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Publié par Sidney Touati le 4 décembre 2019

« Il (le juge) peut détruire chaque citoyen par ses volontés particulières ».

En France, aux Etats-Unis, en Israël, les démocraties sont confrontées à une dérive inquiétante qui se manifeste, entre autres, par une emprise des juges sur le système politique. « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le dirait ! la vertu même a besoin de limites. » (Montesquieu).

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Celui dont la réflexion est au fondement de l’Etat de droit ajoutait :

« Il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. » Or, la séparation des pouvoirs qui est au fondement de l’Etat de droit, n’est qu’une illusion, si les Juges dit « suprêmes », peuvent censurer les décisions du législateur et intervenir directement dans le pouvoir exécutif.

Comment appelle-t-on un pouvoir qui ne rencontre aucune limite? La tyrannie.

Là encore, Montesquieu a décrit le danger qui menace les démocraties actuellement. Le juge qui concentre de tels pouvoirs écrit-il,  « peut ravager l’Etat par ses volontés générales, et, comme il a encore la puissance de juger, il peut détruire chaque citoyen par ses volontés particulières. »

C’est exactement ce à quoi nous assistons aujourd’hui.

Les juges décident sans gouverner car ils sont irresponsables. A la différence des élus qui ont des comptes à rendre et doivent régulièrement se présenter devant le peuple.

Aujourd’hui et d’une manière générale, le fonctionnement des institutions n’est pas, en dernière instance, décidé par les élus de la nation, mais par une poignée de tyrans, des Juges, qui imposent leurs normes que ce soit à Bruxelles, à New-York, à Paris où à Tel Aviv. Les peuples sont dans les fers d’une oligarchie composée de juristes nommés par la nomenclature régnante, la plupart du temps, à vie et en dehors de tout contrôle du peuple.

Jusqu’à présent cette caste inamovible décidait de la légalité des lois. C’était déjà lui octroyer un pouvoir énorme, antidémocratique. Le peuple présenté comme ignorant, qualifié de populace, aurait besoin du sceau de ces experts, sorte de « surhommes » pour que ses décisions prennent force de lois.

Mais cela ne suffit pas à leur inextinguible soif de pouvoir.  Depuis quelque temps, les membres de la Caste ont franchi un cap: ils décident des nominations en « détruisant » qui bon leur semble. Comme dans le système féodal, nul ne peut prétendre à occuper une haute fonction, notamment celle de chef du gouvernement, s’il n’est adoubé par cette oligarchie de juristes d’Etat.

Mais l’on va objecter qu’il est normal que les hauts responsables respectent les lois, toutes les lois. Soit. Mais le libre fonctionnement de la justice ne devrait nullement agir le monde politique. D’autant qu’il faudrait être naïf pour croire que la quête de ces juges est inspirée par l’unique souci de rendre une justice impartiale. Le deux poids deux mesures qu’ils pratiquent en permanence, les disqualifie. En outre, compte tenu de l’extrême complexité des règlements, poursuivre en justice un homme engagé dans les affaires ou dans la politique est un jeu pervers.

« Il y a tant de lois que personne n’est exempt d’être pendu » remarquait Napoléon.

Rien de plus simple pour un juriste professionnel que de trouver un motif pour clouer au pilori un homme politique. La moindre broutille, montée en épingle par le 4ème pouvoir, les médias, lui aussi irresponsable, suffit à ruiner une carrière.  Bérégovoy qui fut sans doute l’un des hommes politiques les plus vertueux, a été la victime de cette nouvelle cabale des dévots. Il a été «jeté  aux chiens. » Il en est mort.

Ceux qui se prétendent de « gauche » et se qualifient de « progressistes », n’ont aucun programme politique ou économique crédible. L’arme unique dont ils disposent pour imposer leur diktat est l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire et médiatique. Pourquoi la « gauche progressiste » renoue-t-elle avec les attaques ad hominem qui étaient une spécialité des milieux d’extrême droite d’avant guerre ?

Pourquoi cette espèce de rage à calomnier ? 

Ces attaques en meutes, furent redoutables. Les cibles étaient nombreuses, entre autres : Georges Clémenceau, Léon Blum, Roger Salengro (il se suicidera), Jean zay, Georges Mendel, (tous deux assassinés par la Milice), Mendes-France…

La « nouvelle élite » qui se plait à se draper dans les habits de la « gauche », (Hugo, Jaurès… doivent se retourner dans leur tombe !)  se considère comme seule propriétaire légitime de l’Etat. Elle possèderait le savoir. Elle se pense apte à gouverner parce qu’instruite et cultivée, « diplômée ». Le peuple, les « sans-dents », la populace,  ignorante par définition,  lui doit obéissance. Le régime démocratique doit céder la place au gouvernement des « experts », en tout premier lieu, celui des Juges. L’évolution (ou involution) du droit conduit au rejet de la démocratie, comme le montre Bertrand Mathieu dans son excellent ouvrage, « Le droit contre la démocratie ? » (LGDJ, Lextenso éd.)     

Sur quoi cette aspiration des « «élites »  à instaurer une dictature des juges, est-elle fondée ?

Pour répondre à cette question, il faut examiner l’évolution du droit. Ce qui en fut le moteur, durant tout le 20ème siècle, est l’idée du « social ». C’est par elle que s’effectue la sortie du droit civil, d’essence libérale. Le social, du moins son extension dans toutes les sphères de la société, est à l’origine des grandes catastrophes du XXème siècle, le communisme bureaucratique et le national-socialisme.

Face à l’évidente faillite de la socialisation de l’économie et de l’étatisation de la société, les héritiers de la pensée sociale, n’ont pas pour autant désarmé.  Ils se sont engouffrés dans la faille du système : le droit, la justice.

Soumettre le droit à la morale, ou plutôt à  leur morale, c’est par là que passe l’instauration de la nouvelle dictature des Juges. Ce qu’ils appellent Juger c’est avoir recours à l’équité, c’est-à-dire au moyen qui permet de ne pas respecter les lois votées par les représentants du peuple et d’injecter dans le droit une morale fondée sur la satisfaction des désirs individuels, laquelle est aux antipodes de la morale classique.  Injecter de la « morale » à haute dose. C’est le levier qu’ils ont trouvé pour dynamiter le fonctionnement régulier des institutions propres aux démocraties libérales. Ainsi François Fillon, éliminé de la vie politique française alors qu’il avait été choisi par le  peuple. Il n’a violé aucune loi. Son crime ? Il aurait commis une « faute morale ».

Là encore, les fondateurs de l’Etat de droit avaient parfaitement dénoncé cette dérive. Kant remarque dans la « Doctrine du droit » : « La devise de l’équité est donc assurément : « Le droit le plus strict est la plus grande injustice ».

La nouvelle inquisition : le tribunal de la conscience

Les « juges suprêmes » convoquent ainsi qui bon leur semble, devant non un tribunal régulier, respectueux de la séparation des pouvoirs, des droits de la défense, du principe du contradictoire, des lois …mais devant le « tribunal de la conscience ». Ils ont trouvé la clé pour assurer le triomphe de leur point de vue subjectif, c’est-à-dire leurs intérêts particuliers. Ils prétendent juger en s’appuyant sur des principes fondamentaux. En réalité, ils invoquent un vide pour justifier leur dérive. Ce vide composé de rien, c’est l’Homme de la nouvelle mouture de la déclaration des droits humains. C’est au nom de ce nouveau Dieu-vide, qu’ils censurent et in fine, légifèrent.

Cet Homme, n’est même pas un concept abstrait. C’est un néant. Il n’est ni homme, ni femme, ni père, ni mère, ni fils, ni fille…il est indifférencié, indéterminé, non-discriminé…C’est au nom de ce rien, qu’ils ravagent l’Etat et la Nation.

Convoqué devant le Tribunal de la conscience, dans cette enceinte du vide, dans cette intériorité subjective, dans cet entre soi absolu, l’accusé est privé de tout droit. Il est condamné automatiquement.

C’est dans ce piège mortel que l’on tente d’attirer Donald Trump, Benjamin Netanyahou et tant d’autres dont l’unique tare est de représenter le peuple.

Le peuple semble avoir pris conscience que les nouveaux tyrans veulent imposer leur dictature.

Là encore, revenons aux fondamentaux de l’Etat de droit :

« La puissance de juger ne doit pas être donnée à un sénat permanent, mais exercée par des personnes tirées du corps du peuple, dans certains temps de l’année, de la manière prescrite par la loi, pour former un tribunal qui ne dure qu’autant que la nécessité le requiert. » Montesquieu.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sidney Touati pour Dreuz.info.

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