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Publié par Magali Marc le 3 novembre 2019

Selon Amir Taheri, le soulèvement libanais a réussi à ébranler « l’univers parallèle du major-général Qassem Soleimani, créé autour de la représentation du Liban comme la tête de pont de la conquête du Moyen-Orient par l’idéologie Khomeiniste. Ceux qui sont familiers avec la propagande de Téhéran savent que les mollahs considèrent le Liban comme leur tentative la plus réussie de construction d’un empire ».

Amir Taheri pense qu’il « existe un concept de «Libanais» qui transcende les clivages sectaires et politiques. Les Libanais se tournent vers la Méditerranée et les possibilités excitantes du monde moderne plutôt que les ruines du programme iranien sous les mollahs avec leur idéologie antédiluvienne. En matière de goût, le Liban est plus proche de la plage que du bunker » (voir son article publié en français sur Jforum, le 29 octobre).

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article d’Amir Taheri*, paru le 1er novembre, sur le site de Asharq Al-Awsat**

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Quand les façades se fissurent au Moyen-Orient

Depuis environ deux semaines, les médias contrôlés par l’État à Téhéran se demandent comment faire face aux nouvelles concernant les soulèvements populaires au Liban et en Irak.

Dans la première phase, la ligne officielle était que les protestations reflétaient la colère des gens devant les mauvaises performances économiques et les services publics défectueux. Ce narratif faisait écho à la couverture médiatique des manifestations populaires de l’an dernier en Iran même.

Il était inconcevable que « le peuple », une entité toujours abstraite, n’apprécie pas les bienfaits du système et encore moins qu’il se révolte contre lui.

Dans la deuxième phase, les protestations ont été présentées comme un signe de l’incapacité des autorités à répondre aux doléances populaires.

Dans la troisième et actuelle phase, le soulèvement a été dépeint comme le résultat de sinistres complots par des « ennemis de l’Islam », y compris les habituels suspects « sionistes » et « agents du Grand Satan américain ».

Ainsi, les médias de Téhéran conseillent aux « autorités » de Beyrouth et de Bagdad d’écraser les soulèvements populaires « par tous les moyens nécessaires ». L’un des propagandistes irakiens de Téhéran a même conseillé au Premier ministre Adel Abdul-Mahdi de « tuer les dirigeants de la sédition (fitna) » qui s’étaient réunis dans un restaurant à Bagdad. Le quotidien Kayhan, dont on pense qu’il reflète le point de vue du « Guide suprême », Ali Khamenei, a commencé à appeler à une « action forte » contre les manifestants libanais quelques jours avant que des unités de combattants de la rue du Hezbollah et d’Amal attaquent la base des manifestants à Beyrouth.

Quiconque suit la couverture des médias iraniens contrôlés par l’État détecterait un sentiment de panique à Téhéran. Et si nous étions témoins d’une version des révoltes périphériques qui ont secoué l’Empire soviétique dans ses territoires satellites en Europe centrale et orientale ?

Depuis des années, Téhéran essaie de présenter son stratagème expansionniste au Moyen-Orient comme étant un grand succès non seulement pour la Révolution islamique mais aussi pour le nationalisme iranien. Dans une interview publiée à titre posthume, le général des Gardiens de la Révolution, Hussein Hamadani, s’est vanté d’avoir «sauvé» le dirigeant syrien Bachar al-Assad de la défaite et de la mort au moment où lui et ses copains faisaient leurs valises et étaient prêts à prendre la fuite. Cependant, il a également noté que c’était la première fois depuis le VIIe siècle après J.-C. que les armées iraniennes avaient atteint la Méditerranée ainsi qu’elles l’avaient fait sous leur roi des rois préislamique, Khosrow Parviz.

Ce narratif a également trouvé des échos dans les reportages de Téhéran concernant le Yémen. On a dit aux Iraniens que, sous Khosrow Anushiravan, l’empereur sassanide, une armée perse dirigée par Wahraz s’était rendue au Yémen pour expulser les envahisseurs abyssiniens et qu’aujourd’hui, l’Iran faisait la même chose mais envoyait « des armes et des conseillers » aux Houthis pour chasser les « envahisseurs » arabes. Pour l’Irak, la République islamique n’avait pas seulement le droit d’intervenir, mais le devoir de protéger les chiites et les Kurdes irakiens considérés comme étant des membres de « notre grande famille ».

Quant au Liban, le rôle prépondérant de la République islamique d’Iran a été la continuation naturelle d’une relation qui a commencé avec l’importation d’un grand nombre de religieux chiites libanais en Iran au XVIe siècle, contribuant à convertir l’Iran au chiisme sous les Safavides.

Il ne fait aucun doute que cette grande stratégie khoméiniste a connu quelques succès initiaux alors que Téhéran a étendu son influence au Moyen-Orient avec un minimum de sacrifice. Même le trésor dépensé pour acquérir un pseudo-empire n’était pas très important. Selon les meilleures estimations, les dépenses de l’Iran pour acquérir une position dominante au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen se seraient élevées à environ 40 milliards de dollars au cours des quatre dernières décennies. Le quotidien Kayhan a comparé ce chiffre avec « les huit trillions de dollars que les États-Unis ont dépensés au Moyen-Orient pour n’aboutir à rien, selon M. Trump ».

En construisant leur empire, les mollahs ont commis une grave erreur : ils ont empêché l’émergence de véritables autorités locales, y compris des armées nationales qui auraient pu assurer une certaine stabilité de manière semi-autonome. Les Britanniques l’ont fait avec un certain succès en Inde, où ils ont encouragé un grand nombre de maharadjas, de nababs et de sardars jouissant d’une certaine légitimité locale, tandis que la sécurité du sous-continent dépendait d’une armée régulière composée principalement d’éléments autochtones, souvent ethniques et/ou confessionnels minoritaires.

En conséquence, les organes officiels de l’État en Syrie, au Liban, en Iraq et au Yémen ont été réduits à de simples façades masquant la réalité du pouvoir exercé par des milices comme le Hezbollah, les Forces de mobilisation populaire, le Zayanbiyoun et les Houthis.

Lors de la récente attaque contre les installations pétrolières saoudiennes, les Houthis ont eu connaissance de leur rôle imaginaire joué dans l’opération en lisant des journaux étrangers qui citaient des sources iraniennes. Téhéran n’a même pas eu la courtoisie de dire aux Houthis qu’ils seraient mentionnés en tant qu’auteurs de l’attaque, avant d’en faire part aux médias du monde entier.

En 2017, le général Ismail Qa’ani, numéro deux des Qods Crops du général Qassem Soleimani, a déclaré lors d’un séminaire du Corps des Gardiens de la Révolution (CGRI) que le pouvoir réel dans tous les pays concernés était entre les mains des « forces de résistance liées à notre révolution ». Soleimani l’a clairement affirmé lors de sa toute première interview, en indiquant qu’il n’avait pas reconnu l’existence d’un État ressemblant un tant soit peu à l’État libanais.

Cela, bien sûr, est une copie conforme de la situation en Iran même où des structures étatiques formelles, y compris un président, un cabinet, divers ministères et même une armée régulière existent, mais seulement sous forme de façades pour des structures parallèles, les fameuses structures de l’« État profond », celles qui exercent un véritable pouvoir.

L’Empire soviétique avait mis en place un système similaire dans ses pays satellites où même les partis communistes n’étaient qu’une façade. Ce projet a commencé à s’effriter lorsque les marionnettes, y compris les dirigeants de certains partis communistes locaux, ont commencé à démissionner ou même à rejoindre l’opposition.

La crise actuelle dans les pays concernés pourrait bien prendre la même tournure. Comme l’effrayante Union soviétique, le régime khoméiniste peut tenter d’arrêter la marche de l’histoire par la force. Si c’est le cas, il échouera comme l’URSS a échoué avec ses pays satellites. Toutefois, un changement positif pourrait bien devenir possible si ceux qui forment la façade du pouvoir dans les pays concernés trouvent le courage de se retirer et de laisser les substituts de Téhéran assumer une responsabilité à la mesure de leur pouvoir réel dans les coulisses.

Les Houthis, le clan Assad, le Hezbollah, le FMP (forces de mobilisation populaires en Irak) et les groupes apparentés sont des marionnettes agitées dans un spectacle surréaliste écrit par des marionnettistes sans visage à Téhéran.

Le fait qu’ils aient à se cacher à leur tour derrière des marionnettes secondaires, jouant le rôle de président et/ou de premier ministre, ne fera que donner lieu à une fuite encore plus absurde dans un monde imaginaire.

Il y a un peu plus de 1000 ans, Nizam al-Mulk notait que ce qui paraît légal n’est pas nécessairement légitime et que le fait d’être en fonction mais pas au pouvoir produit la pire des tyrannies.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

*Amir Taheri a été rédacteur en chef du quotidien Kayhan en Iran de 1972 à 1979. Il a travaillé ou écrit pour d’innombrables publications, publié onze livres et est chroniqueur pour Asharq Al-Awsat depuis 1987.

**Asharq al-Awsat (Le Moyen-Orient) est un quotidien panarabe créé en 1978 à Londres. Avec un tirage de l’ordre de 200 000 exemplaires, il est imprimé simultanément dans 14 villes sur 4 continents.

Sources :

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