Publié par Jean-Patrick Grumberg le 10 décembre 2019
Procureur général William Barr et inspecteur général du ministère de la Justice Michael Horowitz

Le rapport de l’Inspecteur général Horowitz, qui enquêtait pour savoir si le FBI de l’Administration Obama a illégalement espionné la campagne Trump vient d’être annoncé comme l’événement politique majeur de ce lundi.

Ce n’est pas l’événement politique majeur de ce lundi. L’événement majeur, c’est le communiqué tout à fait inhabituel et surprenant publié par John Durham, qui est chargé d’une enquête criminelle sur les exactions de hauts-responsables du FBI et autres services de l’Administration Obama.

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L’inspecteur général du département de la Justice — une sorte d’inspecteur général des Services — est une créature du marécage. Ne demandez pas à une créature du marécage s’il sent mauvais : il vit dedans, il ne sent rien.

De fait, Michael Horowitz a conclu dans son document de 434 pages, que :

 » Le FBI avait « des inexactitudes importantes » dans ses demandes de surveillance des responsables de la campagne Trump, mais il a nié que la partialité politique ait joué un rôle dans l’ouverture de l’enquête sur la collusion présumée entre la campagne Trump et la Russie. »

La remarque qui vient tout de suite à l’esprit est évidemment de se demander si Horowitz sait lire.

Et s’il sait lire, comment a-t-il pu arriver à la conclusion que les échanges de SMS entre Peter Strzok, le responsable du FBI en charge de l’enquête sur Trump et une collusion avec la Russie, et sa maîtresse Lisa Page, avocate à ce même FBI, où il lui assure qu’il a un plan, une « assurance-vie », pour se débarrasser de Trump au cas où il serait élu, n’est pas politiquement partial.

Apparemment, je ne suis pas le seul à m’être gratté la tête et posé la question.

  • Le ministre de la Justice, Bill Barr, a immédiatement contesté le rapport émis par l’inspecteur général de son propre ministère, lequel contredit l’évidence, souvent exprimée par le président Trump, d’une chasse aux sorcières initiée par le FBI d’Obama sur les liens de sa campagne avec la Russie.
  • Le rapport de 434 pages de l’inspecteur général Michael Horowitz a certes relevé des problèmes systématiques dans la façon dont le FBI a traité l’enquête sur la Russie, mais il a conclu que le bureau avait un « but légitime » pour avoir commencé son enquête, qu’il a baptisé « Crossfire ».
  • Le rapport réfute les affirmations de Trump selon lesquelles les dirigeants du FBI étaient motivés par un parti pris anti-Trump pour ouvrir l’enquête et affirme que le bureau n’a pas espionné illégalement la campagne de Trump.
  • Le rapport conteste également l’affirmation de Trump selon laquelle l’ancien agent du FBI Peter Strzok et l’ancienne avocate du FBI Lisa Page ont conduit l’enquête avec un préjugé anti-Trump – comme s’il n’avait jamais pris lecture des dizaines de SMS anti-Trump échangés entre les deux amants.

En réponse, Bill Barr a relevé dans un communiqué, les éléments du rapport montrant que « le FBI avait lancé une enquête intrusive sur une campagne présidentielle américaine basée sur les soupçons les plus minces qui, à mon avis, étaient insuffisants pour justifier les mesures d’espionnage prises ».

 » Il est également clair que, dès le début, les éléments de preuve produits par l’enquête ont toujours disculpé Trump », a ajouté M. Barr. « Néanmoins, l’enquête et la surveillance ont continué pendant toute la durée de la campagne, et durant la présidence du Président Trump. »

Mais c’est surtout la rebuffade de John Durham qui marque cette journée de lundi. Pour rappel, John Durham a été chargé par Bill Barr de conduire une enquête approfondie sur l’origine réelle de l’espionnage de la campagne Trump par Obama, enquête plus approfondie que celle d’Horowitz, qui, comme je le dis plus haut, est une créature du marécage, et ne peut, statutairement, enquêter que sur les employés du département d’Etat, et pas sur ceux qui l’ont quitté, et ne peut déclencher des mises en accusation.

Et Durham a déjà laissé entendre que des poursuites criminelles allaient être déclenchées — contre les mêmes personnes que l’inspecteur général vient d’innocenter.

Et donc, l’avocat fédéral John Durham, qui est actuellement chargé d’enquêter sur les origines de l’enquête sur la Russie au nom du ministère de la Justice, a déclaré ce lundi, quelques minutes après la publication du rapport d’Horowitz, qu’il n’était pas d’accord avec certaines des conclusions de ce rapport sur les abus et malversations pour obtenir de la cour secrète FISA, la permission de mettre la campagne Trump sur écoutes.

Horowitz a relevé 17 malversations du FBI. Plusieurs experts et avocats généraux ont fait remarquer qu’il n’est pas rare qu’une erreur ou deux se glissent dans les demandes du FBI. Mais 17 !

Ajoutons, et nous n’avons pas fini d’en entendre parler, que ces 17 « erreurs » du FBI vont toutes dans le même sens : espionner Trump.

Durham a indiqué dans une déclaration que son équipe « n’est pas d’accord » avec « certaines des conclusions du rapport [de l’inspecteur général] », notant que son enquête inclut des preuves provenant de l’extérieur du ministère de la Justice.

Voici sa déclaration :

J’ai le plus grand respect pour la mission du Bureau de l’Inspecteur général et pour le travail exhaustif qui a été réalisé dans le rapport préparé par M. Horowitz et son personnel.

Toutefois, notre enquête ne se limite pas à recueillir de l’information au sein des composantes du ministère de la Justice. Notre enquête a notamment consisté à recueillir des renseignements auprès d’autres personnes et entités, tant aux États-Unis qu’à l’extérieur des États-Unis.

D’après les éléments de preuve recueillis jusqu’à maintenant, et même si notre enquête se poursuit, nous avons informé l’inspecteur général le mois dernier que nous n’approuvions pas certaines des conclusions du rapport concernant les prédictions et la façon dont l’enquête du FBI avait été ouverte.

Voilà l’événement de la journée. Et vous ne le lirez nulle part ailleurs que sur Dreuz.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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