Publié par Dreuz Info le 18 octobre 2019

Depuis Nietzsche, nous le savons: «Personne ne ment autant que l’homme indigné.» 

Source : éditorial du Figaro, par Vincent Trémolet de Villers

Dans cette énième hystérie collective autour du voile islamique, tout sonne faux, tout est oblique: du conseiller régional en manque de notoriété qui, outrageusement et sans aucune dignité, met en accusation une mère de famille, aux stars du show-biz, entrepreneurs identitaires, comiques intersectionnels qui, dans un texte où l’indécence le dispute à la boursouflure, dénoncent «une stigmatisation au plus haut sommet de l’État». 

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Une névrose collective qui nous éloigne d’un problème aussi sensible que central. Le ministre de l’Éducation nationale l’a parfaitement résumé: «Le voile n’est pas souhaitable» pour l’avenir de notre société. «Blanquer, c’est Le Pen en pire!», ont repris en chœur les nouvelles ligues de vertus. Que fallait-il dire? Que le voile est souhaitable pour l’avenir de notre société? Qu’il est l’avenir de la femme française? Allons! Arrêtons la fanfare du grand cirque et regardons les choses en face.

De burqa en burkini, les agitateurs de l’islam politique testent (par ces vêtements faussement traditionnels) la résistance de la société française. Alternant sans cesse provocation et plainte victimaire, geste conquérante et affliction du persécuté, ils transforment une tenue «culturelle» en manifeste. Une expression vestimentaire du «on est chez nous» qui fragmente, un peu plus, l’archipel français. Il suffit de quitter le quartier des ministères et d’arpenter Saint-Denis ou Trappes pour le comprendre. Toutes les femmes qui portent le voile ne partagent évidemment pas cet esprit, mais il progresse – et nombre de musulmans le déplorent – au grand galop.

Conviction intime? Dissidence affichée? Dans la sphère privée, ce n’est pas à la République de trancher. Mais c’est son plein droit et même son devoir d’exiger dans ses services publics, comme à l’école, qu’il n’y ait pas d’équivoque. En ce sens, une nouvelle loi pour les accompagnantes ne serait pas inutile. La première urgence, pourtant, c’est d’appliquer déjà nos lois. Les burqas s’affichent fièrement, les prédicateurs de haine poursuivent impunément leurs prêches et l’imam qu’écoutait Mickaël Harpon, le terroriste de la Préfecture de police, est toujours sur notre territoire. Voilà ce qui devrait vraiment nous indigner.

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