Publié par Guy Millière le 7 novembre 2019

Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombait. Les médias français commémorent l’anniversaire en falsifiant l’histoire sur un mode post-soviétique, ce qui ne me surprend pas. J’y reviendrai dans un prochain article.

Le 4 novembre 1979, dix ans plus tôt quasiment jour pour jour, un autre événement majeur se produisait qui, lui, n’a fait l’objet de quasiment aucune mention dans les médias français.

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Des islamistes iraniens (je n’emploie pas l’expression ridicule “étudiants islamiques”) prenaient en otage les diplomates de l’ambassade américaine à Téhéran.

Il serait sans doute malvenu en France de rappeler cette prise d’otage en un temps où les dirigeants français, Macron en tête, tentent de jouer la carte de l’apaisement le plus servile vis-à-vis du régime des mollahs. Cela pourrait rappeler de manière trop nette, sans doute, ce qu’est ce régime. 

Prendre en otage les diplomates d’une ambassade a été un geste quasiment sans précédents, qui a violé toutes les conventions internationales en vigueur, les a piétinées et a montré que le régime qui s’installait ne respectait rien ni personne et était un régime absolument délétère. 

C’était le début d’une période très sombre pour l’Iran, pour la région et pour le monde. Des milliers d’Iraniens avaient commencé à être assassinés, parmi eux, des dirigeants politiques très respectables, au premier rang desquels Amir Abbas Hoveyda, jugé de manière très expéditive par un “tribunal révolutionnaire ”frelaté, et condamné à mort pour “crime contre Allah”. Il était le frère de mon ami Fereydoun Hoveyda qui, lui, était ambassadeur de l’Iran du shah aux Nations Unies à New York, et nous avons beaucoup parlé de cette période sinistre.

Le régime des mollahs allait ruiner l’économie du pays, y installer un totalitarisme théocratique obsédé par l’idée de détruire Israël sur un mode génocidaire, financer des organisations terroristes islamiques qui allaient ravager plusieurs contrées, créer à partir d’organisations chiites antécédentes le Hezbollah (Ḥizbu ‘llāh, parti d’Allah) qui n’a pas tardé à placer le Liban sous sa coupe (au terme d’une sanglante guerre civile), financer plus tard le Hamas à Gaza, al Qaida en Afghanistan, les milices Houthi au Yémen, et devenir ce qu’il a été ces dernières années, le principal financier du terrorisme international.

Le responsable essentiel de ce désastre absolu a été le Président démocrate américain Jimmy Carter, qui a abandonné le shah d’Iran et qui a ensuite dû assister, impuissant, à la façon dont les islamistes iraniens ont traité des Américains (il a envoyé une mission de sauvetage clandestine mal montée, qui a échoué lamentablement).

Cela n’a pas été le seul désastre provoqué par Carter, sous la présidence de qui s’est produite la plus grande avancée de l’Union Soviétique sur la planète depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, mais cela a été le pire de tous.

En France, à l’époque de la prise d’otage, je m’en souviens, des gens conspuaient le shah, qui a terminé sa vie de manière tragique, et ne comprenaient visiblement rien à ce qui se passait et aux conséquences qui allaient en découler. Le philosophe gauchiste Michel Foucault délirait dans les colonnes du Nouvel Observateur sur “l’irruption du sacré dans la politique”. Valery Giscard d’Estaing, qui avait été le complice de Jimmy Carter dans l’installation au pouvoir de Ruhollah Khomeiny (qui a pu tout organiser en grande banlieue parisienne à Nauphles-le-Chateau et a pu bénéficier d’un avion d’Air France spécialement affrété pour rentrer à Téhéran commencer sa carrière de dictateur criminel), est resté très silencieux.

Les dirigeants français n’ont pas fait mieux ensuite, jusqu’à ce jour.

Chapour Bakhtiar, un homme aussi respectable qu’Amir Abbas Hoveyda, dernier premier ministre du shah, découvrira plus tard qu’en choisissant la France pour y trouver refuge, il aura fait un très mauvais choix. Il finira chez lui, à Suresnes, un jour d’août 1991, égorgé par des tueurs envoyés par les mollahs.

L’Iran en 1979 était un pays en croissance économique et si le shah était un monarque autoritaire, il régnait néanmoins dans le pays une liberté dont jouissait quiconque n’était ni communiste ni islamiste. Je m’y rendais quelquefois et j’en atteste.

Si j’y retournais aujourd’hui, j’y finirais sans doute très mal.

L’Iran en 1979 était un allié très important des Etats-Unis, d’Israël et du monde occidental.

Je croisais souvent des étudiants iraniens à New York ou Los Angeles, et ils étaient brillants, imprégnés de culture occidentale, confiants en l’avenir. Nombre d’entre eux vivent en exil, et la jeunesse iranienne vit aujourd’hui une misère matérielle et morale terrible.

Pendant la campagne électorale qui allait le conduire à la victoire, Ronald Reagan, l’un des très grands présidents des Etats-Unis, a dit qu’il allait rendre sa grandeur à l’Amérique (Make America Great again est un slogan venu de Ronald Reagan et repris par un autre grand Président des Etats-Unis lors de sa campagne victorieuse, en 2016), et Ronald Reagan a effectivement rendu sa grandeur à l’Amérique.

Au moment exact où il prenait ses fonctions, parce qu’il avait dit qu’il réglerait la prise d’otage à Téhéran de manière drastique dès qu’il serait effectivement Président et que le lamentable Carter aurait plié bagage, les otages ont été libérés.

Quand des crapules sordides sentent qu’ils ont une force en face d’eux, ils changent de comportement.

Aux Etats-Unis, le discours totalement infondé disant qu’une négociation avait eu lieu entre Reagan et l’entourage de Khomeiny pour que les otages ne soient pas libérés avant l’intronisation de Ronald Reagan est défini comme une infecte théorie de la conspiration et a été placé depuis longtemps dans une poubelle. En France, ce discours circule encore, et c’est pour cela que j’en parle.

En France, on parle encore élogieusement de Jimmy Carter et on considère Ronald Reagan comme un crétin, et il est donc logique qu’on ramasse ce qui traine dans les poubelles de gauchistes infects.

En France, on évite de citer les discours antisémites d’Ali Khamenei, le successeur de Ruhollah Khomeny, et on trouve Hassan Rouhani très sympathique : et il est vrai qu’Hassan Rouhani sourit parfois, entre deux pendaisons de gens condamnés à mort pour des motifs insignifiants.

La France a un superbe président, Emmanuel Macron, et il apprécie Rouhani. Les Etats Unis, ont Donald Trump, que les journalistes français traitent plus mal encore que Ronald Reagan. Et on s’étonnera que je me sente infiniment mieux aux Etats Unis….

J’ai traduit, annoté et préfacé les Ecrits personnels de Ronald Reagan, mais cela n’a rien changé à ce que disent de lui les journalistes français. Ils ont presque tous renoncé à informer depuis longtemps.

J’ai consacré un livre, Mille et une vies, à mon ami Fereydoun Hoveyda. J’y parle de ce que fut l’Iran du shah et de ce que l’Iran est devenu. Fereydoun est mort en novembre 2006, en Virginie. Il faisait partie de ceux qui incarnait un Iran magnifique, loin, si loin de ce que l’Iran est devenu.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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