Publié par Jean-Patrick Grumberg le 12 novembre 2019

Israël vient d’éliminer un commandant du Jihad islamique à Gaza, Baha Abu Al Ata.

Dans le cadre d’une opération conjointe, les forces de défense israéliennes (FDI) et le Shin Bet (service de sécurité israélien) ont pris pour cible un bâtiment de Gaza où ils savaient que se trouvait le terroriste Baha Abu al-Ata, commandant du Jihad islamique dans le nord de Gaza financé et soutenu par l’Iran.

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« Nous venons de cibler le commandant du Jihad islamique à Gaza, Baha Abu Al Ata. Al Ata est directement responsable de centaines d’attaques terroristes contre des civils et des soldats israéliens. Son attaque suivante était imminente », a tweeté l’unité du porte-parole des FDI.

Elimination ciblée

L’opération a été approuvée par le Premier ministre Netanyahou, et un immeuble situé dans le quartier Shejaiya de la ville de Gaza a été ciblé. Les FDI ont confirmé que le terroriste s’apprêtait à commettre « une attaque imminente pour le compte de l’Iran ».

Dans un communiqué, les FDI ont qualifié al-Ata de « bombe à retardement » et ont déclaré qu’il se préparait à de nouvelles attaques contre Israël, dont des plans pour mener des attaques de snipers et envoyer des cellules de terroristes derrière la frontière. Ils ont également dit qu’il avait planifié des attaques de drones et des tirs de roquettes à différentes portées.

Peu de temps après, le cabinet du premier ministre a confirmé qu’Al Ata avait été éliminé.

Les FDI ont fermé une série de routes dans le sud d’Israël en prévision d’éventuelles représailles de terroristes depuis Gaza.

Les écoles israéliennes seront fermées aujourd’hui, et les agriculteurs près de la frontière ne pourront pas se rendre dans les champs.

Peu après l’attaque, les FDI ont déclaré qu’elles renforçaient leurs troupes et qu’elles étaient « prêtes à faire face à un large éventail de scénarios », alors que les autorités se préparaient aux attaques de représailles attendues.

Et la riposte terroriste ne s’est pas fait attendre.

Très peu de temps après l’attaque, les sirènes ont retenti à Ashkelon et Ashdod, deux villes importantes situées au sud du pays.

Des fusées ont été tirées par les terroristes en direction du sud d’Israël. Aucune victime ou dégât n’ont été signalés.

Mais pour une fois bien que toujours tragique et traumatisante pour les habitants, les Israéliens résidant dans le sud savaient pourquoi les bombes se sont abattus sur eux.

Dommages collatéraux minimum

Le Jihad islamique a déclaré qu’al-Ata, 42 ans, était en train de préparer « un acte héroïque » quand il a été assassiné, sans plus élaborer, et a juré de se venger.

Le ministère de la Santé de Gaza a déclaré qu’un homme et une femme avaient été tués durant l’attaque aérienne et que deux autres personnes avaient été blessées.

Un responsable militaire israélien de la radio de Kan a déclaré que l’armée avait pris soin d’éviter de toucher les passants en ne ciblant que la pièce où ils savaient qu’al-Ata et sa femme dormaient. Le fonctionnaire a décrit l’opération comme une opération ponctuelle et non comme un retour à la politique israélienne d’assassinats ciblés.

La main de l’Iran à Gaza

Aujourd’hui, le Hamas n’est plus la menace numéro un dans la bande de Gaza.

Le chef des Brigades Al-Qods du Jihad islamique palestinien (PIJ) à Gaza, Baha Abu al-Ata, est considéré comme l’un des principaux terroristes dans l’enclave côtière barricadée. Bien que le Hamas soit le parti au pouvoir dans la bande de Gaza, le groupe a perdu le contrôle de la rue ces dernières années. Et le vide a été comblé par Ata, le principal homme de Téhéran à Gaza.

Le puissant commandant/terroriste était largement considéré comme un franc-tireur qui recevait des ordres directement de l’Iran, voire agissait de sa propre autorité. L’armée a déclaré qu’il était responsable d’un vaste nombre d’attaques à la roquette contre Israël, y compris les roquettes tirées sur la ville de Sderot le 1er novembre dernier, et une autre attaque contre un festival à Sderot en plein air en août, qui a envoyé des milliers de personnes se précipiter à l’abri alors que des roquettes explosaient au-dessus d’elles.

Bien que le PIJ soit un mouvement djihadiste sunnite, il est soutenu par l’Iran, qui dirige le groupe par l’intermédiaire du chef du PIJ, Ziad Nahala, qui réside à Damas.

Ata a participé à la planification d’attaques contre Israël, à la fabrication d’armes et à l’amélioration des capacités de lancement de roquettes à longue portée. Deuxième groupe le plus important dans la bande de Gaza après le Hamas, le PIJ a été évalué par les services de renseignement militaire comme un facteur augmentant le risque d’escalade dans la bande de Gaza, car il n’est pas sous le contrôle direct du Hamas mais agit indépendamment de lui.

Selon les FDI, sous Ata, le PIJ tente de mener des attaques discrètes afin que le Hamas ne comprenne pas son ambition de saper un cessez-le-feu à long terme entre le Hamas et Israël.

« Il y a des dizaines de pays dans le monde qui essaient d’améliorer la situation humanitaire dans la bande de Gaza, mais en même temps, il y a un homme à l’intérieur de Gaza et un homme à l’extérieur de la bande de Gaza qui essaie de torpiller cela, » a déclaré l’ancien porte-parole des FDI, le Général de brigade. (rés.) Ronen Manelis.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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