Publié par Jean-Patrick Grumberg le 5 décembre 2019
Le Capitole, rayonnant de son auto-suffisance

Désespérés par la piètre performance de leurs témoins clefs (qui n’étaient d’ailleurs témoins de rien), les Démocrates entament la phase 2 devant la commission judiciaire de la Chambre, et se dirigent vers une procédure de destitution du président Trump sans crime.

Un témoin a déclaré aujourd’hui devant le Comité judiciaire dominé par les Démocrates, que les infractions passibles de destitution ne doivent pas nécessairement être des crimes.

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En fait, nous entendons beaucoup parler depuis deux jours de cette notion nouvelle de « destitution sans crime », une autre lubie de gauche qui signifie que les faits n’ont plus aucune importance, et que Trump est coupable… d’être Trump.

Un éditorial d’Erwin Chemerinsky, le doyen de la faculté de droit de l’Université de Berkeley, publié dans le LA Times d’hier (1), présente un argument similaire. N’oublions pas que l’extrême gauche domine l’université, et qu’elle a une interprétation très différente de la Constitution. Pour eux, elle doit évoluer selon l' »air-du-temps », alors que pour les conservateurs, elle doit rester la boussole stable qui a contribué à créer les grandes valeurs de ce pays extraordinaire.

Erwin Chemerinsky :

Les crimes et délits graves ne devaient pas se limiter à des actes criminels, mais englober les abus de pouvoir importants. La Constitution doit être comprise comme autorisant la mise en accusation pour de graves abus de pouvoir, même si aucun crime n’est commis. »

https://www.latimes.com/opinion/story/2019-12-04/opinion-no-impeachment-doesnt-require-a-criminal-act

Byron York, correspondant politique du Washington Examiner, récapitule les errements et hésitations des Démocrates à la recherche d’une faute du président :

Nous avons été témoins d’une évolution dans les motifs de destitution au cours des derniers mois.

Les Démocrates ne savent pas très bien de quoi il faut accuser le président.

« Si vous vous souvenez », explique York :

  • Très tôt dans l’affaire Trump/Ukraine, certains ont suggéré qu’il pourrait avoir commis une violation des règles sur le financement de sa campagne électorale de 2020.
  • Ensuite, certains ont parlé de donnant-donnant, et beaucoup de gens ont parlé de chantage.
  • Ensuite, ils ont testé l’idée que le président avait « extorqué » l’Ukraine dans cette affaire.
  • Et ils semblent se mettre maintenant d’accord sur une affaire de corruption. Et les avantages de la corruption sont doubles.
    • Premièrement, c’est assez facile à comprendre pour les gens, dans le sens populaire du terme, et
    • Deuxièmement, c’est expressément mentionné dans la Constitution, que la destitution est prescrite pour « trahison, corruption ou autres crimes et délits graves ».
  • Aujourd’hui, nous avons assisté à un effort pour définir la corruption, mais les professeurs de droit constitutionnel [qui ont été appelés à témoigner devant la commission judiciaire] ne se sont pas mis d’accord sur la question de savoir si ce que le président a fait constitue ou non de la corruption. Le professeur Turley, un Démocrate, n’était pas d’accord avec les trois autres.

York poursuit :

Une chose sur laquelle ils s’accordent tous– tous les Démocrates– c’est que le président a abusé de son pouvoir. C’est « énorme ». Ça a l’air très sérieux, mais en réalité, c’est totalement flou.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Je pense que vous verrez beaucoup de Démocrates dire que le président a abusé de son pouvoir en exigeant que les Ukrainiens s’intéressent à Joe Biden, son concurrent électoral potentiel, sinon il ne débloquerait pas les 300 millions d’aide à l’Ukraine.

« Ne jamais laisser la vérité entraver une bonne histoire »

« Ne jamais laisser la vérité entraver une bonne histoire, » telle peut être résumée la pensée de la gauche. Et dans cette affaire d’impeachment, nous sommes au cœur de ce vice.

Voici pourquoi. Vous venez de lire que les Démocrates veulent destituer le président parce qu’ils lui reprochent d’avoir fait pression sur le président Zelesnky et d’avoir retenu l’aide à l’Ukraine tant qu’il n’enquêtera pas sur Joe Biden et son fils Hunter, qui a été payé plus de 80 000 dollars par mois à ne rien faire, pendant des années, par l’entreprise gazière la plus corrompue d’Ukraine.

Voici ce qui cloche, dans ce récit :

1 Ce n’est pas du tout ce que Trump dit dans sa conversation téléphonique avec le président ukrainien Zelensky, dont la transcription a été publiée,

2 Zelensky lui-même a dit qu’il n’a jamais été contraint par le président Trump, et n’a reçu aucune pression.

3 Ukraine n’a jamais déclenché d’enquête sur la corruption de Biden, et malgré cela,

4 l’aide financière à l’Ukraine a été versée.

Conclusion

Les Démocrates ont renouvelé le genre du roman noir. Agatha Christie, Sherlock Holmes et Arsène Lupin peuvent aller se rhabiller, ces ringards sont relégués au placard.

Les Démocrates ont inventé le crime sans crime. La destitution sans faute, et devant un peuple américain médusé, ils continuent leur procédure devant la commission judiciaire.

La procédure sera suivie d’un vote de destitution, puis transmise au Sénat, à qui la constitution a attribué la tâche de conduire le procès d’impeachment, dans les règles classiques d’un procès.

Hunter Biden, Joe Biden, Adam Schiff, le président Démocrate de la commission d’enquête de la Chambre qui depuis trois ans jure qu’il a toutes les preuves que Trump a colludé avec la Russie, et le « lanceur d’alerte » gardé au secret et par qui l’affaire est arrivée, seront appelés à la barre pour témoigner.

Et là, nous pourrions passer de très très bons moments…

Dans l’attente, le soutien du public pour l’impeachment fond au soleil, surtout chez ceux qui comptent le plus pour la prochaine élection : les indépendants.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://www.latimes.com/opinion/story/2019-12-04/opinion-no-impeachment-doesnt-require-a-criminal-act

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