermédiaire du Cardinal Ratzinger, aujourd’hui pape émérite, avait condamné la théologie marxiste de la libération; visiblement, l’esprit de contestation n’a pas été éradiqué, il s’est transformé. Et il revient, plus virulent que jamais. Une génération plus tard, il resurgit comme un boomerang, créant une situation inédite dans l’histoire de l’Eglise, aux conséquences imprévisibles. 

Le document de travail du synode n’a plus rien de chrétien

En commençant la lecture, je pensais devoir me confronter à un texte théologiquement complexe, où il faudrait aller distinguer des nuances. Depuis le synode, en deux parties, sur la famille, qui s’est déroulé en 2015-2016, n’assiste-t-on pas à une contestation, par des cardinaux et des théologiens, de plusieurs passages d’  « Amoris Laetitia », le texte du Souverain Pontife qui tire les conclusions des deux sessions? Quatre cardinaux, en particulier, ont formulé des dubia, ou doutes (théologiques) et demandé au pape François des éclaircissements. On restait en l’occurrence dans le cadre d’une discussion de la doctrine morale de l’Eglise. Or rien de tel n’est possible avec l’Instrument de Travail du synode pour l’Amazonie; car une caractéristique du texte saute aux yeux dès les premières pages: il n’a absolument rien de chrétien ! 

Il y a quelques années encore, les débats au sein de l’Eglise portaient sur des différences de points de vue entre « conservateurs » et «progressistes ». Ainsi en va-t-il, par exemple, des débats sur la liturgie: devant une forte demande de retour à la liturgie latine du Concile de Trente, le pape Benoît XVI en  a autorisé, en 2008, une réintroduction pour les fidèles qui le souhaiteraient, parallèlement à la liturgie latine aujourd’hui la plus répandue, celle de Paul VI, issue du Concile Vatican II . On reste dans le cadre d’un débat entre catholiques. Il existe aussi des divergences entre catholiques quant au degré de rapprochement possible avec les orthodoxes ou les protestants.  C’est un débat sur les relations entre chrétiens. Mais aucune confession chrétienne, qu’elle soit liée à Rome ou non, ne peut se reconnaître dans le document préparatoire du synode amazonien. 

Il y manque en effet l’essentiel du christianisme. Le Christ n’y est pas présenté comme le Rédempteur, venu apporter par son sacrifice volontaire le salut de l’humanité. La Passion et la Résurrection, sans lesquelles il n’y a pas de christianisme, sont marginales dans le document de travail.  Jésus, quand il est mentionné dans le texte – et c’est peu souvent et jamais de manière organique avec les développements – est vu comme le prétexte d’une conversion à « l’écologie intégrale ». Pour les chrétiens, Jésus est à le « vrai Homme uni au vrai Dieu ». Or, on a du mal à discerner la divinité de Jésus dans l’InstrumentumLaboris. 

En l’occurrence, le lecteur va de surprise en surprise. Il y a une confusion permanente et totale entre ce que le christianisme appelle les domaines naturel (la création, périssable) et surnaturel (la vie en Dieu, à propos de laquelle le chrétien croit que le Christ, par sa prédication, ses actes, sa souffrance sur la Croix et sa résurrection d’entre les morts, est venu lui donner l’accès). Par exemple, dans le document de travail du synode, la notion de communion renvoie d’abord à la « communion avec la nature » et il y a une confusion entretenue avec la communion, au sens catholique ou orthodoxe, celle de la consommation par le fidèle, du corps du Christ sous la forme du pain consacré par le prêtre sur l’autel; même un protestant ne s’y retrouvera pas: il partage avec ses frères en Christ, la distinction fondamentale entre le créé et l’incréé et le mémorial de la Passion et de la Résurrection du Seigneur, tel qu’il le célèbre au Temple, n’implique certes pas la « Présence Réelle » du Christ mais il est remémoration d’un fait humain, le Dernier Repas de Jésus avec ses apôtres, et non l’expression d’une communion avec la nature qui précède l’homme dans l’histoire de l’univers. 

Il n’y a, toujours dans l’Instrumentum Laboris du synode, aucune distinction entre la Création et son Créateur. Le texte est en fait païen,  panthéiste – Dieu se confond avec la nature: l’Esprit Saint, quand le document de travail en parle,  n’est pas, au sens chrétien, l’Eternel Incréé continuant sa création jusqu’à conformer l’homme au Christ pour le rendre participant de la vie divine; quand le texte parle de la vie, elle se confond avec la biodiversité; il n’est jamais question de vie surnaturelle. La sagesse amazonienne est communion avec la nature et avec un Dieu qui n’est pas distinct de cette nature. Il n’y a pas de distinction entre l’esprit des cultures amazoniennes et l’esprit divin. 

Stupéfiante négation de l’élection d’Israël

Le Document de Travail du Synode abolit l’élection d’Israël. Il substitue au peuple aimé et choisi par Dieu, une entité quelque peu mystérieuse: l’Amazonie, souvent déclinée comme les « peuples amazoniens » ou comme peuples, identité et cultures de cette région, comme autochtones – comme migrants aussi, quelquefois. Même si ce dont il s’agit est souvent imprécis, aucun doute sur le fait que l’unicité d’Israël et la spécificité de la Révélation biblique sont abolies. Les prophètes Isaïe ou Ezechiel sont bien cités, mais, comme le Rédempteur, il ne s’agit jamais d’établir un lien organique avec le corps du texte. Pas plus que la Vierge, Mère du Sauveur, citée in extremis, ils n’appartiennent à la substance du texte. Surtout, il est répété de nombreuses fois que la sagesse amazonienne est la source à laquelle il faut désormais puiser. Le texte joue avec l’idée selon laquelle l’Amazonie serait un nouvel Eden et une nouvelle Terre promise à la fois. Il pose la réalité amazonienne comme la nouvelle source de la sagesse à laquelle doit puiser la cause de l’écologie intégrale, elle-même substitut à l’Evangile. 

On reste assez perplexe de constater avec quelle facilité le dialogue oecuménique et le renouveau du regard porté sur l’élection d’Israël et donc sur les relations avec nos frères juifs, deux piliers du Concile Vatican II, sont oubliés dans ce document préparatoire. Oublié l’immense travail des papes depuis Vatican II pour dialoguer avec les chrétiens d’autres confessions; oublié aussi, et visiblement sans aucun état d’âme, le caractère unique du peuple hébreu, d’Israël, le fait que, comme le dit l’Evangile de Jean: « Le salut vient des Juifs ».  Peut-on imaginer, en effet, un dialogue avec nos frères protestants sans mettre l’Ecriture –  le Premier Testament comme le Nouveau – au centre? Peut-on imaginer de continuer le dialogue, intensifié dans Nostra Aetate puis sous le pontificat de Jean-Paul II, avec nos frères juifs, si l’on substitue une autre élection à celle d’Israël? Abraham, Jacob, David et les prophètes du monothéisme hébreu n’ont plus leur place dans l’Instrumentum Laboris. Il y a abolition de la Bible au profit de la sagesse et de l’exemple amazoniens.  

Et cela nous ramène d’ailleurs à l’une des questions centrales du texte. Les différentes confessions chrétiennes partagent avec le judaïsme un refus absolu de toute idolâtrie: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme, de tout ton coeur et de toutes tes forces» et « Tu n’auras pas d’autre Dieu que lui » dit l’Ecriture que partagent le judaïsme et le christianisme. Toute la Bible est construite sur un mouvement de séparation d’avec la nature, avec le culte de la Terre Mère: il faut quitter l’idolâtrie des forces naturelles, laisser son environnement, sa famille même,  pour aller vers Dieu et une vie nouvelle fondée sur la distinction absolue entre l’être créé et l’être incréé. Or le document de travail du synode ne cesse de souhaiter le contraire. Il inverse, il veut annuler le chemin suivi par Abraham, celui d’une rupture avec le paganisme et les idoles. Le christianisme, le judaïsme, sont des religions qui affirment la paternité d’un Dieu transcendant, distinct de la nature. Le Document de Travail du synode nous ramène en permanence au culte de la Terre Mère, aux religions pré-abrahamiques. 

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