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Publié par Abbé Alain Arbez le 23 octobre 2019

Il n’est pas question de nier les périodes sombres de l’histoire où des abus multiples ont été commis là où on ne les attendait pas. L’Eglise catholique au cours des siècles n’a pas échappé à ces situations de contre-témoignage. Pas plus d’ailleurs, après la Réforme, lorsque des actes graves furent perpétrés par ceux qui se targuaient d’avoir rétabli la conformité aux exigences bibliques de la foi chrétienne.

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Le mythe d’une Eglise catholique qui aurait interdit aux fidèles la lecture de la Bible a la vie dure. Il a été renforcé au 19ème siècle par les controverses anticatholiques liées aux effervescences politiques du moment, mais ce cliché a perduré et est encore souvent utilisé par les littéralistes qui ont une relation absolutisée avec les textes inspirés et une conscience surdimensionnée d’être les seuls à bien lire l’Ecriture sainte.

Pourtant, la 2ème épître de Pierre 1,20 nous signale qu’ « aucune prophétie de l’Ecriture ne relève de l’interprétation individuelle ». C’est en ce sens que l’Eglise a toujours recommandé d’être accompagné et éclairé dans la compréhension des passages difficiles. La même seconde épître de Pierre 3,15-16 nous dit à ce propos : « croyez que la longue patience de Notre seigneur est pour votre salut ainsi que Paul notre frère bien-aimé vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C’est ce qu’il fait dans toutes ses lettres où il aborde ces sujets. Il s’y rencontre des passages difficiles à comprendre et que des personnes ignorantes et fragiles détournent (comme elles l’ont fait des autres Ecritures) pour leur perdition ! »

On songe à la réaction de l’Ethiopien dans Actes 8,26 : « Comprends-tu ce que tu lis ? – Mais comment le pourrais-je si personne ne me guide ? »

L’histoire nous montre que des interprétations littérales de la Bible ont pu conduire à des catastrophes lors de périodes éprouvantes où régnaient des instrumentalisations apocalyptiques des Ecritures en fonction des événements (anarchie, meurtres, pillages, etc. Cf la révolte de Thomas Münzer, et autres).

On entend parfois citer comme argument incontournable l’interdiction de lire la bible par le Concile de Toulouse (1229). Ce qu’on oublie de préciser, c’est que cela ne s’appliquait qu’au territoire du Comte de Toulouse complice de la révolte albigeoise des cathares, en raison de la manipulation des Ecritures dans un sens partisan facteur de troubles religieux et sociaux.  L’interdiction a en effet existé, mais seulement dans le sud de la France et elle fut levée à la fin de la menace. (Cf Leonard Boyle, Bible in the medieval world).

Dans le même ordre d’idées, il y eut l’affaire Wycliff, théologien anglais du 14ème siècle, qui sema le trouble en interprétant les Ecritures à sa manière, et dont les positions annonçaient les remises en cause du siècle suivant : il estimait que le salut en Jésus Christ est automatique par la foi et sans nécessité de comportement adéquat. Il considérait que la connaissance spirituelle n’existe que par la Bible seule et professait une approche très réductrice du mystère eucharistique. La dénonciation de sa doctrine prétendument biblique par les autorités ecclésiastiques fut ressentie par certains comme un déni d’une référence légitime aux Saintes Ecritures.

Peut-on en déduire que l’Eglise s’est opposée à la lecture de la Bible par les fidèles ?

En 1455, l’Eglise applaudissait à la diffusion de la Bible par Gutenberg. Dans la préface ecclésiastique de la Bible de Cologne on peut lire : « Tout chrétien doit lire la Bible avec respect et dévotion » (Histoire partiale, histoire vraie, Jean Guiraud).

A ce sujet, il faut rétablir la vérité historique : 4 ans avant l’arrivée du luthéranisme, une recommandation de l’Eglise affirme : « on doit prendre la peine de lire avec humilité et dévotion les Saintes Ecritures maintenant traduites en langue allemande et à prix abordable »

Si Luther a traduit en allemand la Bible en 1522 et 1534, les catholiques avaient déjà publié – de 1466 à 1522- 14 traductions de toute la Bible. Elles étaient connues à Augsbourg, Strasbourg, Nuremberg, Cologne, Delft, Halberstadt, Lübeck et Bâle.  On trouvait aussi 156 éditions latines et 6 éditions hébraïques de la Bible. 11 en italien, 10 en français, une en flamand et même une en russe.

S’il y a eu opposition à la traduction de Martin Luther, ce n’est donc pas parce qu’il avait traduit la Bible, c’est contre la manière dont il avait sélectionné et traduit les textes. Luther s’est en effet autorisé des changements non seulement dans la liste du canon des Ecritures mais dans la traduction du texte lui-même. Ainsi le catholique Emser dénombre 1400 passages qui auraient besoin d’être rectifiés, et le protestant Bunser en relève 3000 !  Le problème est donc la réinterprétation opérée par Luther et ses modifications textuelles en fonction de sa doctrine et de son idéologie.

Luther rejeta ce qui lui déplaisait : le Siracide, l’épître aux Hébreux et l’Apocalypse. Il laissa de côté les 2 livres des Macchabées (qui recommandent de prier pour les morts), il dénigra l’épître de Jacques parce qu’elle fragilise sa doctrine de la foi sans les œuvres, et il modifia des passages de Paul pour conforter sa vision des choses.

Par exemple : Romains 3,28. Le texte original dit : « Nous devons reconnaître que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi et seulement par la foi ».

Avec Luther, le texte devient :

« Nous devons reconnaître que l’homme est justifié sans les œuvres de la loi et seulement par la foi » A quelqu’un qui lui faisait la remarque de cette manipulation, Luther répliqua : « je l’ai voulu ainsi, ma volonté fait loi ! ».

Luther considérait encore les livres de Job et de Jonas comme des fables sans intérêt. Il aurait voulu qu’Esther n’ait pas existé. Certains livres de l’ancien et du nouveau testament étaient selon lui des apocryphes à laisser de côté.

Dans son ouvrage, Marie Carré affirme : « Luther a voulu faire sa traduction pour transformer le texte original ». En effet, avant Luther, 19 traductions allemandes de la Bible existaient déjà. Tous pouvaient lire la Bible en langue vulgaire, et cette lecture était recommandée officiellement.

(Rappelons au passage qu’un document commun sur la doctrine de la Rechtfertigungslehre (justification par la foi) a été signé il y a quelques années par les luthériens, les catholiques, les anglicans et autres dénominations réformées)

Quelles sont les références indiquant les positions de l’Eglise catholique par rapport à la lecture de la Bible ?

Quelques étapes :

1546, le concile de Trente affirme clairement l’importance de la lecture de la Bible, la volonté de la propager et de la protéger. Parallèlement, depuis des siècles la Bible apparaissait aux yeux du peuple, traduite en sculptures sur les chapiteaux et les tympans, et en images lumineuses dans les églises.

En 1907, Pie X demande de « dissiper le préjugé selon lequel l’Eglise verrait d’un mauvais œil et entraverait la lecture des Ecritures saintes en langue vulgaire »

En 1920, Benoît XV encourage la lecture de la Bible lors de l’anniversaire de St Jérôme. Il lance : « Exhortez tous les enfants de l’Eglise à la lecture assidue des Saintes Ecritures ! »

En 1943, Pie XII dans l’encyclique « Divino afflante spiritu » recommande la lecture de la Bible et précise que le concile de Trente a encouragé la lecture de la Vulgate dans l’Eglise latine, mais n’a pas empêché les éditions en langues vulgaires afin que les fidèles comprennent mieux le sens des textes sacrés. Il ajoutait même qu’une indulgence était accordée à ceux qui consacreraient du temps à la lecture d’un passage de la Bible.

Avec le recul, on note une chose surprenante dans les déclarations de Martin Luther, tout en affirmant son dogme de la sola scriptura, il reconnaissait que c’est de l’autorité ecclésiale catholique qu’est né ce qui deviendra le canon des Saintes Ecritures. Il déclarait au colloque de Marbourg en 1529 : « Dans le papisme, il y a des vérités de salut. Oui, TOUTES les vérités de salut, c’est de lui que nous les tenons ! Dans le papisme se trouve le vrai christianisme… »

Par conséquent, lorsqu’on lit parfois que le Concile Vatican II a « enfin » levé les interdictions faites aux catholiques de lire la Bible, c’est un non-sens, car de toute évidence, il n’y avait rien à annuler, l’interdiction n’existait pas !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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