Publié par Michel Onfray le 18 novembre 2019

Le Renseignement français négligerait le premier d’entre eux, à savoir les images in situ de dégradations diffusées en direct ? Étonnant…

De la même manière qu’avec le dépavage, les journalistes pouvaient filmer les détériorations dans l’Arc de triomphe, mais la police ne pouvait pas poursuivre ceux que les journalistes suivaient ? Bizarre…

Cela n’est pourtant pas faute de nous montrer en boucle les images des brigades motorisées en quantité semblable ou presque à celles du défilé des obsèques de Johnny : à quoi bon ces patrouilles de motards célébrées pour leur mobilité, leur capacité à se déplacer rapidement et à se trouver vite fait bien fait sur les lieux si on ne voit aucune de ces motos avec leurs soldatesque sur le théâtre des opérations ?

Les journalistes filment les black-blocks qui vandalisent la plaque commémorative du maréchal Juin, l’homme des combats antifascistes et antinazis, mais il n’y a pas un seul fonctionnaire des Renseignements généraux qui soit capable, en regardant la télévision, de fournir l’information et de mandater qui de droit pour dépêcher sur place les hommes capables d’intercepter les acteurs de cet acte et, de ce fait, d’en empêcher la réalisation jusqu’au bout ? Ces brigades de motos circulent, elles sont dans un périmètre très concentré, moins d’une ou deux minutes seraient nécessaires pour se retrouver in situ, et on ne les voit jamais, sauf à pétarader dans Paris sur le principe d’une manifestation bonhomme de motards contre la dangerosité des rails de sécurité…

Si les choses ne se passent pas ainsi, qui y a intérêt ? La réponse est simple : tous ceux qui souhaitent associer les gilets-jaunes à ce vandalisme la plupart du temps gauchiste (j’y ai vu un drapeau palestinien lors de cette manifestation, pas sûr que cette cause soit prioritairement celle des gilets-jaunes…). Les macroniens en tête…

Quand on ne veut pas répondre par le dialogue social aux revendications fondées des gilets-jaunes, on méprise, on insulte, on salit, on tabasse, on matraque, on énuclée, on emprisonne, on gaze (le pauvre chéri Alexis Corbières, qui trouve des mérites à la guillotine jacobine et qui arbore un portrait de Lénine dans son salon, se plaignait dimanche matin, à l’heure de la messe,  d’avoir dû pleurer à cause des lacrymogènes…), on poursuit les manifestants jusque dans les hôpitaux avant de les présenter comme des saccageurs de blocs opératoires et puis, si cela ne suffit pas, on laisse tout faire pour qu’un signe d’égalité soit apposé entre violences urbaines et gilets-jaunes.

On imagine qu’un vandale arborant ostensiblement les couleurs du Rassemblement national serait rapidement mis hors d’état de nuire, interpellé sans ménagement et filmé en long, en large et en travers… On saurait bien vite son nom, qui il est, quand il a adhéré au FN pour la première fois, etc, etc. Au lieu de cela, poubelles en feu, véhicules incendiés, automobiles retournées, abri bus détruits, kiosques détériorés, tractopelle ou scooters  brûlés, rien de tout cela n’est empêché puisque tout cela même doit être montré sur toutes les télévisions de France et de Navarre. Ne faut-il pas donner des gages à l’Empire maastrichtien, préparer les municipales et ne pas perdre de vue les présidentielles ?

Le jaune des gilets-jaunes fait hélas de plus en plus songer à la couleur des gens trahis et trompés !

On  a peu vu cette couleur lors de cette manifestation, et la chose fut peu dite. En revanche on a sorti un élément de langage du chapeau de l’Elysée : les « ultra-jaunes » vandalisaient ! C’était le nom du forfait. Le réel disait-il ostensiblement que la couleur dominante n’était pas le jaune chez ces casseurs, mais le noir, peu importe, le contre-argument avait été fourbi chez Macron : les gilets-jaunes ne portent plus le gilet jaune pour éviter d’être pris pour des gilets-jaunes. Imparable ! « S’ils sont noirs, c’est donc bien la preuve qu’ils sont jaunes », aurait pu dire Castaner qui, lui pourtant plus qu’un autre, sait à la fois ce que signifie être noir et ce que signifie être jaune.

J’ai juste une pensée pour les gilets -jaunes des ronds-points auxquels je redis mon affection : ils doivent se ronger les sangs que les blacks-blocks et leur copain Macron, mais pas seulement eux, qu’on songe à la gauche dite radicale qui s’est jeté sur eux comme la vérole sur le bas clergé, leur aient volé leur colère en leur laissant leur misère.

Reproduction interdite, publié avec l’aimable autorisation de michelonfray.com

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