Publié par Abbé Alain Arbez le 7 décembre 2019

On est parfois stupéfait des extrapolations hasardeuses faites à partir du récit de la Nativité. L’amalgame anachronique de concepts idéologiques modernes avec les événements liés à la naissance d’un petit enfant de Judée, nommé Yehoshua, déforme et occulte la réalité historique comme le sens spirituel de l’événement.

Il n’est que de constater certaines récupérations hasardeuses d’un enfant Jésus subitement privé de sa judéité et de son époque, pour être transformé en symbole de réfugié du Moyen Orient. Arafat n’avait pas hésité à initier cette captation d’héritage spirituel en faisant de Jésus le premier feddayin palestinien !

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Mais à l’époque des grands flux de migrants illégaux, on trouve facilement des commentaires journalistiques ou même ecclésiastiques qui intronisent l’enfant de Bethléem comme le premier nouveau-né « sans papiers » ! Retournement récupérateur de situation plutôt paradoxal lorsque l’on peut lire dans les évangiles que Joseph et son épouse Marie se sont rendus à Bethléem, à la demande des autorités romaines, précisément pour y décliner leur identité et se faire enregistrer officiellement avec leur fils…

C’est dans le même ordre d’idées que le 19ème siècle n’a pas hésité à mythologiser la figure de Joseph, père adoptif de Jésus : du simple fait qu’il était charpentier, il s’est retrouvé promu représentant emblématique des prolétaires. A tort, car s’il est vrai que tout travailleur, même au bas de l’échelle sociale est digne de reconnaissance et de respect, on sait aujourd’hui que le statut de charpentier dans la Judée du 1er siècle correspond à celui d’un homme instruit et aisé, qui gagne bien sa vie, du fait de sa compétence artisanale polyvalente : il est performant dans la construction de poutraisons pour les toitures, comme dans la fabrication de meubles et d’objets d’art, parfois même dans la taille de pierres.

Quoi qu’il en soit, le véritable récit édifiant de la naissance de Jésus par Luc et Matthieu est porteur d’espérance. C’est pourquoi il n’a pas à être détourné au service d’une idéologie partisane et horizontale. Ces ambiguïtés révèlent combien l’utilisation souvent biaisée du récit de la Nativité confirme l’intense fragilité de cet événement survenu dans la plus grande humilité. C’est une révélation qui dérange.

Or cette vulnérabilité, signe de la compassion et de la proximité de Dieu, fait partie, avec tout le réalisme possible, de l’identité de Jésus et de la mission qu’il a assumée. Nous savons que cet enfant juif, de la lignée de David, instruit dans la Torah, est devenu le maître d’un art de vivre généreux au sein d’un peuple témoin environné de nations païennes hostiles.

Jésus a clairement choisi de dépasser tous les clivages, anciens et modernes, pour offrir à tous un chemin d’humanité solidaire, libéré des manipulations politiciennes et axé sur la réalité à venir appelée Royaume de Dieu, ce futur messianique toujours espéré et attendu par son peuple, Israël d’une part, et Eglise, d’autre part, en vertu de l’alliance.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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