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Publié par Daniel Pipes le 4 décembre 2019
Logo de l’ICF constitué du mot « islam » en caractères arabes calligraphiés sous la forme d’une mosquée.

La bonne société américaine aime jouer le rôle de mécène de l’islam. L’Establishment se plait à mettre en avant des thématiques aussi simplistes qu’anodines comme le fait qu’il n’y aurait pas de choc des civilisations, que le terrorisme n’aurait rien à voir avec l’islam, que l’islam serait compatible avec les idéaux de l’Amérique et apporterait un plus à la société américaine ou que les Américains devraient apprendre à apprécier l’islam.

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D’où viennent ces idées qui passent complètement sous silence les nombreux problèmes liés à l’islam dans ses relations avec les non-musulmans, notamment le djihad et la dhimmitude (le fait de vivre comme des citoyens de seconde classe) ? Cela ne vient certainement pas de ce document officiel américain datant de 1796 et qui, affirmant ne posséder « aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou à la paix des Musulmans », garantissait la neutralité, sans favoritisme.

En réalité, ce patronage remonte au mois de juillet 1979, avec la création d’un projet qui se voulait grandiose mais qui est aujourd’hui tombé dans l’oubli : le « Comité national pour honorer le quatorzième centenaire de l’islam » (en abrégé, Quatorzième centenaire de l’islam ou ICF, acronyme anglais pour Islam Centennial Fourteen). Créé au moment de l’entrée de l’ère islamique dans un nouveau siècle, le 21 novembre 1979, ce comité espérait contrecarrer les tensions croissantes avec le nouveau régime révolutionnaire en Iran.

L’ICF voulait « encourager une meilleure compréhension, par les Américains, des réalisations culturelles de la civilisation islamique. » Pour ce faire, le comité avait pour ambition de fournir des informations sur « l’art et l’architecture » de l’islam, « ses coutumes et ses rites, ses langues et ses formes de littérature, ses peuples et ses philosophies » et de parrainer un film documentaire intitulé Islam, une table ronde à la télévision nationale, une exposition itinérante appelée « Héritage de l’islam » ainsi que des livres et toute une série de conférences étalées sur plusieurs années.

Une ribambelle impressionnante de personnalités de l’Establishment a accepté de rejoindre le conseil de l’ICF, notamment des membres de l’entourage présidentiel, d’anciens secrétaires de cabinets, des magnats du monde des affaires, des responsables religieux et une brochette de personnalités du monde de la culture. Les présidents de grandes sociétés ayant des intérêts majeurs au Moyen-Orient comme Exxon, Mobil, Fluor and Bechtel, siégeaient au comité et assuraient une grande partie de son financement.

Les présidents américains, Carter (à droite), Reagan et Bush senior ont soutenu l’ICF.

Le gouvernement américain, à commencer par le président Carter, soutenait avec enthousiasme et applaudissait chaleureusement l’ICF : « Il est important que les programmations de votre Comité bénéficient du soutien et de la participation du plus grand nombre possible d’Américains. J’encouragerai toute forme d’implication. Soyez assuré de mon intérêt et de mon soutien. » Le président Reagan espérait voir « le peuple américain profiter pleinement de la grande expérience offerte par cette exposition » itinérante qui fut inaugurée par le vice-président George H.W. Bush. Les activités de l’ICF bénéficiaient de financements de la part d’instances fédérales, des États et locales.

Un gala organisé à la National Gallery of Art le dernier jour de l’année islamique 1399 (correspondant au 20 novembre 1979) devait lancer la campagne de relations publiques. Mais la prise de l’ambassade américaine de Téhéran, le 4 novembre, réalisée au nom de l’islam, s’est produite entretemps et a conduit à l’annulation de l’événement inaugural. Pire encore, le 21 novembre, premier jour de l’année islamique 1400, des émeutiers ont incendié l’ambassade américaine au Pakistan en représailles à l’implication imaginaire des États-Unis dans le siège de la Grande Mosquée de La Mecque.

La National Gallery of Art où le gala prévu le 20 novembre 1979 n’a finalement pas eu lieu.

Ce fâcheux concours de circonstances a porté à l’ICF un coup dont il ne s’est jamais relevé, comme l’a reconnu avec tristesse son directeur exécutif, William R. Crawford Jr. : « Nous ne voulions pas nous aventurer dans un environnement hostile. » Néanmoins, Crawford a tenté d’ignorer certains faits embarrassants, affirmant à tort que « l’ayatollah Khomeiny a déclaré avoir agi au nom de l’islam, ce qui n’était bien entendu pas le cas. » Ce genre de plaidoyer n’a convaincu que de rares personnes et les déclarations de l’ICF affirmant que musulmans et Américains ont en commun des « valeurs fondamentales comme la non-violence et la fraternité entre tous les peuples du monde », étaient, dans ces circonstances, devenues intenables. L’ICF est alors tombé dans un oubli bien mérité.

Cependant, si l’Islam Centennial Fourteen a perdu la bataille, il a gagné la guerre. Il a enclenché les schémas de pensée de l’Establishment qui sont toujours à l’œuvre quarante plus tard à savoir, la dissimulation des problèmes liés à l’islamisme (par exemple, Hillary Clinton), l’insistance sur la responsabilité des Américains dans l’animosité des musulmans à leur égard (le discours du Caire du président Obama), le rejet de tout lien entre islam et violence (le déni autour de l’EI) et la mise en place d’une pratique de promotion de l’islam par le gouvernement américain (comme l’édification de mosquées sur le compte du contribuable).

Sur ce dernier point, l’ICF a certes évité de parler de religion (« une meilleure compréhension, par les Américains, des réalisations culturelles de la civilisation islamique ») mais c’est bien l’islam, et non les tapis persans, qui a toujours été au centre de ses préoccupations. Un tel financement par le contribuable a suscité des questions d’ordre constitutionnel sur la séparation de l’Église et de l’État, des questions qui n’ont toujours pas trouvé de réponses satisfaisantes.

Les efforts déployés actuellement par l’Establishment pour passer sous silence la réalité indéniable de l’impérialisme islamique et du bellicisme iranien ont pris leur origine il y a exactement quarante ans. C’est à cette époque de crise que sont apparus les préjugés et les intérêts qui hantent aujourd’hui encore la mentalité américaine. Mais quand allons-nous enfin sortir de ces ténèbres ?

Illustration du présent article par le Washington Times. L’inscription en arabe signifie « le noble Coran »

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