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Publié par Christian Larnet le 21 octobre 2019

Dans les années 80, les inégalités ont progressé – mais aussi le taux d’éducation, tandis que le statut social des enfants est resté connecté à celui des parents. Et si l’homme était ainsi fait ?

« Marie toi dans ta ville, marie toi dans ta rue » dit le proverbe populaire. Et si les inégalités étaient déterminées par le mur invisible qui sépare les milieux sociaux, et non par une improbable fantaisie socialiste ?

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Nous savons tous, consciemment ou inconsciemment, que notre éventail de rencontres pour le mariage n’est pas extrêmement vaste ou illimité. Celui ou celle qu’on épouse a plus ou moins la même instruction, la même intelligence, est issu de la même classe sociale, lit les mêmes romans et les mêmes journaux, est vêtu dans le même style, a les mêmes préférences en matière de restaurants, de randonnées pédestres, d’endroits où vivre, de voitures à conduire et de gens à fréquenter, ainsi que sur la façon de s’occuper des enfants. Peu importe socialement qui nous épousons, nous restons généralement dans notre milieu.

Cela contredit le mythe que nous sommes des individus profondément différents et uniques, et que nos décisions personnelles telles que le mariage, qui ont à voir avec l’amour et les préférences, ont un effet important sur le reste de notre vie.

Que nous tombions amoureux de A, B ou C, nous finissons par nous retrouver pratiquement dans la même maison, dans le même quartier, avec les mêmes amis et les mêmes intérêts similaires. Et des enfants qui fréquentent les mêmes écoles et jouent aux mêmes jeux.

C’est le dramatique pouvoir de la socialisation : presque tous les élèves des écoles supérieures viennent de familles plus ou moins aisées, presque tous adoptent plus ou moins les mêmes valeurs et les mêmes goûts. Et se marient plus ou moins entre eux. Et c’est plus ou moins pareil pour les ouvriers, les fonctionnaires, les commerçants, les artistes, les cadres ou les fermiers.

Des recherches récentes ont confirmé cela. Il existe une nette augmentation de la prévalence de l’homogamie ou de l’appariement assortatif (les personnes ayant le même niveau d’éducation ou un niveau de revenu identique ou similaire et se mariant entre elles).

  • Un changement spectaculaire s’est produit chez les femmes : le pourcentage de jeunes femmes à revenus élevés qui épousent de jeunes hommes à revenus élevés est passé d’un peu moins de 13 % à 26,4 % depuis 1970.
  • Le pourcentage de jeunes femmes riches qui épousent des jeunes hommes pauvres a diminué de moitié.
  • Alors qu’elles n’avaient pas de préférence entre les hommes riches et pauvres dans les années 1970, les femmes préfèrent actuellement les hommes riches dans un rapport de près de cinq pour un.
  • Les jeunes hommes américains à revenu élevé qui, dans les années 1970, étaient autant susceptibles d’épouser des femmes à revenus élevés qu’à faibles revenus, affichent maintenant une préférence de presque trois pour une en faveur des femmes à revenus élevés.

Dans un article publié en 2017, Pierre-André Chiappori, Bernard Salanié et Yoram Weisstried tentent d’expliquer à la fois la montée de l’accouplement assortatif et l’augmentation du niveau d’éducation des femmes (ce qui contraste avec le manque d’augmentation du niveau d’instruction des hommes).

  • Ils ont fait valoir que les femmes très instruites ont de meilleures perspectives de mariage et qu’il existe donc une « prime d’éducation au mariage », qui est peut-être aussi importante que la prime habituelle de compétences que procure l’éducation.
  • La prime de qualification est, en principe, neutre du point de vue du sexe, tandis que la prime de l’éducation ainsi beaucoup plus élevée pour les femmes.
  • Cela est sous-tendu par une plus grande « préférence pure » pour l’homogamie chez les hommes, car si cela n’existait pas, le niveau d’éducation croissant des femmes pourrait être aussi dissuasif sur le marché du mariage qu’un facteur d’attraction.

Il existe un autre lien entre, d’une part, l’accouplement assortatif et, d’autre part, l’augmentation du résultat social de l’investissement dans l’éducation des enfants, que seuls les couples plus instruits sont en mesure de fournir.

  • Ils peuvent, par exemple, exposer leurs enfants à une atmosphère propice à l’apprentissage à la maison et les initier à des expériences culturelles auxquelles les parents moins instruits s’intéressent peu (concerts, bibliothèques, ballet), ainsi qu’aux sports d’élite.
  • L’importance d’établir un lien entre ces développements apparemment sans rapport – l’éducation des femmes, une plus grande participation des femmes au travail, des modèles de mariage assortis et l’importance croissante de l’apprentissage des jeunes enfants – est qu’il met en lumière l’un des mécanismes clés de la création de l’inégalité et de sa transmission intergénérationnelle au sein des générations.
  • Si les personnes instruites, hautement qualifiées et aisées, ont tendance à se marier, cela aura pour effet d’accroître l’inégalité en soi.
  • Environ un tiers de l’augmentation de l’inégalité aux Etats-Unis entre 1967 et 2007 s’explique par l’accouplement assortatif, selon les recherches de Koen Decancq, Andreas Peichl et Philippe Van Kerm.
  • Pour les pays de l’OCDE, l’accouplement « mixte » a représenté en moyenne 11 % de l’accroissement des inégalités entre le début des années 1980 et le début des années 2000.

L’éducation et l’apprentissage des jeunes enfants augmente fortement, et si ces avantages précoces ne peuvent être obtenus que par des parents très instruits qui passent beaucoup plus de temps avec leurs enfants que des parents moins instruits, alors la voie vers une forte transmission des avantages et des inégalités entre générations est grande ouverte.

L’inégalité élevée des revenus et de la richesse aux États-Unis était justifiée par l’affirmation selon laquelle chacun avait la possibilité de gravir les échelons de la réussite, quel que soit son milieu familial.

Cette idée est devenue connue sous le nom de rêve américain.

L’accent était mis sur l’égalité des chances plutôt que sur l’égalité des résultats, par opposition au système socialiste qui repose sur les réseaux de connaissances plus que sur les résultats, écrémés par les lourdes taxes sur la réussite et les pesantes réglementations sur l’innovation.

Le rêve américain est un concept dynamique et tourné vers l’avenir. Cependant, s’il est resté puissant tant dans l’imaginaire populaire que parmi les économistes, il a commencé à être sérieusement remis en question au cours des dix dernières années.

En examinant vingt-deux pays dans le monde, Miles Corak a montré en 2013 qu’il y a une corrélation entre les fortes inégalités et les revenus des parents et des enfants (c.-à-d. la mobilité des faibles revenus).

Ce résultat est logique, car les enfants des riches auront, par rapport aux enfants des pauvres, de bien meilleures opportunités.

Non seulement peuvent-ils compter sur un héritage plus important, mais ils bénéficieront aussi d’une meilleure éducation.

Cependant, alors que le capitalisme offre sa chance à tous selon leurs talents, même en dehors de tout avantage social, le socialisme offre un meilleur capital de relations sociales par les parents bien connectés, et ne requiert pas de talent. Il offre, du rang syndical au rang politique, de nombreux autres avantages immatériels.

Aucune de ces choses n’est à la disposition des enfants des pauvres et des non connectés.

Jonathan Davis et Bhashkar Mazumder ont constaté une mobilité intergénérationnelle significativement plus faible en comparant un groupe né entre 1949 et 1953 à celui né entre 1961 et 1964.

Ils ont utilisé deux indicateurs communs de la mobilité intergénérationnelle : d’un rang à l’autre (la corrélation entre les revenus relatifs des parents et des enfants) et l’élasticité intergénérationnelle du revenu (la corrélation entre le revenu des parents et celui des enfants).

Les deux indicateurs ont montré une augmentation de la corrélation entre le revenu des parents et celui des enfants au fil du temps (le rang au rang est passé de 0,22 à 0,37 pour les filles et de 0,17 à 0,36 pour les fils, et l’élasticité intergénérationnelle du revenu est passée de 0,28 à 0,52 pour les filles et de 0,13 à 0,43 pour les fils).

Pour les deux indicateurs, le tournant s’est produit au cours des années 1980, la même période où l’inégalité du revenu a commencé à augmenter aux États-Unis.

En fait, trois changements se sont produits simultanément : augmentation des inégalités, augmentation du rendement de l’éducation et augmentation de la corrélation entre les revenus des parents et des enfants.

Ainsi, nous constatons que non seulement d’un pays à l’autre, mais aussi au fil du temps, une plus grande inégalité des revenus et une plus faible mobilité intergénérationnelle vont de pair.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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