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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 3 décembre 2019

Le président Trump et le président français Emmanuel Macron ont eu une réunion très tendue, ce mardi en marge d’un sommet de l’OTAN, pendant lequel Trump a dit au dirigeant français qu’il pouvait lui envoyer des « combattants ISIS » s’il le voulait.

« Aimeriez-vous de jolis combattants ISIS ? Je peux vous les donner », a déclaré Trump avec un léger sourire lors de la réunion, qui a été diffusée en direct sur le câble. « Vous pouvez tout ce que vous voulez. »

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« Soyons sérieux », lui a répondu Macron, expliquant que la plupart des combattants d’ISIS viennent de Syrie, d’Irak et d’Iran, en niant que le groupe terroriste avait été battu.

Puis le président Trump s’est plaint que les pays européens n’étaient pas disposés à accepter les combattants de l’ISIS que les États-Unis avaient capturés.

Le président français a insisté sur le fait que le nombre de combattants européens d’ISIS ne représentait qu’une « infime partie » du problème global de la déstabilisation dans la région. Il a également insisté sur le fait que le groupe terroriste n’avait pas été entièrement vaincu, rompant ainsi avec les déclarations déformées qu’ont rapporté les médias à propos de Trump.

« Je pense que la priorité numéro un, parce que ce n’est pas fini, c’est de se débarrasser d’ISIS », a dit Macron.

« C’est l’une des plus grandes non-réponses que j’aie jamais entendues », a dit M. Trump au sujet des mots creux de Macron. « Mais c’est pas grave. »

La veille de la réunion, l’administration Trump a annoncé qu’elle était prête à imposer des droits de douane de 100 % sur le vin et d’autres produits en provenance de France en réponse à une taxe française qui a frappé des entreprises technologiques américaines.

Réagissant aux droits de douane nouveaux imposés aux Etats-Unis, Trump a déclaré : « Ce sont des entreprises américaines. Les sociétés de technologie dont vous parlez, ce ne sont pas mes personnes préférées, parce qu’elles ne sont pas exactement de mon côté, mais ce n’est pas grave, je m’en fiche. Ce sont des sociétés américaines. Et les taxes sur les entreprises américaines, c’est à nous de les imposer. Ce n’est pas à quelqu’un d’autre [dans un autre pays] de le faire. »

Une myriade de désaccords entre les deux dirigeants s’est manifestée en public au cours de la réunion de 40 minutes, qui a eu lieu quelques heures après que M. Trump eut qualifié d' »insultants » les commentaires de M. Macron critiquant l’OTAN. Le ton glacial était loin des accolades chaleureuses et de la visite d’État que les deux hommes ont partagées au cours des deux dernières années.

M. Trump a souligné avoir de « très bonnes relations » avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan après que Macron ait noté des désaccords entre la Turquie et le reste de l’alliance sur leur définition du terrorisme.

« Je ne peux que dire que nous entretenons de très bonnes relations avec la Turquie et le président Erdogan », a déclaré Trump lorsqu’on lui a demandé quelle était la position de la Turquie au sein de l’OTAN. « Nous avons une très bonne relation. »

Macron s’interposa alors et dit : « Nous avons perdu la coopération avec la Turquie. »

Le président français a demandé à Ankara des « éclaircissements » sur la manière dont elle pourrait être membre de l’alliance de l’OTAN et acheter en même temps des systèmes de missiles russes S-400 malgré l’opposition de l’OTAN. Macron a également déclaré que la Turquie voulait « faire sauter » le sommet si les autres membres de l’alliance ne reconnaissaient pas le point de vue d’Ankara sur les groupes qui sont des terroristes.

Mais Trump a rappelé que c’est son prédécesseur, le président Obama, qui a poussé la Turquie dans les bras de la Russie pour acheter les missiles russes, lorsqu’il a refusé de vendre le missile Patriot à Ankara.

Macron a riposté en disant que c’était la « propre décision » de la Turquie d’acheter les missiles après que l’Europe ait offert une autre option conforme à l’OTAN.

La réunion glaciale de mardi a souligné l’évolution de la relation Trump-Macron.

Les deux hommes sont entrés en fonction à quelques mois d’intervalle et entretenaient une relation étroite. Les deux hommes ont partagé une longue et intense poignée de main lors d’une de leurs premières réunions, et Trump a ensuite accueilli Macron à la Maison-Blanche pour une visite officielle.

Trump a remonté l’économie de son pays. Macron n’a été capable que de faire stagner la sienne.

Mardi, le président français s’en est tenu à ses commentaires controversés au sujet de l’OTAN. Il a déclaré qu’il était partisan d’une composante européenne plus forte dans l’alliance, et a convenu avec Trump que les États-Unis avaient payé plus que leur part, et plus que ce que doivent payer les autres pays, mais il a détourné le sujet et dit que l’alliance était plus que des discussions sur l’argent et le partage des charges.

« Quand vous parlez de l’OTAN, ce n’est pas seulement une question d’argent, a dit M. Macron. « Nous devons être clairs sur les fondements de ce que devrait être l’OTAN. »

L’un n’empêche pas l’autre Macron. Payez votre part, et ayons toutes les discussions que vous voulez !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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