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Publié par François Sweydan le 19 octobre 2019
Réfugiés juifs égyptiens arrivant au Pirée (Grèce, 1957).
Réfugiés juifs égyptiens arrivant au Pirée (Grèce, 1957). Au cours de la première moitié de 1957, la Grèce a été le premier point de débarquement de milliers de Juifs expulsés ou fuyant d’Égypte, pris en charge par le JDC, le Conseil local des communautés juives et l’Agence juive avant d’immigrer en Israël (Jewish Virtual Library)

1956-1957 : Le « khamsin » annonce la fureur d’un Sirocco encore plus virulent de miasmes malsains. Autour de l’équinoxe du printemps les portes de l’enfer s’ouvrent sur l’Égypte avec ses tempêtes de sable étouffantes et sa fournaise paralysant toute vie, balayant sur son passage les juifs habitant les rives du Nil depuis l’époque biblique.

Magna est veritas et praevalebit

(La vérité est puissante et elle triomphera)

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Les vents funestes de l’histoire

Le « Khamsin » veut dire la « Cinquantaine », celle d’un ciel oppressant, couleur orange foncé, saturé de sable et de poussière. Entre ciel et terre, c’est un gigantesque mur d’épais nuages de dunes soulevées du Sahara égyptien ou du désert Oriental et l’Isthme de Suez. Il avance menaçant et s’abat sur toute la vallée du Nil jusqu’aux confins du Sinaï et sur Israël. Aux environs de l’équinoxe du printemps, un vent méridional sec et brûlant, régulier et entêtant, pouvant atteindre par rafales les 140 km/h, souffle par intermittence une cinquantaine de jours durant le mois d’avril et occasionnellement en mars et mai, semant sur son passage des maux ophtalmiques, respiratoires et intestinaux.

Ce roman « vécu » est la consécration de tout ce que l’historienne Bat Ye’or a écrit jusque-là, la quintessence de l’essentiel qui vient du cœur et qui parle à l’esprit sensible. Et s’il y eut en avant dernier lieu Autobiographie Politique (Les Provinciales, 2017)[1], ici, dans Le dernier khamsin des Juifs d’Égypte (Les Provinciales, 2019)[2], il s’agit d’une autobiographie littéraire dont l’héroïne est Elly, jeune fille juive de vingt ans en 1956, native du Caire, témoin et actrice de l’Histoire à cette date charnière. C’est une archéologie de la mémoire et de l’exil, de l’exode pendant les années 1940-1960 des juifs d’Orient et particulièrement d’Égypte, pays de naissance et patrie de Bat Ye’or, « fille du Nil » (Gisèle Littman-Orebi, de son nom). C’est une douloureuse introspection au plus profond de l’identité annihilée, mais enfin retrouvée et apaisée.

Je n’étais pas encore né lorsque la révolution de 1952 est advenue en Égypte – en fait un coup d’État d’officiers de l’armée égyptienne. Je me suis rappelé un tas de bien tristes histoires que les adultes racontaient les uns aux autres en ma présence à l’époque où j’étais encore préadolescent. Des témoignages directs et indirects, si je puis dire, de juifs, de chrétiens d’Orient et même de musulmans éclairés qui ont vécu cette époque mouvementée suite à la guerre de 1948 (et les lois anti-juives décrétées qui s’en suivirent, outre les séquestres de 1947) et la guerre de Suez de 1956 vécue par mon propre père.

À la lecture de cette autobiographie romancée, personnellement j’ai été remué et déstabilisé. Pendant des semaines j’ai buté sur les mots exprimant mes propres souvenirs, et pour dire l’indicible de la haine absolue de l’altérité quel qu’elle soit, particulièrement à l’encontre du juif. On est plongé dans un absurde kafkaïen. Il m’a fallu le temps de la mémoire et revenir encore et encore à ces deux derniers livres de Bat Ye’or ainsi que sur Le Dhimmi (1980 ; 2e éd., Les Provinciales, 2017[3]) pour rapporter ce que moi-même j’ai entendu, appréhendé et même vécu les conséquences funestes de cette époque tragique du nassérisme. Cette époque de bluffs politiques nassériens qui commença par l’imposture d’un mensonge (un coup d’État militaire transformé en « révolution » du peuple) et qui se termina par une cinglante défaite, celle de la guerre des Six jours de 1967.

Mon point de vue personnel référencé – que beaucoup d’hier et particulièrement aujourd’hui partagent, surtout de la part de non musulmans en Égypte et en Orient – se trouve dans ces lignes ; une réalité autre qu’on cache soigneusement. Une analyse sans concession, ni détours – appelons les choses par leur vrai nom – encore moins de complaisance. Bien entendu, je ne perds pas de vue en références ici Autobiographie Politique et la thèse d’Eurabia de Bat Ye’or.

Le souvenir désagréable de ces drames entendus dans mon enfance est remonté à la surface avec son spectre angoissant des sinistres méthodes nazies mises en œuvre par la police politique égyptienne, les Renseignements généraux et le Service de la Sécurité de l’État. La propagande antijuive, les arrestations arbitraires et les internements en prisons politiques. Les coups, les brimades, les insultes, les humiliations, la torture, le despotisme et le sadisme étaient de mise. Même les lynchages haineux déchaînaient épisodiquement les foules. Beaucoup de chrétiens et de musulmans trop occidentalisés et sympathisants, ou communistes, sinon des opposants activistes ont été également du lot des juifs persécutés.

Abdel Nasser avec ses nationalisations socialistes[4] des biens et avoirs de ce qu’il appelait le « féodalisme » des pachas s’enhardit par ailleurs dans les spoliations implacables, la séquestration et la confiscation de biens des juifs d’Égypte, ou pour être plus précis d’Égyptiens de confession juive pour beaucoup. Leur expulsion de la vallée du Nil se succéda sans ménagement… Tout ceci est suggéré, diffus et narré dans la bouche des protagonistes du roman et d’Elly elle-même perplexe et déçue par la méchanceté et la haine dont peut être capable l’humanité dans sa noirceur d’âme la plus inquiétante. Ébranlée dans ses idéaux, ses certitudes et son universalisme, le cauchemar kafkaïen remonte à la surface avec ses désillusions bien des années après avoir été forcée de quitter définitivement sa terre natale. Tout ceci est détaillé également dans Autobiographie politique.

Propriété juive abandonnée au Caire. Sur la porte et le mur en arabe : « Immobilier propriété de l’État »

Il n’empêche qu’il y eut tout de même ça et là des chrétiens et des musulmans, qui tentèrent en vain et dans la peur de venir en aide aux juifs d’Égypte (p. 34 ; 201), ou de manifester quelques sympathies et bontés, même dans les sinistres geôles politiques et au moment de l’expulsion (p. 108-113). Sinon, impuissants, d’avoir de la compassion et de la peine (plusieurs témoignages familiaux ou que j’avais entendu). Ça et là, Bat Ye’or le souligne dans son roman, particulièrement la grand-mère d’Elly : « Le peuple est le grand sacrifié, ce n’est pas lui qui nous chasse » (p. 77). Et plus loin, le père d’Elly qui s’exclame : « Et je continuerai à dire que le peuple d’Égypte est le meilleur qui soit au monde, et que toute cette infecte politique lui est étrangère » (p. 151). Du plus profond des abimes machiavéliques de l’âme humaine et la haine de l’altérité remonte parfois à la surface la bonté et la bonhommie proverbiale du peuple égyptien, surgissant là où on ne l’attend pas, rappelant de ne pas désespérer de la nature humaine.

Il y eut également beaucoup trop de lâcheté, de complaisance, de mépris, de mots assassins, de haine, de délation et d’antisémitisme même de la part de musulmans supposés « éclairés » et de chrétiens qui trahirent la charité de leur foi, endoctrinés et gonflés par les discours goebbelsien de Abdel Nasser et des nationalistes levantins…

Exodes et mort d’un multiculturalisme cosmopolite…

Les Grecs, les Arméniens et les chrétiens assyro-chaldéens réfugiés en Égypte rescapés des génocides ottomans en Turquie, en Anatolie et au Nord de la Mésopotamie au XIXe et début du XXe siècles ont subi le même sort, celui des incertitudes d’un deuxième exil. D’autres originaires du nord du bassin méditerranéen, parfois nés en Égypte, ont été de cet exode massif : des Italiens, Français, Anglais, Maltais, Chypriotes, Crétois, etc., et même des Égyptiens, chrétiens et musulmans, et de nombreux Levantins. Ces derniers installés en Égypte depuis le XVIIIe siècle et durant la première moitié du XIXe au règne du vice-roi d’Égypte (de 1804 à 1849), Méhémet Ali, s’exilèrent en Égypte également après les conflits confessionnels et massacres des chrétiens du Mont-Liban d’octobre 1841, celui de mai 1860, celui de Damas en juillet de la même année[5] et le ‟génocide” des chrétiens libanais de 1915-1918, famine génocidaire des Maronites du Mont-Liban perpétrée par les Ottomans[6]. Parmi ces syro-libanais la plupart nés en Égypte on compte, entre autres, Albert Cossery, Andrée et Louis Chedid, Georges Schehadé, Omar Sharif (né Michel Dimitri Chalhoub), Youssef Chahine et bien d’autres…

Des juifs dans la vallée du Nil, il y en avait dès l’époque pharaonique et biblique (IIe millénaire av. J.-C.), bien avant l’invasion arabe de l’islam en 640. Mais vinrent s’ajouter d’autres ces derniers siècles, rescapés des nombreux pogroms qui ont jalonné l’histoire de l’islam et ses relations virulentes et sanglantes avec tous les non musulmans ; le pogrom de Safed de 1834 en Galilée est un exemple parmi tant d’autres. L’Égypte moderne depuis Méhémet Ali au deuxième exode de 1947 à 1967, avait donné un nombre impressionnant d’illustres juifs dans absolument tous les domaines.

L’exode de toutes ces communautés, particulièrement juive, qui avaient pourtant apporté une immense contribution à la vie économique, intellectuelle, sociale et culturelle de l’Égypte a été une catastrophe sans nom pour le pays. La disparition subite de ce melting pot, creuset multiculturel heureux et des plus féconds durant la première moitié du XXe siècle, arrêta net l’Égypte dans son envol fulgurant vers une modernité prometteuse et prospère.

Ce multiculturalisme cosmopolite foisonnant et fertile dans tous les domaines – et qui n’avait rien à envier à celui de Vienne – fut substitué durant la deuxième moitié du XXe siècle par le monolithisme stérile de l’arabisation à marche forcée : l’identité « égyptienne » multimillénaire – ou bimillénaire « copte » – n’est plus, elle devint « arabe » avec Abdel Nasser. L’idéologie du panarabisme a été décrétée et l’islamisation bigote, exclusive et dangereuse de la société s’en est suivie, celle qui va de pair avec l’idéologie de l’ « arabisme universel ». Puis vint la déchéance et le sous-développement à tous les niveaux…

Le contexte non-dit sous-jacent au nationalisme arabe et panarabe

À la fin de la Première Guerre mondiale, il aurait été possible de créer au Proche-Orient un État assyrien et un autre kurde sur la dépouille de l’Empire ottoman. Mais les États vainqueurs, la Grande Bretagne et la France, ont préféré contrôler d’énormes territoires levantins, et inciter à l’idéologie du nationalisme arabe unissant artificiellement chrétiens et musulmans dans une nouvelle identité, celle de l’ « arabité » contre le sionisme. Plutôt que reconnaitre les revendications d’autonomie, ce fut le « vivre ensemble » avant date et dont on connaît aujourd’hui les tristes résultats au Proche-Orient mis à feu et à sang, notamment avec la disparition annoncée de ses chrétiens à la suite de ses juifs… Pourtant, dès les années 1940, des chrétiens du Levant étaient parmi les chantres utopiques de cette arabité et des idéologies du nationalisme et du socialisme arabes, prônant le panarabisme (parti Baas ; voir note 19).

Dès le milieu des années 1930, la politique des nazis dans le Proche-Orient, notamment en Syrie (englobant la Palestine mandataire[7]), en Iraq et en Afrique du Nord, en Égypte, était de soutenir et de se servir idéologiquement parlant des groupes nationalistes et islamistes compatibles. Cela incluait le Young Egypt Party (le YEP ou groupe Jeune Égypte, parti Ḥizb Miṣr al-Fatāh[8] d’extrême droite), une organisation fasciste et nationaliste dont Gamal Abdel Nasser était membre, ainsi que les Frères musulmans et les troupes fréristes d’Amin al-Husseini en Palestine.

Les "Chemises Vertes" du Parti Jeune Égypte (Young Egypt Party), Gamal Abdel Nasser au milieu de ses camarades (X). Années 1930 (Young Egypt Archives)
Les « Chemises Vertes » du Parti Jeune Égypte (Young Egypt Party), Gamal Abdel Nasser au milieu de ses camarades (X). Années 1930 (Young Egypt Archives)

« Le projet idéologique d’al-Husseini était de faire la promotion de la haine du juif tout autant que celle de l’islamisme en passant par le nationalisme arabe. Il fit un parallèle entre la vision islamique du monde et le national socialisme, et notamment sur la question de la destruction des juifs, hostilité éternelle due aux supposés complots contre le Prophète de l’islam. Sur ce point, l’idée de génocide des juifs d’Orient est puisée dans l’idéologie islamique d’al-Husseini même et non empruntée à Hitler »[9].

Salut nazi d’Amin al-Husseini aux volontaires bosniaques musulmans de la division Waffen-SS. À droite, le général Karl-Gustav Sauberzweig. Nov. 1943 (Bundesarchiv, Bild_146-1980-036-05)

Les Frères musulmans, Amin al-Husseini et Abdel Nasser

En 1935, l’organisation des Frères musulmans égyptiens[10] entre en contact avec le grand Mufti de Jérusalem, Mohammed Amin al-Husseini (futur ami de Hitler, suggérant même au Führer en 1941-1942 l’extermination des juifs de Palestine et d’Orient). Ils s’emploient à endoctriner et à exciter les populations contre les forces anglaises et les juifs en Palestine, en Égypte et ailleurs au Levant. Ils participent (à leur instigation) à l’insurrection arabe de Palestine de 1936, puis à la guerre de 1948.

La période qui va de 1945 à l’accession au pouvoir de Gamal Abdel Nasser en 1954 est marquée par le succès grandissant de l’idée levantine du nationalisme arabe et l’idéologie du panarabisme. Mais pas seulement… De nombreux intellectuels et universitaires occidentaux, particulièrement en France, font intentionnellement l’impasse sur les non-dits sous-jacents à ce nationalisme arabe et ce panarabisme (que la démagogie et le cynisme français avaient encouragé et à faire leur promotion dès la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècles).

Durant la deuxième guerre mondiale, beaucoup dans les pays arabes soutenaient l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Ils souhaitaient la victoire de l’armée allemande gagnant du terrain dans le Sahara égyptien à quelques 120-150 km à l’ouest d’Alexandrie, entre les rives de la Méditerranée et la dépression de Qattara. Ce fut la contre-offensive et la victoire du field marshal Bernard Montgomery sur le Generalfeldmarschall Erwin Rommel, le « Renard du Désert », avec la seconde bataille d’El-Alamein d’octobre-novembre 1942 en vue de chasser les Germano-Italiens d’Afrique.

Dans le contexte de la naissance de l’État d’Israël et de la guerre israélo-arabe de 1948, en mai de la même année, après la fin du retrait britannique, le roi Farouk déploya l’armée égyptienne en Palestine. Le jeune officier Abdel Nasser à la tête d’un bataillon d’infanterie s’était porté volontaire pour rejoindre le Haut Comité arabe mené par Amin al-Husseini[11]. À son retour de la défaite égypto-arabe de 1948[12], Nasser prit contact avec les Frères musulmans en octobre 1948 pour essayer de former une alliance mais, après avoir prêté serment à Hassan el-Banna fondateur de la confrérie, jugea que leur programme était incompatible avec son nationalisme. Il quitta la confrérie au plus tard en septembre 1949 et par la suite il commença à s’opposer à leur influence[13]. Déterminé, il créa et présida un groupe d’officiers séditieux qui prit après 1949 le nom de « mouvement des Officiers Libres ». Le comité fondateur du mouvement comprenait des hommes de différents milieux politiques dont des membres du groupe Jeune Égypte/Young Egypt Party (voir note 8), mais aussi du parti communiste égyptien et, paradoxalement, même de l’organisation des Frères musulmans.

La révolution/coup d’État de 1952 des « Officiers Libres » avait abolit la monarchie égyptienne et, à la demande du colonel Abdel Nasser, porté au pouvoir le général Mohammed Naguib. En 1953, il se rapprocha lui aussi des Frères musulmans et même de conseillers politiques et militaires nazis[14] qui devinrent ensuite ceux de Nasser lui-même. Nasser ravit la place de Naguib après un deuxième coup d’État en 1954. Arrivé aux responsabilités il envisageait alors de constituer un gouvernement d’union nationale avec la confrérie islamiste, mais le programme politique entièrement basé sur la charia l’en dissuada car l’idée de la Oumma islamiyya, la « Communauté-nation islamique » arabe transnationale faisait de l’ombre et occultait son nationalisme égyptien premier. Par la suite, cela ne l’a pas empêché d’emprunter aux Frères musulmans l’essentiel de leur idéologie, adaptée à celle plus laïcisante de la Oumma ‘arabiyya, la « Nation communautaire arabe », et du panarabisme nationaliste qui devint dans la foulée islamique avec le temps.

Les années nazies et fréristes d’Anouar el-Sadate

Quant à son successeur, Anouar el-Sadate, il fut emprisonné en 1942 par les britanniques pour les activités qu’il menait contre l’occupation anglaise car il animait un réseau d’espionnage en faveur de l’Afrikakorps, le DAK, commandant les divisions allemandes de panzers dans les déserts de Libye et d’Égypte. Lui aussi, dès 1945, fut proche des Frères musulmans et en 1948 parmi les futurs « Officiers Libres ». En tant que membre de la confrérie, il fut emprisonné trois ans pour ses activités liées au terrorisme et expulsé de l’armée en 1948, avant d’être réintégré en 1950. En décembre 1955, à la radio du Caire en tant que ministre d’État, il affirma qu’ « il était du devoir de l’Égypte de combattre les Juifs au nom de Dieu et de la religion et de terminer la guerre que Mahomet avait commencée »[15].

C’est ainsi, que par la suite dès les débuts des années 1970, à son accession au pouvoir (en 1970), il libère les Frères musulmans des geôles, leur octroie des libertés politiques, les autorisant à agir à leur guise dans le pays durant une bonne partie de sa présidence. Une pierre deux coups, il utilise les Frères musulmans pour faire contrepoids à l’extrême gauche mais, fidèle aux idéaux de sa jeunesse frériste, leur promet l’intégration future de la charia dans les lois égyptiennes. En effet, si au moment de la promulgation de la Constitution en 1971, la charia islamique était « une des principales sources de la législation », avec l’amendement de la Constitution en 1980 afin de redéfinir l’identité de l’État, les principes de la charia islamique sont devenus « la source principale de la législation ». Exit un droit positif élaboré par un État laïc.

Des origines du national-socialisme égypto-arabe

Dès son accession au pouvoir, Nasser avait fait appel à de nombreux officiers allemands haut, voire très haut placés dans la hiérarchie nazie qui ont pu fuir l’Allemagne entre 1945 et les années 1950-1960. Ils furent engagés comme conseillers politiques et militaires, et également afin de restructurer la nouvelle république et encadrer les administrations. Ces criminels nazis furent recrutés par centaines et milliers comme « experts »[16] dans tous les ministères égyptiens, notamment ceux de la Guerre (et les Renseignements militaires), de l’Intérieur, la Police et son Service de sécurité ainsi que l’administration des prisons (techniques de torture), de la Communication et de l’information/la propagande (et tous les médias), de l’Enseignement, de l’Industrie, de l’Agriculture, de la Santé, l’armée, les académies et écoles militaires, les Renseignements généraux, la Sécurité de l’État et la Police politique… Officiers SS et de la Gestapo étaient très actifs en Égypte – comme dans tous les pays arabes[17]. Certains conseillers politiques et militaires (généraux SS) étaient même auprès de Nasser quand les lois antijuives ont été édictées.

De là découle la politique nassérienne du national-socialisme égyptien et arabe.

Avec la nationalisation de la compagnie du canal de Suez (le 26 juillet 1956), la guerre de Suez fin octobre-début novembre de la même année (dans la zone du canal de Suez et de Port-Saïd), la dénommée « conspiration tripartite » (la France, le Royaume-Uni et Israël), le déploiement du nationalisme arabe et celui du panarabisme, mais avant tout les Frères musulmans qui sortent de l’ombre avec la guerre de Palestine de 1948, Nasser se déchaîne. À la suite de cette crise du canal de Suez de 1956, il met sous séquestre les biens français et ordonne l’expulsion des résidents français et britanniques qui furent par milliers contraints de quitter le pays. De nombreuses écoles en langues étrangères nationalisées ferment leurs établissements et c’est la rupture des relations diplomatiques et culturelles… Dans la foulée, il imposa des exigences rigoureuses (outre celles édictées en 1947-1948), notamment pour le droit de résidence et de citoyenneté qui affectèrent essentiellement les juifs, à la fois égyptiens ou de nationalité étrangère résidents en Égypte.

Après la tentative d’assassinat de Nasser par un Frère musulman (le 26 octobre 1954)[18], celui-ci ordonna l’arrestation de milliers d’opposants de la confrérie islamiste et l’exécution de leurs chefs. Cependant, même si Nasser avait laminés les Frères musulmans pour leur tentative de renverser le pouvoir à cause de son option laïcisante, il n’empêche que celui-ci s’est emparé de l’essentiel de leur idéologie islamiste. Et même si lui-même et Yasser Arafat étaient des nationalistes d’une laïcité toute relative, ils se sont servis de la religion avec beaucoup d’ambiguïté, un mélange des genres démagogique et cynique comme jamais depuis l’époque de Méhémet Ali et suivantes jusqu’à la chute du roi Farouk le 26 juillet 1952. Époque qui fut dans l’histoire sanglante de l’islam une courte parenthèse de liberté relative pour les juifs et les chrétiens. Ce fut le cas de tous les pays arabes dont la laïcité fut factice et de façade, ne séparant pas vraiment le profane du sacré (notamment la Syrie, avec Michel Aflak[19]), inscrivant l’islam dans leur constitution comme religion d’État et même pour certains dans leurs bannières (le croissant de l’islam).

Quoi qu’en disent la plupart de nos doctes intellectuels et universitaires occidentaux et français qui biaisent l’histoire, la laïcité du monde arabe nationaliste fut une imposture à laquelle ont cru naïvement les chrétiens d’Orient mais qui, en réalité, s’est imprégnée d’islamo-nazisme. C’est un fait dont on récolte aujourd’hui les fruits empoisonnés et meurtriers du jihadisme et de l’ « islam politique » tel qu’il fût toujours dans l’histoire. Que les occidentaux ne se fassent pas d’illusion sur un islam exclusivement « spirituel et pacifique » ou mystique soufi : c’est un mirage et une utopie qui n’a jamais existé dans l’histoire des conquêtes islamiques. D’ailleurs, dès sa création en 1946, la Ligue Arabe était elle aussi constituée de nombreux membres Frères musulmans qui collaboraient avec les nazis (et d’anciens officiers SS et de la Gestapo étaient des agents européens de la Ligue arabe).

C’est ainsi qu’aujourd’hui, par exemple, le Hamas et le Hezbollah se réclament d’un nazisme islamiste[20] et que l’antisémitisme viscéral s’est ancré dans les esprits de tous les pays arabes.

Photos de gauche : Salut nazi palestinien. Photos de droite : Salut nazi des Miliciens du Hezbollah libanais.

En résumé : Un national-socialisme islamo-nazi arabe

Nasser comme Sadate furent donc tous les deux proches membres des Frères musulmans dans leur jeunesse. Même s’ils s’en éloignèrent, ils gardèrent dans leur action politique et même religieuse les grandes lignes de cette idéologie antisémite greffée sur un nationalisme et un socialisme d’inspiration nazie (et non seulement du modèle soviétique). Preuve en est, en 1961 Nasser dans sa mégalomanie voulant établir la domination totale de l’Égypte sur le monde arabe, fut à l’origine d’une seconde révolution. Il fusionna l’idéologie socialiste poussée à son paroxysme (voir note 4) et celle islamique afin de satisfaire les désirs de la population (Said Aburish, 2004, p. 46 et 200) en initiant plusieurs réformes dont celle d’al-Azhar. Par ailleurs, il fusionna les tribunaux civils et religieux (ce qui fut des plus discriminants et fort dommageable pour les chrétiens d’Égypte). Du même coup, il a coupé l’herbe sous les pieds des Frères musulmans – stratagème qu’il adopta dès 1953-1954 ; voir plus haut – tout en leur empruntant l’essentiel qui l’adapta à son idéologie : un national-socialisme, sur fond d’islamisme laïcisant égyptien contre le wahhabisme saoudien.

Par contre, Sadate, pourtant héros du traité de paix avec Israël, abandonna le socialisme nassérien mais pas ses fonds de tiroirs de l’idéologie nazie tout en favorisant plutôt un islam wahhabite saoudien et un islamisme frériste (d’où découlent alGamaa al-islamiya, le « Groupe islamique » ainsi que l’organisation du « Jihad islamique égyptien », Gama’at al-jihad al-islami). À la fin de son règne les membres des Frères musulmans furent particulièrement victimes de sa répression à cause de leur sédition contre le traité de paix israélo-égyptien signé le 26 mars 1979. Par l’alliance des fondamentalistes avec le pouvoir, l’hydre couvée dans le giron du raïs était devenue monstrueuse. Le mal était déjà ancré dans la société égyptienne et le groupe armé du Jihad islamique, issu des Frères musulmans, finit par assassiner Sadate au sommet de sa gloire le 6 octobre 1981.

C’est ainsi que depuis les années 1930, il y eut une collusion entre le nationalisme et le socialisme, le nazisme et l’islam, inspirée et initiée par les conseillers politiques et militaires nazis fugitifs du IIIe Reich auprès de tous les leaders de la Ligue arabes. D’ailleurs, beaucoup de ces « experts » nazis se convertirent à l’islam, prirent des noms musulmans non seulement pour passer incognitos, fuir Nuremberg et autres tribunaux pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, mais également dans le but jusqu’au-boutiste d’être convaincants et de greffer l’islamisme au national-socialisme : réussir là où ils ont échoué avec l’Allemagne nazie de Hitler. Autrement dit, initier un national-socialisme islamo-nazi dans toute la Oumma arabo-islamique – qui a exclu, de facto d’une manière sournoise et non déclarée, toutes les autres appartenances culturelles et religieuses non musulmanes. D’où l’immigration massive des chrétiens d’Orient et autres minorités non musulmanes particulièrement dès les années 1960-1970 (mais déjà après 1956), essentiellement aux États-Unis et le Canada, au Royaume Uni, la France et en Australie ; une saignée qui se poursuit de nos jours.

Elly ou l’Exode des Juifs d’Égypte : archéologie introspective de la mémoire

Si les Britanniques avaient perdu la bataille d’El-Alamein en novembre 1942, tous les juifs d’Égypte et d’Orient auraient été exterminés. Avec la propagande nazie relayée en Égypte, en Palestine et dans tout le monde musulman, l’antisémitisme islamo-nazi y était devenu des plus virulents. Et l’une des conséquences de la guerre de Suez de 1956 a été la publication en novembre de la même année d’une déclaration mentionnant que « tous les Juifs sont des sionistes et des ennemis de l’État » et leur expulsion du pays.

C’est donc dans ce contexte politique et religieux délétère esquissé plus haut qui se dégrade de plus en plus pour les juifs d’Égypte depuis la guerre de 1948 et, particulièrement, autour des années 1956-1957, que Bat Ye’or situe son roman, Le dernier khamsin des Juifs d’Égypte. Le climat malsain et haineux, les discours nationalistes belliqueux et anti judaïques, les vagues d’arrestations et d’expulsions décidèrent les parents d’Elly à quitter l’Égypte avec toute la famille. Un déchirement. Écrit au début de son exil à Londres en automne 1956/hiver 1957, Elly remonte le cours du temps et décrit les derniers jours de son quotidien oppressant au Caire avant l’exode, puis le départ mouvementé et l’exil en déracinée à Londres.

Dès la première page, le récit rétrospectif-introspectif émouvant de poésie, commence par le réel du brouillard londonien qui se dissipe et un va-et-vient temporel entre le présent du « Comité pour les Réfugiés juifs d’Égypte » à Londres et une litanie de souvenirs à plusieurs voix juives, entre vivants et morts, d’un passé proche ou lointain à « la limite qui recule toujours ! » Nostalgique, voire mélancolique et désabusée, au fil de l’évolution de la vie apatride d’Elly à Londres, c’est à la troisième personne de l’imparfait qu’elle raconte ses débuts. Une distanciation par rapport à la réalité qui produit un effet d’étrangeté dans la perception linéaire passive du lecteur.

Entre présent et passé, l’essence du romanesque réside, entre autres, dans ces imbrications chronologiques et identitaires en miroir du discours direct et indirect, digression narrative entre la focalisation externe de la narratrice, « elle » (Elly) à la troisième personne du singulier, et celle interne du « je ». Entre la recherche de soi et la confidence, il s’agit d’exorciser le refoulement des souvenirs douloureux et de les mettre sous nos yeux soixante années plus tard. Le présent londonien est intercalé par des retours en arrière, au récit de l’action qui appartient au passé (analepse ou flashback). Elly raconte après coup mais comme si elle était toujours partagée et déchirée entre deux mondes : « Elle croit qu’elle existe et qu’elle n’existe pas, qu’elle est ici et à la fois ailleurs » (p. 35), « partagée entre deux êtres, deux vies irréconciliables » (p. 118).

Ce n’est qu’à la page 14 qu’on apprend qui est cette jeune fille exilée et perdue dans le fog londonien, dubitative sur le sens de la liberté (en page 13). La liberté dont le tragique mutisme, cette fois à la première personne du singulier, remonte à la surface de l’être d’Elly à l’ultime paragraphe du roman (p. 220, mais aussi dans Autobiographie politique, p. 33) au moment où l’avion l’arrache définitivement à son propre pays, sa patrie : « Mon avenir est dans une reconversion totale de mon être » (p. 186). Le premier chapitre du livre commence par le réel de l’exil à Londres et sa mémoire polyphonique (le présent d’Elly), et les dernières pages du roman se terminent avec l’humiliante fouille d’Elly et celle de sa famille par les douaniers à l’aérodrome d’Héliopolis (p. 217-219), avant le départ définitif puis le survol de l’avion au-dessus de la vallée du Nil (le passé d’Elly). On pourrait très bien permuter ce présent-passé par le passé-présent, comme si Bat Ye’or a voulu un début et une fin qui se rejoignent en boucle ou se confondent et dont la grande question mystérieuse serait la liberté… ou le destin avec ses « reliquats de nostalgies, irréfutables témoignages de l’errance, du déracinement… » (p. 87).

Et ce n’est qu’au deuxième chapitre (p. 38) qu’Elly commence son récit à la première personne du singulier, mais toujours à l’imparfait… Les échanges des narrateurs et narratrices au présent de l’indicatif sont des parenthèses intercalées conférant aux différents discours de colère, de révolte et de souffrance une permanence palpable du réel de ces époques chaotiques mais toujours dans cet imparfait qu’égrène Elly avec distanciation à la troisième personne du singulier pour conjurer le sort. Les protagonistes dans cette pluralité de voix actives s’adressent assurément à nous : « Le malheur ne nous est-il pas donné afin que nous inventions l’espérance ? » (p. 88).

En 1947, la population juive dans la vallée du Nil s’élève à plus de de 80 000 personnes sur un total d’un peu moins de 19 millions d’habitants. Environ 20 000 Juifs quittent l’Égypte entre mai 1948 et janvier 1950. De novembre 1956 à juin 1957, quelque 25 000 Juifs, quittent l’Égypte[21] pour s’installer aux États-Unis (et Canada), en Europe, en France et en Amérique latine, mais un grand nombre émigrent aussi en Israël, après avoir signé une déclaration mentionnant qu’ils quittent le pays volontairement et acceptent la confiscation de tous leurs biens. Un millier d’autres sont emprisonnés. Dans Le dernier khamsin, Elly raconte tout cela avec justesse et désolation dans la voix de plusieurs protagonistes de son roman et de sa famille victimes de l’indicible. Elle qui n’en voulait pas de cette appartenance à une religion : « Je voulais appartenir à un peuple, à l’humanité » (p. 123), « j’appartiens à l’humanité entière » (p. 142). Sauf que l’histoire implacable lui revient comme un boomerang en plein cœur : « Trois mille ans auparavant, mes ancêtres fuyaient l’Égypte, guidés par une colonne de feu. Durant quarante ans ils avaient marché dans ce désert d’apocalypse. Ils y avaient découvert Dieu » (p. 220).

Photo de gauche : Laissez-passer égyptien pour un couple de Juifs expulsés, « Sans retour » (en arabe et en français sur le document). Août 1952 [déjà, le projet d’expulsion « Sans retour » des Juifs d’Égypte, avant le décret officiel de 1956]. Photo de droite : Laissez-passer égyptien pour une épouse juive expulsée, « Sans retour» (en arabe et en français sur le document). Février 1963.

On estime à plus de 500 le nombre de sociétés et entreprises juives mises sous séquestre et confisquées entre novembre 1956 et mars 1957. Et après la guerre des Six jours de 1967, dans leur écrasante majorité, les Juifs égyptiens sont partis vers Israël (35 000), le Brésil (15 000), la France (10 000), les États-Unis (9 000), et l’Argentine (9 000)[22].

Ce roman doublement prémonitoire annonce dès 1956 ce qui risque d’arriver aux chrétiens d’Orient mais également le danger qui guette l’Occident. Devant un Syrien résident au Caire (Chafik), plein des sottises du panarabisme nationaliste et gonflé de nassérisme de pacotille (p. 175 sq.), Elly, à la veille de son départ définitif d’Égypte, balance une vérité cruelle à la figure d’un autre chrétien levantin dans les « affaires ». Georges, un autre nationaliste épris de panarabisme, n’aime pas les israélites (p. 142), mais déniche volontiers les « occasions » dans les ventes aux enchères des biens juifs : « Vous avez de la chance, vous chrétiens d’Orient, tant que vous aurez les Juifs, vous serez sauvés. Seulement voilà, si vous leur tombez trop dessus, vous risquez de n’en plus avoir du tout et c’est vous qui ferez les frais des échecs des sociétés musulmanes » (p. 181).

Ce présage s’est réalisé dès ces époques des premières conséquences du nationalisme arabe et panarabe islamique dans les années 1960, notamment après la guerre des Six jours en juin 1967… Il s’est accéléré avec la guerre civile libanaise (1975-1990). De nos jours, depuis qu’il est devenu panislamiste et qu’il ait accouché dans les années 1985-1987 de monstres islamo-nazis tels que le Hamas, le Hezbollah et l’organisation terroriste islamiste Al-Qaïda puis celle salafiste de l’organisation de l’État islamique Daesh (2014), le risque est grand de voir à terme la disparition totale de toutes les communautés non musulmanes et celles des chrétiens du Proche-Orient. Par le passé historique, la plupart des pays arabes ont éradiqué toutes ces communautés de leur sol (ou converties de force), notamment dans tout le Maghreb[23], dont leurs islamistes en France et en Europe occidentale viennent maintenant nous anesthésier, sans rire, avec la mauvaise blague du « vivre ensemble ».

Un roman poignant, particulièrement pour les inconditionnels du déni et de la complaisance islamique, ces amnésiques de l’histoire adeptes des salons cultureux mais forts incultes ou borgnes. Ces « spécialistes » gonflés de prétention et de suffisance n’ont pas vécu ces funestes époques mais se donnent le droit de juger dans l’arrogance de l’ignorant et de dévoyer l’histoire en donneurs de leçons. Il faudra sans doute qu’ils reviennent sur le terrain du réel tragique avant qu’il ne soit trop tard.

Photo de gauche : Réfugiés juifs égyptiens arrivant au Pirée (Grèce, 1957). Au cours de la première moitié de 1957, la Grèce a été le premier point de débarquement de milliers de Juifs expulsés ou fuyant d’Égypte, pris en charge par le JDC, le Conseil local des communautés juives et l’Agence juive avant d’immigrer en Israël (Jewish Virtual Library). Photo de droite : Famille juive d’Égypte sur le quai de départ (navire Misr Alexandria). Port d’Alexandrie, Hiver 1957.

En conclusion, ce sont trois millénaires et demi de présence juive qui sont éradiqués d’Égypte – et de tout l’Orient musulman – en deux décennies, de 1947 à 1967.

Et maintenant, Elly ?

De nos jours, au sujet de l’islam, ne sommes-nous pas confrontés aux insuffisances des milieux intellectuels, universitaires et politiques occidentaux complaisants ou aveuglés par le conditionnement ou les différents entêtements idéologiques ? Et face aux carences de la plupart des médias au discours orwellien méprisable – et qui fait pitié par sa médiocrité et son ignorance – le génie de Bat Ye’or est d’avoir pressenti et disséqué en historienne avant leur écrasante majorité quelques concepts clefs liés à l’expansion de l’islam et ses conséquences historiques désastreuses où il passe faisant table rase des héritages ethniques, culturels, linguistiques et religieux autochtones.

Je laisse ici de côté celui de la théoricienne d’« Eurabia », qui ne fait pas l’objet de cet article. Elle annonce toutefois pour l’Europe ce qui s’est régulièrement répété dans l’histoire lorsque les nations d’Orient se sont laissées prendre dans la nasse de l’islam avec le Pacte de Umar et se sont définitivement perdues, héritage historique et leurs racines éradiquées en premier. Dans ses travaux, il s’agit du jihad, et du processus d’islamisation des sociétés conquises. Il est question de la dhimmitude (concept qui rime avec « servitude »), ce statut discriminatoire de « soumission » ou de « servage » des non musulmans aux lois de l’islam, abordé sous l’angle inédit des contraintes juridiques et de l’oppression à l’œuvre dans l’histoire, alors que cette condition était jugée à tort d’une grande tolérance par la plupart des intellectuels. Ils se sont trompés ou, plutôt trop zélés, lâches ou complaisants pour beaucoup, n’ont voulu voir que ce qui arrange leurs théories fumeuses ! Parmi les rares qui avaient proclamé dès les années 1980 la validité des travaux de Bat Ye’or fut l’historien, théologien/philosophe des religions et sociologue protestant Jacques Ellul, mais aussi l’orientaliste arabisant et hébraïsant Paul Fenton. Le politologue et historien des idées Pierre-André Taguieff, les historiens Robert Wistrich, Niall Ferguson et Martin Gilbert ont validé et souligné le caractère opératoire des concepts étudiés par Bat Ye’or.

Il n’est pas ici le lieu de s’attarder sur les complaisances zélées, les erreurs ou les compromissions des uns et des autres, ainsi que leurs thèses et positions idéologiques fort discutables ou de mauvaise foi intellectuelle. Par omission sélective des faits historiques, leur orientation intentionnelle ou leur distorsion, ils ont voulu nous imposer une vision édulcorée fruit d’un orientalisme romantique ou d’un engagement politique – ou même de parti-pris religieux – au détriment d’une autre image beaucoup plus sombre et inquiétante. Il s’agit d’Edward Saïd, de Louis Massignon, Maxime Rodinson, Jacques Berque, Fernand Braudel, Bernard Lewis (pour qui la dhimmitude est un mythe) et bien d’autres orientalistes, historiens, sociologues ou islamologues fort idéalistes, voire utopiques, sinon antisionistes d’engagement ou partiaux.

Mais le temps donne entièrement raison à Bat Ye’or aujourd’hui. Le jihad multiséculaire et réalité historique revient en force et le mythe d’une harmonie entre les communautés non musulmanes en terre d’islam depuis les origines de cette religion est battu en brèche. Même en Occident le spectre de ces dangers commence à sévir avec ses premiers dégâts du terrorisme jihadiste qui iront crescendo : il ne faut pas se faire d’illusion… À l’heure où l’on nous rabâche les oreilles avec le « multiculturalisme » et le « vivre ensemble », Bat Ye’or nous démontre avec ses travaux (comme d’autres, d’ailleurs, venant le confirmer depuis les années 1980-1990) qu’il n’en est rien et que cela n’a jamais été le cas de l’islam qui l’a rejeté tout au long de l’histoire. Beaucoup de lucides non musulmans, de chrétiens d’Orient et d’Égypte critiquent sévèrement ces deux dernières notions, historiquement méconnues, vécues douloureusement dans leur chair meurtrie par tant de siècles de soumissions et de terreur sous le joug de l’islamo-culturalité.

De ces faits, les thèses de Bat Ye’or donnant une image dramatique du sort des juifs d’Orient durant des siècles ne relève pas d’une interprétation sioniste normative de l’histoire comme on le prétend. Ce serait trop réducteur dans la mesure où toutes les autres communautés non musulmanes ont été elles aussi victimes du totalitarisme de l’islam. La période coloniale ayant été une courte parenthèse éphémère de répit et de relative liberté religieuse pour les non musulmans d’Orient.

Dans Le dernier khamsin, un chrétien marié à une juive, soucieux et inquiet s’adresse à Elly : « Je me prépare à ficher le camp de ce pays [l’Égypte], dit Pierre avec une grimace désabusée… Je sais, on commence avec les juifs, on termine sur le dos des chrétiens (p. 39) » ; et ce n’est pas nouveau… Dans son ouvrage Autobiographie politique. De la découverte du dhimmi à Eurabia, Bat Ye’or s’attarde sur l’historique de ses combats et de ses déceptions avec ce milieu de mandarins ou d’intellectuels de salons mondains. N’en déplaise à ces doctes intellectuels et universitaires dont la mauvaise foi idéologique est aussi conséquente que leur aveuglement entêté, Bat Ye’or en sentinelle avant-gardiste prophétique voit de son vivant le projet Eurabia s’accélérer sous nos yeux. C’est une évidence que les politiques et les médias aux ordres nient avec force pour ne pas avouer leur erreur ou traitrise passée et actuelle dont ils ne savent plus comment s’en défaire, ou même encouragent insidieusement.

Du multiculturalisme à l’islamo-culturalité : l’histoire se répète-t-elle ?

Dans l’un de mes derniers articles (et ici sous le 2e titre) j’évoque en conclusion la question de ce multiculturalisme en train de glisser progressivement en occident vers l’islamo-culturalisme[24]. Sous la pression de l’islam introduit massivement en Europe ces quarante dernières années et le concours actif des acteurs politiques de l’Union européenne et des pétromonarchies, une stratégie pédagogique culturelle et sociale d’islamisation des sociétés européennes a été encouragée (en plus de la radicalisation de leurs musulmans) contre la volonté des citoyens. Ce multiculturalisme que l’ « islam de France » (frériste et salafiste) prône et encourage avec son « vivre-ensemble » à sens unique n’a pourtant jamais été de mise dans aucun des pays arabes et musulmans.

L’islam est par définition mono-culturaliste et foncièrement anti multiculturaliste. Il est donc faux de suivre les médias du courant dominant et d’utiliser cette notion pervertie de « multiculturalisme » – dans la perspective d’un sens orwellien trompeur – en parlant de l’apport migratoire de masse actuel d’une religion totalement incompatible avec les valeurs de l’Occident et qui s’y oppose avec force. Car, l’Europe gréco-romaine et judéo-chrétienne est déjà multiculturelle par ses racines historiques et ses héritages culturels et religieux homogènes. Là où l’islam s’est imposé dans l’histoire, il n’a jamais été multiculturel ; c’est un contre-sens. C’est le cas de l’Andalousie islamisée (711-1492), et le mythe de l’ « Âge d’or » d’une prétendue cohabitation harmonieuse de convivialité pacifique entre cultures et religions a eu comme conséquence la Reconquista[25].

Inclure et rattacher l’islamo-culturalité au multiculturalisme c’est faire preuve d’une grande méconnaissance de l’histoire des conquêtes impérialistes de l’islam. C’est introduire dans notre système occidental de valeurs les inégalités, les discriminations, l’acceptation de la violence sacralisée (le jihad), la primauté de la charia sur toute constitution, l’antisémitisme et l’anti christianisme structurels et le communautarisme de la Oumma islamiyya supranationale et transnationale ; c’est mettre à terme les sociétés européennes progressivement sous la tutelle de la dhimmitude juridique islamique.

Il serait plus lucide de soutenir que depuis la crise pétrolière de 1973 la plupart de nos dirigeants européens – et particulièrement la France – ont activement œuvré dans la promotion de l’islamo-culturalité de l’Europe. Sous la contrainte des pétromonarchies, ils ont consenti à tort que l’islam et sa civilisation soient désormais constitutifs de l’Europe et de son héritage. Ils ont bafoué ainsi les racines chrétiennes pour lesquelles ont combattu Charles Martel (bataille de Poitiers en 732), les Ibériques avec la Reconquista de l’Andalousie (qui s’achève en 1492) et la victoire majeure de Las Navas de Tolosa en 1212. Ce fut le cas du Saint-Empire romain à Vienne (premier siège 1529 ; et second siège de Vienne en 1683), de la Sainte-Ligue avec la bataille navale de Lépante (1571), des peuples Balkans et ceux d’Autriche-Hongrie d’Europe centrale avec la cinquième guerre austro-turque (et la bataille de Zenta de 1697-1699).

C’est plutôt là le vrai et réel apport impérialiste de l’islam belliqueux et prédateur à l’Europe. Avec ce totalitarisme vert, il ne faut pas se tromper d’histoire…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © François Sweydan pour Dreuz.info.


Photo de gauche : Rare photo d’un quotidien égyptien. Légende en arabe : « Il a tenté par tous les moyens de ne pas quitter l’Égypte. C’est ainsi qu’il a été mis sous surveillance policière afin qu’il ne s’évade pas jusqu’au départ d’Alexandrie ». Gros titre : « Voyage sans retour ! » Texte sous le titre : « Les prévenus apatrides ont quitté le port d’Alexandrie… Un navire les a emmené hors des eaux territoriales… vers leurs pays… ou en destination de n’importe quel endroit de leur choix… Le visa tamponné sur le passeport de chacun d’eux indiquait en grosses lettres qu’ils sont voyageurs d’un « voyage sans retour » ». Automne 1956 ou hiver 1957. Photo de droite : Légende en arabe sous une rare photo d’un quotidien égyptien : « une file de voyageurs sans retour… sur le chemin, à travers la douane, vers le navire qui les transporte hors des eaux territoriales ». Port d’Alexandrie, automne 1956.


Notes

[1] Bat Ye’or, Autobiographie politique : de la découverte du dhimmi à Eurabia. Éditions Les Provinciales, 2017, 350 pages.

[2] Sébastien Lapaque, Le Figaro : « Une histoire poignante parce que vraie » ; lire aussi recension du roman par Evelyne Tschirhart, « Le dernier Khamsin des Juifs d’Égypte », Dreuz Info, 5 juin 2019 ; Etienne Dolet, « Dernier Khamsin des Juifs d’Égypte, de Bat Ye’Or : la « fille du Nil » raconte… », Riposte Laïque.com, 31 mai 2019.

[3] Bat Ye’or, Le dhimmi. Profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe. Éditions Anthropos, 1980 (2e éd., Les Provinciales, 2017). Lire à ce sujet : Alexandre del Valle, « Du Dhimmi à la dhimmitude : chronique d’une soumission annoncée de l’Europe, rencontre avec l’écrivain islamiquement incorrecte Bat Ye’or », Atlantico.fr, 9 février 2018.

[4] En fait, en réponse aux problèmes du pays, c’est en 1961 que Nasser décida un programme de nationalisation généralisé et l’adoption totale du socialisme. Ce qui permit au gouvernement égyptien de contrôler 51 % de l’économie du pays en 1962 (Anwar Abdelmalek, Egypt: Military Society, New York, Random House, 1968). Ce qui va contraindre beaucoup d’hommes d’affaire et d’industriels Égyptiens d’origine levantine ruinés à quitter le pays.

[5] Entre 6000 à 12 000 chrétiens sont massacrés en quelques jours, et près de 5000 dans le quartier chrétien de Damas.

[6] On estime le nombre effroyable de morts à 200 000 sur une population d’environ 400 000 habitants. Voir : 1915-1918: le génocide chrétien du Liban | EEChO, 28 décembre 2015.

[7] Amin al-Husseini considérait que la Palestine était la « Syrie du Sud » et écrivait des articles dans ce sens dans le journal nationaliste et panarabiste Suriyya al-Janubiyya ( سوريا الجنوبية , La Syrie du Sud, publié à Jérusalem en 1919).

[8] Le parti « nationaliste radical » ( حزب مصر الفتاة , Parti/Ḥizb Miṣr al-Fatāh) est formé en octobre 1933 avec des éléments religieux islamistes (fascisme clérical). Son but était de faire de l’Égypte avec le Soudan un « empire » qui s’allierait avec d’autres pays arabes et « servirait de chef de l’Islam ». C’était aussi une organisation militariste dont les jeunes membres étaient organisés dans un mouvement paramilitaire appelé les « Chemises vertes » (le vert, en référence à la couleur de la bannière de l’islam). Fondé à peu près à la même époque que beaucoup d’autres organisations fascistes, ce parti admirait ouvertement les réalisations de l’Allemagne nazie. Rebaptisé Parti nationaliste islamique en 1940.

[9] Rubin, Barry and Wolfgang G. Schwanitz – 2014. Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East. New Haven & London, Yale University Press.

[10] Amin al-Husseini est le grand père de Leila Shahid et grand oncle de Yasser Arafat. Ce dernier au Caire s’est rapproché de Hassan el-Banna fondateur des Frères musulmans, de Sayyid Qutb, théoricien de l’idéologie islamiste radicale des Frères musulmans, et du panislamiste Saïd Ramadan (père de Tariq et Hani Ramadan), gendre et héritier spirituel du fondateur et lui-même fondateur de la branche palestinienne armée du mouvement des Frères musulmans en 1945. Par la suite, Amin al-Husseini choisit Saïd Ramadan comme son successeur et héritier pour mener un mouvement islamiste global basé en Europe (Rubin & Schwanitz, 2014).

[11] C’était l’organe politique central de la communauté arabe de Palestine et « seul représentant [officiel] de tous les Arabes de Palestine », fondé en 1936 pendant la Grande Révolte arabe. Son président était le grand mufti Amin al-Husseini qui le dirigeait depuis Le Caire où il était installé avec l’appui égyptien.

[12] Les troupes de Nasser étaient encerclées par l’armée israélienne dans la « poche de Faluja ». Son unité refusa de se rendre. Les négociations entre Israël et l’Égypte aboutirent finalement à la cession de Faluja à l’État hébreu. Selon le journaliste Eric Margolis, la résistance des troupes égyptienne à Faluja fut « l’une de deux seules actions arabes honorables durant la guerre israélo-arabe de 1948-1949. Ses défenseurs, dont le jeune officier Gamal Abdel Nasser, devinrent des héros.

[13] Said K. Aburish, Nasser: The Last Arab, New York, St. Martin’s Press, 2004. Nasser fut un ancien Frère musulman de l’appareil secret (Michaël Prazan, Frères Musulmans: Enquête sur la dernière idéologie totalitaire, Grasset, 2014).

[14] Il s’agit de Otto Skorzeny, Obersturmbannführer (grade paramilitaire du parti nazi, utilisé par la SA et la SS). En 1953, il est envoyé par le général Reinhard Gehlen en Égypte comme conseiller militaire du général Mohammed Naguib. Avec le général Wilhelm Farmbacher et plusieurs anciens nazis tels Oskar Münzel, ancien général de division de Panzer, Leopold Gleim, ancien responsable de la garde personnelle d’Hitler, Joachim Daemling, ancien responsable de la Gestapo à Düsseldorf, et le docteur Hans Eisele du camp de Buchenwald, il structure les forces militaires et policières du pays, entraînant les premiers commandos palestiniens (Glenn B. Infield, Skorzeny : Chefs des commandos de Hitler. Pygmalion, 2009).

[15] Bat Ye’or, Autobiographie politique, p. 24-25.

[16] Plus de six mille à sept mille en postes en 1957 (Paul Meskil, Hitler’s Heirs: Where Are They Now? Literary Licensing, LLC, 2011), où ils ont mené des activités relatives à la politique et à la sécurité (Roger Faligot et Rémi Kauffer, Le Croissant et la croix gammée : Les Secrets de l’alliance entre l’Islam et le nazisme à nos jours. Paris, éd. Albin Michel, 1990) ; Martin Cüppers & Klaus-Michael Mallmann, Croissant fertile et croix gammée : Le Troisième Reich, les Arabes et la Palestine. Éditions Verdier, 2009.

[17] Syrie, Iraq, Algérie, Tunisie, Arabie saoudite… et l’OLP, Instructeurs nazis pour le Front de Libération de la Palestine, SS spécialistes militaires pour l’Armée de Libération de la Palestine et entraînant les premiers commandos palestiniens.

[18] Toutefois, il a été dit que Nasser avait fait organiser un « complot » afin de se trouver le prétexte de se débarrasser des Frères musulmans. Le présumé assassin membre de la confrérie islamiste ayant en effet tiré de son revolver six coups (à blanc ?) sans qu’aucune balle n’aie touché le raïs.

[19] Michel Aflak est l’un des fondateurs en 1947 du parti national-socialiste syrien, le Baas, qui affirmait déjà en 1943 que « L’arabisme est le corps dont l’âme est l’islam » (Charles Saint-Prot, Le nationalisme arabe : Alternative à l’intégrisme. Paris: édition Ellipses, 1995). Aflak s’était d’ailleurs converti à l’islam, paradoxalement en appelant à la laïcité (inopérante) de l’État qui fut plutôt « fortement imprégné de l’islam » (Olivier Carré, Le nationalisme arabe, édition Payot, 2004).

[20] Joshua L. Gleis & Benedetta Berti, Hezbollah and Hamas – A Comparative Study. Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 2012 ; David Cook, Understanding Jihad, University of California Press, 2005.

[21] Bat Ye’or, Autobiographie politique, p. 30.

[22] Dr. Victor Sanua, « The Vanished World of Egyptian Jewry » [archive], sur Foundation for the Advancement of Sephardic Studies and Culture, 4 juin 2007.

[23] Paul B. Fenton & David G. Littman, L’Exil au Maghreb – La condition juive dans l’Islam (1148-1912). Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne (PUPS), 792 pages, 2010 ; Georges Bensoussan, Juifs en pays arabes : Le grand déracinement 1850-1975. Paris, Éditions Tallandier, 966 pages, 2012 ; Georges Bensoussan, Les juifs du monde Arabe: La question interdite. Odile Jacob, 2017. Probablement moins de 50 000 Juifs ont survécu au Maghreb au Moyen-âge, mais à l’aube du XXe siècle ce nombre s’est élevé à plus de 200 000 âmes et en 1948 il a dépassé 400 000 âmes, et plus de 500 000 si l’on y inclut les Juifs de Tunisie.

[24] Dans : « Pendant qu’un génocide se déroule sous nos yeux, les islamistes sont dans l’obscène surenchère victimaire », Dreuz.info, 28 mars 2019.

[25] Rafael Sánchez Saus, Les chrétiens dans al-Andalus: De la soumission à l’anéantissement. Editions du Rocher, 2019 ; Serafín Fanjul, Al Andalous l’invention d’un mythe: La réalité de l’Espagne des trois cultures. L’artilleur, 2019 ; Darío Fernández-Morera, Chrétiens, juifs et musulmans dans al-Andalus : Mythes et réalités. Jean-Cyrille Godefroy Editions, 2018.


Dans le quartier juif (Hāret el-Yahūd). Centre du Caire (quartier Al Moski). Ses premières attestations remontent à 1204 AD et compte environ 360 ruelles reliées les unes aux autres. Il ne reste plus de Juifs égyptiens dans ce quartier.

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