Publié par Dreuz Info le 9 décembre 2019

Dans le recueil d’essais récemment publié par la Centrale Fédérale pour l’Éducation Politique, les historiens allemands font remarquer que le savoir des Allemands sur l’occupation de la Pologne durant la 2e guerre mondiale est fort limité. Ce n’est pas sans conséquences sur l’actualité.

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La brochure intitulée Politique d’occupation de la Pologne par l’Allemagne 1939-1945. Un vide dans la mémoire allemande ? – fait remarquer que la connaissance des faits de l’occupation hitlérienne chez les Allemands laisse à désirer et qu’il faudrait combler le vide.

Les rédacteurs de la publication, Dieter Bingen – l’ancien directeur de l’Institut Allemand des Affaires Polonaises à Darmstadt et l’historien Simon Lengemann – démontrent que la date du 1er septembre 1939 ne signifie, dans l’esprit de leurs compatriotes, pas grand-chose.

Cela concerne encore plus celle du 23 août 1939, date de la signature du pacte Ribbentrop-Molotov. Année primordiale tant pour les Allemands que pour les Russes qui ensuite envahirent la Pologne, que pour ce qui est du démantèlement de celle-ci par l’Allemagne et l’URSS. Les historiens soulignent que l’absence d’un savoir solide entraîne une sorte d’indifférence quant au sort des habitants de la Pologne sous l’occupation allemande.

Bingen et Lengemann font remarquer que les seuls symboles présents dans l’esprit des Allemands, qui s’associent à la 2e guerre mondiale, sont l’Holocauste, l’attentat raté de Stauffenberg sur Hitler le 20 juillet 1944, le bombardement des villes allemandes par les alliés (surtout Dresde), c’est-à-dire l’évacuation des Allemands des terrains de l’est du Reich ainsi que le 8 mai – c’est-à-dire la fin de la 2e guerre mondiale en Europe.

Dans son propre essai, Dieter Bingen explique l’absence significative de la Pologne ainsi que, plus largement, des autres pays de l’Europe Centrale et de l’Est, dans la culture mémorielle de la période de la 2e guerre mondiale, ce qui équivaut à « un sentiment de supériorité des Allemands aux Polonais ». Cela aurait débuté au XVIIIe siècle, quand les Prussiens avaient participé au démantèlement de la République.

Il n’est pas rare, remarque-t-il aussi, que la faute des Allemands envers la Pologne soit relativisée avec des arguments citant la politique de la Pologne d’avant 1939, envers les minorités ou les accusations de leur expulsion.

L’historien Jochen Boehler écrit que ce qu’on nomme la guerre d’extermination et les assassinats en masse des civils, commença déjà en septembre 1939 et non pas – comme on le pense communément, au-dessus du Rhin – lors de l’éclatement de la guerre avec l’Union Soviétique,  en 1941. Qui plus est, « aucun soldat de la Wehrmacht, aucun policier, n’a été condamné par la RFA pour les crimes commis (en Pologne) en septembre 1939 » – souligne l’auteur.

La brochure de la Centrale Fédérale pour l’Éducation Politique, est publiée au moment où, en Allemagne, a lieu la discussion à propos du monument consacré aux victimes polonaises de l’occupation allemande. Parmi les personnes soutenant l’initiative, figure justement Dieter Bingen. Wolfgang Schaeuble, dirigeant du Bundestag, fait partie des plus proéminents défenseurs du monument. Environ 240 députés de différentes fractions politiques du Parlement allemand, excepté l’AFD – Alternative pour l’Allemagne – parti nationaliste conservateur, soutiennent l’idée. Ce fut l’initiative de Florian Mausbach, président émérite de l’Office Fédéral de la Construction et de l’Aménagement du territoire, en 2017, de bâtir le monument. L’Askanischer Platz du centre de Berlin – non loin des ruines de la gare ferroviaire détruite durant la guerre – est désigné comme l’endroit potentiel pour l’emplacement du monument.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Irena Elster pour Dreuz.info.

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