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Publié par Abbé Alain Arbez le 30 novembre 2019

Si les semaines de l’avent nous préparent à célébrer Noël, cela devrait surtout nous aider à accueillir l’avènement du Royaume de Dieu : rappelons-nous que – depuis 2000 ans – la fête centrale du christianisme est Pâques, mémoire de la libération du peuple de Dieu et de la résurrection de Jésus vainqueur de la mort. 

Mais comme l’a mis en valeur Sainte Edith Stein, Pâques et Noël sont deux fêtes indissociables dans la compréhension de notre foi. Résurrection et incarnation sont liées dans le mystère du salut.

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Le thème central de l’avent est la lumière. Une invitation à rester attentifs et vigilants en reprenant conscience du règne de Dieu qui advient au cœur du temps et des obscurités du monde. 

Avec l’accomplissement des prophéties d’Israël, la venue du Messie se conjugue avec l’attente de son retour en gloire. Les grands témoins du temps de l’avent sont le prophète Isaïe, Jean-Baptiste et Marie. Leur apport spirituel est complémentaire dans notre prise de conscience et ils nous rappellent le lien indéfectible entre premier et nouveau testaments.

  • Isaïe exprime l’espérance messianique en annonçant la naissance de l’Emmanuel (Immanou-El = Dieu avec nous) où se rejoignent intentions de Dieu et désirs de l’humanité.
  • Jean-Baptiste annonce la venue du Messie attendu et, comme  précurseur, il en prépare l’accès en donnant un baptême de conversion à ceux qui posent les jalons d’un monde fraternel.
  • Marie, jeune fille juive fervente imprégnée de la spiritualité des pauvres de Yahvé, donne à Dieu son acceptation pour donner visage humain à sa Parole et l’incarner en son sein, à l’image de Sion « matrice de Dieu » selon le targoum.

Durant ce temps de l’avent, quatre pistes s’offrent à nous pour le vivre intérieurement : l’attente. La vigilance. Le désir. La patience.

L’attente. Nous en faisons chaque jour de multiples expériences. Dans le verbe « attendre », il y a le mot « tendre » vers ; ce qui signifie élan, mouvement et dynamisme. Nous allons à la rencontre de Celui qui vient, mais Dieu attend aussi une attitude de notre part. L’attente est réciproque.

La vigilance. L’attente s’accompagne souvent d’attention et de vigilance. Comme les consacrés qui veillent sur notre ouverture de l’âme par leur prière, nous pouvons devenir plus sensibles aux signes des temps qui exigent de notre part une vigilance de l’esprit et du coeur.

Le désir. L’étymologie de ce mot est parlante : desiderium, le préfixe de exprime l’absence et sidus signifie étoile, comme dans sidéral. Le désir, durant ce temps de l’avent, c’est la recherche de cette étoile qui nous manque. A Noël, nous retrouverons « l’astre de Jacob » au cœur du cheminement des rois-mages de l’Epiphanie. 

La patience. Nous aimons voir advenir les signes de ce que nous attendons : davantage de justice, d’esprit de communion. La vie est un cadeau dont il faut savoir remercier Dieu chaque jour. La patience sera preuve de maturité et de maîtrise de soi. Jamais réduite à la passivité, elle manifeste une forme de respect du rythme des autres. 

Bonnes semaines de l’avent !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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