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Publié par Gaia - Dreuz le 20 novembre 2019

Source : Lepoint

Le ministère public avait requis 10 mois de prison contre la jeune femme interpellée samedi lors de l’« anniversaire » des Gilets jaunes place d’Italie.

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C’est une décision qui risque de susciter l’incompréhension au sein de la police. Une étudiante dans le secteur paramédical, fichée S pour espionnage de policiers, a été interpellée samedi lors de la manifestation anniversaire des Gilets jaunes et jugée en comparution immédiate dans une salle d’audience bondée et survoltée. Elle a été relaxée – seule l’accusation de rébellion a été jugée hier après-midi au TGI de Paris.

Lors de son interpellation samedi après-midi, elle se serait jetée au sol et aurait tout fait pour entraver sa conduite vers le commissariat du 11e arrondissement. Peu d’éléments sont venus étayer la version policière. L’avocate de la fichée S de 21 ans, qui comparaissait détenue, avait critiqué les réquisitions qualifiées de « disproportionnées » du parquet : dix mois de prison dont quatre mois ferme assorti d’un maintien en détention. La jeune femme était jugée sous le coup d’un sursis pour une précédente condamnation datant de mai 2019. À son actif, la diffusion d’une « vidéo sur la fabrication d’un engin destiné à attenter à l’intégrité physique », selon le magistrat qui a énuméré à l’audience les six sanctions pénales figurant dans son casier judiciaire pour seize « rôles » au fichier du traitement des antécédents judiciaires dont six dégradations de biens, trois participations à un attroupement armé et deux outrages.

En fait, la volonté du procureur de la voir prolonger son séjour en détention se justifiait, selon lui, par sa montée en puissance dans la violence contre toute représentation de l’État, biens ou personnes, en l’occurrence les forces de l’ordre. Il ne s’est pas laissé attendrir par ses larmes ni par ses regrets surjoués laissant croire qu’elle en avait « marre de cette situation de poursuite judiciaire permanente », ainsi qu’elle l’a marmonné.

Une fiche S et une fiche I

En réalité, loin de se faire oublier – « c’est ce qu’on attend de quelqu’un qui est condamné à du sursis avec mise à l’épreuve », dixit le représentant du ministère public –, la jeune femme continue d’inquiéter les policiers, devenus ses cibles privilégiées ces derniers mois. Elle se rend régulièrement à proximité des services de police pour y relever des informations personnelles sur les fonctionnaires qu’elle croise. Avant de les diffuser, selon la police, sur son compte Facebook « Acab Land » (« Acab » pour All cops are bastards, NDLR) supprimé depuis.

Le 14 novembre, elle était interpellée aux abords du commissariat du 13e arrondissement porteuse d’un sweat sur lequel figurait la mention ACAB en grosses lettres. Elle avait été vue en train de photographier des policiers et leurs véhicules personnels.

Un mois plus tôt, le 15 octobre, c’est devant le commissariat du 17e arrondissement qu’elle avait sévi. En procédant à son contrôle, les policiers ont découvert qu’elle faisait l’objet de deux fiches : une fiche S et une fiche I, qui lui interdit de porter ou de détenir une arme. Interrogée, elle ne cachait rien de son activisme : elle affirmait détenir des informations sur des fonctionnaires de police dont elle se sert pour alimenter un fichier informatique avec leur nom, prénom, adresse, photo, etc. Elle y décrit également le comportement de chaque policier, agressif, docile, insultant. Elle prétendait garder ces informations pour elle-même mais envisager de s’en servir le jour où un gardien de la paix commettrait un acte qui justifierait qu’on révèle de tels renseignements personnels, et ce, dans le but de nuire. Elle affirmait également savoir qu’elle faisait l’objet d’une fiche S.

Toutes ces actions très récentes contredisent le profil bas, proche de l’apitoiement, qu’elle a présenté hier après-midi à l’audience. Les magistrats du siège, qui l’ont relaxée, l’ont crue sincère.

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