Publié par Jean-Patrick Grumberg le 26 novembre 2019
Au premier rang, de gauche à droite : Le juge Stephen G. Breyer, le juge Clarence Thomas, le juge en chef John G. Roberts, Jr, la juge Ruth Bader Ginsburg et le juge Samuel A. Alito. Rangée arrière : Neil M. Gorsuch, Sonia Sotomayor, Elena Kagan, Brett M. Kavanaugh.

Je parle souvent du réchauffement climatique, rarement pour parler de ses aspects scientifiques : je ne connais strictement rien à la science, et il y a plus important que la science, sur ce sujet.

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J’en parle parce que des gens qui ne connaissent pas plus la science que moi voudraient m’interdire de douter de leurs théories. Ils veulent m’obliger à croire les experts qu’ils croient. Ils veulent m’interdire de douter, former ma propre opinion, utiliser mon propre raisonnement, et d’arriver à mes propres conclusions. Ils veulent que j’aie peur de leurs menaces d’excommunications (j’ai été déjà mille fois excommunié, je suis un pestiféré immunisé). Surtout, ils voudraient me faire taire. M’interdire de parler.

Et ça, ça ne passe pas du tout, avec moi : personne ne m’interdit de penser par moi-même, de douter, de poser des questions, de jouer les trouble-fête et de dire ce que j’ai à dire. C’est inscrit dans mon ADN.

Bien que je ne connaisse rien à la science du climat et la science en général, il se trouve que je l’ai de mon côté, dans cette bataille : la science est assise sur le doute et le questionnement. Une théorie scientifique est validée parce que personne n’a réussi à la détruire, pas parce que des moutons bêlent les mêmes âneries qu’il serait interdit d’évaluer.

Et voilà que la Cour suprême des Etats-Unis adopte la même attitude que moi – et mon petit doigt me dit que nous sommes probablement une majorité dans ce cas.

La Cour suprême vient de permettre la continuation des poursuites en diffamation intentée par Michael Mann, un éminent climatologue, contre un Think Tank et une publication conservatrice.

Le Competitive Enterprise Institute se bat depuis des années pour faire classer l’affaire avant qu’elle ne soit jugée — parce que la diffamation, pour être démontrée, doit s’appuyer sur des preuves, et Michael Mann ne veut pas avoir à montrer qu’il n’a probablement aucune étude scientifique crédible à l’appui de ses théories. Le refus de la Cour suprême signifie que l’affaire ira de l’avant devant le tribunal de Washington et que s’il ne veut pas être débouté, Mann devra présenter ses preuves.

La Cour suprême a rejeté la demande par 9 voix contre 0, c’est dire que je ne suis pas tout seul, isolé, extrémiste et entêté, comme les médias voudraient le faire croire. Le juge Samuel Alito, un conservateur évidemment, puisqu’à gauche on se fiche de la liberté d’expression et de la réalité, a expliqué que l’affaire portait sur la liberté d’expression et la liberté de la presse, et qu’il n’était pas question de faire taire les climato-sceptiques.

La Cour suprême considère que l’on doit librement débattre du réchauffement, et que les propos des réchauffistes ne sont pas plus protégés que ceux des climatologues-sceptiques. C’est rafraichissant.

 » La pétition dans cette affaire soulève des questions qui vont au cœur même de la garantie constitutionnelle de la liberté d’expression et de la liberté de la presse : la protection accordée aux journalistes et à d’autres personnes qui critiquent avec un langage dur le fait de s’opposer à la défense d’un des enjeux publics les plus importants du moment », écrit Alito un article de fond.

« Si la Cour prend au sérieux la protection de la liberté d’expression, nous devrions accorder une révision [du procès] », a-t-il ajouté.

Origine du procès

Le procès découle de deux articles parus en 2012 dans lesquelles la National Review accusait Mann, le directeur du Earth System Science Center de l’Université d’État de Pennsylvanie, de manipuler des données scientifiques pour son fameux « graphique de bâton de hockey », qui montre des hausses de température mondiales en flèche à la fin du siècle dernier et sert de base de référence aux réchauffistes.

La National Review avait qualifié de « trompeuses » et « frauduleuses » les conclusions de Mann en raison du remplacement arbitraire des données manquantes pour les périodes précédant la disponibilité des thermomètres.

Le magazine avait alors demandé une enquête sur Mann, et confirmé sa position dans des articles publiés ultérieurement.

La liberté d’expression n’est pas seulement en danger, elle est incomprise

Si les citoyens ne peuvent s’exprimer librement et sans crainte sur les questions les plus importantes du moment, une véritable autonomie gouvernementale n’est plus possible

Alito a insisté sur « l’importance des questions du Premier Amendement, en particulier en ce qui concerne la liberté d’exprimer des opinions sur des questions controversées ».

Le juge Alito note que « ces dernières années, la Cour s’est fait un point d’honneur de protéger avec vigilance la clause de la liberté d’expression même lorsque le discours en question n’a pas apporté une grande contribution au débat public ».

C’est un point important, que vous en Europe, êtes loin de pouvoir profiter puisque le fourre-tout « propos haineux » permet d’interdire tout ce qui déplaît aux juges et à la gauche.

 » Si le discours dans toutes ces affaires [de liberté d’expression] avait été jugé non protégé, le système d’autonomie gouvernementale de notre nation aurait été sérieusement menacé », a écrit Alito après avoir cité plusieurs affaires récentes dans lesquelles la Cour suprême a confirmé le droit de discours controversés, y compris le nom commercial « F-U-C-T » pour une marque de vêtements.

« Mais… la protection d’un discours aussi insignifiant qu’une vilaine marque de commerce de jeans peut servir un objectif important : elle peut démontrer que cette Cour est très sérieuse sur la protection de la liberté d’expression. »

 » Si les citoyens ne peuvent s’exprimer librement et sans crainte sur les questions les plus importantes du moment, une véritable autonomie gouvernementale n’est plus possible », a ajouté Alito.

« Pour veiller à ce que notre démocratie soit préservée et puisse s’épanouir, notre Cour doit examiner de près toute restriction aux déclarations qui peuvent être faites sur des questions de politique publique importantes. Sinon, de telles restrictions peuvent facilement être utilisées pour réduire au silence l’expression d’opinions impopulaires. »

Le Competitive Enterprise Institute s’est déclaré déçu de la décision de la Cour suprême, mais dit rester confiant quant à sa victoire, a déclaré Sam Kazman, l’avocat général du groupe, dans un communiqué.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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