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Publié par Magali Marc le 14 décembre 2019

Depuis l’élection du 21 octobre dernier la grogne contre le leadership de M. Scheer a été menée par des ténors conservateurs multipliant les appels à son départ rapide pour éviter les guerres intestines et limiter les dégâts. Finalement, Andrew Scheer a décidé de les laisser choisir un autre chef.

Comme je le mentionnait dans un article post-électoral les Conservateurs menés par Andrew Scheer n’ont pas à rougir de leur performance, alors qu’ils ont réussi à passer de 95 sièges à 121 (23 de plus qu’en 2015) avec un pourcentage de voix plus élevé que les Libéraux (34.4% contre 33.1%). Mais ce sont surtout les appuis inconditionnels dans les provinces de l’Ouest qui les ont favorisé et leur ont nui en Ontario et surtout au Québec. (https://www.dreuz.info/2019/10/23/elections-canadiennes-justin-trudeau-perd-des-plumes-mais-parvient-a-se-faire-reelire/ ).
Pratiquement inconnu des Québécois, Andrew Scheer n’a pas su les convaincre qu’il a à cœur leurs intérêts et le battage publicitaire des Libéraux, aidés par les médias à leur botte, concernant ses convictions religieuses, son opposition à l’avortement et au mariage gai, ont fait peur à la majorité des gens au Québec qui tiennent à la laïcité dans la sphère sociale.
La démission soudaine d’Andrew Scheer qui ne souhaite pas renouveler son mandat à la direction du Parti Conservateur, est surtout un cadeau pour les Libéraux qui, quoique minoritaires, vont pouvoir en mener large aux Communes.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Brian Lilley, paru dans le Toronto Sun, le 12 décembre.

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Exaspéré Scheer démissionne

Ce n’est pas tant ce qu’Andrew Scheer a dit lorsque j’ai quitté son bureau il y a une semaine qui m’a fait penser qu’il ne resterait pas en tant que leader, c’est sa façon de le dire et l’expression dans son regard.

« Thomas a 14 ans, il avait 10 ans quand ça a commencé », a dit Scheer en parlant de son fils aîné.

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C’est beaucoup pour un enfant de grandir pendant que son père se présente aux élections et devient ensuite chef d’un parti politique.

J’étais passé au bureau de M. Scheer pour une réunion informelle alors que j’étais en visite à Ottawa. L’homme que j’avais rencontré pour la première fois il y a 15 ans, alors qu’il était un jeune député de 25 ans, nouvellement élu, avait beaucoup changé et ce que j’ai ressenti en entendant ces mots m’en disait plus que les mots eux-mêmes.

Exaspération, frustration, nostalgie – autant d’émotions contenues dans une seule phrase.

Nous avions passé la dernière demi-heure à être brutalement honnêtes l’un envers l’autre au sujet de la campagne électorale et de la performance de son parti. Il a entendu mon évaluation brutale, j’ai entendu ses frustrations.
Il m’a dit qu’il voulait rester chef du Parti Conservateur et qu’il allait organiser une campagne pour rester en poste, mais le cœur n’y était pas.

Quand je lui ai dit que je ne voyais pas en lui beaucoup d’énergie pour rester le chef, il ne m’a pas contredit.

J’ai entendu beaucoup de politiciens dire qu’ils se retirent d’un poste quelconque pour des raisons familiales et je ne les ai pas toujours crus.
Mais je crois Andrew Scheer.

Ce père de cinq enfants qui a 40 ans, a estimé ce qu’il aurait à faire, la lutte qu’il aurait à mener pour rester en poste et il a décidé de se retirer. Je ne suis pas surpris par la décision, je le suis par sa rapidité.

Après notre rencontre de la semaine dernière, je m’attendais à ce que M. Scheer prenne son temps pendant la période de Noël et décide d’une façon ou d’une autre. Soit il retrouvait sa passion pour son travail et se battait, soit il décidait de s’incliner en regardant brûler le feu dans la cheminée.

Au lieu de cela, il a pris sa décision plus tôt cette semaine après une sérieuse réflexion et a commencé à en parler à ses proches conseillers il y a quelques jours.

Mercredi soir, les principaux représentants du parti avaient été informés et un plan avait été établi pour informer le caucus conservateur et le grand public.

Il a pris cette décision même s’il avait été informé qu’un sondage auprès des membres du parti montrait qu’il gagnerait haut la main un vote pour le reconduire à la direction.

Il a également pris cette décision même après avoir embauché l’ancien directeur des communications de l’époque de Stephen Harper, William Stairs, pour agir à titre de chef de cabinet et diriger ses efforts visant à gagner la course à la direction .

C’était à Andrew Scheer qu’il appartenait de décider s’il voulait être un leader à temps partiel ou un père à temps partiel.

Certains médias ont tenté de prétendre qu’il y a eu un scandale du fait que le Parti Conservateur avait payé une partie des frais de scolarité de ses enfants afin qu’ils fréquentent une école catholique privée à Ottawa. Plusieurs responsables du parti, dont certains n’étaient pas enthousiastes à son égard, ont nié cette histoire.

Il n’y a pas eu de scandale parce que le parti avait accepté de payer la différence entre ce que la famille Scheer payait à Regina et ce qu’elle payait à Ottawa, où la famille a déménagé après son accession à la direction.
(…)

Andrew Scheer a quitté son poste de leader à ses propres conditions, malgré les revendications et les efforts de ses nombreux détracteurs. Bien qu’il n’ait pas réussi à devenir premier ministre, il a bien servi son parti, il a amélioré sa position en termes de sièges et de collecte de fonds, et il en sort avec un résultat dont il peut être fier.

Maintenant qu’il a pris sa décision, il est temps pour Scheer et pour le parti de passer à autre chose.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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